regard canadien sur le vieillissement

Parmi les documents recensés dans le dernier SantéPop : Les soins de santé au Canada 2011 : regard sur les personnes âgées et le vieillissement, et Mapping the Gaps: Ideas for Using GIS to Enhance Local Health Department Priority Setting and Program Planning (version PDF - 4,4Mo).

Le premier document (je reviendrai sur le second document dans un prochain billet) ne risque pas de changer grand chose : à répéter qu’il faut améliorer le continuum de services, développer la prévention et utiliser les nouvelles technologies… on ne surprendra personne. Mais avec la quatrième et dernière stratégie suggérée, curieusement passée sous silence dans la présentation de SantéPop, « recueillir des renseignements de meilleure qualité pour soutenir la prise de décision », on pourrait soulever un peu plus de poussière… Parmi les (innombrables) informations faisant défaut pour soutenir la prise de décision : la population, stratifiée par âge, dans les résidences d’hébergement avec services – corrélée avec les services rendus ou accessibles. Nous n’avons actuellement aucune mesure de recension véritable des personnes de 75 ans et plus dans leurs milieux de vie, alors pour avoir une idée de leurs besoins… on repassera. Il semble que la seule approximation que nous ayons soit de moins en moins fiable : la dernière livraison de Info-hébergement refuse de faire une évaluation par groupes d’âge des personnes hébergées dans les résidences pour personnes âgées avec services (comme on l’avait fait dans les éditions précédentes) à cause de la piètre qualité des données disponibles. Et le projet de loi 16, portant sur les principes et règles de l’accréditation de ces mêmes RPAS ne semble pas sur le point d’améliorer la situation : si j’ai bien compris les débats de la commission parlementaire sur ce projet de loi, on s’apprêterait à augmenter les critères pour reconnaître les résidences – celles-ci devraient dorénavant offrir deux services ou plus avant d’être dans l’obligation de demander une accréditation. Ce qui aurait, paradoxalement, pour effet de réduire ou d’éliminer tout critère pour les résidences pour personnes âgées n’offrant qu’un service. On voit déjà les manigances de certains pour externaliser tous les services – se glissant ainsi sous le radar de surveillance de la santé de nos ainés dont nous avons un urgent besoin.

Les questions soulevées par ce Regard sur les personnes âgées vont quand même au delà des lieux communs déjà cités. On y dégonfle quelque peu le mythe du poids insupportable du vieillissement sur le système de santé.

Durant la dernière décennie, le vieillissement de la population n’a joué qu’un rôle modéré dans la hausse des dépenses de santé du secteur public, représentant chaque année une hausse de moins de 1 % de ces dépenses. Lire la suite

crédit d’impôt remboursable maintien à domicile

Le crédit d’impôt remboursable pour maintien à domicile d’une personne âgée est une mesure fiscale du gouvernement québécois visant les personnes de 70 ans et plus habitant une résidence avec service ou encore habitant un domicile ordinaire. Le coût de cette mesure est passé depuis 2005, de 91$M à 236$M en 2010 (249$M prévus en 2011). Voir le document Dépenses fiscales 2010, page 59.

J’étais curieux de voir la répartition géographique de l’utilisation de ce crédit d’impôt. De fait j’aurais aimé avoir une ventilation par territoire de CSSS… Pour le moment j’ai obtenu, pour l’année 2010, assez rapidement de la part du ministère des finances, une répartition par région administrative. Un total de 212 945 personnes de 70 ans et plus ont obtenu près de 245$M en crédits d’impôts pour le maintien à domicile pour personnes âgées. Je n’ai pu avoir le détail du type de résidences où logeaient ces personnes, seulement pour celles qui demandaient un remboursement anticipé mensuel, soit la moitié des personnes subventionnées. Pour ce groupe, soient quelques 106 000 contribuables, 91 % d’entre eux vivaient en résidences avec services.

La moyenne de remboursement, à l’échelle du Québec, était en 2010 de 1149 $ par personnes. À Montréal elle était de 1008$. Le dernier rapport détaillé Statistiques fiscales des particuliers disponible pour l’année d’imposition 2008 nous permet de voir l’utilisation de ce crédit d’impôt par MRC, régions administratives, mais aussi par circonscriptions électorales provinciales (ce qui est encore mieux que par CSSS !).

