inégalités : données comparatives

Divided We Stand | OECD Free preview | Powered by Keepeek Digital Asset Management L’OCDE publiait en décembre un rapport Toujours plus d’inégalité (en anglais, le rapport plus complet, Divide We Stand, dont vous pouvez lire cependant le contenu en ligne en cliquant sur l’image si-contre).

On retrouve aussi sur la page de l’OCDE les données sous forme de tableaux Excel.

Une référence tirée du dernier bulletin SantéPop.

Toujours sur la question des inégalités, les lecteurs de ce blogue se rappelleront la récente parution du rapport du Directeur de santé publique de Montréal, que nous annoncions le 1er décembre dernier. De plus, cette étude de l’INSPQ, sur la couverture médiatique des inégalités de santé au Canada.

Vivian Maier, photographe

Des clichés d’une beauté époustouflante, témoins des rues de Chicago et de New York durant les années ’50 et ’60, ’70 œuvre d’une photographe amateure – nannie de profession.

Découverte par hasard, à la faveur d’une vente de biens issus d’une reprise de possession d’un entrepôt… ce sont des centaines de milliers de photos qui seront peu à peu découvertes, numérisées, développées même parfois. Un court reportage d’une émission de télévision de Chicago raconte cette histoire.

Quelques-unes de ses photos visibles sous forme de diaporama sur Youtube: série 1, série 2, série 3. [Merci Robert] – Le site officiel sur Vivian Maier. Le livre Vivian Maier, street phtotographer… et ici l’exposition qui a présentement cours (jusqu’au 28 janvier prochain) à la Howard Greenberg Gallery de New York.

projets de retraite – 1

Mon premier projet de retraite sera de marcher. Et tant qu’à marcher, pourquoi pas visiter les différents quartiers de Montréal, et y photographier les différentes places, institutions marquantes ?

Comme je me déplace en transport en commun, je pourrais ainsi documenter les pôles et axes de transport qui devraient ponctuer et orienter les développements actuels et futurs du Grand Montréal durable… La lecture du Plan métropolitain d’aménagement et de développement adopté par la CMM le 8 décembre, et celle du Rapport de consultation publique de la commission de l’aménagement (projet de PMAD (et aussi, sans doute, de quelques-uns des 340 mémoires présentés à la commission) me permettra certainement de contextualiser cette découverte des quartiers.

Je me demande jusqu’où le Plan de développement durable de Montréal 2010-2015 a été intégré au PMAD ?

y’a pas qu’à l’urgence

Comment se fait-il qu’un médecin spécialiste donne collectivement rendez-vous à tous ses clients pour 8h le matin alors que ceux-ci attendront 2, 3 ou 5 heures avant d’être vus ? Des personnes malades, âgées, qui n’ont rien mangé… De quel droit traite-t-on ainsi des personnes vulnérables ? La seule logique explicative est-elle vraiment de préserver le précieux temps, les coûteuses minutes du travail du spécialiste ? Ou s’il ne s’y mêle pas une part de mépris pour la clientèle « ordinaire », c’est à dire pauvre ?

Ça ne se passe pas dans les corridors de l’urgence, mais c’est tout aussi inacceptable !

soins de longue durée, vieillissement

J’ai été heureux de tomber sur ce texte du Centre danois de recherche sociale : Retirement improves cognitive performance (38 pages). Finalement, après avoir parcouru ce document, c’est très facile à comprendre et, en fait, c’est probablement la principale raison qui me pousse vers la retraite : le travail de bureau (entendre la sédentarité) est contraire à la santé, et au fonctionnement optimal du cerveau. Pour les « manipulateurs de symboles » que nous sommes, prendre sa retraite c’est devenir plus actif… et donc augmenter sa performance cognitive.

En provenance du même centre de recherche, sur la question des services aux ainés, le « home care », cette publication fait le bilan et la comparaison des systèmes et réformes récentes dans ce domaine (home care) dans 9 pays européens. LIVINDHOME – Living independently at home (250 pages).

Dans un domaine connexe, les services de longue durée (long term care), plusieurs études portant sur la situation dans 21 ou 27 pays d’Europe :  Relationship between Formal and Informal Care (42 pages); Informal Care Provision in Europe: Regulation and Profile of Providers (38 pages); Determinants of the Probability of Obtaining Care (31 pages). En visitant cette page vous aurez accès à plusieurs autres titres encore, dont des monographies distinctes sur les systèmes de soins de longue durée dans 22 pays européens.

bicyclette et santé

Une affiche qui en dit beaucoup… Une référence de Daily Beast. En Hollande, 10 % seulement d’obésité, mais 25 % des déplacements sont faits en bicyclette. Aux États-Unis  : 31 % d »obésité et 01 % des déplacements faits à bicyclette.
Biking And Health
Created by: Healthcare Management Degree

projets de retraite ?

