Montréal d’hier et d’aujourd’hui

Plus de 150 photos de Montréal, par un amateur immigrant Allemand, Alfred Bohn. Visibles sur Flickr.

Sur une note moins nostalgique ou esthétique, le magazine montréalais Maisonneuve propose un reportage fouillé sur l’industrie du déneigement à Montréal : sabotage, intimidation et collusions… Merci à Montréalités urbaines pour ces références.

des résidences et non des prisons

La préférence de Harper pour la construction de prisons n’est-elle pas due, en partie, à la division des compétences fédérales-provinciales ? Dans le contexte du renouvellement de l’accord fédéral-provincial sur la santé, venant à échéance en 2014, ne devrait-on pas mettre l’accent sur ces services aux aînés qui ont des besoins de longue durée, besoins qui ne sont pas d’ordre chirurgical, ni même médical. Même si cela implique de revoir cette sacro-sainte division des champs de compétence.

Et notre majoritaire de premier ministre qui se donne des airs de leader international, aux côtés des conservateurs britanniques, pour prêcher l’austérité  comme solution à la crise actuelle, alors que les analystes craignent le retour de la récession (« Governments shouldn’t be aggressively cutting spending when the economy is gasping for air, » disais M. Porter, deputy chief economist de la Banque de Montréal. « That’s certainly the wrong prescription »). Presque tous les analystes. Certains tiennent des discours tout à fait moralistes (We took the gain, now we must take the pain), enjoignant leurs lecteurs à accepter la douleur d’une nécessaire diète pour se libérer d’une obésité induite par des années de consommation « au dessus de nos moyens ».

optimiste ou pessimiste ?

Ridley (The Rational Optimist) mène sa bataille contre les pessimistes, avec raison dans la mesure où toutes les prédictions de fin du monde se sont avérées fausses, mais il a tendance à oublier à quel point les histoires de peur ont pu amener, accélérer les changements nécessaires : la peur et le catastrophisme sont peut-être nécessaires pour faire bouger les « masses » ou les systèmes politiques démocratiques ?

Je n’ai pas aimé ses pointes régulières contre les « gouvernements bureaucratiques », qui font trop échos aux diatribes antigouvernementales républicaines américaines… même s’il s’est timidement racheté à la fin, convenant que les gouvernements font aussi de bonnes choses !

J’ai par ailleurs apprécié non seulement le coup d’oeil sur l’évolution millénaire de l’échange comme moteur du développement… mais aussi son point de vue sur la nécessaire poursuite du développement – à l’encontre des prophètes du minimalisme et de la croissance négative. Sa critique des « solutions écologiques », genre faire du fuel avec le maïs ou le sucre, avec les effets sur les prix de la nourriture et en terme de terres affermées, je l’ai trouvée rafraichissante. L’utilisation de l’énergie fossile restera encore la solution la plus économique et écologiquement et socialement responsable pour beaucoup de sociétés en développement.

Powering the world with such renewables [parcs éoliens, bio-fuels…] now is the surest way to spoil the environment. (Of course, coal mining and oil drilling can and do spoil the environment, too, but compared with most renewables their footprints are surprisingly small for the energy they yield.) [tiré de The Rational Optimist, page 343]

L’énergie nucléaire de nouvelle génération, une taxe sur le carbone (qui saurait éviter d’enrichir les spéculateurs, la corruption et le soutien des fausses solutions – biofuels – ce qui est en soi un défi), réduction des subventions au secteur de l’agriculture en Europe et Amérique du Nord, création de zones de libre échange et consolidation des droits informels (non documentés) de propriété actuellement poussés vers les franges illicites ou illégales en Afrique… Quelques-unes des pistes de solution envisagées par Ridley pour soutenir sa vision optimiste de l’avenir. Son crédo final ? Libérer (ou préserver des contraintes) les échanges et l’innovation et l’humanité trouvera des solutions à ses problèmes.

Je qualifierais sa position d’optimisme économique politiquement naïf. Il est relativement facile de dire que les États doivent cesser de subventionner l’agriculture. Mais pourquoi cela se fait-il encore ? Parce que les structures politiques des États du nord sont encore basées sur des territoires où les populations agricoles, même en petits nombres, ont un pouvoir disproportionné. Parce que les structures politiques sont encore marquées par les structures claniques ou corporatives… alors il ne suffit pas d’identifier les solutions rationnelles mais bien de les négocier, de les concrétiser à partir des matériaux disponibles, qui ne sont pas des métaux malléables à souhait mais plutôt des tissus sociaux formés par l’histoire, porteurs de sentiments et ressentiments. Matériaux foncièrement irrationnels, même s’ils sont la source de seules décisions rationnelles possibles.