Ainsi, la moyenne des crédits d’impôt pour le maintien à domicile d’une personne âgée en 2008 était de 1137$ au Québec, 1044$ à Montréal, mais de 763 $ dans la circonscription de Rosemont, 825$ dans Hochelaga-Maisonneuve, 922$ dans Bourget, 854$ dans Anjou. Si on se déplace vers d’autres quartiers, mieux nantis, la moyenne de remboursement était de 1179$ dans Saint-Laurent, 1236$ dans D’Arcy-McGee et 1721$ dans Westmount-St-Louis.

Ce qui n’est pas surprenant considérant que le taux remboursement est unique, c’est à dire fixé à 30 % des dépenses admissibles. Ainsi faut-il que la personne débourse 70 % du coût du service pour obtenir un remboursement. Pourquoi n’y a-t-il pas une échelle progressive, comme c’est le cas du crédit d’impôt pour la garde d’enfants (qui représente 274$M par an) ?

données de l’OCDE sur les familles

Un ensemble d’indicateurs à propos des familles (La base de données de l’OCDE sur la famille) sont disponibles pour les pays de l’OCDE. Les thèmes abordés – pour chaque section de nombreux indicateurs sont fournis, en format PDF et tableur Excel :

1. Composition des familles

  • Familles et enfants
  • Indicateurs relatifs à la fécondité
  • Etat matrimonial et union consensuelle

2. Situation des familles du point de vue du marché du travail

  • Familles, enfants et situation au regard de l’emploi
  • Temps de travail et temps consacré aux tâches familiales

3. Politiques des pouvoirs publics concernant les familles et les enfants

  • Aide générale aux familles ayant des enfants par le biais du système d’imposition/de prestations
  • Congés liés aux enfants
  • Services institutionnalisés de garde et d’éducation des très jeunes enfants
  • Typologie des prestations pour garde des enfants et montant net des frais supportés par les parents selon le type de famille et le niveau de revenu

4. Situation des enfants

  • Santé des enfants
  • Pauvreté chez les enfants
  • Education/maîtrise des savoirs fondamentaux
  • Participation à la vie sociale

La base de données de l’OCDE sur la famille

politiques et politique

Vaillancourt fait une intéressante synthèse de l’évolution des politiques sociales au Québec, (Le modèle québécois de politique sociale, hier et aujourd’hui) dans le contexte de l’évolution canadienne. Parcours rapide qui ne met pas assez en évidence, il me semble, les contextes politiques (gouvernements minoritaires, préparation du premier référendum, suite du second…) qui ont pu marquer les choix et décisions de l’époque.

retraites, immigration et travail

Plus d’un million de Québécois prendront leur retraite d’ici 2017. La moitié d’entre eux auront quitté leur emploi dans moins de trois ans. En 2009 seulement, le gouvernement prévoit environ 100 000 départs. La plupart des travailleurs partiront à 58 ans dans le secteur public, et à 61 ans dans le secteur privé. [lesaffaires.com - oct. 2009]

Avec 49 489 immigrants au total en 2009, (statistiques récentes) les jeunes qui arrivent sur le marché du travail pourront-ils combler la différence ? Certaines études affirment que non.

L’arrivée des jeunes sera insuffisante pour remplacer cette génération. D’après les projections de Statistique Canada, la population âgée de 15 à 64 ans amorcera une baisse { au Québec} dès 2013, tandis qu’elle continuera de croître au Canada et en Ontario. [Point de vue économique, Desjardins - 13 août 2008 - pdf]

Avec des taux de chômage à la baisse (p. 4 du document cité), il y aura un effet de rétention sur les travailleurs plus âgés et d’attraction pour les plus jeunes… Lire la suite

mesures de pauvreté

Je n’avais pas vu passer cet Avis du Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion, paru en 2009. Intitulé Prendre la mesure de la pauvreté, Proposition d’indicateurs de pauvreté, d’inégalités et d’exclusion sociale afin de mesurer les progrès réalisés au Québec (pdf 71 pages), on y retrouve définition et analyse des avantages et limites des différentes mesures utilisées pour quantifier la pauvreté : seuil de faible revenu, mesure de faible revenu, mesure du panier de consommation; pour mesure les inégalités : coefficient Gini, ratio interquintiles; ou encore l’identification des déterminants de la pauvreté : territoire, éducation-littératie, santé, travail, logement, justice et sécurité…

Un outil à potasser pour tous ceux qui veulent creuser la question de la pauvreté.

