globalisation, écologie et sciences po

Je crois que c’est le texte (PPT) de Benoit Lévesque (Le modèle québécois, à la suite de la politique d’austérité: conséquences pour l’économie sociale et la société civile?), sa conférence donnée à l’ACFAS le 26 mai dernier à Rimouski, qui m’a amené à lire Paul Hirst pour la première fois. Un théoricien dont j’avais entendu parler pour sa « démocratie associationniste » (Associative Democracy) et qui, dans ses derniers travaux, examinait les limites de la globalisation (Globalization in question).

C’est lui qui m’a conduit à The Structure of World History, from modes of production to modes of exchange par Kojin Karatani.

 

 

En parallèle j’ai fait un détour écolo, avec Le grand pillage de Ugo Bardi, rapport soumis au Club de Rome, 40 ans après Les limites de la croissance, paru en 1972 et qui avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Pas assez sans doute : et si on avait pris au sérieux les avertissements de ce « manifeste » il y a 40 ans ? Et puis le très beau texte, presque poétique tellement il rend palpable les mouvements et forces qui ont déterminé le climat de la terre depuis 4 milliards d’années : Voyage à travers les climats de la terre, par Gilles Ramstein (2015, chez Odile Jacob).

Et puis j’ai aussi commencé un autre très beau texte, dont il me presse de poursuivre la lecture : Laudato Si, par le pape François. [Voir ce court article de présentation dans Le Devoir]

Après avoir terminé Globalization in question, et commencé dans la foulée à lire Kojin Karatani, j’ai senti le besoin de terminer ma lecture du second volume de Fukuyama, Political order and political decay – from the industrial revolution to the globalization of democracy, que j’avais commencée il y a plusieurs mois (voir un résumé dans la revue The Atlantic). Cela pour me donner un peu de références géopolitiques et historiques afin de mieux apprécier la proposition théorique de Karatani (The Structure of World History).

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Évidemment je ne vous ferai pas ici un résumé de cette boulimie de lectures… mais j’aimerais bien tout de même vous en dire quelques mots. Tout d’abord ce texte de Benoit Lévesque, professeur émérite de sociologie à l’UQAM, qui s’est fait le chantre depuis quelques années d’un renouvellement de la social-démocratie (voir aussi le site consacré), proposait dans sa conférence de Rimouski une critique des politiques d’austérité du gouvernement Couillard, et un retour historique sur le « modèle québécois ». Il suggère en conclusion des pistes d’action pour la société civile organisée…  notamment l’importance de se positionner dans la perspective de la transition écologique tout en misant sur la démocratie délibérative et participative.

Ce que je retiens du texte de Paul Hirst sur la globalisation, c’est que cette dernière n’est pas aussi importante et inévitable que le discours dominant peut laisser croire. Chiffres à l’appui, il démontre que les échanges se font surtout à l’intérieur de blocs géopolitiques continentaux, et que les entreprises, même multinationales, ont en général des racines régionales ou nationales. Ce qui devrait nous amener à relativiser les discours défaitistes des politiciens qui prétendent de rien pouvoir faire face à la « globalisation ». Cela pourrait aussi nous pousser à saisir des leviers d’influence et de pression qui sont plus accessibles.

Le texte de Bardi, Le grand pillage, fait l’histoire de l’extraction minière, y compris celle des ressources pétrolières, montrant à quel point les courbes de l’extraction ne peuvent se poursuivre ; à quel point les alternatives et solutions technologiques sont fallacieuses et dangereuses. Nous épuisons en quelques décennies des ressources non renouvelables que la planète a mis des centaines de millions d’années à constituer, certaines dans des conditions géologiques qui ne se reproduiront plus.

Une histoire géologique que Ramstein, avec son Voyage à travers les climats de la terre, nous présente de façon éloquente et simple (mais pas trop). Comment les équilibres et déséquilibres du carbone et de l’oxygène, dans l’air, les océans et la biomasse ont été marqué par la « petite musique de Milankovitch » (oscillations combinées de l’orbite terrestre, de son obliquité et de la précession des équinoxes [ceux-ci ne se passant pas toujours à même distance du soleil, à cause du caractère elliptique de l’orbite])… De la poésie, que je vous dis. Dont on retient les équilibres fragiles et grandioses mis en danger par l’accumulation rapide de CO2 dans l’atmosphère et les océans. Il faut non seulement réduire nos émissions de d’oxyde de carbone mais il faudrait de toute urgence réduire la pression déjà accumulée dans le système. [L’accroissement de la couverture végétale est un pas dans le bon sens – Green surprise: Why the world’s forests are growing back dans le G&M d’aujourd’hui]

Quant à Fukuyama, il poursuit dans ce deuxième volume – Political Order and Political Decay, après The Origins of Political Order paru en 2011, son histoire érudite des formes de l’État, tant celle de la Chine que du Japon, analysant au passage différents pays de l’Amérique du Sud et de l’Europe, et aussi, différentes époques et administrations publiques des États-Unis. Je sais bien que cet auteur a des affiliations de droite (administrateur de la Rand corporation) mais j’ai apprécié sa connaissance encyclopédique des histoires de pays et cultures qui nous sont méconnus.

