Archives mensuelles : mai 2012

grande noirceur – droit devant

Après avoir transformé le questionnaire long du recensement américain en un sondage volontaire, le Congrès américain décide de l’abolir. Est-ce ce qui attend l’Enquête nationale auprès des ménages, instituée par le gouvernement Harper en remplacement du questionnaire long ?

Comme le rappelle le blogueur Razib Khan, si les sources d’information publiques fiables disparaissent, les grandes corporations qui accumulent des données sur la population, les comportements sociaux (Google, Facebook, mais aussi Bell, Videotron…), ne sont pas connues pour être « partageuses »…

(…) government data collection is a public good with positive externalities. If we abolish endeavors such as the American Community Survey than social data will be the domain only of corporations, who are not always keen on sharing that data. [Note : trois hyperliens différents]

Plus de prisons, moins de pensions, plus de pauvres, moins d’information… L’avenir d’est pas rose. Ici une plume plus informée que moi, Alex Himelfarb – ancien greffier du Conseil privé du Canada – fait le point sur l’accumulation des politiques qui à première vue ne semblent pas trop radicales, mais prennent un caractère plutôt drastique avec un peu de recul pour voir le plan d’ensemble qui se dessine: Going, Going, Gone: Dismantling the Progressive State. Une référence de Lawrence Martin : The time has come for a progressive revival.

Leslie-Hancock 2012

C’est ce temps de l’année, qui dure quelques semaines de la mi-mai à la mi-juin, où les rhododendrons sont en beauté au jardin Leslie-Hancock du jardin botanique de Montréal.

Faites d’une pierre deux coups en y allant cette fin de semaine : ce sont les annuels rendez-vous horticoles où vous pourrez faire le plein de conseils et de pousses…

Les premières photos de la série furent prises chemin faisant, celles prises au fameux jardin d’azalées et de rhododendrons commençant à la onzième. Allez-y en mode plein écran… car il y a vraiment trop de couleurs pour se contenter d’un petit cadre… Mode plein écran, première icône à droite en bas de l’image. Pour lancer le diaporama, seconde icône à droite.

mouvement carré rouge

Depuis le début, malaise. Malgré ce que pourraient laisser croire les raccourcis et préjugés à l’endroit des BBBoomers, ceux-ci ont sans doute payé plus cher (comparativement) leurs études que les jeunes d’aujourd’hui ! Ils les ont financées en travaillant, pendant leurs études et après. Et puis ils ont financé les études de leurs enfants, la génération X. C’est là qu’ils ont profité du gel…

Mais le malaise ressenti, a priori, n’était pas, en tant que BBB, d’avoir payé mes études plus chères. Plutôt qu’on semblait forcer la main de l’opinion, sans faire le débat de fond, emmêlant des choses distinctes — le financement des universités et la contribution des étudiants.

Jusqu’où le financement universitaire doit-il absolument s’inscrire dans une logique de marché ? À cause de la proximité du modèle états-unien ? S’il en coûte moins cher de se loger, se faire soigner, éduquer ses enfants au Québec pourquoi faudrait-il que les salaires soient les mêmes qu’en Ontario ou à New York ?

Passer d’une relative gratuité des études post-secondaires à une évaluation plus marchande, reposant davantage sur les choix individuels des acheteurs-clients, aura un effet profond sur la culture d’une petite nation comme le Québec.  La perte de ce pouvoir de changer d’orientation, de se tromper, de prendre des risques parce que ça ne coûtera pas les yeux de la tête de recommencer… J’ai comme l’impression que la quasi-gratuité des études post-secondaires a quelque chose à voir avec la créativité de la culture québécoise.

Jusqu’où la richesse culturelle, la « productivité » culturelle reconnue aux Québécois n’est-elle pas liée à ce contexte, cette ambiance favorable à l’exploration, la création ? À combien estimons-nous la valeur de cette créativité culturelle ?

l’effet TOD ?

Il semble que cette « création », cette bibite architecturale, sortie de terre comme un champignon au lendemain de la finition des tours Lux, juste à côté, soit un ajout de la STM au décor local. Pas surprenant qu’on cherche en vain une identification corporative sur ce bloc aveugle de béton et d’acier.

Si mes renseignements sont justes, cette tour jaune et noire est une tour de service pour le métro. Mais était-il vraiment nécessaire de la placer dans cet espace habité et commercial, de plein pied sur la rue Sherbrooke ? Juste derrière cette tour, côté donnant sur la rue Chauveau, il y a un terrain vague. Il aurait peut-être fallu la faire un peu plus haute, mais elle n’aurait pas été si mal placée.

Si on devait accorder plus d’importance au transport en commun et à des institutions comme la STM, devrait-on s’attendre en retour à de telles interventions incongrues sur le territoire ? Le développement orienté vers le transport (TOD, en anglais) ne devrait-il pas s’ajuster, soutenir au plus près les efforts de densification déjà engagés ?

routes et autoroutes

Councils will be obliged to consider how to improve walking and cycling when planning any new road schemes. – The Guardian

Les Gallois vont obliger les villes à planifier les transports actifs dans tout projet de développement routier. C’est bien, mais insuffisant. Il ne suffit pas que les gens voient des pistes cyclables à côté de chez eux, encore faut-il qu’ils les utilisent. Et là, il faut qu’il y ait coïncidence entre les objectifs de déplacement et la distance à parcourir. Les destinations sont-elles suffisamment rapprochées, perçues comme atteignables et désirables. Densité et diversité d’utilisation des sols et établissements… diversité de fonctions.

La diversité des populations, les particularités d’un quartier plus âgé, ou d’un autre avec beaucoup de jeunes adultes… devraient aussi influencer la modélisation des transports et du développement.

Ici, on planifie des quartiers verts, des nouveaux développements, mais j’ai l’impression que les enjeux plus globaux, plus ambitieux du développement régional, des projets concernant plusieurs arrondissements ne sont pas mis sur la table… ceux par lesquels la ville de demain sera dessinée. Comme si on amusait la galerie avec des petits projets locaux alors que les vrais enjeux sont discutés ailleurs… Vivement la discussion sur un nouveau plan d’aménagement urbain, qui embrasse vraiment les enjeux d’une augmentation substantielle de la densité et du transport actif inter-quartiers et avec le centre-ville. Il y a encore quelques voies de transport possibles hors de l’emprise automobile que nous pourrions exploiter, pour peu que ces États dans l’État que sont les compagnies ferroviaires et portuaires soient parties prenantes.