J’y pense de plus en plus souvent, de plus en plus sérieusement. Ce qui me retient (retenait) encore de partir, après 35 ans de services (en septembre dernier) ? L’impression d’avoir un job avec un espace de créativité, où je pouvais (prétendre) avoir une influence sur le développement et l’orientation des choses.

Mais les choses se corsent. Le contexte local devient de moins en moins favorable à l’expérimentation et l’innovation. Les contraintes liées aux processus d’optimisation et d’agrément… rétrécissent l’horizon plutôt qu’elles ne l’ouvrent. Et les collaborations régionales se résument de plus en plus à des voies de communication à sens unique où l’on consulte le local sur des produits déjà formatés, des problématiques déjà circonscrites avec bien peu d’espace pour poser des questions non déjà prévues au programme. Le dernier exemple en date étant le rapport sur les inégalités où les enjeux soulevés tournent essentiellement autour des compétences des équipes en place.

Où sont les efforts pour identifier et réduire les iniquités dont sont victimes les ainés dans leur accès aux soins et traitements ? Quelle est la portion de l’écart de longévité (entre classes de revenus) qui pourrait être corrigée pour peu que les conditions de vie en centres d’hébergement privés soient prises en compte ? Comment expliquer le silence entourant le caractère régressif du « crédit d’impôt pour maintien à domicile d’une personne âgée » qui fait qu’on soutient des deniers publics les personnes en fonction de leur portefeuille plutôt que de leurs besoins ? Lire la suite

Montréal d’hier et d’aujourd’hui

Plus de 150 photos de Montréal, par un amateur immigrant Allemand, Alfred Bohn. Visibles sur Flickr.

Sur une note moins nostalgique ou esthétique, le magazine montréalais Maisonneuve propose un reportage fouillé sur l’industrie du déneigement à Montréal : sabotage, intimidation et collusions… Merci à Montréalités urbaines pour ces références.

Portraits de santé et d’inégalités de santé

Le ministère de la santé publiait récemment Pour guider l’action, portrait de santé du Québec et de ses régions. Un relevé de statistiques de 369 pages est aussi disponible.

Le directeur de la santé publique de Montréal publiait aussi son dernier rapport annuel : Les inégalités sociales de santé à Montréal, le chemin parcouru.

 

aux origines catholiques des services publics et communautaires québécois

Plusieurs trouveront irritante la question que je pose. Quelle est la part des services publics et communautaires québécois qui reste influencée par la tradition catholique ? Question innocente, ou inutile diront certains, mais que je trouve d’actualité à chaque fois que Statistique Canada publie les résultats de son enquête sur la participation et le don… ou encore lorsque je lis certains discours canadiens sur le développement des services aux enfants et aux familles. Ainsi ce Early Years Study 2 – une cette étude du Dr Mustard et al., celui-là même qui était invité à ouvrir le colloque sur le développement de l’enfant réalisé aux JASP de 2008 et dont le document EYS2 est donné comme toute référence à la vision de Avenir d’enfants. (Depuis que j’ai commencé d’écrire cet article, la version 3 de ce travail au long cours, Le point sur la petite enfance 3, est parue. Voir le billet précédent).

Je ne peux m’empêcher de voir dans la différence importante que les sociétés québécoise et canadienne anglaise montrent dans leur façon de répondre à un besoin social contemporain (les services à la petite enfance) un reflet des traditions catholique et protestante qui ont marqué et marquent encore nos deux nations. Une tradition catholique française qui semble moins craintive devant le développement de solutions publiques, étatiques alors que sa contrepartie protestante semble résister, au nom du rôle de la famille sans doute, à l’instauration de services nouveaux, d’accès universel.

Mais cet exemple n’est qu’un exemple, et il n’est peut-être pas le plus représentatif de la dynamique à l’œuvre dans le mouvement communautaire québécois. Un mouvement où je me plais à voir à l’œuvre une logique citoyenne qui se mobilise pour identifier des problèmes, des besoins, faisant pression pour que soient affectées à ces besoins des ressources collectives… après quoi les citoyens rentrent chez eux, redevenant des utilisateurs, des usagers de ce nouveau service. Je sais que c’est tourner les coins ronds… mais il me semble que du côté protestant il y a un désir, un principe de participation, d’engagement qui perdure, plus encore il me semble que du côté communautaire quasi-publique québécois.

