Le présent article décrit le riche et difficile parcours de l’institutionnalisation d’une pratique participative dans les politiques de gouvernance locale à travers les efforts de planification communautaire à Tempe, en Arizona, couvrant plus de quinze ans (1989 à 2007) de participation des citoyens / praticiens. Cette Ville « All-America » (2003, National Civic League) dans la région métropolitaine de Phoenix est une étude de cas dans la façon dont les efforts de collaboration entre les citoyens, des organisateurs communautaires, organismes sans but lucratif, et le personnel de la ville ont conduit à préconiser l’adoption de politiques publiques favorisant l’engagement des citoyens dans des activités de développement communautaire initiées par des acteurs publics ou privés. Bien que la réalisation d’une déclaration formelle d’intention démocratique soit une référence de fond qui puisse servir d’exemple pour d’autres gouvernements locaux, ce cas montre également comment la technique peut devenir tyrannique, ne laissant qu’une dimension rituelle à la pratique participative, face aux pressions économiques et directives politiques. [Résumé de Climbing the Ladder of Participation: Establishing Local Policies for Participatory Practice]
J’ai hésité en écrivant le titre du billet : pratiques participatoires aurait peut-être été plus apoproprié ?
C’est tout un numéro de la revue Public Administration and Management qui est consacré à ce thème : Deliberative Democracy and Participatory Practice.
Un an après avoir produit un premier document de consultation intitulé Cadre de référence pour soutenir l’intégration du Développement des Communautés, qui fut notamment discuté lors d’une (exceptionnelle) rencontre entre la Direction de la santé publique de Montréal et les organisateurs communautaires des CSSS de la région, (dont nous avions témoigné ici, là et là) une autre version actuellement en circulation interne fut produite. Plutôt que d’un « cadre de référence » on parle maintenant d’une Stratégie concertée : Pour l’élaboration d’une stratégie concertée CSSS/DSP de soutien au développement des communautés. (document de travail).
Cette nouvelle version, proposée fin décembre, devrait vraisemblablement être adoptée par la Table régionale des responsables de santé publique, à la fin du mois de mars.
Plusieurs critiques formulées à l’endroit du premier document semblent avoir porté fruit : alors qu’on faisait quasi l’impasse sur la contribution historique des CLSC au développement des communautés, le présent document y consacre une partie importante, où peuvent se reconnaître « les vieux » du réseau…
Je respire par le nez… deux fois… et j’écris une petite note à l’auteur du document : est-ce une erreur ? ou si c’est une politique de l’éditeur ? Après vérification, tous les autres cahiers disponibles sur le site du CRIDÉS ne sont pas interdits de copie… sauf celui-ci, document de 133 pages qui est le fait d’une série d’auteurs dont plusieurs sont bien connus des intervenants communautaires : Bourque, Favreau, Lachapelle, Fréchette, Caillouette, Duperré… sous la direction de Yvan Comeau, celui à qui j’envoyais ma question. Yvan a eu l’amabilité de me répondre rapidement et assez longuement, pour me dire que cette question avait fait l’objet de débats dans le milieu universitaire… et que la décision de ne pas permettre la copie visait à contrer la tendance au repiquage, particulièrement forte, semble-t-il, chez les jeunes étudiants ayant toujours connu Internet.
Si je comprend bien, en empêchant la copie, c’est-à-dire en barrant le document PDF, on pense qu’on empêchera le plagiat ? C’est plutôt le contraire, il me semble : car en agissant ainsi on s’empêche de reconnaître facilement les cas de copies exagérées, grâce à des services de dépistages qu’utilisent de plus en plus les Universités… En obligeant ainsi les étudiants (ceux qui ne sont pas assez malins pour débarrer les PDF avec l’aide d’utilitaires facilement accessibles) à recopier manuellement les textes… on se donne une fausse sécurité, tout en rendant l’utilisation de la reconnaissance automatique du repiquage plus difficile : au nombre de fautes que l’étudiant fera, il y a de quoi mêler le meilleur ordinateur !!
Non, je crois que la vraie raison de ce type de blocage et de freinage dans la diffusion des produits intellectuels de nos chers professeurs, c’est que certains ne sont pas vraiment intéressés à ce que leurs recherches servent et soient utilisées sur le terrain. On produit les rapports exigés par les subventions et puis, que ces rapports contribuent à nourrir l’action, à fournir à d’autres chercheurs la matière à de nouvelles étapes de développement… ou qu’ils s’en aillent sur les tablettes… c’est tout comme.
