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dites-le avec des fleurs

Un petit vidéo trouvé sur le site canadien The Mark, où j’allais lire un texte de Paul Saurette, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa : When Smart Parties Make Stupid Decisions. À propos du recensement (encore) mais où l’auteur nous montre à quel point la décision, apparemment butée des conservateur, peut être lue comme un geste conséquent, basé sur un « populisme épistémologique » (epistemological populism)  et orientée vers un travail de sape à long terme de la crédibilité des institutions sociales et politiques de ce pays.

Le vidéo, quant à lui, défend avec brio la libéralisation des lois sur la marijuana.

En provenance du même site The Mark, en date de ce matin, une entrevue de Jack Layton, sur la bataille du recensement. Un autre extrait est visible sur cette page.

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si les faits vous dérangent… oubliez-les !

C’est un peu – beaucoup – la logique à l’œuvre derrière la décision harperiste (ou serait-ce harperiote) de réduire le prochain recensement à sa portion congrue : les faits sont souvent inutiles et même parfois gênants pour un gouvernement conservateur : il faut expliquer les raisons de ses actions, alors qu’on a seulement des convictions profondes (que plus de prisons réduira le nombre de criminels… qu’une réduction de la TPS sera juste…). Comme le dit bien Jeffrey Simpson dans le Globe and Mail d’aujourd’hui : From consumption tax to foreign policy, from “tough on crime” to social policy, the Conservatives almost delight in ignoring what people experienced in the field have to say. Ce n’est pas tous les jours que j’abonde dans le sens de Simpson… mais il nous donne ici un beau petit papier… qui fait jaser, à en juger par les nombreux et intéressants commentaires.

En fait, je crois que Simpson s’est inspiré, sans le reconnaître – mais c’est là le privilège du journaliste d’opinion, d’un billet récent du blogue The Frontal Cortex : Political Dissonance. Jonah Lehrer y cite plusieurs recherches récentes qui montrent à quel point l’esprit humain a peu de respect pour la logique ou encore qu’il préférera de beaucoup trier les faits qui viennent confirmer une idée préconçue plutôt que de faire la part des choses…

Alors pourquoi faire un recensement quand on n’a que faire des données qu’il nous fournira ! Malheureusement l’étroitesse d’esprit partisane n’est pas une exclusivité des conservateurs… mais ceux-ci ont moins de scrupules à en utiliser sans vergogne les ressorts. Si je me souviens bien, c’est un peu ce que disait George Lakoff, dans son The political mind : a cognitive scientist’s guide to your brain and its politics. Je viens de retrouver ce petit bouquin délaissé pour d’autres lectures… il serait temps que je le finisse, peut-être !

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plus d’arbitraire

Moins d’information publique = plus de décisions arbitraires, ou encore basées sur des données non publiées. C’est à cela que conduira la décision de rendre volontaire le questionnaire détaillé du prochain recensement.

Les questions relatives au revenu des ménages, à l’éducation, au logement… feront dorénavant partie de l’Enquête nationale auprès des ménages. Une enquête que Statistique Canada fera, certainement, avec tout le sérieux et le professionnalisme qu’on lui connait… mais sans l’incitatif de l’obligation de répondre que comportait le questionnaire détaillé du recensement. Quelles seront les populations sous-représentées ? Les populations pauvres et ayant des difficultés à lire… et, sur les questions de revenus, les populations à revenus plus élevés.

Et d’ailleurs, à quoi sert d’accumuler des données, si on ne compte pas s’en servir pour agir… si on a une vision minimaliste de la responsabilité publique !

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Barack stand up


Le souper annuel de la Maison blanche pour les correspondants parlementaires de la presse, où le président Obama se moque de lui et de quelques autres politiciens, ne ratant pas l’occasion de lancer quelques flèches aux gens de la presse. C’est malheureux que la réplique de Jay Leno ne soit pas accompagnée des clips vidéos qui sont cités…

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lancement réussi

Hier soir avait lieu le lancement officiel du Chantier pour une social-démocratie renouvelée. Près d’une centaine de personnes, dont plusieurs têtes blanches ou grisonnantes (ce qui n’est pas dépréciatif !), ont répondu à l’appel lancé (pdf) en mai-juin dernier par 4 personnes bien connues dans les réseaux de l’action sociale, coopérative et syndicale : Benoît Lévesque, Michel Doré, Marilyse Lapierre et Yves Vaillancourt. Ce court texte à caractère historique et analytique avait l’heur de poser de bonnes questions, d’ouvrir un horizon de réflexion.

