ordinateur et cerveau humain

Kurzweil prédit que l’on pourra téléverser (uploader)  le contenu de son cerveau dans un ordinateur en 2040. C’est un rêve caressé par les écrivains et informaticiens depuis des décennies.

Mais c’est une vision bien étroite (ou plate) de ce qu’est le cerveau animal (et humain) que de le réduire à 100 milliards de connexions… qui pourraient, éventuellement, être reproduites dans une mémoire artificielle. Il y a sous le cerveau, connectés à ses neurones, des mécanismes biophysiques et biochimiques résultant de milliards d’années d’évolution de la vie… qui donnent un sens, une direction aux impulsions et aux réactions des êtres vivants qui sont ancrées, mémorisées biologiquement et reproduites, transmises par les torsades de l’ADN. Pour pouvoir transférer à un ordinateur le contenu d’un cerveau humain, il faudrait doter l’ordinateur d’une réactivité biologique, d’une historicité basée sur l’expérience… il faudrait que l’ordinateur n’en soit plus un.

Je ne sais plus d’où je tiens cette idée de l’ADN (et du vivant) comme mémoire… Zoltan Torey y réfère en partie… Par ailleurs je fais à Torey le même reproche que je ferais aux idéalistes qui voient la conscience comme une résultante principale du langage (même si Torey est plus contradictoire, dialectique dans son approche) : la conscience n’est que très partiellement représentée par le langage, et encore moins par le discours intérieur. Les décisions que nous prenons ne sont que très partiellement basées sur le formalisme et la logique exprimée par la parole… et beaucoup par une évaluation des intérêts en jeu, immédiats et à venir, qui tient plus de l’intuition et du sentiment que de la logique formelle. De telles intuitions ne sont pas étrangères aux comportements animaux (certains parlent même de vie morale des animaux).

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