Je poursuis ma lecture de Karatani, et celle du pape François. Je vous en reparle certainement.

notre seule planète

Quand Obama fut élu, en pleine crise de 2008, je me suis dit qu’on allait enfin voir changer des choses, que le nouveau président saisirait l’occasion pour amorcer un virage.

Mais il n’a pas pu, n’a pas voulu ou encore n’avait pas en main les outils nécessaires : au nom de quoi harnacher l’appât du gain ? Restreindre la liberté du capital… sans avoir de plan de rechange, d’alternative claire, ce n’était pas facile même pour un président porté par une vague imposante de « Yes, we can ».

Peut-être était-ce trop espérer de la part de l’économie qui a été le plus durement touchée par la chute des subprimes. Cette économie qui avait aussi le plus abusé de la manne financière des produits dérivés.

Sept ans après la crise, peu de choses ont été changées pour prévenir le retour de ces excès de créativité… et d’avidité.

« Il n’y a eu pratiquement aucune réforme sérieuse de la régulation du secteur financier, ce qui perpétue l’opacité des marchés de produits dérivés et la spéculation massive sur des actifs plutôt fragiles » disait Craig Calhoun (1) (p. 236).

La financiarisation de l’économie « détourne les investissements vers les secteurs de profits à très court terme et sape les opportunités de croissance plus soutenue à long terme. » (idem, p. 229)

La partie financière du capital produit 40% des profits. « Dans les années ’60, 14% des profits des grandes entreprises étaient attribuables aux groupes financiers; en 2008, ce pourcentage s’élevait à 39%. » (2)

Alors que nos gouvernements souhaitent encore accélérer les échanges et le commerce (Accord économique et commercial global avec l’Europe (AECG), Partenariat transpacifique (PTP)) – il nous faudrait ralentir, oui j’ose le dire, RALENTIR la vitesse à laquelle nous consommons cette planète. Ralentir ne veut pas dire nécessairement s’appauvrir. S’il faut désinvestir des secteurs très coûteux en matériaux et énergie, il y a des secteurs où les besoins sont immenses et la part matérielle restreinte : services aux personnes, recyclage, réparation, entretien, aménagement, arts, loisirs, éducation…

Des gouvernements qui coupent dans les services et rapetissent les responsabilités publiques en promettant un retour toujours éludé vers la croissance économique… Peut-on seulement attendre qu’un bon gouvernement avec le bon programme réussisse à battre les efforts conjugués de l’argent et des corporations ? Il faut agir maintenant, malgré l’absence d’une instance internationale qui soit apte à soutenir la négociation d’ententes légitimes et leur mise en application.

Même si les négociations de Paris aboutissaient à une entente significative entre les nations pour réduire vraiment l’émission de gaz à effet de serre, cela ne résoudra pas, malheureusement, tous nos problèmes. Il faudra encore sauver de la prédation capitaliste effrénée les ressources halieutiques communes, les espaces naturels réservoirs de diversité biologique, les métaux et matières rares peu ou pas recyclables… Certains vont jusqu’à considérer le capital financier, ce réservoir de capacité d’agir sur le présent et l’avenir, comme un « commun », une ressource qu’il faut gérer en fonction de l’intérêt général à long terme plutôt que de laisser les intérêts particuliers à court terme décider de son utilisation.

Nous devrons innover, de manières audacieuses, oser s’attaquer au veau d’or de la croissance aveugle du PIB, de la finance irresponsable, et récupérer la gestion des communs de l’humanité. Mais ce ne sont pas seulement de traités et d’organisations internationales dont nous aurons besoin. Les changements que nous devrons engager, accomplir devront se traduire au quotidien, dans les décisions de chaque ménage. « Selon une recherche de l’Union européenne, 40% de toutes les émissions de dioxyde de carbone ont leur origine dans les ménages. Taille du ménage, sources de combustible utilisé, efficacité énergétique, système de chauffage et de refroidissement, mobilier et déchets – tout cela contribue à notre empreinte écologique. » (idem, p. 375)

Par ailleurs, à l’échelle du globe, la concentration des entreprises fait de celles-ci des entités plus puissantes que les états. « Des 100 plus grandes économies du monde, 52 sont des entreprises et 48 sont des pays. Soixante-dix pour cent du commerce mondial est contrôlé par à peine 500 des plus grandes entreprises industrielles; en 2002, les 200 plus importantes affichaient des ventes équivalant à 28% du PIB mondial. Cependant ces 200 entreprises employaient moins de 1% de la main-d’oeuvre mondiale. » (idem, p. 347)

La libéralisation plus poussée des échanges à l’heure où il faudrait harnacher et soumettre ces échanges à des contrôles plus sévères (taxes sur le carbone, taxes pour protéger les ressources non renouvelables, lutte à l’évasion fiscale) est un leurre, une simplification abusive qui doit être dénoncée. S’il faut réformer les systèmes de gestion publique de l’offre dans certains domaines agricoles est-ce pour pousser encore plus loin l’industrialisation de certains produits au détriment de la résilience et du maintien d’une agriculture locale, au détriment de l’occupation du territoire ?