Faisant preuve d’une ouverture à la critique (certains diront à l’auto-flagellation) on avait demandé à Gilles Gagné, sociologue de l’Université Laval, d’y aller de ses commentaires provocateurs… J’espère que son texte sera bientôt disponible sur le site du Chantier, car il avançait quelques idées intéressantes en plus de critiques touchant au texte de l’appel. Des critiques comme : « N’avons-nous pas déjà connu notre renouvèlement de la social-démocratie, au Québec, avec les dizaines de nouveaux programmes sociaux développés depuis 10-15 ans ? » ou encore « Du gris sur du gris… » En d’autres termes, il manque, selon lui, de perspectives claires, d’un appel fort autour d’idées-forces, comme celles sur lesquelles il terminait son allocution : En finir avec le pétrole ! En finir avec la croissance du capital ! En finir avec la croissance !

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dessus et dessous de table

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, demande qu’une commission soit instituée pour enquêter sur l’industrie de la construction.

Mais comment resserrer les règles d’attribution des contrats publics sans changer la règle du plus bas soumissionnaire ? Je n’ai pas suivi ce débat dans les détails, mais ce que j’entends porte surtout sur les « dessous de tables » et arrangements qui lient certaines compagnies et des décideurs politiques… ou encore certaines compagnies et la mafia.

Pourtant des règles tout-à-fait légales font, à mon avis, partie du problème : quand les appels publics se doivent de faire affaire avec les plus bas soumissionnaires, on peut penser à première vue que c’est une bonne chose. Mais si ce « plus bas soumissionnaire » est dans les patates, qu’il a oublié quelque chose… ce qui a fait qu’il était le plus bas… Alors ou bien il « mangera ses bas » durant la construction, ou bien il rognera au maximum sur la qualité, pour diminuer ses pertes.

Mais pourquoi « le plus bas » alors que, par définition des appels publics visent à construire pour la collectivité, pour le long terme ? Pourquoi pas le soumissionnaire « moyen », une fois éliminés les cas extrêmes… Je suis certain que cette règle du plus bas soumissionnaire a causé tellement de problèmes que les collusions entre soumissionnaires ont parfois parues un moindre mal.

Mais pour l’instant, signons la pétition ! On discutera du mandat précis de l’éventuelle commission plus tard !

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chantier sur la social-démocratie

Un événement de lancement aura lieu le 10 décembre à 19 heures, simultanément en vidéoconférence, aux salles de l’ÉNAP à Montréal (4750 Henri-Julien, amphithéâtre du rez-de-chaussée), à Québec (555 boul. Charest Est, local 5112) et à Gatineau (283, Alexandre-Taché. Aile D, local 20425).

Conférence de Gilles Gagné, présentation des responsables d’axe et débat avec la salle.

J’en ai glissé un mot en juillet dernier, en présentant le texte d’appel à un tel chantier lancé en mai dernier par Benoît Lévesque, Michel Doré, Marilyse Lapierre et Yves Vaillancourt sur le blogue Oikos.  Hé bien on y est ! Le site web du Chantier pour une social-démocratie renouvelée. Le 10 décembre, 19h, à Montréal, Québec et Gatineau en même temps !  La qualité du document pousse à l’action…

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collaborer à la chose publique

Ostrom found that individuals will cooperate if, among other things, they are able to participate in governance, monitor the compliance of others, and punish cheaters. « When people have trust that others are going to reciprocate, then there can be cooperation, » she says. « When there is no trust, there is no cooperation unless people are facing the gun. » (extrait de la revue Science, 16 octobre 2009)

Ostrom, récipiendaire du Nobel d’économie de cette année (avec Williamson), dont le sujet de recherche a été la coopération pour  la gestion des ressources communes (the commons). Ses études portant, notamment, sur la gestion collective des pêcheries, où certaines collectivités ont réussi à protéger ou faire renaître des stocks mis en danger par des comportements individuels (ou de marché) de courte vue.

