Ce sont des bijoux ! On devrait en montrer au moins un ou deux, chaque soir, aux nouvelles… et ce n’est pas déprimant ! Enfin, la plupart ont un message de résilience, d’espoir…
Dans le travail de préparation de certains projets d’intervention auprès des familles avec jeunes enfants, on s’est (re)posé la question : Sur quoi repose notre sentiment, notre affirmation que les enfants de milieux défavorisés fréquentent moins les services de garde que les autres ? On avait lu ça quelque part, en plus de l’avoir constaté (notamment le nombre moindre de CPE dans les territoires plus pauvres).
« Parmi les familles interrogées dans une enquête réalisée en 2006[1], 88 % des familles utilisatrices de ces services étaient biparentales, et près de la moitié des familles avaient un revenu familial annuel de 60 000 $ ou plus. Ces données laissent entrevoir une faible représentation des familles à faible revenu dans les services de garde.
Les statistiques vont en effet dans ce sens. Dans son bilan 2003-2006, le gouvernement estime à 11 500 le nombre d’enfants issus de familles prestataires de l’assistance-emploi accueillis dans les services de garde au Québec. Or, en 2005, le gouvernement estimait à 45 149 le nombre d’enfants de 0 à 5 ans issus de ces familles à l’échelle du Québec. »
Une évaluation (méta-analyse : addition des résultats d’autres recherches) des effets mesurables sur la santé des déterminants sociaux et environnementaux, sur les aspects suivants :
Housing and regeneration
The work environment
Unemployment and Welfare
Access to health and social care
Transport and health
Agriculture and food
Water and sanitation
Education
Un document de 102 pages(Tackling the wider social determinants of health and health inequalities: evidence from systematic reviews) mais le rapport lui-même fait 57 pages, le reste est constitué d’une présentation détaillée des sources et de la valeur (solidité) de leurs résultats.
Une recherche américaine met en évidence que les gens des quartiers pauvres ont moins d’accès aux distributeurs de fruits et légumes que les autres. (Reuther Health)
Un article de la revue American Journal of Preventive Medicine, du mois de janvier 2009. J’ai l’impression que cet article est d’accès libre… à moins que ce ne soit la manière dont je m’y suis rendu (par le biais de santecom.qc.ca) qui m’en a donné l’accès ! Si c’est le cas, je viens de découvrir quelque chose !
De plus, un commentaire assez élaboré publié sur la liste de discussion SDOH (Social determinant of health) résume les principales conclusions du rapport final de la Commission de l’OMS. Comme son auteur le dit en introduction, le rapport synthétique (de 40 pages) ne présente pas toujours les idées les plus intéressantes du rapport complet (256 pages – disponible en anglais seulement). C’est aussi un sentiment que j’avais en lisant le rapport synthétique. Aussi je reproduit ici une « traduction machine » de ce commentaire, qu’on peut trouver en langue originale (anglais) sur les archives de la liste. J’a corrigé quelques erreurs de traduction, surtout au début, mais il en reste certainement… Voici donc le texte de David Woodward.
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Ce que le rapport de la Commission des Déterminants sociaux de la santé dit à propos de:
Soins de santé
Autres services liés à la santé
Les modèles économiques de développement
Marchés et le secteur des entreprises
L’emploi et les moyens d’existence
La protection sociale
Alors que la Commission fait un certain nombre de recommandations spécifiques, celles-ci sont limitées par son mandat et, par conséquent ne tiennent pas compte des suggestions et des propositions figurant dans le corps du rapport, où l’on traite de questions spécifiques qui sont clairement identifiées comme nécessaires si l’objectif de la Commission de « combler le fossé en une génération » doit être rempli. Dans le même temps, en raison de la très complexe nature des influences qui s’exercent sur les déterminants sociaux de la santé, des documents relatifs à un certain nombre de questions clés sont répartis entre plusieurs sections du rapport. Ce qui suit est une tentative de rassembler la matière sous une forme synthétique, dans le cadre d’un certain nombre de rubriques thématiques, en mettant en évidence les suggestions et les propositions, et les besoins spécifiques, identifiés par la Commission, ainsi que ses recommandations formelles.
