écosystèmes de l’ESS

Un numéro spécial de la revue Interventions économiques, sur le thème : Économie sociale et solidaire, ses écosystèmes. On y retrouve, parmi d’autres,  un texte introductif de Benoît Lévesque Économie sociale et solidaire et entrepreneur social : vers quels nouveaux écosystèmes ?; de Jean-Louis Laville et al. Théorie de l’entreprise sociale et pluralisme : L’entreprise sociale de type solidaire; et de Hugues Sibille D’où vient, où va l’entrepreneuriat social en France ? Pour un dialogue France-Québec sur l’entrepreneuriat social.

économie sociale et finance solidaire

Les conférences du Symposium qui avait lieu jeudi dernier (dont j’ai parlé ici) sont maintenant en ligne sur le site WebTV.coop (voir le flux Économie solidaire). Je reproduis ici le premier panel avec MM Larose, Lévesque et Boucher, sur le thème Concevoir et co-construire un modèle se société solidaire.

le paquebot de l’extractivisme

Quelques réflexions suscitées par ce récent billet de Louis Favreau (État social (2) : le New Deal proposé par l’écologie politique) et celui qui l’a précédé (L’État social au Québec à une étape critique de son histoire : état des lieux (1)). 

L’économie sociale et solidaire, les mouvements écologiste et syndical sauront-ils à eux seuls faire virer le paquebot de l’extractivisme capitaliste ? À temps pour minimiser l’impact en retour des dettes environnementales accumulées jusqu’ici par la société industrielle ? Non, évidemment. Si, comme le dit Louis Favreau citant le BIT, l’économie sociale compte, à l’échelle internationale, pour « 10% du PIB, 10% des emplois, 10% de la finance » – en effet, « ce n’est pas rien ». Mais ça ne pèse pas lourd devant les 50% d’emplois, 60% du PIB et 80% de la finance (mes approximations) qui sont inscrits dans une stricte logique de marché. Il faudra plus que des positions communes et de la concertation (« sortir du travail en silo ») pour donner au 10% l’effet de levier nécessaire pour changer de cap, rapidement.

La verve avec laquelle Favreau tisse une synthèse de plusieurs écrits et mouvements est inspirante et nous donne un peu d’air dans une conjoncture étouffante. De quoi penser quand on a l’impression de tourner en rond. Nous t’en savons gré, Louis.

Mais j’ai des doutes, comme je viens de le dire, sur la capacité de cette « écologie politique » d’influencer l’orientation de l’État suffisamment pour transformer l’économie. J’ai aussi des réserves, de fortes réserves quand je le vois pester contre la professionnalisation (des mouvements sociaux, des organisations communautaires) [La professionnalisation de l’action collective a amené sur le devant de la scène le lobby, l’expertise, l’organisation de colloques…La transformation d’ex-militants en consultants et de chercheurs en experts – et j’aurais pu ajouter plusieurs autres citations. J’ai déjà critiqué cette façon qu’il a d’opposer militants et professionnels, groupes d’intérêt et mouvements sociaux. ]. Pourtant il reconnait que les forces progressistes ont « peu de présence dans l’espace public, espace plus occupé que jamais par les Think Tanks amoureux du « tout au marché » ». Il en faudra des professionnels de la finance, de l’écologie, de la politique et des communications pour déconstruire les idées préconçues instillées par les dits think tanks depuis des décennies.

Il en faudra des think tanks de gauche (et de centre aussi) pour faire connaitre des modèles alternatifs de développement. Et pas seulement alternatifs à la marge :  une alternative à cette société fondée sur l’extraction intensive (d’énergie, de matières, de richesses) sans égard à l’avenir. Une utopie « social-écologique », oui, mais qui se donne les moyens de ses ambitions. Qui ne reste pas qu’une utopie, donc. Comment pourrons-nous « contrer cette pensée et cette politique du « tout au marché » de plus en plus omniprésente » ? Ici, et ailleurs dans les deux textes de Favreau, je crois qu’il faudrait faire une distinction entre le marché et le capitalisme. Entre l’entreprise privée et le capitalisme. Un capitalisme dominé par les entreprises monopolistiques et la finance internationale. Un capitalisme financier bien servi par des gouvernements endettés, à genoux pour renouveler leurs emprunts et quémander des investissements.

