la plume vaillante

J’ai voulu parcourir, plonger dans la richesse des articles publiés par l’ami Jacques et consignés sur son site Les chroniques de Jacques Fournier. J’en ai tiré ces quelques citations et liens vers des articles récents ou historiques.

Bien sûr, nous voudrions tous mourir dans une sérénité relative, mais il semble que l’on ne choisisse pas toujours. [Différentes façons de mourir, 2008]

Sur son implication en tant que rédacteur en chef d’Interaction communautaire.

Mon premier texte dans Interaction figure dans le numéro 3, en novembre 1987. Je suis devenu membre du comité de lecture au numéro 5, en février 1988. Ma première chronique du lièvre a été publiée dans le numéro 6 et s’intitulait « Encyclique de Jean-Paul III à toutes les femmes des CLSC », une parodie de Jean-Paul Belleau, le héros du populaire téléroman de Lise Payette, « Les dames de cœur ». (…) J’aurai donc eu la chance et l’immense plaisir d’être rédacteur en chef de 1988 (numéro 6) à 2007 (numéro 75), soit 19 ans.

D’où vient le nom de chronique du lièvre? C’est le totem scout qui m’a été donné à l’âge de douze ans. Le totem comprend un animal, qui nous décrit, et une qualité… à acquérir. J’étais le « lièvre réfléchi ». Ai-je enfin acquis cette qualité après 48 ans d’efforts? [La petite histoire d’Interaction communautaire, 2008]

Sur la militance, l’engagement des ainés… et des autres.

Petite prise de bec avec la ministre des Aînés, Marguerite Blais, à Brossard.

On entend parfois des bénévoles ou des militants (souverainistes, sociaux-démocrates, féministes, écologistes, altermondialistes, pacifistes, etc.) nous dire : j’en fais trop, cela n’a pas d’allure, je suis épuisé. Réfléchissons ensemble sur des moyens concrets pour éviter cela. (…) Si on veut militer longtemps, avec ténacité, et avec quelques succès, qu’il faut chercher, à tâtons et dans le doute constant, à concilier la capacité d’agir dans l’immédiat et dans le long terme. [Comment militer sans s’épuiser, 2010]

Depuis que je suis à la retraite, je participe davantage à des manifestations : contre la taxe santé uniforme de 200 $ (budget Bachand), contre la privatisation des ressources publiques d’hébergement, pour la défense de la langue française, pour une réforme du mode de scrutin (scrutin proportionnel), pour la fin de l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël, etc. Les bonnes causes ne manquent pas. [Est-il encore utile d’aller manifester?, 2011]

Amant des mots, des femmes et de la vie

Les billets les plus attendus et appréciés étaient sans doute ses Chroniques de la Saint-Valentin où Jacques savait tisser humour, philosophie et poésie. Il a lui-même rassemblé 16 de ces chroniques dans Seize chroniques de la Saint-Valentin. De 1994 à 2009, ces billets sont parus dans Le Devoir, La Presse ou Interaction communautaire. Ils ont été rassemblés en un document PDF unique pour plus de facilité de lecture. Jacques avait donné une valeur supplémentaire à la Saint-Valentin pour tous les lecteurs d’Interaction communautaire ! D’autres chroniques se sont ajoutées depuis 2009, notamment Saint-Valentin 2014 – La farandole des jeunes amours.

Horace a écrit ceci : il faut vivre heureux et, le temps venu, quitter la vie comme un convive rassasié quitte un banquet. [La mort : la fin d’un banquet ?, 2011]

Des réflexions philosophiques, sur la mort, l’engagement, la beauté, le bon, le bonheur, l’amour, la liberté… parfois à partir d’un geste (comme d’aller revoir pour les remercier deux professeurs, 45 ans plus tard) ou encore d’une conférence, lecture ou colloque.

Et à ces billets d’humeur et d’humour se sont ajoutés des dizaines de billets de critique et de suivi des projets de réforme et des transformations du réseau de la santé, des services aux ainés…

Et aussi, au coeur de plusieurs écritures et engagements, la question nationale.

De 2010 à 2016, exactement 200 articles et billets ont été consignés sur son blogue « Les Chroniques de Jacques », souvent après avoir été publiés ailleurs. La plupart des articles publiés durant ses 19 années à la barre d’Interaction communautaire n’y sont pas. Ce sont certainement plusieurs centaines de billets qui s’ajouteraient ! Ici un billet (2008) publié à l’occasion du 20e anniversaire du RQIIAC qui résume bien le rôle qu’il voyait pour ce bulletin  Interaction communautaire, un outil pour notre communauté de pratiques.

Nous n’avons pas fini d’explorer et de mesurer la richesse et la profondeur du matériau que nous a légué de sa plume vaillante ce grand humaniste. Merci Jacques.

Qu'en pensez vous ?