Il convient de souligner que cette synthèse n’a pas de statut officiel, qu’il a été établi en toute indépendance de la Commission et son secrétariat, et qu’il ne doit en aucun cas leur être imputables. Bien que le contenu est destiné à tenir compte de ce que dit le rapport sur chaque sujet, une certaine sélectivité était inévitable, et sans aucun doute l’accent reflète les priorités de l’auteur.
Son plan d’action se développe autour de trois axes :
Améliorer les conditions de vie quotidienne, c’est-à-dire les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent.
Lutter contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources, c’est-à-dire les facteurs structurels dont dépendent les conditions de vie quotidienne aux niveaux mondial, national et local.
Mesurer et comprendre le problème des inégalités et évaluer l’efficacité de l’action menée.
Pour mener à bien ce programme, la commission compte sur la mobilisation de la société civile dans chaque pays et à l’échèle internationale; elle appelle l’OMS à jouer le même rôle qu’un ministère de la santé dans un gouvernement national, et à sensibiliser les autres arènes mondiales sur l’impact de leurs actions sur la santé.(Communiqué de presse en français; résumé analytique (40 pages) en français; rapport complet (256 p.) en anglais).
[autres commentaires à venir plus tard en matinée]
Demain, 10h (heure de Genève), la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé présentera son rapport final : Closing the Gap in a Generation: Health equity through action on the social determinants of health.
Je vous en reparle dès demain matin, car j’ai pu obtenir une copie « journaliste » de la chose, arguant de notre travail assidu sur la question, depuis le début des travaux de la Commission. En attendant vous pouvez consulter cette conférence sur la question, Health equity and the Commission on Social Determinants of Health, donnée en juin dernier à l’Institut national de santé publique de Suède, par Sir Michael Marmot, président de la Commission.
D’après une étude réalisée au Manitoba, 75 p. 100 des étudiants du plus faible niveau socioéconomique ont réussi à l’examen des arts du langage en 12e année, comparativement à 92 p. 100 des étudiants du plus haut niveau. « Les résultats ont l’air bon, dit le Dr Frank, parce que les jeunes qui atteignent la 12e année ne sont pas du tout un échantillon représentatif de ceux qui sont nés cette année-là ». Dans l’ensemble de la cohorte de naissance, seulement 27 p. 100 des jeunes du plus faible niveau ont réussi à l’examen, par rapport à 77 p. 100 de ceux du plus haut niveau socioéconomique.
Le Dr Butler-Jones a parlé de bonnes et de mauvaises nouvelles en ce qui concerne les efforts pour mettre en pratique les connaissances en santé publique. Il a souligné le contraste entre le règlement visant à uniformiser les prix des boissons alcoolisées de Toronto à Kapuskasing et l’absence de toute pratique équivalente pour les prix du lait et des légumes frais. « Il s’agit d’un choix de politique sociale », dit-il.
L’évaluation de la relation entre pauvreté et santé est complexe, à commencer par la mesure de la pauvreté elle-même : est-ce uniquement un phénomène matériel, mesurable en $$ ou si les relations inégalitaires ne sont pas aussi importantes… Ce texte (de S. Phillips, 42 pages, 2003) tente de faire le point : Répercussions de la pauvreté sur la santé, aperçu de la recherche.
Alors que je me plaignais de l’impossibilité de le faire… lundi dernier ! La mise en ligne aujourd’hui des cartes de défavorisation de Montréal par le CMIS permettent, pour la première fois à ma connaissance, de sauvegarder l’URL d’une carte particulière et ainsi de pouvoir diriger un lecteur vers une illustration précise. Ainsi ce lien pointe vers la carte du profil de la défavorisation (matérielle et sociale combinées) du CSSS Lucille-Teasdale, avec comme « zonage » les territoires de CLSC et la région de référence : Montréal. Cet autre lien pointe vers la carte de la défavorisation matérielle de l’ensemble de la région métropolitaire (5 régions sociosanitaires) avec comme zonage, les territoires de CSSS et région de référence, le Québec.
