les USA dans le monde

Cet appel lancé au président-élu Trump par deux hommes politiques américains chevronnés –  William S. Cohen, ancien secrétaire à la défense républicain et Gary Hart, ancien sénateur démocrate : Don’t Retreat into Fortress America – nous rappelle à quel point la présence militaire américaine a conditionné l’équilibre international et façonné ses institutions depuis 70 ans.

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Virtually the entire world has signed the Paris accord. Unilateral abrogation would be a huge blow to the United States’ international credibility.

Truman, Marshall, Acheson and Eisenhower, through their belief in having the strongest military in the world to back a focused and creative diplomacy, put America in a position to lead the world for 70 years. Will Mr. Trump cede that responsibility to Moscow, Beijing or Tehran?

Wise leaders such as Truman, Eisenhower, Marshall and Acheson constructed a temple in which freedom could thrive and economies could prosper. The interior of the temple may be in need of renovation, but Mr. Trump should not pull apart its central pillars and bring it crashing down.
[Don’t Retreat into Fortress America]

Ces auteurs reconnaissent que « la maison a besoin de rénovation », mais implorent de ne pas affaiblir les murs porteurs au risque de voir la maison s’effondrer. Ils avouent cependant que Trump « a un point, là » lorsque celui-ci demande aux membres de l’OTAN de mieux contribuer au financement de l’effort.

Si les responsabilités financières à l’endroit de l’OTAN doivent être rediscutées, le rôle et les fonctions de l’alliance militaire devraient aussi être redéfinis, précisés et adaptés au contexte actuel. Les menaces des « puissances ennemies » ne sont pas disparues mais elles ne sont plus ce qu’elles étaient au creux de la guerre froide. Les menaces diffuses du terrorisme et celles, moins visibles encore, des pirates et trafiquants de réfugiés et d’expulsés. Menaces-prédations que des conglomérats privés exercent sur les ressources communes à l’humanité (haute-mer, air, glaces). Des menaces qui exigent de nouvelles formes de protection.

Thomas Piketty, dans le journal Le Monde, Pour une autre mondialisation1,  affirme

[I]l faut arrêter de signer des accords internationaux réduisant des droits de douanes et autres barrières commerciales sans inclure dans le même traité, et dès les premiers chapitres, des règles chiffrées et contraignantes permettant de lutter contre le dumping fiscal et climatique,

Ce qui l’amène à déclarer franchement :

[L]e CETA est un traité d’un autre temps et doit être rejeté. Il s’agit d’un traité étroitement commercial, ne contenant aucune mesure contraignante sur le plan fiscal ou climatique.

Piketty n’est pas contre les accords commerciaux mais plutôt contre ceux qui ne font qu’abaisser les barrières à l’appropriation et aux échanges privés sans que soient protégées les ressources communes et publiques sans lesquelles il n’y a pas d’enrichissement privé.

L’accord Canada-Europe devrait innover et intégrer les dimensions fiscales et environnementales et ainsi participer de la mise en oeuvre des ententes conclues entre les États pour réduire les déchets, pollutions et évasions qui mettent en danger les équilibres écologiques et politiques de la planète.

À mon avis l’isolationnisme américain ne peut être contré que par une collaboration accrue des « puissances moyennes » et petites… Si le gorille de 800 livres veut remettre en question les règles et institutions du vivre ensemble, autant en profiter pour pousser les réformes devenues nécessaires.

P.S. (16.11.23) L’article du Foreign Affairs appelle à ne pas défaire le cadre international avant d’en avoir mis un autre en place : TPP, R.I.P. ?

  1. Aussi dans LThe Guardian : We must rethink globalization, or Trumpism will prevail  (retour)

après-midi d’automne à Val-David

Quelques images d’une courte randonnée dans le « parc régional ». La lumière, la chaleur… Une des dernières journées chaudes de l’automne, sans doute. Les couleurs vives n’étaient plus là mais ça mettait en valeur les textures.

Val-David 2016[Album sur Flickr]

dérives démocratiques

Oui, je sais, vous commencez à en avoir assez d’entendre parler de l’élection américaine… Je ne prétendrai pas avancer beaucoup de choses nouvelles, peut-être seulement rassembler ici quelques analyses marquantes de la dernière semaine.