L’importance de « punir les tricheurs », comme un facteur favorisant la participation (et la confiance) dans la gestion de la collectivité. Un sujet de premier plan, par les temps qui courent, tant au niveau municipal que provincial. Aura-t-on droit à une commission d’enquête sur les dessous de l’industrie de la construction ou si les règles habituelles de surveillance seront jugées suffisantes ?? C’est ce dernier point de vue que privilégie gouvernement libéral, mais cela coûtera en confiance de la part du public. Confiance qui est liée à la participation politique. Peut-être certains gouvernements ne souhaitent-ils pas vraiment augmenter la participation politique ?

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social-démocratie renouvelée ?

Un texte de Marcel Boyer, Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle (pdf, 174 pages). Ce qui me rappelle l’autre texte appelant à un Chantier vers une nouvelle social-démocratie lancé par Lévesque, Vaillancourt et al. Ce dernier texte (pdf de 29 pages) propose une démarche collective, et comme son nom l’indique, une série de groupes de travail sur différents aspects de la situation actuelle. J’ai trouvé très stimulant le document, tant dans sa partie historique que dans l’attention qu’il porte à toucher toutes les dimensions du renouvellement nécessaire d’une théorie politique apte à tirer les leçons du dernier siècle.

L’autre, le premier document, plus volumineux, signé d’un seul nom. Je ne l’ai pas lu. La référence vient de PolitiquesSociales.net.

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«cheap shot» sur la Caisse

Les articles de Konrad Yakabuski dans le G&M nous avaient habitué à plus de sérieux, moins d’étroitesse dans le jugement… On a ici toutefois l’impression d’un règlement de comptes… ou peut-être  est-ce simplement une autre manifestation du « nationalisme canadien » frileux, prompt à rabaisser son frère québécois pour se sentir un peu plus grand…

La fierté, quand elle est québécoise est « nationaliste », elle ne peut être nationale !! «it has come to manage the assets of 25 provincial, municipal and sectoral pension and insurance funds, making it a global financial force and source of nationalist pride.»

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budget fédéral : les sources

Tout d’abord, le document lui-même : un document pdf de 374 pages déposé à la Chambre des communes par le Ministère des Finances. Le dossier de Radio-Canada sur la question. La page du journal Les Affaires, celle de La Presse, qui n’a pas vraiment de dossier…, et celui du Globe and Mail.

Quand au Devoir… il ne fait pas vraiment dans l’actualité d’heure en heure avec son site. Il peine à sortir son seize pages (douze ?) papier quotidiennement !

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prendre aux mots

Des outils d’analyse de contenu appliqués tout d’abord, sur le site du NYT, aux discours d’inauguration des présidents américains depuis 1789 ! On y trouve aussi une image de chacun de ces présidents…

Le second site est Capitol Words, qui veut prendre au mot les élus américains ! Ainsi on peut y voir que le mot health a été le plus souvent prononcé  depuis le 4 janvier dernier par les législateurs américains (land, puis public sont les suivants); que Dianne Feinstein a été la plus verbomotrice avec près de 30 000 mots au cours des 60 derniers jours…

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pouvait-on prévenir ? peut-on guérir ?

Dans Mother Jones, un article (Buying the Bull) sur la faute des journalistes qui n’ont pas su prévenir la crise actuelle… Mais il y a surement eu des dénonciateurs – annonciateurs de la fin de la bulle. Ils n’ont pas été écoutés, ni publiés parce que personne n’écoute les oiseaux de malheurs pendant les longues périodes de croissance : ce serait se priver, refuser de s’enrichir alors que tous sont plongés dans l’auge du moment. S’enrichir pendant quelques années en participant à cette gabegie de ressources, de moyens… au risque, avec la certitude que ça finira mais qu’on en aura au moins profité un temps !

Peut-on s’attendre à autre chose qu’une utilisation de la conjoncture pour avancer son programme conservateur sous couvert de « solution à la crise », de la part d’un leader aussi dogmatique et idéologique que Harper ? Réduction d’impôts et de taxes, distribution de $ à la classe moyenne mais surtout, surtout pas de soutien systématique aux victimes des déséquilibres et inéquités engendrées par le capitalisme : ce serait enfreindre la religion conservatrice qui dit qu’il faut laisser les faibles être mangés par les forts. Le problème c’est que ce sont les forts qu’on aide, actuellement !!