Soit dit en passant… ce PDF n’est pas « barré »… on peut non seulement le lire, mais aussi en copier des extraits pour les inclure dans ses propres travaux, les commenter, les envoyer à des amis, des collègues, des intervenants.
Un petit [pas si petit que ça (174 pages)] guide drôle, plein de caricatures, de « recettes » qui ont une odeur « années ’70″ mais aussi un côté terre-à-terre très efficace.
Un guide pour soutenir le développement d’organisations locales souveraines. Comprendre ce qui motive les individus; comment fonctionnent les organisations; comment les relations fonctionnent, le pouvoir; les phases du développement des organisations; faciliter le changement dans les organisations; rendre ce changement viable, soutenable; rendre nos organisations apprenantes…
Un petit ange sur mon épaule me dit, malicieusement : Si autant de gestes étaient posés que de pages sont écrites sur ces questions de l’empowerment, de la mobilisation des communautés… beaucoup de problèmes seraient résolus.
Incidemment, j’ai commencé à lire le rapport du Sénat canadien sur les déterminants de la santé. Merci à Jacques pour la référence. On y trouve à l’annexe B (à compter de la page 229 du document complet) un rapport signé du Dr Trevor Hancock, bien connu pour son rôle à l’origine des Villes et villages en santé. De même à l’annexe A (concernant la santé des Autochtones), la partie concernant Une approche des maladies chroniques fondée sur les parcours de vie pourrait sans doute intéresser tous ceux qui interviennent auprès de populations appauvries et marginalisées…
De bons textes… si on fait abstraction de l’épineuse question des empiètements fédéraux sur les platebandes québécoises… Mais où sont les bonnes pratiques ? L’affiliation, pour ne pas dire l’inféodation des pratiques de santé publique en matière de développement local à celles de certaine fondation privée sont-elles des pratiques exemplaires ? Aptes à briser les silos et produire de véritables mobilisations intersectorielles sources d’empowerment ?
Avec près de 6 000 naissances en trois ans, il devient possible de faire certains traitements statistiques, comme de comparer les poids moyens par « voisinages », ce concept nouvellement utilisé par la santé publique de Montréal. Et effectivement les voisinages les plus pauvres du territoire ont un poids moyen à la naissance significativement plus bas que les autres voisinages.
J’ai pensé illustrer ces poids moyens avec Mapinfo, puis reporter sur une carte du territoire, en fait des cartes de chaque voisinage… où j’ai piqué la place des garderies. Il s’avère que le voisinage le plus mal-en-point est aussi celui où se trouve une seule garderie (ou CPE).
Arrivé au moment de la diffusion, comme le fichier fait 60 Mo, il est difficile de déposer cela sur l’intranet, le site web du CSSS encore moins… Heureusement qu’il y a share.acrobat.com ! Allez-y, regardez-le à plein écran…
Au sortir de la rencontre de lundi dernier, où la direction de la santé publique de Montréal avait invité les organisateurs communautaires des CSSS et les cadres locaux responsables de santé publique… j’avais en tête, de manière ambiguë, la question des relations entre savoirs experts et savoir généraliste. Nous avions discuté du développement communautaire (DC) à partir d’une proposition de cadre de référence… mais sans vraiment discuter du cadre de référence.
La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère presque sereine, alors que les parties en présence avaient plutôt traditionnellement tendance à se regarder en chiens de faïence ! On sentait le responsable de la rencontre marcher sur des œufs en début de journée, cherchant un autre terme que « cadre de référence » pour dire que le document proposé ne prétendait pas à plus d’autorité qu’il n’en avait… pour dire que l’important était le processus qui s’amorçait.
Depuis quelques temps j’ai été amené à travailler de plus près avec plusieurs personnes de la santé publique de Montréal. Des personnes qui peuvent parfois être « intimidantes » par leur côté expert… mais dont on découvre assez rapidement la dimension « passionnée » de l’expertise, pour peu qu’on ait l’occasion de les entendre. Sans doute ai-je une certaine facilité à transiger avec ces « experts »(formation en sociologie…). Ma responsabilité de l’observatoire populationnel, genre de dépôt d’informations et de données sur la population locale, m’a amené à ces transactions plus fréquentes.
Le débat entourant la question du développement des communautés est sain et nécessaire, considérant l’importance reconnue à cette stratégie (ou ce domaine d’intervention) en regard des objectifs de santé publique, tels que définis depuis quelques années dans la politique nationale (québécoise) mais aussi réïtérés et renforcés récemment dans le contexte des travaux de la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé.
Prises à la rencontre tenue hier des organisateurs communautaires en CSSS dans la région avec les gens de la direction de la santé publique de de Montréal, quelques 56 photos témoignent des travaux et du sérieux mis à cette rencontre. Documents discutés… peut-être les suivis se trouveront-ils au même endroit ?