Parmi les gestes simples qu’on peut poser maintenant :

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Signer le manifeste pour un Élan global (extrait).

« Nous exigeons l’adoption par le gouvernement du Québec d’un plan crédible pour réduire notre consommation de pétrole de 50 % d’ici 2030 et atteindre la neutralité carbone pour 2050.

Nous exigeons que la Caisse de dépôt et placement du Québec désinvestisse le secteur des combustibles fossiles. Nous demandons aux autres gestionnaires de fonds d’investissement dont les capitaux proviennent de citoyennes et citoyens d’en faire autant. Nous agirons aussi individuellement. L’argent de nos retraites ne doit pas appauvrir nos enfants. Il doit servir à assurer leur avenir. »

Signer une pétition, un petit geste pour commencer. Désinvestir des pétrolières d’abord. Ce n’est qu’un début, car il nous faudra bientôt prendre part aux décisions de réinvestissement. Plus qu’avant, parce qu’il ne s’agit pas que d’investissements financiers, mais de développement social et de protection de la planète, la seule qu’on ait. Tant qu’on n’avait qu’à maintenir le rythme sur l’autoroute du progrès, on pouvait toujours laisser à des techniciens le soin de diriger la barque. Mais nos investissements doivent maintenant changer le cadre, modifier les fins, adapter nos technologies à un environnement fini. Un environnement vivant mis en danger par les assauts d’une humanité industrieuse et ingénieuse mais encore aveugle à son empreinte sur le monde.

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Sources :

Craig Calhoun, Ce qui menace le capitalisme aujourd’hui, dans Le capitalisme a-t-il un avenir ? éditions La Découverte, 2014. 329 pages.

 

 

 

 

Michael Lewis et Pat Conaty, Impératif transition – Construire une économie solidaire, éditions Écosociété, 2015. 415 pages.

 

 

 

Billet à paraître sur Nous.blogue

Voir aussi le pic de tout (25.07.13), sur Gilles en vrac…

moment de repos

Après une semaine de travaux « lourds » (merci Marc-Olivier !) : terrassement, muret, marches… je goûte le plaisir de ce nouvel endroit pour lire en fin d’après-midi…

L1011480

Un recueil de cinq textes, par autant d’auteurs, sous le titre Le capitalisme a-t-il un avenir ? aux éditions La Découverte.

transitions écologiques

château de Cerisy-la-Salle, construit au début XVIIe

Le colloque Quelles transitions écologiques ? se tiendra du 1er au 10 juillet prochain, au Centre culturel international de Cerisy en Basse-Normandie.

Dix jours de colloque, avec deux demi-journées de répit seulement. Soixante-dix conférenciers. C’est tout un programme (pdf).

Deux auteurs, découverts au cours des derniers mois (Bihouix et Méda), seront présents, cette dernière comme conférencière et membre du comité directeur de l’évènement. C’est ce qui a d’abord attiré mon attention. Je dois avouer que, mis à part Bernard Perret, je ne connais pratiquement aucun des autres conférenciers ! Les notes biographiques et bibliographiques associées à chacun m’assurent cependant que ce ne sont pas des nouveaux venus…

Cette question de la transition est transversale. Elle devra toucher les partis politiques, les mouvements sociaux et réseaux d’influence les plus divers. Parce que la planète n’a été jusqu’ici qu’un contexte, un non-dit des grandes forces labourant les mers et terres du monde… il faut une prise de conscience nouvelle, qui amène les humains à se situer à cette nouvelle échelle, en regard de nouveaux acteurs, de nouvelles valeurs. Comment ces valeurs seront-elles institutionnalisées, promues, défendues ?

Dix jours de réflexion et de travail, dans un décor planté il y a quatre siècles…

Bon. Après mure réflexion je n’ai pas les moyens de soutenir à moi seul une telle participation (même si le tarif de 800€ pour l’inscription et la pension me semble très raisonnable). Si jamais un lecteur de ce blogue s’inscrit à cet évènement… j’aimerais bien pouvoir échanger avec lui ou elle, et suivre de près, même si ce n’est que virtuellement, le déroulement de ce colloque.

pommiers en fleurs

Le verger des Philion, à Hemmingford, était resplendissant en fin de semaine.