Il faut croire qu’avec des élections fédérales à tous les deux ans, qui sont une fois sur deux présidentielles avec une campagne s’étirant sur plus d’un an… les Américains aussi en ont assez des élections : les taux de participation n’ont été, depuis 1972, que de 50 à 55% de la population en âge de voter.

Quelques 133 millions de votants pour une population en âge de 215 millions, soit 53% (en date du 10 novembre 2016) pour l’élection du 8 novembre dernier. À peine plus de la moitié de la population américaine s’est exprimée, divisée en deux portions quasi égales. Ce qui fait que le nouveau président est élu par 25 % de la population.

Les grands médias et maisons de sondage ont été choqués par les résultats : tous ou presque prévoyaient une victoire démocrate. Les vieux campagnards blancs n’aiment pas répondre aux sondages téléphoniques !

Michael Moore avait prévu le coup, dès juillet, dans un billet traduit ici par le Huffington Post français : Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner. La première de ces raisons est le poids de la région des Grands lacs, une région que Moore connait bien. Le « Rust Belt » a exprimé une insatisfaction accumulée depuis des décennies de mondialisation et délocalisation. La deuxième raison : Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère. Michael Moore interprète ainsi le sentiment de ces derniers :

« Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu’une femme nous mène par le bout du nez? Et après? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes? Des transgenres? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c’est assez! »

Les 3 autres raisons ont trait à la candidature problématique de Hillary Clinton, au désabusement des partisans de Bernie Sanders et à ce qu’il appelle l’effet Jesse Ventura, du nom d’un lutteur professionnel devenu gouverneur du Minnesota en 1998.

« Le Minnesota est l’un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l’humour assez particulier. Ils n’ont pas élu Jesse Ventura parce qu’ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l’ont fait parce qu’ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d’un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump. »

Si les électeurs de Trump voulaient envoyer quelqu’un d’extérieur à la bureaucratie de Washington, comme ils l’ont souvent répété, je ne crois pas qu’ils l’aient fait avec humour…

Make America White Again. Blanche, hétéro, simple… C’est à un retour aux années ’50, à l’Amérique d’avant les droits civiques que certains électeurs voudraient revenir.

Des 5 raisons énumérées par Moore pour expliquer la victoire de Trump, c’est la seconde qui est la plus difficile à comprendre, à avaler. Et c’est probablement la plus importante.

Doug Saunders, journaliste au Globe and Mail, parle de l’émergence d’un extrémisme blanc.1 Un radicalisme réactionnaire qui n’osait pas, jusqu’ici, s’exprimer ouvertement mais que les attitudes et discours de Trump ont « normalisé ».

resultats-trumpQuelques chiffres valent la peine d’être repris ici. 72 pourcent des électeurs de Trump considèrent que la vie était meilleure dans les années ’50. À l’inverse, 70 pourcent des électeurs de Clinton considèrent que les choses se sont améliorées. 90 pourcent des électeurs de Trump sont blancs. 62 pourcent des électeurs en provenance de petites villes et du monde rural ont voté pour Trump alors que 59 pourcent des électeurs des villes de 50 000 habitants ou plus ont voté pour Clinton.

Ce qui est remarquable: ce ne sont pas les problèmes économiques qui ont poussé les gens vers Trump, ni même les problèmes causés par l’immigration : les électeurs de Trump vivent dans des régions peu touchées par l’immigration et connaissent des taux de chômage moindre que les régions démocrates. Selon Saunders, il s’agit d’une fierté ethnique blessée, s’ajoutant souvent à une virilité froissée, plutôt que des problèmes strictement économiques. Aussi les solutions économiques à la crise que vit la classe ouvrière blanche postindustrielle ne règleront pas en elles-mêmes la crise de radicalisation basée plus sur des perceptions que la réalité.