Malgré une reconnaissance du bout des lèvres que les PME, c’est pas la même chose que le « capitalisme de marché globalisé », la conception de la société qui sous-tend l’utopie de Favreau est encore en noir et blanc : il y a l’État et le marché. Il faut faire fléchir l’État vers une orientation « social-écologique », grâce à une alliance des syndicats, coopératives et mutuelles… et quelques mouvements sociaux. Mais elle est où l’économie dans tout ça ? Pas juste l’économie des multinationales mais celle de ces milliers d’entreprises, petites et moyennes, qui emploient encore la majorité des travailleurs.

Comment allons-nous sortir ces travailleurs des « griffes » idéologiques des CAQ et autres partis de droite ? Beaucoup de ces petites entreprises sont le fait d’artisans qui ont gagné la confiance d’une clientèle par la qualité de leur produit et la fidélité, la proximité de leur service. Pour beaucoup de ces (petites) entreprises le capital financier a moins d’importance que le capital humain : la gestion, la motivation de leurs ressources humaines prend plus de place que la gestion financière. Le soin accordé aux relations à la clientèle prend plus de place que la gestion financière. Ces entreprises sont moins capitalistes que petites !

Si nous souhaitons encore vivre en démocratie, nous devrons mobiliser ces travailleurs et propriétaires de PME, les assurer qu’ils auront une place dans la nouvelle société que nous imaginons. Et ce n’est pas en brandissant le modèle coopératif que nous les convaincrons. Ni en promouvant le retour de l’État social, même renouvelé à la sauce écologique. Il nous faudra une approche plus inclusive, qui n’impose pas les solutions d’avant-garde comme modèles, mais saura inciter au changement même les entreprises privées.

Il y a plus de social qu’on le pense dans les PME « ordinaires ». (Voir Entreprises du XXIe siècle). Un social à reconnaitre, renforcer plutôt que de le mépriser. Si nous devons inventer un nouveau mode de production mieux adapté aux limites et au caractère fini des ressources de cette planète, ce sera avec le monde. La responsabilité sociale des entreprises, la mesure de leur impact social, le soutien aux dimensions sociales qu’elles incarnent sont des avenues à explorer, des expérimentations à faire.

Enfin, je suis surpris de ne pas trouver de lien dans le texte de Favreau vers la réflexion menée par le RIPESSVision globale de l’économie sociale solidaire: convergences et différences entre les concepts, définitions et cadres de référence. Enfin une clarification de la différence entre économie sociale et économie solidaire. Une définition inclusive, pluraliste de cette dernière. Des questions et stratégies que nous devrions étudier encore, notamment en vue du prochain Forum social mondial qui se tiendra à Montréal en 2016 !

garder les portes ouvertes

Article d’abord publié sur Nous.blogue 

Samedi dernier avait lieu à Québec Action climat : une manifestation de volonté populaire, démocratique, de la société civile.

Les sociétés démocratiques ont vu croître l’influence et la participation d’organisations diverses, plus ou moins indépendantes des partis politiques et des États.

Les représentants du pouvoir traditionnel (élus, hauts fonctionnaires, forces de l’ordre) ont plus ou moins apprécié l’émergence de ces nouveaux acteurs – et adapté leurs comportements en conséquence. La capacité d’influence des diverses organisations de la société civile sur les affaires de l’État a rendu le job des élus plus complexe. Le clientélisme traditionnel était remplacé par l’animation d’espaces démocratiques de discussion.

Je me rappelle lorsque Louise Harel 1 est arrivée dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à titre de députée provinciale du Parti Québécois, en 1981. Le quartier avait connu nombre d’élus qui entretenaient de bonnes relations avec les organisations communautaires du milieu. Mais jusque là tous avaient maintenu une relation traditionnelle où les représentants des organisations et associations rencontraient leur député en privé, un à un, pour présenter et déposer leur demande de soutien. Mme Harel décida de réunir tout le monde autour d’une table – rendant publique et interactive ce qui se faisait auparavant derrière des portes closes.

Il ne faut pas voir dans ce geste plus de sens qu’il n’en a : le quartier avait déjà une bonne habitude de concertation – et les budgets discrétionnaires dont il était question lors de ces rencontres étaient plutôt limités. Tout de même, ce geste de la nouvelle députée contribuait à ouvrir la discussion et à faire sortir les organisations sur la place publique plutôt que de se définir uniquement en regard de leur clientèle particulière. Mme Harel appréciait sans doute plus que d’autres politiciens ces échanges publics (et elle libérait ce faisant son agenda de dizaines de rencontres individuelles!).