Pour voir en mode « plein écran », cliquez l’icône en bas à droite de l’image – elle apparaît lorsque vous passez la souris au dessus. On sent presque l’odeur !

le paquebot de l’extractivisme

Quelques réflexions suscitées par ce récent billet de Louis Favreau (État social (2) : le New Deal proposé par l’écologie politique) et celui qui l’a précédé (L’État social au Québec à une étape critique de son histoire : état des lieux (1)). 

L’économie sociale et solidaire, les mouvements écologiste et syndical sauront-ils à eux seuls faire virer le paquebot de l’extractivisme capitaliste ? À temps pour minimiser l’impact en retour des dettes environnementales accumulées jusqu’ici par la société industrielle ? Non, évidemment. Si, comme le dit Louis Favreau citant le BIT, l’économie sociale compte, à l’échelle internationale, pour « 10% du PIB, 10% des emplois, 10% de la finance » – en effet, « ce n’est pas rien ». Mais ça ne pèse pas lourd devant les 50% d’emplois, 60% du PIB et 80% de la finance (mes approximations) qui sont inscrits dans une stricte logique de marché. Il faudra plus que des positions communes et de la concertation (« sortir du travail en silo ») pour donner au 10% l’effet de levier nécessaire pour changer de cap, rapidement.

La verve avec laquelle Favreau tisse une synthèse de plusieurs écrits et mouvements est inspirante et nous donne un peu d’air dans une conjoncture étouffante. De quoi penser quand on a l’impression de tourner en rond. Nous t’en savons gré, Louis.

Mais j’ai des doutes, comme je viens de le dire, sur la capacité de cette « écologie politique » d’influencer l’orientation de l’État suffisamment pour transformer l’économie. J’ai aussi des réserves, de fortes réserves quand je le vois pester contre la professionnalisation (des mouvements sociaux, des organisations communautaires) [La professionnalisation de l’action collective a amené sur le devant de la scène le lobby, l’expertise, l’organisation de colloques…La transformation d’ex-militants en consultants et de chercheurs en experts – et j’aurais pu ajouter plusieurs autres citations. J’ai déjà critiqué cette façon qu’il a d’opposer militants et professionnels, groupes d’intérêt et mouvements sociaux. ]. Pourtant il reconnait que les forces progressistes ont « peu de présence dans l’espace public, espace plus occupé que jamais par les Think Tanks amoureux du « tout au marché » ». Il en faudra des professionnels de la finance, de l’écologie, de la politique et des communications pour déconstruire les idées préconçues instillées par les dits think tanks depuis des décennies.

Il en faudra des think tanks de gauche (et de centre aussi) pour faire connaitre des modèles alternatifs de développement. Et pas seulement alternatifs à la marge :  une alternative à cette société fondée sur l’extraction intensive (d’énergie, de matières, de richesses) sans égard à l’avenir. Une utopie « social-écologique », oui, mais qui se donne les moyens de ses ambitions. Qui ne reste pas qu’une utopie, donc. Comment pourrons-nous « contrer cette pensée et cette politique du « tout au marché » de plus en plus omniprésente » ? Ici, et ailleurs dans les deux textes de Favreau, je crois qu’il faudrait faire une distinction entre le marché et le capitalisme. Entre l’entreprise privée et le capitalisme. Un capitalisme dominé par les entreprises monopolistiques et la finance internationale. Un capitalisme financier bien servi par des gouvernements endettés, à genoux pour renouveler leurs emprunts et quémander des investissements.

Malgré une reconnaissance du bout des lèvres que les PME, c’est pas la même chose que le « capitalisme de marché globalisé », la conception de la société qui sous-tend l’utopie de Favreau est encore en noir et blanc : il y a l’État et le marché. Il faut faire fléchir l’État vers une orientation « social-écologique », grâce à une alliance des syndicats, coopératives et mutuelles… et quelques mouvements sociaux. Mais elle est où l’économie dans tout ça ? Pas juste l’économie des multinationales mais celle de ces milliers d’entreprises, petites et moyennes, qui emploient encore la majorité des travailleurs.

Comment allons-nous sortir ces travailleurs des « griffes » idéologiques des CAQ et autres partis de droite ? Beaucoup de ces petites entreprises sont le fait d’artisans qui ont gagné la confiance d’une clientèle par la qualité de leur produit et la fidélité, la proximité de leur service. Pour beaucoup de ces (petites) entreprises le capital financier a moins d’importance que le capital humain : la gestion, la motivation de leurs ressources humaines prend plus de place que la gestion financière. Le soin accordé aux relations à la clientèle prend plus de place que la gestion financière. Ces entreprises sont moins capitalistes que petites !

