quelques minutes en moins &?%!##

Une image qui confondra les plus jeunes... Francis Lai est l'auteur de la musique, par ailleurs éternelle, de ce film

Je viens d’écouter Une homme et une femme, de Claude Lelouch (1966). Je ne l’avais jamais vu. Palme d’or à Canne, 3 Oscars ! Et, comme c’est devenu une habitude avec les films enregistrés à la programmation de Télé Québec, j’ai raté les dernières minutes du film : qu’arrive-t-il lorsque le train arrive en gare, et que Jean-Louis s’y trouve pour surprendre Anne ? Mon histoire s’arrête là…

C’est devenu une désagréable habitude : Télé Québec ne semble pas capable de planifier son temps d’antenne avec assez de précision pour me permettre d’enregistrer correctement les films de répertoire proposés. Alors j’ajoute ce film à la collection de ceux que je devrai louer, un jour, pour en connaître les dernières minutes… Ou bien je l’achèterai, car c’est si bon que ça, pour ajouter à ma collection de films « classiques » qui pour l’instant ne comptent que des Woody Allen et quelques Michel Brault et Denis Arcand. Et aussi la version du réalisateur de Blade Runner.

le pouvoir, l’argent et…

En lisant en parallèle ce tome de Fukuyama (The origins of political order,retraçant l’origine des structures politiques) et cet autre de Ridley, The rational optimist, qui met l’accent sur les échanges (et la division du travail qu’ils favorisaient) comme condition d’émergence des sociétés humaines…… je me suis dit que ni l’un ni l’autre ne met assez l’accent sur cet autre élément structurant des échanges et rapports sociaux  : le sexe. C’est Fukuyama qui m’y a fait penser en soulignant que les échanges (et conflits) entre tribus portaient parfois sur les échanges (ou vols) de femmes (et dotes).

Ridley n’en a pratiquement pas parlé, et je suis rendu à moitié de son livre. Pourtant, dans le monde tribal des chasseurs-cueilleurs, l’obligation d’exogamie imposait des relations avec des groupes, ou tribus éloignés.  Ces échanges se faisaient entre des groupes plus ou moins étrangers, et de manière plus ou moins volontaire ou égales. Bien que dans un contexte de relative stabilité des relations, les échanges de femmes et de dotes devaient s’équivaloir, puisque la dote reçue avec la fille de tel clan, sera bientôt donnée en retour pour marier sa propre fille.

L’importance de cette dimension d’échanges d’épouses accompagnées de dotes, dans les pratiques économiques et politiques des sociétés primitives me semble sous-estimée (jusqu’ici dans ma lecture des deux bouquins). Le pouvoir, l’argent et le sexe : trois sources de conflits mais aussi trois puissants vecteurs de l’action.

lecture d’été

C’était mon premier J.L. Burke, et ce ne sera pas le dernier…

La Nouvelle Orléans dans ce qu’elle a de plus beau et de plus laid.

L’inspecteur Dave Robicheaux:  ex-alcoolique, avec une fille qui veut être écrivain, une femme ancienne nonne… Des passages d’une beauté à s’arrêter un moment dans la lecture.

Québec, politique et hockey

Un bel article de Marc-Olivier Bherer intitulé La vraie saison, publié sur le site de la revue N+1. En anglais mais avec une sensibilité toute québécoise de la part de ce journaliste beauceron d’origine qui tient aussi un blogue : Le Québec vu d’ailleurs, sur le site du Courrier international.

Hochelaga, vu par M.-A. Fortin

Si vous n’avez jamais vu le quartier Hochelaga tel que le peintre Marc-Aurèle Fortin l’a peint durant les années 1925-1950, il faut au moins voir le musée virtuel. Encore mieux, aller voir les originaux à Québec en ce moment au Musée national des beaux-arts, jusqu’au 8 mai. La première fois que j’ai vu ces peintures, j’ai voulu retrouver le point de vue d’où le peintre avait saisi le paysage.