Un rendez-vous qui promet d’avoir des suites… il faut espérer en termes de rencontre de poursuite du dialogue, de la conversation comme disait d’entrée de jeu le Dr Lessard.
Mais aussi des suites en termes d’effets sur le projet de « cadre de référence » ou document d’orientation… on ne sait plus trop comment l’appeler. Quand à moi je préférerais un plan d’action, un plan de développement des collectivités, des communautés locales. Avant de se doter d’un « cadre de référence » qui a nécessairement une visée de stabilité, de moyen-long terme… peut-être vaudrait-il mieux continuer la conversation et s’assurer que nous parlons bien le même language… nous, les OC et la santé publique, mais aussi, les organisations communautaures et partenaires, sans lesquels il n’y a pas de développement communautaire possible, tout au plus un autre papier…
Pour ceux que ça intéresse… les photos ont été prises, pour la plupart, à une sensibilité de 4000 ISO ou plus, jusqu’à 6400. En fait la lumière est meilleure sur les photos qu’elle ne l’était dans la salle ! Je suis assez fier de mon D700 ! Pour voir le diaporama en grand format, si votre écran peut supporter une définition de 1900 pixels par 1000, cliquez sur l’icône au bas tout à droite de la barre des micro-images.
Les programmes de santé publique balisés au plan national et les initiatives de développement des communautés relèvent de logiques paradoxales. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le Cadre de référence lui-même, page 29. « Le soutien au DC relève d’une logique d’auto-détermination communautaire des priorités et des solutions locales, c’est-à-dire des déterminants de la santé visés ». C’est ce que j’ai toujours pressenti, particulièrement lorsque les quartiers visés sont touchés par des problématiques complexes, multiples où il devient plus important de s’assurer de la participation et l’initiative des acteurs locaux sur des objectifs qui leur conviennent (culturellement, historiquement ou conjoncturellement) que de mesurer la fidélité avec laquelle ils appliquent les procédures X ou Y. Ceci d’autant plus que les problèmes sont liés : arrêter de fumer, ça se fait en même temps et d’autant plus facilement que l’on se met à bouger, faire un peu d’exercice, et qu’on mange mieux… Que ce soit par la cigarette, le poids santé ou l’activité physique qu’on prend le problème importe peu, c’est la santé qu’on améliore.
Mais il ne faut pas démoniser inutilement les intentions des programmes cadres en santé publique : la manière dont est « monitorée » aujourd’hui l’atteinte des objectifs du programme SIPPE n’est plus aussi « carrée » qu’au début du programme. Il y a maintenant beaucoup plus de flexibilité accordée aux intervenants… et c’est encore un programme très important : plus du quart des budgets régionaux de santé publique lui sont alloués (8,3 M$ sur 32 M$) dont la majeure partie aux CSSS de manière récurrente (4,8M$). Entre 12 et 13M$ de ce budget de 32M$ sont allés aux organismes communautaires dans le cadre de budgets récurrents (6,5M$) ou non.
Même pour les organismes communautaires ces budgets représentent une petite partie seulement des ressources investies par l’État (par l’entremise du réseau de la santé) en soutien aux ressources communautaires dans le domaine de la santé et du développement social.
Une des parties les plus intéressantes du cadre de référence en développement communautaire (pdf) soumis à la communauté des intervenants de santé publique (et de développement communautaire, présume-t-on) de la région est son annexe sous forme d’un tableau de Principes et indicateurs du développement des communautés. 5 principes, 17 dimensions, une quarantaine d’indicateurs… inspirés de quelques auteurs… qu’on ne retrouve malheureusement pas tous dans la bibliographie !
J’ai cherché ce que pouvait bien recouvrir cette elliptique Torjman, 1998. J’ai trouvé Partnerships: The Good, The Bad and The Uncertain (pdf) par Sherri Torjman, Juin 1998. Publié par l’Institute of Social Policy de l’Université de Caledon. Je vais lire ce document de 19 pages, et pourrai vous dire si c’est vraiment la source de cette citation… Bon, je ne crois pas que ce soit celui-là dont on parle, dans le tableau. Peut-être Community-Based Poverty Reduction (pdf, 54 pages) ou bien Strategies for a Caring Society (pdf, 25 pages) ou encore Can Communities Reduce Poverty? (pdf, 4 pages). Dans ce dernier document on retrouve une grille qui rappelle les indicateurs du tableau de la santé publique… grille qui est tirée du premier document : Community-Based Poverty Reduction. Bon je crois qu’on a finalement mis la main sur la source !