Bien sur si la mondialisation et son cortège de délocalisations n’avaient pas été d’abord réalisés au profit de la petite minorité (le 1%) de plus en plus riche, les perceptions, les craintes et l’ouverture au changement seraient sans doute différentes. Suivant Naomi Klein, qui publiait son analyse 2 dans The Guardian le lendemain de l’élection, c’est parce que le programme de Clinton était, pour l’essentiel, néolibéral qu’elle n’a pu vaincre Trump : au message de ce dernier « All is hell » elle répondait « All is well ». Selon Klein, seule une large coalition de gauche, avec un véritable programme de redistribution de la richesse, permettrait de freiner les tendances néo-fascistes.

Je ne suis pas de ceux qui baissent les bras, mais ce recul annoncé (politiques environnementales, sociales, internationales) du leader américain a de quoi ébranler. Il faut croire que le « progrès » n’avance pas en droite ligne, et que des reculs sont parfois inévitables. Notamment pour aller chercher, rejoindre des groupes qui ne sont pas « sur la même page » et ne voient pas, entre autre, « la diversité » comme une valeur en soi. Un recul alors qu’il aurait fallu accélérer les changements, les réformes, la transformation de nos modes de production et de consommation. Mais les changements qu’il faudra engager sont tellement importants qu’ils ne se décrètent pas d’en haut, ils devront mobiliser la participation active, volontaire de (presque) tous.

Sans tomber dans l’auto-flagellation, il reste que le questionnement soulevé par l’incapacité des grands médias (et partis) à voir venir ce résultat a quelques chose de sain. Comme disait Saunders, il faudra « find a way to reach 60 million radicalized white people and find words that can bring them back to earth. » (Trouver moyen de rejoindre 60 millions de blancs radicalisés et trouver les mots pour les ramener sur terre).

Pour terminer sur une note humoristique, je vous suggère de regarder ce petit vidéo de 6 minutes par Jonathan Pie qui explique, avec beaucoup de “saveur” et quelques jurons, les raisons de la défaite de Clinton. On peut rendre beaucoup de monde responsable du résultat de l’élection, mais l’impossibilité de débattre, le fait que les gens plus cultivés, instruits ne débattent plus avec les autres, autrement que pour les ridiculiser… Et Clinton, vraiment ?, qu’ont bien pu penser les démocrates !?

 

 

  1. WHITEWASHED : The real reason Donald Trump got elected? We have a white extremism problem, 12 novembre 2016, The Globe and Mail  (retour)
  2. It was the Democrats’ embrace of neoliberalism that won it for Trump, 9 novembre 2016, The Guardian.  (retour)

qui est responsable ?

Un fameux coup de gueule ! En anglais, mais ça vaut la peine.
On peut rendre beaucoup de monde responsable du résultat de l’élection, mais l’impossibilité de débattre, le fait que les gens plus cultivés, instruits ne débattent plus avec les autres, autrement que pour les ridiculiser…

Musée de Québec, 887 et 25X

Une visite au Musée national des beaux-arts de Québec, pour y admirer l’oeuvre monumentale de Jean-Paul Riopelle, Hommage à Rosa-Luxembourg, exposée dans le corridor reliant le magnifique nouveau pavillon Lassonde et l’ancien édifice. Cette oeuvre méritait à elle seule le déplacement !

J’ai pris des photos que j’ai par la suite recomposées en trois panoramiques auxquels j’ai superposé la chanson Les oies sauvages par le groupe Mes aïeux. Ça donne ceci.

Riopelle-Rosa-MesAieux

Une promenade le long du fleuve pour y admirer sculptures et aménagements… et une visite à la Maison Hamel-Bruneau qui présentait une exposition d’oeuvres de Riopelle.

En plus d’une soirée au théâtre pour y voir la dernière pièce de Lepage, 887, interprétée par l’auteur de façon magistrale !

Ah oui ! J’oubliais l’installation de Hugo Latulippe au Musée de la civilisation « 25 X LA RÉVOLTE » qui résume en 25 tableaux-kiosques les grandes luttes depuis celle de la Place Tian’anmen.

Ici l’album photo de ces quelques jours bien agréables ! Et, non, nous n’étions pas à bord du Queen Elisabeth 2 !