J’y suis finalement allé, hier. Bon, il manquait un peu de nuages dramatiques ( j’y retournerai) mais, cela va de soi, on y voit au centre la belle église de la Nativité d’Hochelaga. Idéalement, je devrais prendre une photo à partir d’une fenêtre de la classe du collège Ville-Marie, ce qui me donnerait une meilleure plongée…

J’en ai fait l’entête du carnet (pour quelques temps). Pour voir quelques unes des photos prises hier

la télé comme assuétude

En recevant l’habituel courrier de Videotron, annonçant l’augmentation rituelle de tarifs je constate que cette fois, il ne s’agit pas de l’innocente mais trimestrielle addition de 1$ mais bien d’une augmentation de 6$ par mois que l’ogre impose ! Il me vient une idée : pourrais-je m’en passer ? J’ai laissé mijoter quelques jours… et ça me plait !

Trop de séries, de rendez-vous hebdomadaires qui, finalement tournent toujours à la même chose, à la recette. Combien de temps pourrais-je ainsi récupérer ! Des dizaines d’heures par mois, parfois même par semaine ! Autant de lectures, de sorties que je pourrais faire… Autant d’écriture, de réflexion que cette véritable assuétude qu’est devenue la télévision m’empêche de réaliser. Mais comme toute dépendance, il me faudra lutter pour m’en défaire. Existe-t-il une association des téléphages anonymes ? Où je pourrais me rendre lorsque l’envie de me réabonner deviendrait trop forte ?

En fait, ma capacité à me divertir et me détendre autrement qu’avec cette boîte à images et rêves sera déterminante. Je ne pourrai vraisemblablement pas remplacer toutes ces heures de passive consommation par du travail intellectuel… ou même par de la lecture de divertissement. Photo ? Un peu de sport, pourquoi pas ?!

esprit conscient ou l’inverse ?

L’esprit est-il venu avant la conscience ou si c’est l’inverse ? Ici j’ai (encore) l’impression que la traduction de « mind » par le mot esprit amène une confusion… Car il y a, dans ma compréhension d’amateur (non spécialiste), une connotation « spirituelle » à ce mot… comme s’il était un peu question de l’âme (le soul en anglais) alors que le mot « mind » ne me paraît pas porter une telle connotation. Lorsque Damasio trace les étapes de l’évolution vers la conscience de l’homme, il fait précéder cette forme d’esprit conscient de formes plus primitives d’esprit, des formes non conscientes. C’est bizarre, j’aurais fait l’inverse : c’est la conscience qui a évolué vers une forme plus élevée, plus spirituelle ou intellectuelle. Je trouve plus facile d’admettre l’existence d’une conscience animale, évoluant de formes très proche de l’auto-protection du vivant jusqu’à la création de formes complexes.  Est-il possible que cette confusion soit le fait d’une traduction précipitée ? En effet le texte de Damasio, à ma grande surprise, est paru en même temps en français et en anglais ! Pourtant, Odile Jacob, l’éditeur de la version française, n’a pas l’habitude du travail bâclé ! Surpris car j’avais déjà acheté le volume en langue anglaise sans même me demander s’il était disponible en traduction, puisqu’il venait juste de paraître. Alors je vais peut-être retourner ma copie anglaise… à moins que je ne la conserve pour pouvoir y aller voir, dans la langue originale, de temps en temps durant ma lecture du texte français (qui m’est, même si je lis beaucoup en anglais, tout de même plus facile à lire).

Et en plus, je trouve le titre de la traduction tellement insipide — L’autre moi-même : les nouvelles cartes du cerveau, de la conscience et des émotions ! Alors qu’en anglais —  Self comes to mind : Constructing the Conscious Brain. Oui, je crois vraiment qu’on a un problème de traduction du terme mind. Je n’en suis encore qu’au début de ce livre qui s’annonce passionnant, j’y reviendrai certainement.

l’effet media, avec du contenu

While “Sesame Street” accelerates early education, recent research demonstrates that other shows, such as “Teletubbies,” seem to slow it down. Worst of all are those videos designed for infants, such as Baby Einstein and Brainy Baby. According to a 2007 paper, each hour of daily viewing between the ages of 8 and 16 months led to a significant decrease in the pace of language development. While daily reading with a parent was associated with a 7 point increase in the language skills of 2 year olds, each hour of baby DVD viewing was associated with a whopping 17 point decrease. If you want a baby Einstein, don’t watch Baby Einstein. [Frontal Cortex, Content Matters]
Si vous voulez un « bébé Einstein », ne lui faites pas regarder le DVD Baby Einstein ! Les effets de la technologie sur l’intelligence des jeunes ne sont pas sans liens avec les contenus qu’ils portent, les contenus qui les structurent. Des recherches récentes viennent contredire les craintes que certains avaient de voir leurs enfants passer beaucoup de temps à jouer à l’ordinateur… il y a des gains perceptibles au niveau cognitif, moteur, de la vision… Bon, il y a beaucoup et beaucoup…