Si nous souhaitons encore vivre en démocratie, nous devrons mobiliser ces travailleurs et propriétaires de PME, les assurer qu’ils auront une place dans la nouvelle société que nous imaginons. Et ce n’est pas en brandissant le modèle coopératif que nous les convaincrons. Ni en promouvant le retour de l’État social, même renouvelé à la sauce écologique. Il nous faudra une approche plus inclusive, qui n’impose pas les solutions d’avant-garde comme modèles, mais saura inciter au changement même les entreprises privées.

Il y a plus de social qu’on le pense dans les PME « ordinaires ». (Voir Entreprises du XXIe siècle). Un social à reconnaitre, renforcer plutôt que de le mépriser. Si nous devons inventer un nouveau mode de production mieux adapté aux limites et au caractère fini des ressources de cette planète, ce sera avec le monde. La responsabilité sociale des entreprises, la mesure de leur impact social, le soutien aux dimensions sociales qu’elles incarnent sont des avenues à explorer, des expérimentations à faire.

Enfin, je suis surpris de ne pas trouver de lien dans le texte de Favreau vers la réflexion menée par le RIPESSVision globale de l’économie sociale solidaire: convergences et différences entre les concepts, définitions et cadres de référence. Enfin une clarification de la différence entre économie sociale et économie solidaire. Une définition inclusive, pluraliste de cette dernière. Des questions et stratégies que nous devrions étudier encore, notamment en vue du prochain Forum social mondial qui se tiendra à Montréal en 2016 !

garder les portes ouvertes

Article d’abord publié sur Nous.blogue 

Samedi dernier avait lieu à Québec Action climat : une manifestation de volonté populaire, démocratique, de la société civile.

Les sociétés démocratiques ont vu croître l’influence et la participation d’organisations diverses, plus ou moins indépendantes des partis politiques et des États.

Les représentants du pouvoir traditionnel (élus, hauts fonctionnaires, forces de l’ordre) ont plus ou moins apprécié l’émergence de ces nouveaux acteurs – et adapté leurs comportements en conséquence. La capacité d’influence des diverses organisations de la société civile sur les affaires de l’État a rendu le job des élus plus complexe. Le clientélisme traditionnel était remplacé par l’animation d’espaces démocratiques de discussion.

Je me rappelle lorsque Louise Harel 1 est arrivée dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à titre de députée provinciale du Parti Québécois, en 1981. Le quartier avait connu nombre d’élus qui entretenaient de bonnes relations avec les organisations communautaires du milieu. Mais jusque là tous avaient maintenu une relation traditionnelle où les représentants des organisations et associations rencontraient leur député en privé, un à un, pour présenter et déposer leur demande de soutien. Mme Harel décida de réunir tout le monde autour d’une table – rendant publique et interactive ce qui se faisait auparavant derrière des portes closes.

Il ne faut pas voir dans ce geste plus de sens qu’il n’en a : le quartier avait déjà une bonne habitude de concertation – et les budgets discrétionnaires dont il était question lors de ces rencontres étaient plutôt limités. Tout de même, ce geste de la nouvelle députée contribuait à ouvrir la discussion et à faire sortir les organisations sur la place publique plutôt que de se définir uniquement en regard de leur clientèle particulière. Mme Harel appréciait sans doute plus que d’autres politiciens ces échanges publics (et elle libérait ce faisant son agenda de dizaines de rencontres individuelles!).

Si je rappelle ces vieux souvenirs c’est pour mettre en perspective non seulement les changements de structure mais aussi les changements dans les compétences et les habiletés qui sont demandées aux élus (et aux organisations en général : il n’y a pas que les élus qui se retrouvaient sur la « place publique »). Cette capacité d’interagir publiquement, d’animer en quelque sorte la communauté n’était pas donnée à tous les élus…

Ce fut une décennie de chômage prolongé, de montée du discours néoconservateur avec Thatcher, Reagan puis Mulroney, où l’on affirmait avec force que l’État n’avait plus à se mêler d’économie… tout au plus pouvait-il préparer la main-d’œuvre : ce fut le « virage vers l’employabilité » des programmes fédéraux et provinciaux canadiens.

Mais le marché n’arrivait pas à intégrer tous ces jeunes qui accumulaient plus d’années de chômage que d’expérience. La nouvelle économie sociale permit de répondre à des besoins, économiques et sociaux, tout en sortant du modèle binaire « public ou privé ». On commençait à comprendre (Robert Putnam, Making Democracy Work : Civic Traditions in Modern Italy, 1994) que le développement économique n’était pas qu’une simple question d’investissement dans l’outillage et la formation. La vitalité du monde associatif et de la culture contribuait à rendre le développement économique possible.

Mais l’économie sociale, même solidaire, ne suffira pas à redresser le cap et assurer le virage important dont nous avons un urgent besoin. Certains imaginent un New Deal avec l’État social. Pour cela il nous faudra toucher et mobiliser une plus grande part de l’économie « traditionnelle ». Les PME de l’économie de marché ont une composante sociale méconnue qu’il s’agit de reconnaitre et soutenir plutôt que de la nier en amalgamant simplement marché et capitalisme. (L’entreprise du XXIe siècle sera sociale (ou ne sera pas)).