Incidemment, le blogueur JF Lisée poursuit sa publications d’extraits ( premier, deuxième, troisième, quatrième) de son bouquin « Imaginer l’après-crise ». De nombreuses pistes de solutions politiques sont suggérées, allant de changements à la fiscalité internationale (disparition des paradis fiscaux, imposition du prix écologique…) à de nouvelles règles de responsabilisation des corporations. Mais pourquoi de telles bonnes idées ne sont-elles pas sur le programme de tous les partis politiques de la planète ? Parce que les partis politiques nationaux (ou provinciaux) gèrent la passivité ou l’inconscience des populations beaucoup plus qu’ils ne mobilisent l’action ou la conscience de leurs commettants. Parce que les « populations » sont composées d’hommes et de femmes aux horizons plutôt restreints : trouver un emploi, prendre sa retraite, payer sa maison ou encore l’éducation de ses enfants… quand ce n’est pas la prochaine épicerie.

Autre lecture : Cinq clés pour une gestion européenne de la crise (Le Monde).

faire le point

PQ: pourquoi l’échec n’est pas certain et Imaginer le Québec de demain sans le PQ : deux billets remarquables de J.-F. Lisée. Je lis régulièrement JFL et ses opinions sont le plus souvent réfléchies, bien informées. Ici, son expérience de longue date dans les coulisses du pouvoir lui permet de donner un éclairage historique sur les enjeux pas facile à dénouer de la conjoncture actuelle.

Québec, politique et hockey

Un bel article de Marc-Olivier Bherer intitulé La vraie saison, publié sur le site de la revue N+1. En anglais mais avec une sensibilité toute québécoise de la part de ce journaliste beauceron d’origine qui tient aussi un blogue : Le Québec vu d’ailleurs, sur le site du Courrier international.

raison, biais de confirmation et délibération

Hugo Mercier fait parler de lui (ici, ou ) et de sa thèse sur la raison argumentative, à la suite de la parution d’un article dans la revue Behavioral and Brain Sciences. Un chercheur que j’ai eu l’occasion d’entendre à Montréal, dans une conférence organisée par l’Institut es sciences cognitives de Montréal en 2009.

Si l’article de la revue BBS n’est pas disponible, on peut retrouver sur le Social Science Research Network (SSRN) deux articles reprenant l’essentiel de l’argumentation (!) sans avoir l’étendue de la thèse de 376 page de M. Mercier :

Jonah Lehrer résume assez bien l’intérêt de ces textes, dans son billet The reason we reason, alors que Chris Mooney, qui publiait récemment un texte sur un sujet similaire dans la revue Mother Jones, The science of why we don’t believe science, s’entretient avec Mercier dans un billet sur Discover Magazine.

La raison n’est plus ce qu’elle était ! Lire la suite

électoréalisme

Il y a plusieurs façons de « voter stratégique ». Circonscription par circonscription ou encore province par province !

Comme d’autres, j’ai été déçu de voir des députés qui faisaient « une bonne job » être balayés de la carte par des poteaux… Mais la majorité des électeurs ne suivent pas assez la politique de leur localité pour pouvoir dire si oui ou non leur député fait une bonne job. De fait, le type de revirement par vague comme nous venons de connaître au Québec me semble lié au système de représentation non proportionnelle que nous avons. Si nous avions un système proportionnel, où l’électeur peut être assuré que « chaque vote compte », il y aurait certainement un plus grand attachement, un plus grand engagement des électeurs à l’endroit du parti pour lequel il vote. Alors que dans la situation actuelle, où c’est celui qui remporte le plus de vote qui est élu même si cela veut dire neuf fois sur dix que plus de gens ont voté contre lui que pour lui, cela ne peut que nourrir le scepticisme et une forme de cynisme envers la classe politique.  Ainsi devient-il plus facile de voir l’électorat envoyer d’une saute d’humeur, par un déplacement de 30 % des voix (résultats 2011, résultats 2008), tout un parti dans la brousse, et une classe de néophytes au parlement !

Je n’aimerais pas être dans les souliers de Layton. Si son ambition est de gagner un jour une majorité au parlement, il lui faudra s’adresser aux «autres canadiens» sans pour autant s’aliéner la majorité québécoise qu’il vient de gagner. Incidemment, j’ai été frappé par la multiplicité des drapeaux canadiens dans la salle lors du discours de Layton, le soir de l’élection, alors que je n’en ai vu aucun dans la salle des conservateurs… ou s’il y en avait, c’était beaucoup moins visible que dans la salle du NPD. Je me disais : Ça aurait été une bonne occasion de faire flotter les deux drapeaux, canadien et québécois !

50000 signatures en 24 heures

Le Gouvernement Harper aurait remis 50 millions de dollars publics à un seul organisme conservateur – et aurait fait passer cette opération sous le coup des dépenses occasionnées par le Sommet du G8.

La vérité avant les élections. Pour signer la pétition :

https://secure.avaaz.org/fr/canada_save_democracy/?vl

partis fédéraux bolchéviques ?

On croirait entendre les bolchéviques (majoritaires) russes dénoncer les menchéviques (minoritaires) ! Il faut élire une majorité, libérale ou conservatrice, sans quoi, c’est la catastrophe, la fin du monde ! Mais comment font-ils, ces Allemands, Suédois, Irlandais, Britanniques, Néo-Zélandais… qui gouvernent sans majorité ? Ils ont des gouvernements de coalition. La tendance à la différenciation entre groupes sociaux est une tendance profonde des sociétés depuis des décennies. Et cela se reflète sur la difficulté accrue des systèmes parlementaires non proportionnels à obtenir la majorité « normale » dans ces systèmes. Il serait peut-être temps que le nôtre, de système, évolue lui aussi vers une prise en compte plus souple et subtile des tendances de la société.