Québec Octobre 2016

cartographiez votre communauté

Statistique Canada lance un projet participatif (crowdsourcing) visant à documenter (et rendre accessible gratuitement) l’information sur les immeubles commerciaux, industriels, gouvernementaux dans les villes et municipalités du pays. Projet pilote dans Gatineau-Ottawa.

approcheparticipative

Si vous vivez à Ottawa ou à Gatineau, vous pouvez compter parmi nos premiers contributeurs. Si vous vivez ailleurs, restez en contact avec nous! Votre ville ou municipalité pourrait être la prochaine. Nous sommes très enthousiastes à l’idée de travailler avec les collectivités de partout au pays.

En tant que contributeur au projet, vous pouvez aider à créer une source d’information gratuite et ouverte des immeubles commerciaux, industriels, gouvernementaux et autres au Canada. Nous avons besoin de votre aide pour combler cette importante lacune en matière de données! Votre travail améliorera la connaissance des bâtiments de votre collectivité, ce qui permettra d’orienter les politiques et les programmes conçus pour vous aider.

transition et VLS

Les promoteurs de VLS, voitures en libre service, argumentent :

 » Ne veut-on pas, d’abord et avant tout, réduire le nombre de voitures sur nos routes ? C’est le nombre de voitures en partage qui fait la différence, bien plus que le fait qu’elles soient électriques ou non. »

Dans leur réplique aux pressions et crocs-en-jambe de la Ville de Montréal à l’endroit des propriétaires de flottes de VLS (Communauto et Car2go). Voir L’inutile guerre de l’autopartage, article de La Presse +.

La voiture individuelle continuera de faire rêver.

On n’a qu’à regarder cette annonce de Tesla

Il deviendra de plus en plus clair qu’il ne sert à rien de changer un aspect seulement du système dans lequel nous nous  enfonçons, comme de réduire notre consommation d’essence et notre production de gaz à effet de serre sans tenir compte de nos autres consommations excessives, nos autres productions de pollutions diverses.

Économie circulaire, jour de la Transition (plus de 300 événements en France le 24 septembre prochain); Transition et intention


Cet autre graphique tiré du même article, publié d’abord sur le site de Transition2.

transition fulgurante et Apocalypse

Je découvre Marie Noël, dans les suites d’un article sur le site de Paul Jorion. Le dernier qui s’en va… en réponse/lien avec La transition fulgurante. Vers un bouleversement systémique du monde.

Voir ce long extrait de Chants d’arrière-saison. Poème au ton apocalyptique. On le serait à moins : on est en 1961, c’est le paroxysme de la guerre froide et du danger de guerre nucléaire. Un discours qui semble pourtant plus que jamais d’actualité.

Résurgence du christianisme, de la foi, dans ces moments de désarroi où les repères se vident de leur sens, perdent pied ? [Ce qui semble contredire le discours de Marie Noël qui dénonce (avec combien de finesse et d’élégance) le caractère figé, incapable de la réponse de la tradition religieuse aux drames et troubles imprévus, non traditionnels.]

 J’ai horreur de l’incontinence sentimentale… des gens qui font tout leur cœur sous eux. Mon cœur, je n’en parle pas. Je le tais ou je le chante. (…)

Ces proches, bienveillants ou non, se prêtent main-forte en bons alliés dans les cas de malheurs officiels, décès, accouchements, accidents, maladies, mais comme nul d’entre eux, au fond, ne connaît l’autre – et bien moins que les étrangers – ils ne sont d’aucune ressource dans les crises profondes, aux heures mystérieuses du mal vrai. Ils ne sont là, alors, que pour imposer à la douleur, un masque, un silence, une bonne tenue. [Marie Noël, Notes intimes]

Quel souffle, tout de même.

transitionfulguranteLe livre de Giorgini est celui d’un chrétien qui s’ouvre à un humanisme basé sur « une transcendance issue de l’immanence de l’amour ». La fulgurance des transformations concomitantes ouvre sur une « guerre contre nous-même ». Urgence de la responsabilité.