Si la disparition des CRÉ et le dépeçage des mandats des CLD ont mis à mal des réseaux et ressources élaborés « de peine et de misère » depuis 10 ans, que dis-je, depuis 30 ans, cela n’empêchera pas ces réseaux de se retisser, plus forts que jamais. D’autant plus forts que la mission « économie sociale », qui n’était pas toujours bien portée par les CLD, a été préservée et renforcée.

Il nous faudra apprendre à mieux travailler avec « le privé », tout comme il faudra lui apprendre à travailler avec nous. Il faudra aussi enseigner aux élus à ne pas avoir peur de la société civile, et éviter ainsi le repli confortable sur des relations clientélistes avec quelques acteurs forts, derrière des portes closes.

  1. une page qui n’est pas tout à fait à jour : Mme Harel n’est plus chef de l’opposition à Montréal  (retour)

développer le Nord

Un plan Nord, parce qu’il faut exploiter ce qui peut l’être; parce qu’il faut être partie prenante de cette « ruée vers l’Arctique » qui consiste à accélérer la fonte des glaces pour profiter de nouvelles routes commerciales; parce que c’est encore ce qu’on sait faire de mieux, au Québec et au Canada : extraire les ressources brutes du sol et des forêts pour les exporter vers les métropoles de ce monde.

En quoi un tel « Plan Nord » contribuera-t-il au plan de sauvetage de la planète qu’il faut mettre en branle au plus tôt ? À moins que ce plan ne fasse plutôt partie du saccage, de cette culture de l’extraction, de la prédation sans scrupule ni vision (idiote, myope, sacrilège, déraisonnable, aveugle, narcissique) des ressources limitées d’une fragile planète vivante ?

Le plan de développement arctique devrait être articulé à un plan de développement et de préservation du Pacifique, et puis de l’Atlantique… Des développements qui devront se faire au delà des territoires nationaux. Pour gérer ces réserves qui feront l’avenir de l’humanité… actuellement soumises à un régime de pratiques hors-la-loi.

Un Plan nord pour refaire ici ce que la Eldorado Gold fait en Grèce ?

On se préoccupe plutôt de « libéraliser les échanges » en négociant différents pactes : avec l’Europe, avec les pays du Pacifique, en garantissant non seulement la circulation des marchandises et l’accès aux marchés mais surtout la circulation des capitaux qui seront assurés de ne pas voir les gouvernements leur mettre des bâtons dans les roues. Pfft la protection de l’environnement ! Adieu vision d’avenir, développement durable. Sauf pour en faire une marque de commerce, un autre badge de certification « garanti vert » par un autre panel à ruban bleu.

Libérer le capital, c’est reconnaître, participer à la nouvelle Banque asiatique d’investissement en infrastructures, c’est mobiliser l’épargne collective, les fonds de pension en lieu et place des emprunts (et décisions) de l’État, c’est – comme vient de le faire le gouvernement conservateur Britannique – donner à chaque cotisant de 55 ans accès à ses épargnes de retraite pour les investir comme bon lui semble… Le citoyen, devenu consommateur (Citizens as consumers, W. Streeck)  atteint le statut d’investisseur. Comme si la liberté et l’insécurité des petits ne se transformait pas toujours en occasions d’affaire pour les plus riches. Avec en prime l’incorporation plus grande encore de la culture de la liberté individuelle d’entreprendre, de choisir.

Quel est le plan Sud de ce gouvernement ? Quel est le Plan tout court ? À part l’atteinte de l’équilibre budgétaire… le paiement des dettes… et la réduction des taxes et impôts. Beau projet de société, que s’empressent d’acheter tous ceux qu’on a convaincu, par des décennies de gavage idéologique, de l’inéluctabilité de cette tendance, qui affirme l’incompétence des pouvoirs publics et la gabegie du pouvoir politique comme des évidences incontestables. Mieux vaut le chaos capitaliste que le dirigisme de l’État. Comme Streeck, encore, disait dans son article de juin dernier « How Will Capitalism End ? »

Disorganized capitalism is disorganizing not only itself but its opposition as well, depriving it of the capacity either to defeat capitalism or to rescue it. [citation d’Eurozine]

« La désorganisation capitaliste désorganise aussi son opposition et l’empêche tant de vaincre que de sauver le capitalisme. » Peut-être l’alternative n’est-elle pas de sauver ou de vaincre le capitalisme mais bien de changer, transformer l’actuel ordre des choses.

une certaine action collective

K, dont la devise est « le développement collectif dans tous ses états », dans un dossier spécial sur ledit développement, se demande si l’élan n’est pas brisé ? (le dernier numéro est en ligne). Il semble que non. Plusieurs plumes appellent à retourner aux sources, donnent une perspective historique, soulignent l’apport des contributeurs qui sont-seront touchés par les mise à pied, les réorganisations et fusions… Le développement collectif n’est pas le produit d’une structure ou d’un programme de subvention. C’est une obligation, une tendance naturelle, une dimension intrinsèque, inextricable de l’agir humain.