Et que les canadiens hors Québec arrêtent de démoniser le Bloc Québécois ! Si le Bloc a déjà pu agir, de manière responsable si mon souvenir est bon, en tant qu’opposition officielle du gouvernement de Sa Majesté, pourquoi ne pourrait-il être un membre ou un allié responsable d’un gouvernement de coalition ? Il sera toujours minoritaire, non ? Et le pouvoir qu’il aurait en tant qu’allié ou partie prenante d’un tel gouvernement ne serait, somme toute, pas très différent de celui qu’il a eu durant les gouvernements minoritaires des dernières années : celui de dire Non, et de défaire le gouvernement.

Comment peut-on accuser le Bloc d’être, essentiellement, un parti sécessionniste ? Lire la suite

économie solidaire et nouvelle sociale-démocratie

Un court texte (19 pages) de Jean-Louis Laville, Renouveler la social-démocratie par l’économie sociale et solidaire, compte-rendu de sa conférence au colloque tenu en novembre dernier à Montréal sur le thème du renouvellement de la social-démocratie. [voir le site Chantier pour une social-démocratie renouvelée]

Toujours aussi captivant, ce Laville, réussissant un tour d’horizon historique en quelques pages, mettant en lumière les écueils de l’économie de marché tout comme du compromis social-démocrate (État social et économie de marché). L’émergence et la persistance de l’économie sociale, la spécificité de l’économie solidaire… l’importance de ces espaces publics de proximité où une démocratie délibérative permet une invention réciprocitaire moderne, où de nouvelles solidarités, de nouvelles conduites sociales peuvent voir le jour et fonder de manière durable une démocratie représentative renouvelée.

Comment, en effet, éviter que nos sociétés se polarisent entre des structures de plus en plus lointaines et gigantesques (ces sphères d’action régulées à travers l’argent et le pouvoir administratif — Habermas) et un monde privé moralement aseptisé, isolé… si ne s’ouvrent pas de nouveaux espaces publics générateurs de sens et de liens sociaux.

Une synthèse, ou plutôt des Éléments de synthèse : la social-démocratie et son rapport à l’État étaient présentés par Benoît Lévesque, dès le 2 décembre, sur le même site.

des idiots ?

Ils nous prennent pour des idiots. C’est ce qu’on se dit, en entendant Tony Clement, le ministre responsable (enfin, pour autant que quelqu’un d’autre que Harper puis l’être sous ce gouvernement) de la décision d’abandonner le formulaire long du recensement, exhorter les Canadiens à remplir volontairement le sondage qui le remplacera . Il exhorte, mais en même temps, coupe de moitié les frais de promotion prévus ! Idiots, je vous dit !

Cette décision a détruit l’indépendance d’une institution publique canadienne réputée, une indépendance sans laquelle il lui sera difficile de fournir aux différentes composantes de la société une information crédible se situant au dessus des débats partisans. Comment, en effet, après un tel coup de force, ne pas induire que les données produites dorénavant — qui n’auront plus cette base d’interprétation solide que constituait le recensement — seront non seulement biaisées parce que reflétant une portion seulement de la population… mais biaisées aussi parce que la marge d’interprétation, élargie par la disparition de l’étalon de base, aura été colorée par l’emprise affirmée sans vergogne du gouvernemental sur l’institutionnel. Lire la suite

se retirer temporairement…

Là, ça ferait plus que jaser… On a juste le temps de préparer quelque chose de costaud comme « front uni » et ça pourrait faire un effet boeuf !

Et si les contribuables québécois se “retiraient temporairement” du paiement de taxes et d’impôt au Québec, le temps qu’une enquête soit faite sur l’utilisation éthique de cet argent ? [Le blogue de J-F Lisée]

D’ici la période des impôts… et puis il reste même encore assez de temps pour permettre à M. Charest de sauver la face en trouvant une excuse pour la tenir cette &?#!&%* de commission d’enquête ! S’il est sensé pour 5¢ il s’évitera ainsi de devoir quitter dans le pire charivari. Car une grève des impôts… c’est grave. Et si 40% de la population s’y joignent… c’est difficile à arrêter… C’est bien mieux de s’organiser pour que ça ne commence pas.

Est-ce que le moyen est disproportionné ? Peut-être. Mais le mépris du PM est lui aussi de grande pointure !

système américain

Encore une fois en discutant cet après-midi je me suis demandé laquelle des deux chambres (Sénat ou Chambre des représentants) comprenait 100 élus… Il s’agit du Sénat, représentant les États confédérés, à raison de deux sénateurs par État. La Chambre des représentants, quant à elle, avec ses 435 élus, représente les citoyens américains.

Je crois que je vais m’en souvenir maintenant : la Chambre des représentants est la plus nombreuse, la plus représentative…