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copyright et bien commun

Le débat sur la longueur des « copyrights » se mène sans que cela n’atteigne vraiment le grand public. Il y a bien de temps à autre quelqu’article dans un journal, des dossiers dans les revues non spécialisées, mais ce sont surtout les « militants de l’accès libre » et de l’ »open-access » qui poussent pour que la réflexion se fasse largement, sans grand succès jusqu’ici. Pourquoi donc ?

J’ai l’impression que l’opinion publique perçoit cette question comme relevant des enjeux de simples droits de propriété : si on n’a rien contre le droit de propriété en général, on ne voit pas pourquoi on se préoccuperait de la propriété des produits culturels en particulier… Pourtant, pourtant…

Quelques parutions récentes font le point, dont le dernier numéro de la revue Manière de voir, publié par Le Monde diplomatique, intitulé « Internet, révolution culturelle« . L’article de Robert Darnton qu’on y trouve, La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google, n’est pas accessible sur le site du Monde mais comme c’est une (excellente) traduction de l’article déjà publié dans le New York Books Review, on peut accéder à la version originale. Plusieurs autres articles de cet auteur touchent le même sujet, et sont disponibles en libre accès sur le site de la revue. Il est intéressant d’y suivre le débat entre Robert Darnton et les représentants de la Guilde des auteurs à propos de l’entente entre Google et cette dernière.

La revue canadienne Backbone publiait dans son dernier numéro Remaking copyright for the digital age. C’est là que j’ai appris l’existence de ce film de l’ONF (constitué de plusieurs petits films) RIP, a remix manifesto.

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mode de pensée et Internet

De manière fortuite, (sérendipité ?), j’ai poursuivi la réflexion abordée la semaine dernière autour de l’accès aux textes, droits d’auteur et Internet… notamment, en lisant le court texte de Christian Rioux : La France contre Google qui soulignait le peu de qualité de certaines numérisation de Google, chose que j’avais déjà notée personnellement, et qui était relevée à l’évidence ce vendredi par Carr : The scanner’s hand. Il semble en effet que la vitesse avec laquelle ce travail est fait, mais surtout le peu de contrôle de qualité qu’on y met, donne parfois de piètres résultats. Pour ceux qui voudraient savoir ce que cachaient les doigts de l’opérateur dans ce texte de Kant (qui, incidemment, portait sur les droits d’auteurs !), on peu lire ici la correction.

Le texte de Rioux s’appuie sur Le rapport «Mission sur la numérisation du patrimoine écrit».

On donne en haut de l’article de Rioux l’adresse URL de ce rapport, ce qui est rarement le cas dans les média électroniques : on ne veut surtout pas que vous quittiez le site. Ainsi lorsque vous lisez un article sur Cyberpresse.ca, les seuls liens externes que vous pourrez cliquer, ce ne sont pas les sources utilisées pour l’article que vous venez de lire, mais bien la publicité…

Par ailleurs je ne trouve pas les arguments de Rioux très forts : à pester contre la modernité, contre l’engouement pour le nouveau… c’est opposer l’engouement pour la tradition…

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savoirs et droits d’auteurs

Comme je le soulevais dans un billet précédent, certains gestes qui peuvent à première vue paraître anodins et même justifiés (ce sont leurs productions, après tout, ils peuvent en faire ce qu’ils veulent !) :  le fait que certains textes déposés sur le Web ne soient pas accessibles ou ne le soient que partiellement, ces gestes risquent de prendre un sens beaucoup plus important dans les débats qui s’annoncent autour d’un « traité secret – ACTA – qui pourrait changer la face d’Internet ». J’y reviendrai plus loin.

Est-il plus important de faire respecter par les étudiants les droits d’auteurs, en leur interdisant de copier un paragraphe, une ligne d’un document mis en ligne ou s’il ne serait pas plus utile et productif de leur apprendre à distinguer entre droits d’auteur, utilisation légitime (ou équitable), emprunt, plagiat et citation ?