quinzaine citoyenne au cegep Maisonneuve

Une « quinzaine citoyenne » au Collège de Maisonneuve : débat de profs de philo sur la prostitution… café-philo intergénérationnel : transformer votre corps vous rend-il plus vous-même ?… et des dizaines d’autres évènements sur le thème du corps humain.

Ça bouge au cégep !

la rentrée numérique

Le quart des livres de la rentrée française sont disponibles en format numérique. Une forte hausse depuis un an (5-6 % l’an dernier). Sur les 700 romans publiés à l’occasion de la rentrée littéraire 2010, entre 20 et 25% d’entre eux sont disponibles en numérique. L’an dernier, cette fourchette ne dépassait pas 5 à 7%. [Le magazine littéraire]

Une augmentation de l’offre qui n’a pas encore répondu aux questions et critiques concernant les droits (DRM), les prix jugés encore trop élevés (après tout, il n’y a pas de marché de l’usager pour le eBook)…  Ici, les romans de Gallimard en version électronique sont offerts au même prix (ou même plus chers) que la version papier !

Cette répartition du prix d’un livre, faite pour la France mais sans doute pas très loin de la situation au Québec, permet de cibler les portions du prix qui pourraient être, éventuellement, amputées ou réduites… Mais, et c’est l’argument des éditeurs et gros joueurs : si la mise à disponibilité en format numérique s’accompagne de la perte d’une partie des ventes papier (ce qui devrait être le cas, normalement !) le travail de l’éditeur ou de l’auteur n’en sont pas pour autant diminués ! Écrire un livre (et le rendre lisible, par un travail d’édition) ne demande pas moins d’efforts si on prévoit diffuser le produit en format électronique.

Et cela ne compte pas l’effet pervers de certaines politiques, telle la montée de la taxe d’un taux de 5,5% à près de 20% pour les eBook français !!  Autrement dit, dans le cas français, une bonne part des économies potentielles s’envolent en hausse de taxes ! Lire la suite

de mères et d’autres

Je viens de terminer la lecture d’un livre passionnant… et je me demandais ce qui pouvait bien intéresser d’autres lecteurs, peut-être un peu moins éclectiques que moi, dans ce pavé de 300 pages bien tassées. Un livre que le professeur J. Fraser Mustard citait avec enthousiasme lors de sa présentation aux JASP (voir le dernier vidéo) de mars dernier [sa présentation en PPT].

Pourquoi l’étude des formes ancestrales de la maternité, ou plus généralement des formes collectives de l’éducation et des soins apportés aux enfants qu’on peut déduire de l’analyse de la culture des sociétés traditionnelles de cueilleurs et chasseurs, mais aussi de l’éthologie des primates et d’autres espèces animales… pourquoi cela aurait-il quelqu’importance pour l’orientation de la société d’aujourd’hui ?

Les solides arguments avancés par Sarah Hrdy ramènent à leur juste dimension les prétentions de certains politiciens, anthropologues ou autres savants prompts à définir la « nature humaine » et en particulier la place et le rôle des femmes dans les sociétés humaines. Le sous-titre du volume : l’origine évolutionniste de la compréhension mutuelle (the evolutionary origins of mutual understanding) donne une idée de la largeur de vue déployée par l’auteure. Lire la suite

la place des hommes

Many men no longer want to be identified just by their jobs,” dit un jeune Suédois, suivant cet article (The Female Factor) du New-York Times. C’est une bonne chose car ils occupent de moins en moins de place sur le marché du travail…

Et c’est une tendance qui ne semble pas devoir décélérer : « Earlier this year, women became the majority of the workforce for the first time in U.S. history. Most managers are now women too. And for every two men who get a college degree this year, three women will do the same.» [The End of Men, dans le numéro juillet/août de The Atlantic]