Si je rappelle ces vieux souvenirs c’est pour mettre en perspective non seulement les changements de structure mais aussi les changements dans les compétences et les habiletés qui sont demandées aux élus (et aux organisations en général : il n’y a pas que les élus qui se retrouvaient sur la « place publique »). Cette capacité d’interagir publiquement, d’animer en quelque sorte la communauté n’était pas donnée à tous les élus…

Ce fut une décennie de chômage prolongé, de montée du discours néoconservateur avec Thatcher, Reagan puis Mulroney, où l’on affirmait avec force que l’État n’avait plus à se mêler d’économie… tout au plus pouvait-il préparer la main-d’œuvre : ce fut le « virage vers l’employabilité » des programmes fédéraux et provinciaux canadiens.

Mais le marché n’arrivait pas à intégrer tous ces jeunes qui accumulaient plus d’années de chômage que d’expérience. La nouvelle économie sociale permit de répondre à des besoins, économiques et sociaux, tout en sortant du modèle binaire « public ou privé ». On commençait à comprendre (Robert Putnam, Making Democracy Work : Civic Traditions in Modern Italy, 1994) que le développement économique n’était pas qu’une simple question d’investissement dans l’outillage et la formation. La vitalité du monde associatif et de la culture contribuait à rendre le développement économique possible.

Mais l’économie sociale, même solidaire, ne suffira pas à redresser le cap et assurer le virage important dont nous avons un urgent besoin. Certains imaginent un New Deal avec l’État social. Pour cela il nous faudra toucher et mobiliser une plus grande part de l’économie « traditionnelle ». Les PME de l’économie de marché ont une composante sociale méconnue qu’il s’agit de reconnaitre et soutenir plutôt que de la nier en amalgamant simplement marché et capitalisme. (L’entreprise du XXIe siècle sera sociale (ou ne sera pas)).

Si la disparition des CRÉ et le dépeçage des mandats des CLD ont mis à mal des réseaux et ressources élaborés « de peine et de misère » depuis 10 ans, que dis-je, depuis 30 ans, cela n’empêchera pas ces réseaux de se retisser, plus forts que jamais. D’autant plus forts que la mission « économie sociale », qui n’était pas toujours bien portée par les CLD, a été préservée et renforcée.

Il nous faudra apprendre à mieux travailler avec « le privé », tout comme il faudra lui apprendre à travailler avec nous. Il faudra aussi enseigner aux élus à ne pas avoir peur de la société civile, et éviter ainsi le repli confortable sur des relations clientélistes avec quelques acteurs forts, derrière des portes closes.

  1. une page qui n’est pas tout à fait à jour : Mme Harel n’est plus chef de l’opposition à Montréal  (retour)

une société plus équilibrée

MintzbergRebalancing Society (PDF in extenso), tel est le titre du dernier ouvrage de Henry Mintzberg. Un petit bouquin de quelques 150 pages (disponible gratuitement sur le site de l’auteur – j’avais pour ma part acheté le livre avant de l’apprendre) défendant passionnément un rééquilibrage de nos modes de gestion et de l’orientation de nos sociétés. Nous devons passer d’un monde à deux pôles (gauche-droite, privé-public) vers un monde qui fait une place à un pôle « plural » (pluriel ?) que d’autres ont souvent nommé tiers-secteur, à but non lucratif ou de la société civile…

Nous sommes des êtres humains avant que d’être des ressources humaines et il faut promouvoir un « communityship » qui sache contrebalancer les formes individuelles privées de propriété (ownership) et celles, publiques, de la citoyenneté (citizenship) qui promeuvent toutes deux des formes par trop individuelles de leadership. « C’est sûr qu’un individu peut parfois faire la différence, mais n’est-ce pas souvent, aujourd’hui, pour le pire ?  » (p. 36 – ma traduction)

Ce secteur pluriel n’est pas une alternative, une troisième voie face au capitalisme ou au socialisme, mais un des trois vecteurs nécessaires pour toute société équilibrée. Il faut redonner à ce troisième secteur la place et le poids qui lui revienne, pour contrer une dérive, un déséquilibre qui a surtout favorisé le pôle privé, au point où celui-ci exerce une influence de plus en plus nocive sur les règles démocratiques.

Mintzberg en appelle à des mouvements offensifs (slingshot movements)  capables de batailler sur trois fronts : les pratiques destructives, les droits (entitlements) qui soutiennent de telles pratiques et les théories qui tentent de les justifier. [p. 53] Ces mouvements qui croissent « de l’intérieur » vers le haut et l’extérieur, prennent des formes multiples, allant de l’éducation à la biodiversité à la culture, aux droits de propriété et à la religion… devront trouver moyen de se consolider à l’échèle mondiale afin de « rééquilibrer ce monde ».