NousblogueDans le même esprit, avec certains des mêmes collaborateurs, l’initiative Nous.blogue est lancée ce midi. Pour rassembler les paroles de ceux qui veulent porter, malgré la morosité ambiante, un espoir, une certaine vision d’un avenir à partager. Un avenir qui n’est pas défini, qui reste à définir par celles et ceux qui croient encore qu’il y a autre chose que la peur et l’appât du gain pour nous orienter dans ce monde. Quelque chose de généreux dans cette ouverture au dialogue, dans cette idée folle qu’une responsabilité collective, une conscience commune peut faire la différence, et transformer le chaos, l’austère bêtise aveugle du chacun pour soi en quelque chose de viable, d’agréable même.

J’ai accepté de participer à ce Nous.blogue avec d’autant plus d’enthousiasme (et d’humilité) que la brochette de collaborateurs rassemblait déjà plusieurs dizaines de plumes respectées. Bon, oui je sais, le nom n’est pas fameux… Mais Nous. n’avons pas trouvé mieux… et il fallait bien passer à l’acte même avant d’avoir trouvé le parfait branding. Le message est plus important que le véhicule, quoiqu’en disait McLuhan. Quel message ? Une critique des politiques conservatrices actuelles ? Oui, sans doute. Mais il faudra plus que cela. Les politiques conservatrices ont pu bulldozer institutions et pratiques parce que les think-tanks conservateurs ont lavé les cerveaux plus blanc que blanc depuis des décennies.

Comme le soulignait Robert Laplante, directeur général de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), lors de sa conférence dimanche dernier sur la Dépossession tranquille, le lessivage des consciences est fait depuis si longtemps que les gouvernements de droite n’ont même plus à se justifier avant de déployer, à toute vitesse, leurs programmes de réformes. [Voir son article récent dans Le Devoir] On n’a même plus besoin de se donner un projet de société, il suffit de promettre qu’il y aura moins d’impôt et que la dette sera sous contrôle. Pour le reste, si on peut réduire en même temps ces services qui nous coûtent si cher, à nous les contribuables de la classe moyenne, et qui ne servent, finalement, qu’à entretenir des armées de fonctionnaires. Qui, par définition, sont inutiles et coûteux, quand ils ne sont pas nuisibles. Alors tout le monde est content.

Les CRÉ et autres CLD seront-ils enterrés comme l’ont été, sans plus de bilan ni cérémonie, les CLSC après 30 ans de développement. Trente ans de tergiversations et tâtonnements diront les critiques de ces « petites boîtes toutes croches » (si bien représentées par le logo au petit carré penché). Critiques au premier rang desquels étaient les boites de médecine privées… Il ne faut pas oublier cette première étape lancée par le PM Couillard alors qu’il était ministre de la santé. Ce sont des espaces de délibération et d’interface avec la société qui permettaient, justement, de rendre moins aveugles et bêtes les fonctionnaires… qui disparaissent l’un après l’autre.

Je ne voudrais pas, et je ne suis pas du genre à, me planter les talons et résister au changement. J’ai été de ceux qui ont tenté de faire vivre cette nouvelle « responsabilité populationnelle » lorsque les CLSC ont été intégrés aux CSSS. Mais je trouve un peu gênant qu’on puisse faire disparaître des outils et cadres institutionnels qui mobilisaient des milliers de bénévoles en plus d’employer des centaines de personnes (je parle ici des CRÉ et CLD) sans fournir le moindre bilan, la moindre justification à l’appui de telles réorganisations. Sinon cette idée confinant au préjuger qu’il y avait trop de structures, trop de réunions.

Il en faudra pourtant des réunions et des structures pour que nos entreprises puissent rencontrer les normes européennes dans le cadre du prochain pacte d’échanges. Il en faudra aussi pour que nos quartiers et régions ne soient plus développés à l’aveugle pour répondre à la dernière poussée du cours de l’or ou du bitume. Nous avons la chance de pouvoir compter sur des ressources incomparables d’énergie verte, des réseaux publics de santé et d’éducation qui sont des atouts et non des fardeaux, sans compter les richesses mobilisées par nos entreprises, nos professionnels. Nous avons de quoi contribuer de manière productive et créatrice à la solution des problèmes qui se posent avec acuité non seulement dans nos quartiers, nos villes, nos régions mais à l’échelle de notre globe.