Ici j’ai rassemblé rapidement quelques sources pour ceux qui voudraient creuser la question…

Quel est le message qu’on passe, lorsqu’on interdit de copie un document qu’on juge cependant suffisamment pertinent pour l’avoir édité, corrigé, publié… et déposé sur un site web ?

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entre la connaissance et le bruit…

En lisant le Portrait de l’univers de la mobilisation disponible sur ce site dédié à la mobilisation et au développement des communautés locales au Québec, j’ai appris l’existence du CRIDÉS où j’ai trouvé cette publication qui me semblait intéressante : Intervention et développement des communautés : enjeux, défis et pratiques novatrices (pdf). Après quelques pages de lecture, j’ai voulu en copier un ou deux paragraphes pour vous donner une idée de son contenu… mais oh ! surprise : impossible de copier une ligne de ce document ! ?&%$##!!!

Je respire par le nez… deux fois… et j’écris une petite note à l’auteur du document : est-ce une erreur ? ou si c’est une politique de l’éditeur ? Après vérification, tous les autres cahiers disponibles sur le site du CRIDÉS ne sont pas interdits de copie… sauf celui-ci, document de 133 pages qui est le fait d’une série d’auteurs dont plusieurs sont bien connus des intervenants communautaires : Bourque, Favreau, Lachapelle, Fréchette, Caillouette, Duperré… sous la direction de Yvan Comeau, celui à qui j’envoyais ma question. Yvan a eu l’amabilité de me répondre rapidement et assez longuement, pour me dire que cette question avait fait l’objet de débats dans le milieu universitaire… et que la décision de ne pas permettre la copie visait à contrer la tendance au repiquage, particulièrement forte, semble-t-il, chez les jeunes étudiants ayant toujours connu Internet.

Si je comprend bien, en empêchant la copie, c’est-à-dire en barrant le document PDF, on pense qu’on empêchera le plagiat ? C’est plutôt le contraire, il me semble : car en agissant ainsi on s’empêche de reconnaître facilement les cas de copies exagérées, grâce à des services de dépistages qu’utilisent de plus en plus les Universités… En obligeant ainsi les étudiants (ceux qui ne sont pas assez malins pour débarrer les PDF avec l’aide d’utilitaires facilement accessibles) à recopier manuellement les textes… on se donne une fausse sécurité, tout en rendant l’utilisation de la reconnaissance automatique du repiquage plus difficile : au nombre de fautes que l’étudiant fera, il y a de quoi mêler le meilleur ordinateur !!

Non, je crois que la vraie raison de ce type de blocage et de freinage dans la diffusion des produits intellectuels de nos chers professeurs, c’est que certains ne sont pas vraiment intéressés à ce que leurs recherches servent et soient utilisées sur le terrain. On produit les rapports exigés par les subventions et puis, que ces rapports contribuent à nourrir l’action, à fournir à d’autres chercheurs la matière à de nouvelles étapes de développement… ou qu’ils s’en aillent sur les tablettes… c’est tout comme.

Bon… je crois que je vais aller respirer encore un peu. J’y reviens. (voir : savoirs et droits d’auteur; mode de pensée et Internet)

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la participation : revue de littérature

Oui, je sais. c’est malheureusement en anglais. Une production de Pathways Through Participation, un projet conjoint de 3 organisations britanniques vouées à la recherche sur et au soutien à l’action volontaire : Involve, le National Council for Voluntary Organisations et l’Institute for Voluntary Research.

Soit dit en passant…  ce PDF n’est pas « barré »… on peut non seulement le lire, mais aussi en copier des extraits pour les inclure dans ses propres travaux, les commenter, les envoyer à des amis, des collègues, des intervenants.

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l'Eurozine et Ostrom

Je découvre cette publication numérique, Eurozine, qui reprend des articles de plusieurs revues dans leur langue originale (dont deux seulement en français), en mettant la main sur cet article de Jérôme Sgard, tiré de la revue Esprit : La crise, les économistes et le prix Nobel d’Elinor Ostrom. Enfin une introduction en français aux travaux d’Ostrom, récipiendaire du Nobel d’économie 2009.