Responsible social movements and social initiatives, often carried out in local communities but also networked globally for collective impact, are the greatest hope we have for regaining balance in this troubled world. [p. 57]

Il faut s’attaquer au pouvoir (et aux droits) de lobbying des grandes corporations, à leur capacité grandissante d’influencer les élections; aux libertés qui permettent à la finance privée de manipuler les prix et les flux financiers au détriment des faibles et de l’avenir; à une philosophie de la croissance pour la croissance qui ressemble plus à un cancer qu’à une orientation à promouvoir. Il faut soutenir le secteur pluriel qui a montré sa valeur localement, par un financement, des infrastructures et ressources spécialisées afin qu’il puisse étendre son impact dans le monde.

Cette société à trois pôles (Engaging Democracy, Responsible Entreprise, Plural Inclusion) devra éviter les trois écueils du despotisme public, du capitalisme prédateur et du replis populiste, ce qu’il appelle les écueils du Crude, Crass and Closed.

C’est un appel à « Toi, moi et nous devant ce monde boulversé ». C’est le titre de son dernier chapitre.  « The place to start confronting the exploiters of this world is in front of our own mirrors. Now ! »  Il nous rappelle à quel point il est facile de se trouver des excuses pour remettre à plus tard, repousser sur les autres les causes de notre propre apathie.

Il faut cesser d’émasculer les services publics, en réduisant les impôts pour ensuite rééquilibrer les budgets en coupant les budgets, prétendant que cela n’aura pas d’impact sur les services ! Il est beaucoup plus facile de mesurer les coûts que les bénéfices d’un programme. Les conséquences des coupures ne se font souvent sentir qu’à plus long terme.

Il a quelques bons mots pour dénoncer le New Public Management. C’est un euphémisme recouvrant de vieilles pratiques corporatives qui imposent aux services publics qui n’ont pu être privatisés de se comporter comme des entreprises privées : engagez-vous des leaders héroïques qui réorganiseront sans cesse, mesureront comme des fous et transformeront tous les processus. [Put heroic leaders in charge, reorganize constantly, measure like mad, and reengineer everything in sight – p. 82]

La plupart des activités prises en charge par le gouvernement le sont parce qu’elles ne peuvent être gérées comme des affaires (businesses).

C’est un petit livre que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire, après m’être tapé le livre de chevet des économistes et technocrates qui nous dirigent : The Fourth Revolution : The Global Race to Reinvent the State. Après une histoire du développement de l’État (de Hobbes à Mills à Webb puis à Friedman), les auteurs critiquent l’époque Tatcher-Reagan pour n’avoir fait qu’une demi révolution. Ils ont coupé les taxes, mais pas assez les programmes et budgets. Il est facile de trouver des exemples de corporations et syndicats ayant abusé de leur position de négociation (et de la faiblesse des élus et leurs commettants) pour justifier ensuite la réduction du rôle de l’État à son minimum… Un chiffre à retenir : « In America almost half the people in the richest 1% are medical specialists ». Les conclusions qu’en tirent les auteurs : s’inspirer de ces médecins Indiens qui organisent les hôpitaux comme des usines afin de pratiquer les opérations à coeur ouvert à la chaine, vraiment. On dit bien qu’il faudrait que les médecins s’appuient plus sur des techniciens, des technologues moins coûteux… mais sans remettre en cause la place en haut de la pyramide aux spécialistes médicaux. Les hôpitaux transformés (encore plus) en usines et des « apps » pour signaler les nids-de-poule aux décideurs municipaux ! Un bel avenir nous attend…

entreprises sociales du XXIe siècle

entreprisesocialeL’entreprise du XXIe siècle sera sociale (ou ne sera pas) – tel est le titre de cette publication de la Rue de l’échiquier, un écrit inspiré des leçons tirées du Goupe SOS.

Une approche « franco-française » : on formule des idées, puis on forme des professionnels pour les mettre en pratique, et des praticiens qui influenceront le marché… Pourtant le marché pré-existe, et c’est de lui, de la pratique actuelle des meneurs (industriels, politiques, professionnels) que devra partir toute réforme. Et c’est justement ce que ces auteurs disent, au delà de la forme didactique.