Qui est le plus responsable, le plus conscient ? Le chrétien militant pour la justice et luttant avec empathie auprès des pauvres et exclus ? ( En contrepoint, Marie Noël : « Il y a dans le catholique un être satisfait, supérieur, celui qui possède la vérité. ») Ou l’athée portant sur ses épaules la résolution des problèmes de l’humanité… Un athée qui sera lui aussi, le plus souvent, militant d’une organisation, d’un mouvement, d’un parti qui comme la religion, viendra soutenir, orienter sa conscience. En ce sens, il ne faut pas confondre athée et libre penseur. On peut être athée et conformiste, confortable, consommateur… On peut être athée et con.

depuis 20 000 ans

Illustration de la température moyenne depuis 20 000 ans, par tranches de  500 ans. Ici les deux premières. Cliquer pour aller sur le site de XKCD, pour la carte complète. Assez impressionnant comme résumé, et comme démonstration de la rapidité / radicalité des changements en cours.

timeline_temperature_terre

 

entre communs et économie sociale

Pour faire suite au billet précédent, et expliciter un peu plus ce que sont les communs...

Les travaux d’Elinor Ostrom (et le prix Nobel d’économie qu’ils lui valurent en 2009) ont remis en lumière l’importance des communs, entendus non seulement comme une ressource partagée mais surtout comme un ensemble de principes expliquant la pérennité ou la défaillance de la gestion collective et collaborative de ces ressources.

Entre le droit exclusif relevant de la propriété privée et l’ouverture à tous d’un bien public, [Ostrom]montre qu’il existe un « faisceau de droits »(bundle of rights) – le droit d’accès, le droit de prélèvement, le droit de gestion, le droit d’exclure et le droit d’aliéner (céder un des droits précédents) – répartis différemment entre les associés au partage d’une ressource, selon qu’ils sont propriétaires avec ou sans droit d’aliénation, détenteurs de droits d’usage et de gestion ou usagers autorisés. [Les communs : la théorie du milieu]

Huit (8) « principes de conception » clés pour des communs réussis, selon Ostrom (résumés par Hervé Le Crozier) :

  • des groupes aux frontières définies ;
  • des règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux ;
  • la capacité des individus concernés à les modifier ;
  • le respect de ces règles par les autorités extérieures ;
  • le contrôle du respect des règles par la communauté qui dispose d’un système de sanctions graduées ;
  • l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux ;
  • la résolution des conflits et activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées.

Tout comme l’économie sociale, la gestion des communs se pose en alternative à la dichotomie public / privé. Les objectifs du « faire en commun » décrit par David Bollier dans Faire en commun :  un paradigme social de transformation (2015) :

Ils veulent faire reculer la privatisation généralisée et la marchandisation de leurs ressources partagées – de la terre et de l’eau aux connaissances et espaces urbains – et réaffirmer une plus grande maîtrise participative sur ces ressources et la vie communautaire. Ils souhaitent rendre certaines ressources inaliénables, les protéger de la vente sur le marché et les conserver pour les générations futures. Ce projet – qui vise à inverser les enclosures du marché et à réinventer les communs – cherche à réaliser ce que la régulation de l’État a généralement échoué à faire : un contrôle social efficace du comportement d’un marché abusif et non durable. (…)

Dans la pratique, un commun ne consiste pas seulement en une ressource, mais aussi en une communauté qui gère une ressource en élaborant ses propres règles, traditions, et valeurs. (…)

L’échec singulier de la gauche a été son incapacité à proposer des solutions de rechange fonctionnelles à échelle humaine qui peuvent favoriser activement l’initiative des citoyens, la participation et l’innovation : la « démocratie forte » qui a un sens et un impact au quotidien. [lien à faire avec Lars Hulgard – réconciliation de la réciprocité et de la redistribution – in  L’avenir de la social-démocratie, publié dans Les gauches du XXIe siècle]

Le texte de Bollier, dans sa version anglaise, est diffusé avec plusieurs autres textes d’auteurs différents sur le site The next system project. Les titres publiés (en mars, avril et août 2016) dans les trois premiers volumes de la « New Systems Series » :

 

Autre texte récent de Bollier : Transnational Republics of Commoning: Reinventing Governance Through Emergent Networking (pdf)

Aussi de Bollier : Think Like a Commonerbollier

Aussi, sur la gouvernance en réseau, l’émergence de nouvelles formes d’économies collaboratives et de gestion des communs : P2P Foundation et Commons Transition, par Michel Bauwens.