L’axe principal de cette oeuvre est l’analyse de la manière par laquelle des communautés locales résolvent ou non les problèmes d’allocation de ressources épuisables. Par exemple, le bois à brûler, l’eau d’irrigation, les ressources halieutiques ou minières, les bisons sur la prairie ou l’atmosphère terrestre qu’on détruit en émettant des gaz à effet de serre. Le contre-modèle est ce qu’on appelle la  » Tragédie des communs  » : comme on nous l’a appris à l’école, les biens communs dans les villages moyenâgeux ont souvent eu tendance à être surexploités, ceci pouvant conduire à un épuisement de la ressource, nuisible à tout le monde. Destruction des forêts, épuisement des nappes phréatiques. (…)

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neurosciences &AMC

L’Association médicale canadienne publie une revue dont le contenu est totalement d’accès libre (Open Access) : Journal of Psychiatry &Neuroscience. Malheureusement , contrairement aux revues de chirurgie et de médecine d’urgence, celle-ci n’est pas traduite en français.

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accès gratuit

Ce n’est pas la première fois que j’en parle, mais c’est toujours intéressant : la maison d’édition Sage donne un accès gratuit à ses 520 revues en ligne, jusqu’au 31 octobre.

Il suffit de s’inscrire gratuitement. J’en ai profité à quelques reprises au cours des dernières années… Bon, ce sont des revues en anglais seulement… mais c’est mieux que rien !

Dans le passé ils donnaient surtout accès à des sous-ensembles de leurs publication. Là c’est la totale ! Je ne sais pas si j’aurai beaucoup de temps pour fureter parmi des centaines de revues (dont on donne, incidemment, aussi accès gratuitement aux archives). Je viens de m’abonner (accroc de l’information que je suis !) à la revue Science. À toutes les semaines, plus d’une centaine de pages (cette semaine il y en a 188) d’informations diverses. Je l’avoue, je n’en comprend pas la moitié ! Mais le petit quart que je comprend, je trouve ça stimulant. Et puis, c’est souvent comme ça que j’ai appris : en plongeant dans des eaux inconnues.

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accès libre à Oxford

Je ne sais si ça durera longtemps… mais j’ai pu obtenir tous les articles que j’ai voulus de ces revues, en format PDF, in extenso (pas seulement les « abstracts »). Publiées par les Presses de l’Université d’Oxford, il y a un certain nombre de ces revues qui offrent un accès libre (Open Access) à partie ou tous leurs articles. Mais pour le moment ça me semble tout tout !  Parmi les articles qu m’ont semblé intéressants :

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la journée de l'accès libre (Open Access Day)

Aujourd’hui nous ne célébrons pas seulement la fin de la campagne électorale fédérale mais bien la première journée internationale de l’accès libre (Open Access Day).

Pour un accès libre à l’information, à la science. C’est aussi (et c’est la raison justifiant le choix de ce jour, je crois) le 5e anniversaire de PLOS, le Public Librairy of Science. Depuis 5 ans beaucoup de choses se sont passées sur le « front » de l’accès libre, en plus de la multiplication des revues libres soutenues par le PLOS : des facultés d’importantes Universités (Harvard, Stanford en 2008) ont adopté des politiques de publication ouverte (accessibles gratuitement) des travaux de leurs professeurs; en octobre 2003, il y a 5 ans, le MITOPENCOURSE ouvrait officiellement ses portes avec 500 cours…

Le DOAJ (répertoire des revues d’accès libre) recensait, en décembre dernier, 3000 revues scientifiques en Open Access. Les coûts d’abonnement aux revues scientifiques ont connu une augmentation vertigineuse.