Cette image est certes grossière en ce que le dit mouvement communautaire est justement un mélange des traditions française et anglo-saxonne, un mélange d’affirmation de la responsabilité publique (en terme de financement) et de l’autonomie de la société civile. En ce sens la comparaison serait sans doute plus crue et complète à mettre côte à côte la société française et l’anglo-saxonne. Mais c’est la société d’ici qu’il m’intéresse de réfléchir. Et je ne peux m’empêcher de rappeler les racines pas si lointaines mais bien catholiques de plusieurs organisations communautaires encore à l’oeuvre sur le terrain. Que serait le Resto-pop s’il n’y avait eu Soeur Annette ? Et Interaction famille, s’il n’y avait eu Pierrette Lafleur, elle aussi religieuse ? Et ASTA, et le Centre culturel et sportif…

Autrement dit, la présence des communautés religieuses catholiques n’est pas si lointaine dans l’histoire des organisations communautaires. Ce que je me demande c’est si cette présence aurait eu un effet différent si elle avait été d’obédience protestante. Est-ce qu’il y aurait une « manière catholique », orientée par un dévouement, une charité à l’endroit des « nécessiteux », charité pratiquée d’abord par les « permanents » que sont les membres des communautés religieuses, alors que la « manière protestante », moins basée sur la main-d’œuvre de communautés religieuses (qui – c’est mon hypothèse – étaient moins nombreuses que du côté catholique), serait plus orientée vers l’entraide et l’engagement des membres laïcs des paroisses ?

Je sais que c’est vite dit… mais c’est une question que j’aimerais bien creuser. Une meilleure compréhension des racines culturelles et historiques, où la religion était étroitement mêlée aux structures sociales (services sociaux, de santé, d’éducation), nous permettrait de mieux saisir les différences entre les sociétés d’aujourd’hui, pour mieux préparer celle de demain.

EYS2-3 – une vision intégrée des services à la petite enfance

Juste au moment où je finissais ce billet, après une deuxième lecture du Early Years Study 2… voici que paraissait mardi dernier la troisième itération de cette étude : Le point sur la petite enfance 3 ! Et en français cette fois. Alors je vais lire avec grand intérêt cette nouvelle mouture. Je vous en reparle… En attendant, voici tout de même le billet que je préparais…
En marge d’une deuxième lecture de ce document de 178 pages cité comme source de la vision de la fondation Avenir d’enfants.

Si les avancées neurologiques sur le développement du cerveau des jeunes enfants sont sans doute applicables dans toutes les cultures, les contextes dans lesquels la « science sera mise en action » sont hautement différenciés. Et quand on parle du contexte canadien, la compréhension de la situation différente du Québec est essentielle : les services aux jeunes enfants, partie d’une politique familiale québécoise originale, sont un bel exemple de « société distincte », de nation distincte.

Pourquoi le Québec s’est-il doté d’un réseau public de garderies et pas le Canada anglais ? La chose n’est pas si simple que d’avoir d’un côté la solution publique et de l’autre le service privé ou l’absence de service. Car ce réseau de services s’est développé pendant longtemps en résistance à son intégration publique : le modèle français des crèches intégrées au réseau public de l’éducation poussait à une intégration publique à laquelle les parents des enfants en « garderies populaires » ont résisté des décennies durant par crainte et insatisfaction à l’endroit des services d’éducation primaires publics (voir Dates clés dans le développement des garderies-CPE). Il fallait un milieu plus proche des parents, où ces derniers étaient plus engagés qu’ils l’auraient été dans une version préscolaire de l’école. Cette insistance sur la participation parentale a sans doute fait du réseau des garderies québécois le modèle le plus proche de la culture anglo-saxonne protestante… Un réseau qui se sera  finalement converti en une formule publique où l’engagement des parents reste affirmé, formellement, mais dans un cadre de financement et règlementaire de plus en plus serré. Mais un réseau encore incomplet, parce que le financement n’est pas à la hauteur des défis pour rejoindre les enfants des milieux défavorisés, ou encore plus simplement pour assurer à tous la qualité nécessaire.

Mais la vision intégrée est attrayante : où les services de stimulation précoce, de garde en milieu familiale, de garde en installation autant que ceux d’accompagnement des mères enceintes et de visites pré et post-natales font partie d’une seule organisation offrant des services universels de qualité. Pourquoi, en effet, se contente d’assurer l’universalité d’accès à l’éducation à compter de l’école primaire seulement, alors qu’on sait très bien que les premières années seront cruciales pour le développement futur de l’enfant et sa réussite tant à l’école que sur le marché du travail.