La chose que j’ai le plus appréciée : la convergence proposée, plutôt que la confrontation. Ce n’est pas une guerre de religion, où il faut convertir le païen et lui faire abandonner toutes ses croyances pour en adopter de nouvelles. Il s’agit de voir et faire voir ce que toute entreprise (même les privées) fait déjà de social. De le mettre en valeur en le mesurant, en l’évaluant, en le soutenant.

Il faut sortir l’économie sociale de la marge, et c’est en reconnaissant et soutenant la dimension « sociale » de toute entreprise que nous le ferons. Tout en poursuivant la marche pour faire reconnaitre la dimension entreprise des projets d’économie sociale.

Nous devons apprendre à mesurer la valeur en d’autres termes que monétaires à court terme. La mesure de l’impact social est devenue incontournable pour faire des choix éclairés.

Il nous faudra laisser les 4/5 des réserves pétrolières dans le sol… sous peine d’asphyxier la planète. Il pourrait être intéressant de choisir où et comment nous extrairons le dernier cinquième à partir de critères plus conséquents que le seul prix à court terme !

Si nous avions donné un peu plus de poids à l’impact social, peut-être que la tragédie des usines de T-shirts du Rana Plaza au Bangladesh ne se serait pas produite ! Et les conditions environnementales des villages où sont produits les iPhones et iPads de la planète seraient peut-être améliorées ?

« L’entreprise sociale devient le moyen de faire converger l’économie de marché, le secteur public et l’économie sociale et solidaire ».

économie solidaire et nouvelle sociale-démocratie

Un court texte (19 pages) de Jean-Louis Laville, Renouveler la social-démocratie par l’économie sociale et solidaire, compte-rendu de sa conférence au colloque tenu en novembre dernier à Montréal sur le thème du renouvellement de la social-démocratie. [voir le site Chantier pour une social-démocratie renouvelée]

Toujours aussi captivant, ce Laville, réussissant un tour d’horizon historique en quelques pages, mettant en lumière les écueils de l’économie de marché tout comme du compromis social-démocrate (État social et économie de marché). L’émergence et la persistance de l’économie sociale, la spécificité de l’économie solidaire… l’importance de ces espaces publics de proximité où une démocratie délibérative permet une invention réciprocitaire moderne, où de nouvelles solidarités, de nouvelles conduites sociales peuvent voir le jour et fonder de manière durable une démocratie représentative renouvelée.

Comment, en effet, éviter que nos sociétés se polarisent entre des structures de plus en plus lointaines et gigantesques (ces sphères d’action régulées à travers l’argent et le pouvoir administratif — Habermas) et un monde privé moralement aseptisé, isolé… si ne s’ouvrent pas de nouveaux espaces publics générateurs de sens et de liens sociaux.

Une synthèse, ou plutôt des Éléments de synthèse : la social-démocratie et son rapport à l’État étaient présentés par Benoît Lévesque, dès le 2 décembre, sur le même site.

mesures de pauvreté

Je n’avais pas vu passer cet Avis du Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion, paru en 2009. Intitulé Prendre la mesure de la pauvreté, Proposition d’indicateurs de pauvreté, d’inégalités et d’exclusion sociale afin de mesurer les progrès réalisés au Québec (pdf 71 pages), on y retrouve définition et analyse des avantages et limites des différentes mesures utilisées pour quantifier la pauvreté : seuil de faible revenu, mesure de faible revenu, mesure du panier de consommation; pour mesure les inégalités : coefficient Gini, ratio interquintiles; ou encore l’identification des déterminants de la pauvreté : territoire, éducation-littératie, santé, travail, logement, justice et sécurité…

Un outil à potasser pour tous ceux qui veulent creuser la question de la pauvreté.

Qu’est-ce que le CEPE ? C’est dans l’esprit de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion socialeDirige vers un site externe. que le CEPE a été mis en place au printemps 2005 et rattaché au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). Il est dirigé en collaboration avec un comité de direction composé de personnes en provenance des milieux gouvernemental, universitaire et de la recherche ainsi que de personnes oeuvrant auprès des personnes en situation de pauvreté ou d’exclusion sociale. Il a pour fonctions de recueillir, d’intégrer, de compiler, d’analyser et de diffuser des renseignements, notamment de nature statistique, sur la pauvreté et l’exclusion sociale. Parmi les 11 membres du comité de direction, on compte Paul Bernard et Alain Noël, du côté universitaire, Ginette Paquet, de l’ISQ, Vivian Labrie qui a longtemps représenté le Collectif pour un Québec sans pauvreté…