À noter que les données illustrées par l’interface géomatique du CMIS dépassent pour la première fois les limites de l’Île de Montréal. Ainsi, en cliquant sur l’un ou l’autre des territoires de CSSS, sur la dernière carte citée, vous ferez apparaître une fenêtre comprenant l’ensemble des aires de diffusion de ce territoire avec les valeurs attribuées pour le variable concerné, dans ce cas-ci la défavorisation matérielle. Ce tableau d’information peut être exporté vers un document Excel pour traitements ultérieurs.
Les données à la base de ces cartes de la défavorisation sont encore celles de 2001, mais dans 2 semaines les dernières données 2006 par aires de diffusion du recensement (nécessaires à la composition des indices de défavorisation *) seront disponibles pour une mise à jour de ces cartes. Combien de temps cette mise à jour prendra-t-elle ??
Voir aussi les documents PDF qui présentent dans une série de documents de la Direction de la santé publique de Montréal un Regard sur la défavorisation à Montréal. Ici le document (pdf, 12 pages) sur le territoire de Lucille-Teasdale. Là le document (pdf, 27 pages)sur Montréal. De beaux documents, très bien faits… mais peut-être un peu complexe. Non ? Tout dépend de l’utilisation que nous ferons de ces nouvelles manières d’illustrer les rapports entre région-CSSS-localités-voisinages…
Je notais récemment le rapport(pdf) de la commission de l’OMS sur la question en titre. On peut consulter sur le site de l’Agence de santé publique du Canada la « réponse du Canada » à cette Commission. Je ne sais si le gouvernement fédéral a trouvé une réponse aux inégalités sociales de santé !?
Un article de Andre Picard, du Globe and Mail, sur le site de la dite Commission : Untreated social ills make for higher medical costs, reprend en bonne partie les propos critiques de Mme Bégin, membre la Commission, mettant à mal l’image idyllique du Canada comme pays généreux au réseau social « tissé serré »… Peut-être faut-il y voir le stimulus à l’origine de cette « réponse du Canada » . Après lecture des documents proposés dans cette « réponse » je crois plutôt que le terme signifie la contribution du Canada aux travaux de la Commission internationale.
Incidemment je suis à lire un document que j’avais téléchargé depuis quelques semaines : Framework prepared for the Commission on Social Determinants of Health by the members of the WHO secretariat. Un cadre de référence vraiment intéressant, magistral oserais-je dire (77 pages), qui fait le tour des approches historiques et théoriques tout en insistant sur les dimensions politiques, de pouvoir des déterminants sociaux de la santé. Le graphique à gauche (cliquer pour agrandir) décrit les déterminants sociaux structurels de la santé. On y décrit aussi une série de déterminants intermédiaires, puis la synthèse.
Health inequities: lower socio-economic conditions and higher incidences of intestinal parasites: « The percentages of the students found to be infected with intestinal parasites, were 78 (39.6%) and 13 (13.4%) in SPS and UPS, respectively. Totally 91 (31.0%) of the students from both schools were found to be infected with at least one intestinal parasite. Giardia lamblia was found to be the most common pathogenic intestinal parasite and Blastocystis hominis was prevalent independently from the hygienic conditions. The factors which significantly (p <0.05) increase the incidence of intestinal parasites were uneducated and unemployed mother, lower social status of father, living in crowded houses with insufficient indoor spaces, using the tap water as drinking water, and living at shanty areas. » (Via BMC Public Health – Latest articles.)
[RESEARCH] Child wellbeing and income inequality in rich societies: ecological cross sectional study: « The overall index of child wellbeing was negatively correlated with income inequality (r=–0.64, P=0.001) and percentage of children in relative poverty (r=–0.67, P=0.001) but not with average income (r=0.15, P=0.50). (…) Among the US states and District of Columbia all indicators were significantly worse in more unequal states. Only teenage birth rates and the proportion of children dropping out of high school were lower in richer states. » (Via BMJ Online First.)
Une autre recherche vient confirmer ce qu’on savait : les inégalités socioéconomiques sont plus corrélées (négativement) au bien-être des enfants que le revenu moyen.