L’étude canadienne (EYS2) identifie ainsi les défis (challenges) qui confrontent le réseau québécois de services à la petite enfance (ma traduction – page 113) :

  • Une intégration difficile de l’action des CPE avec les services de santé (pré et post-natal, de santé et de soutien aux familles) qui sont offerts par les CLSC
  • des problèmes endémiques de recrutement et formation de la main-d’œuvre
  • des déficits encourus par les CPE par défaut de paiement de certains parents
  • des barrières à l’accès pour les enfants ayant des besoins spéciaux ou encore qui ne veulent assister qu’à temps partiel – pour des raisons de subventions inadéquates
  • la qualité générale qui est jugée insuffisante, même si les CPE « scorent » mieux que les services privés ou non régis.
  • la moindre participation des familles de statut socio-économique plus faible, et l’utilisation plus fréquente par ces dernières de services à but lucratifs – de moindre qualité.

Sur cette dernière question de la qualité et de l’utilisation des services en regard du statut socioéconomique des familles, voir l’étude de Japel et Tremblay La qualité, ça compte (2005).

Comme on le reconnait dans l’étude canadienne, le Québec est seul de sa classe : About 64% of young children [in Québec] were in regulated child care in 2004 compared to 10.8% in Ontario. On reconnait aussi qu’il est plus difficile d’intégrer des services qui existent déjà que de créer de toute pièce un service intégré (p. 144).

crédit d’impôt remboursable maintien à domicile

Le crédit d’impôt remboursable pour maintien à domicile d’une personne âgée est une mesure fiscale du gouvernement québécois visant les personnes de 70 ans et plus habitant une résidence avec service ou encore habitant un domicile ordinaire. Le coût de cette mesure est passé depuis 2005, de 91$M à 236$M en 2010 (249$M prévus en 2011). Voir le document Dépenses fiscales 2010, page 59.

J’étais curieux de voir la répartition géographique de l’utilisation de ce crédit d’impôt. De fait j’aurais aimé avoir une ventilation par territoire de CSSS… Pour le moment j’ai obtenu, pour l’année 2010, assez rapidement de la part du ministère des finances, une répartition par région administrative. Un total de 212 945 personnes de 70 ans et plus ont obtenu près de 245$M en crédits d’impôts pour le maintien à domicile pour personnes âgées. Je n’ai pu avoir le détail du type de résidences où logeaient ces personnes, seulement pour celles qui demandaient un remboursement anticipé mensuel, soit la moitié des personnes subventionnées. Pour ce groupe, soient quelques 106 000 contribuables, 91 % d’entre eux vivaient en résidences avec services.

La moyenne de remboursement, à l’échelle du Québec, était en 2010 de 1149 $ par personnes. À Montréal elle était de 1008$. Le dernier rapport détaillé Statistiques fiscales des particuliers disponible pour l’année d’imposition 2008 nous permet de voir l’utilisation de ce crédit d’impôt par MRC, régions administratives, mais aussi par circonscriptions électorales provinciales (ce qui est encore mieux que par CSSS !).

Ainsi, la moyenne des crédits d’impôt pour le maintien à domicile d’une personne âgée en 2008 était de 1137$ au Québec, 1044$ à Montréal, mais de 763 $ dans la circonscription de Rosemont, 825$ dans Hochelaga-Maisonneuve, 922$ dans Bourget, 854$ dans Anjou. Si on se déplace vers d’autres quartiers, mieux nantis, la moyenne de remboursement était de 1179$ dans Saint-Laurent, 1236$ dans D’Arcy-McGee et 1721$ dans Westmount-St-Louis.

Ce qui n’est pas surprenant considérant que le taux remboursement est unique, c’est à dire fixé à 30 % des dépenses admissibles. Ainsi faut-il que la personne débourse 70 % du coût du service pour obtenir un remboursement. Pourquoi n’y a-t-il pas une échelle progressive, comme c’est le cas du crédit d’impôt pour la garde d’enfants (qui représente 274$M par an) ?

santé publique 2011

Le Rapport annuel de l’Agence de la santé publique du Canada porte cette année sur les jeunes (12-19 ans) et jeunes adultes (20-29 ans).

Des données récentes, tirées de la version 2009 de l’Enquête sur la santé des collectivités canadiennes (ESCC) y sont publiées.

Le rapport de 2010 portait sur les personnes âgées. Celui de 2009, sur les enfants.

Incidemment, le plan d’action régional 2010-2015 de la direction de santé publique de Montréal est accessible sur le nouveau site du Directeur de la santé publique.