Il faudrait arrêter de pisser dans la soupe. Tous les fonctionnaires ne sont pas des paresseux, pas plus que tous les entrepreneurs des fraudeurs. Nous devons trouver un modus vivendi acceptable à tous les joueurs quels que soient leurs couleurs, leurs religions, leurs langues. C’est là que je décroche du discours, par ailleurs très solide et éclairant, de Robert Laplante, lorsqu’il insiste lourdement sur l’iniquité des transferts fédéraux et le statut de minorité du Québec dans l’ensemble canadien. Je ne conteste pas l’iniquité, elle est d’autant plus prévisible que notre machiavélique Stephen n’a pas eu besoin du Québec pour se faire une majorité. Et que le traitement à la dure des minorités récalcitrantes lui fait sans doute des gains auprès de sa base conservatrice anglo-saxonne. Je conteste la présomption qu’un statut de minorité implique nécessairement un rapport défavorable à la nation. Oui, je sais que j’ouvre une boîte de pandore à aborder ainsi la question nationale… mais c’est aussi une action collective. De même que celles qu’il nous faudra articuler avec des ensembles encore plus grands que le Canada.

Incidemment, pendant la période où nous discuterons d’action collective locale et régionale, il y aura peut-être des actions à l’échelle nationale et internationale qui mériteront notre attention. La campagne électorale fédérale ne devrait pas nous laisser indifférent. Le NPD saura-t-il rassembler une majorité autour d’un projet de société qui ne soit pas une version libérale de centre-gauche ? Peut-on imaginer une majorité électorale constituée des provinces centrales et maritimes qui porterait un programme qui ne soit pas extractiviste ? Je crois que c’est possible, mais pas en 2015… et pas dans un seul pays (qu’il soit Québec ou Canada). Si nous voulons prendre au sérieux les avertissements de plus en plus pressants que nous lance la Terre (combien d’oiseaux avez vous entendus récemment ?) nous devrons développer des actions collectives de grande envergure.

Parlant d’initiatives citoyennes d’envergure je m’en voudrais de passer sous silence, même si je m’en veux d’en parler aussi tardivement, l’appel De peuple à peuple lancé par quelques activistes d’Europe pour soutenir l’action locale des collectivités grecques soumises à un régime d’austérité plus que drastique. Il ne reste que 3 jours pour atteindre un objectif… encore lointain. Jusqu’où et à quelles conditions de telles initiatives peuvent venir influencer les structures et forces politiques en place ? Il y a clairement un potentiel, comme l’a démontré l’appel de Nadeau-Dubois lancé à l’émission Tout le monde en parle contre les oléoducs. En quelques jours près de 400 000$ ont été amassés par socio-financement. À défaut de s’engager dans des partis ou groupes militants, il semble qu’on veuille bien soutenir financièrement des causes. Et pourquoi pas, c’est un premier pas qui conduira peut-être à d’autres formes d’engagement. Et même s’il n’y conduit pas, il aura au moins soutenu ceux qui y sont allés.

Finalement, moi qui voulais simplement souligner l’ouverture d’un nouveau blogue collectif… Je vous invite donc à suivre les débats et contributions de la vingtaine, bientôt trentaine de collaborateurs qui s’élancent aujourd’hui sur Nous.blogue [aussi sur FB].  À noter que ce billet que vous venez de lire ne présage nullement de l’orientation que prendra la conversation sur cet espace nouveau… C’était, comme (presque) toujours sur Gilles en vrac… une réflexion personnelle livrée de manière spontanée, à moins que ce ne soit une réflexion spontanée livrée de manière personnelle 😉

analyser ensemble

L’Institut du nouveau monde (INM) organise un débat en ligne toute la journée du 26 mars (débat lancé en fin d’après-midi – après précision de l’INM) sur l’impact du budget provincial sur les inégalités. Je me suis inscrit à l’évènement, même si je serai en réunion de 9h à 16h45… On pourrait peut-être faire du suivi de cet évènement un élément dynamique de l’ordre du jour, au conseil de Communagir ?

Une autre occasion nous est aussi offerte pour réfléchir aux conséquences, sinon penser la riposte, des politiques d’#austérité. La revue Liberté organise au Théâtre d’Aujourd’hui, les 28 et 29 mars, « La dépossession tranquille : 4 conférences pour penser l’austérité ».

La réflexion et le travail de déconstruction des idées prises pour acquises est plus que jamais, mais pour longtemps, à faire. L’actuelle entreprise de démolition des réseaux et structures de l’intervention publique concertée aux acteurs locaux et régionaux peut reposer sur des décennies de guerre idéologique de tranchée, où l’idée, devenue obsession, que nous payons trop de taxes et d’impôts, que les services publics sont inefficaces et couteux, que le marché est le meilleur moyen d’assurer la croissance du PNB, préférablement de 2 à 3 % par année, ces idées sont devenues des certitudes, partie de la culture et des croyances, rendant acceptables des attitudes qui auraient été inadmissibles il y a pas si longtemps. [C’est la faute à l’hiver, peut-être].