Quelques titres intéressants : The Canadian Political Science Review, The Canadian Journal of Sociology, Advances in Social Work, Biomedcentral Public Health, Emerging Themes in Epidemiology, The First Monday, Pratiques et organisation des soins

Billet inspiré d’une petite annonce sur affordance.info

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liens du lundi

Neuroanthropology : a collaborative weblog created to encourage exchanges among anthropology, philosophy, social theory, and the brain sciences. Parmi les billets d’intérêt : cerveau en 5 saveurs; après la géographie critique, les neurosciences critiques !

Géographie critique : une revue (ACME) et un recueil de textes en accès libre tous deux. Une présentation de ces initiatives critiques.

Social Reporter, un site animé par David Wilcox, l’auteur du site bien connu de Designing for Civil Society.

La démocratie participative, sous quelles conditions ? Une bonne introduction à ce livre de Loïc Blondiaux, sous-titré : Le nouvel esprit de la démocratie. Actualité de la démocratie participative, 2008.

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mémoire de l'eau

The memory of water a reality? | Science Blog: « Guest editor Professor Martin Chaplin of the Department of Applied Science at London South Bank University, remarks: ‘There is strong evidence concerning many ways in which the mechanism of this ‘memory’ may come about. There are also mechanisms by which such solutions may possess effects on biological systems which substantially differ from plain water.’ »(Via Scienceblog.)

Si ce que laisse entendre cet extrait de la présentation du dernier numéro de la revue Homeopathy, cité par le blog du magazine Science, est vrai… alors la restriction à l’accès des articles de cette revue prend tout son sens : c’est une aberration !L’homéopathie tente de gagner, d’asseoir sa crédibilité scientifique depuis… toujours, et une importante percée est faite dans l’atteinte cet objectif mais on la garde sous clé !

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à qui appartiennent ces textes ?

Comment peut-on accepter, sous quelle logique biscornue, que des documents d’intérêt public (enfin il faut le supposer puisque c’est le public qui a payé pour la production de ces documents) ne soient publiés qu’en format PDF « barrés » : sans qu’on puisse en copier un seul mot.

Des exemples ? Je dois actuellement rassembler des informations (statistiques, chiffres et expériences) autour du thème de la santé mentale pour alimenter la réflexion de notre institution à propos des services que nous rendons et que nous devrions rendre dans ce domaine.

La problématique du suicide est importante au Québec, avec un taux des plus élevés au monde. Dans le quartier où je travaille, le taux de suicide (33 pour 100 000) est plus du double de celui du Québec . Je trouve une étude, sur le site de la Santé publique de Montéal: Vers une meilleure continuité de services pour les personnes suicidaires : évaluation d’implantation du protocole MARCO. Cent quarante-six pages d’information sur le phénomène, les moyens de le prévenir…

copier.jpgJ’aurais bien aimé pouvoir inclure quelques paragraphes et tableaux tirés de cette étude dans la synthèse à laquelle je travaille. Non. Pas possible. Même chose pour un autre document sur la santé mentale, produit par la même direction de la santé publique. En fait pour tous les documents de la série des portraits sociosanitaires réalisés pour chaque CSSS. Ce sont des documents supposés servir à l’orientation de l’action des CSSS… mais on ne peut en copier une ligne.

Même les universitaires ne sont pas aussi protecteurs de leurs publications : ils souhaitent habituellement que leurs idées circulent, que leurs papiers soient cités par d’autres. Cela ne semble pas être le cas de ces auteurs…

Ajout : (2007.04.11) Je crois que le titre de ce billet pourrait porter à confusion : je ne veux pas nier la responsabilité personnelle et professionnelle des auteurs de ces textes. Je ne veux même pas me prononcer sur la question des droits d’auteur, à partager (parfois) entre l’employeur et l’employé… Je voulais seulement lancer un cri au nom de ceux qui veulent utiliser ces textes… Un débat qui a conduit certains centres de recherche, notamment celui du LAREPPS, le CRISES à l’UQAM, le CRDC à l’UQO… à ne pas « barrer » leurs textes, au risque de voir des gens les plagier. L’argument de certains « protectionnistes » est qu’ils ne veulent pas que les gens les utilisent n’importe comment. Drôle. Vraiment.

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