J’ai l’impression que le moyen de comprendre ce qui me fait tiquer lorsque je lis le projet de « cadre de référence… » se trouve sous l’angle de la confiance par laquelle l’action volontaire peut être mobilisée… Confiance qu’un acteur peut inspirer, ce « capital de confiance » construit sur les actions passées, mais aussi la confiance en soi des acteurs – source d’autonomie, d’initiative et de contribution au développement communautaire. Une confiance des acteurs en eux-mêmes pour trouver des solutions, résoudre leurs problèmes.
En même temps, quand on est sur le terrain (des vaches mais aussi des loups) toute la confiance du monde ne suffit pas à trouver des solutions qui n’existent pas. Le discours du développement communautaire (ou local) tourne à l’idéologie quand il sert à masquer ou faire avaler le manque criant de ressources, l’iniquité de traitement des acteurs… Il y a des problèmes qui relèvent de déséquilibres dépassant largement les acquêts et ressorts des communautés locales. Ces déséquilibres poussent, conduisent au conflit… minant (au moins superficiellement) ainsi les efforts de construction de confiance entre les acteurs.
Je reprend ici un message envoyé à la liste du RQIIAC, juste pour l’avoir sous la main… et le compléter dfe mes commentaires sur le dit « cadre de référence ».
Deux documents pour alimenter la réflexion sur la question :
1. Le cadre de référence proposé à la discussion par la DSP de Montréal, qui explique sur la page de présentation de ce document pdf de 38 pages : Cadre de référence pour soutenir l’intégration du Développement des Communautés (que je me proposais de lire aujourdhui…) qu’une démarche de validation est en cours. «Cette démarche de validation, qui se déroulera principalement au cours des mois de janvier et février 2009, pourrait aboutir par son adoption dans le cadre des rencontres de la TRSP de mars – avril 2009. La TRSP, suite à cette étape, réfléchira au processus par lequel les partenaires régionaux et locaux seront invités à prendre part à nos discussions sur le développement des communautés.»
Je ne sais trop où se situe la rencontre de mars des OC (dont parlait Jean-Marc) dans le processus… rencontre qui semble arriver après le processus de « validation »… Comme on indique sur la page de présentation que « Les commentaires et les propositions concernant le contenu et le processus de consultation et d’adoption du document sont les bienvenus. Veuillez les faire parvenir au plus tard le 27 février à la personne… » Le RQIIAC a-t-il prévu faire une présentation particulière dans ce processus ? Je ne suis pas d’assez près les démarches régionales pour vous le dire mais peut-être quelque lecteur-lectrice pourrait nous éclairer…
Je n’ai pas tout à fait complété ma lecture du document proposé par la santé publique… mais déjà je peux dire que je trouve un peu bizarre de commencer un tel document par le rappel du mandat légal de la santé publique. Ça me parait un brin contradictoire avec l’approche, le sujet même du document… Ce fameux « mandat légal » n’est pas ce qui va donner crédibilité et efficacité en matière de développement communautaire : c’est plutôt le respect, la capacité qu’auront les responsables locaux (et régionaux) de santé publique de s’associer aux forces « naturelles » des milieux, l’habileté qu’ils montreront à se fondre comme un acteur parmi les autres dans une dynamique sociale qui ne se dicte pas d’en haut… Mais bon, cette référence n’est pas le principal aspect du document. L’essentiel me semble intéressant. J’y reviendrai.
En lisant une annonce sur le site de DEMOS, qui présente une série (à venir) de conférences qui seront diffusées en ligne (baladodiffusion ou podcast) à compter du 16 janvier, sur le thème : Building Community Resilience: The Voluntary Effect, je me suis demandé si on ne pouvait pas faire la même chose ici. Document PDF 104 pages sur le sujet.
Dans le sens de faire connaître les initiatives qui ont ou auront un effet positif dans le contexte difficile à venir, des initiatives qu’il serait utile et profitable de diffuser, reproduire, multiplier. Autrement dit, on le sait qu’on s’en va « dans ‘marde« … autant mettre nos bottes et s’équiper ! Pourquoi pas se préparer à faire circuler rapidement ces exemples de projets et idées pertinentes ? Le site web du RQIIAC pourrait servir de plate forme… ce serait sans doute l’occasion de dynamiser son contenu, sa mise à jour.
Par ailleurs, puisqu’on parle de rapports en provenance d’Angleterre : un message reçu ce matin de la liste du RQIIAC comportait un lien vers une publication… qui ne fonctionnait pas. J’ai donc cherché… et ça donne ceci :