Je crois qu’il faut absolument garder ouverte et vive la possibilité d’un gouvernement de coalition… Non pas un gouvernement de coalition mais un gouvernement de solutions.

Articles à lire : Doug Saunders,du G&M, Crashonomics: the secret formula; Mother Jones, Stimulus is for Suckers.

Voir aussi une page que j’ai commencée sur le thème : Savoir réducteur et conscience holiste. «Ni Dieu, ni maitre. Juste un jardinier. Le développement scientifique et économique a été à ce point étroit de perspective et de courte vue que nous avons agi comme si on pouvait changer de planète, une fois celle-ci usée.»

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crise

J’ai eu le plaisir de constater que Jean Trudeau, animateur du carnet Bloguevision, citait un billet de Gilles en vrac pour illustrer son propos :  Comment la crise me touche personnellement. Plaisir et honneur que de côtoyer ainsi les plumes de Pollard et de Foglia, auteurs que j’estime beaucoup. Le premier faisant un tableau de ce qui peut advenir dans la prochaine période, et de ce que chacun pourrait faire. Alors que Foglia fait une belle réflexion sur la mort. Qui de manière surprenante prend un sens encore plus profond dans le contexte actuel. En effet inclure cette dimension de la finitude dans notre recherche de solutions… ça donne un peu de poids, de texture aux idées.

Incidemment, plusieurs textes de David Pollard sont à donner froid dans le dos, en termes de perspectives collectives.

Comme le souligne Jean, je constate aussi que les commentaires n’ont pas été nombreux dans les blogues et carnets sur la crise, les enjeux… Comme si la gravité de la situation avait empêché les gens de se prononcer rapidement… et peut-être aussi le contexte des célébrations de fin d’année, où on ne se presse pas d’aborder les questions sans réponse, les situations sans issue… ou que l’on craint telles.

Parmi les pistes de solution avancées, autres que celles qui consistent à « sauver les banques » (ou les canards boiteux), certains européens de gauche font la promotion du retour du protectionnisme… Une entrevue avec Emmanuel Todd, en deux parties (MP3). Partie 1. Partie 2.  Je ne suis pas certain de suivre cette piste du protectionnisme. Même si le libéralisme (voir la dernière partie du billet de Jean Trudeau) a effectivement été l’étendard sous lequel l’accélération et l’approfondissement des conditions de la crise actuelle se sont produits, quelle serait la situation, en particulier dans les pays en développement, si le protectionnisme avait continué de prévaloir ? Seraient-ils encore simplement fournisseurs de matières premières ? Le mur de Berlin serait-il tombé, s’il n’y avait pas eu la pression du libéralisme et des échanges ? On ne refait pas l’histoire, heureusement. Aussi le protectionnisme dont on parle aujourd’hui pourra peut-être être encadré, planifié de sorte à mieux servir des intérêts sociaux et non seulement préserver des corporatismes rétrogrades.

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au plus fort la poche

Tous ces débats, fort distrayants par ailleurs, sur les gouvernements minoritaires, coalitions et accusations de coup d’État… mettent en lumière à quel point notre culture démocratique est essentiellement basée sur le « respect du plus fort » et non, contrairement à ce qu’on prétend, sur le respect de la majorité.

Peut-être parce que la « majorité » lorsqu’elle peut se composer d’un assemblage de groupes minoritaires exige une culture de la délibération et du respect des différences plus avancée que ce que nous enseignent nos institutions traditionnelles.

La réaction viscérale des conservateurs (compréhensible, venant d’un gouvernement minoritaire), de certains libéraux et commentateurs ressortant du placard tous les épouvantails disponibles… donne à penser que nous sommes encore loin d’une véritable représentation démocratique des électeurs. Le type de démocratie pratiquée encore ici est celle qui se pratique largement dans la nature : le plus gros mâle emporte toutes les femelles. Parce que les combats se font un contre un… et que les opposants sont incapables de se concerter, la position dominante est laissée aux gros bras.

On pourrait croire que sapiens sapiens a dépassé ce stade pour atteindre une sagesse democraticus ?

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