Qu’est-ce que le CEPE ? C’est dans l’esprit de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion socialeDirige vers un site externe. que le CEPE a été mis en place au printemps 2005 et rattaché au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). Il est dirigé en collaboration avec un comité de direction composé de personnes en provenance des milieux gouvernemental, universitaire et de la recherche ainsi que de personnes oeuvrant auprès des personnes en situation de pauvreté ou d’exclusion sociale. Il a pour fonctions de recueillir, d’intégrer, de compiler, d’analyser et de diffuser des renseignements, notamment de nature statistique, sur la pauvreté et l’exclusion sociale. Parmi les 11 membres du comité de direction, on compte Paul Bernard et Alain Noël, du côté universitaire, Ginette Paquet, de l’ISQ, Vivian Labrie qui a longtemps représenté le Collectif pour un Québec sans pauvreté…

mixité sociale

Bernard G. parle de La disparition de la mixité sociale tout en citant ce texte assez élaboré, Pour une approche critique de la mixité sociale, sur les conséquences (surtout négatives) de la dite mixité.

Ce texte de Éric Charmes a le mérite de pointer vers plusieurs recherches récentes sur la question, même si la réalité des politiques de mixités peut être fort différente d’un pays à l’autre, d’un gouvernement à l’autre. Pour certains, la mixité a signifié essentiellement une déségrégation, imposée : les quartiers ou écoles obligés d’accueillir un pourcentage de « défavorisés ». Avec pour conséquences : « les élèves de milieu défavorisé ressentent d’autant plus négativement leur situation sociale que leur lycée est favorisé ». En matière d’intervention sur l’habitation, l’auteur cite des politiques de dispersion des populations pauvres, imposant des déplacements aux plus démunis, qui ont pour effets de briser les solidarités et les liens établis…

Lorsque la mixité sociale n’impose pas ce fardeau aux « pauvres » mais plutôt introduit dans des quartiers-ghetto (ou à risque de le devenir) des populations nouvelles… et que cette introduction peut se faire à la faveur de la conversion d’espaces industriels vétustes en espaces d’habitations… je crois qu’il est possible de parler de mixité sociale avec moins d’impacts négatifs. J’ai naturellement en tête l’exemple du quartier Hochelaga-Maisonneuve, qui a connu au cours des dernières années un tel type de développement. Contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres quartiers (ex: le Plateau), les nouvelles populations plus aisées n’ont pas pris la place de la population traditionnelle mais elles se sont plutôt installées dans les nouveaux ensembles créés sur les anciens terrains industriels ou dans les édifices convertis. Ce serait intéressant de faire une recherche sur cette évolution récente. Une recherche-action qui pourrait peut-être faciliter, renforcer les aspects positifs de cette mixité tout en amenuisant les irritants, toujours présents.

Mais comme le souligne avec raison l’article de Éric Charmes, la mixité par elle-même ne remplace pas l’obligation de faire les investissements nécessaires, notamment en éducation ou dans les équipements collectifs, pour compenser les pertes et déficits grevant l’avenir des enfants de ces « quartiers difficiles ».

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Vaut-il mieux des politiques d’amélioration des places ou des moyens d’augmenter ses chances d’en sortir ? C’est la question que pose François Dubet dans Les places et les chances .

évaluation et solidarité

Fenêtre sur la recherche et l’évaluation, un bulletin d’information semestriel portant sur les études, recherches et évaluations effectuées ou financées par la Direction générale des politiques du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Parmi les sujets abordés, notons : incitation au retour au travail pour les prestataires d’aide de dernier recours, la formation des adultes, les contraintes à l’emploi, l’intégration au travail des immigrants, des personnes handicapées,

Table des matières (partie)

Articles

Idées et faits porteurs d’avenir

Retour en force des travailleurs âgés sur le marché du travail

Au-delà des chiffres
Évolution de la clientèle prestataire de l’assistance-emploi

P.S. Ces liens conduisent à un numéro assez ancien de la revue en question (2005). Ici pour la dernière livraison. Ici pour la page avec l’ensemble des articles, par ordre alphabétique de sujets.

nouvelle économie ?

Mise en place en 1986, pour opposer au discours dominant lors des Sommets économiques, les leaders de cette fondation voulaient proposer un « new model of wealth creation, based on equality, diversity and economic stability ». Des idées et des outils, des faits et des études… cette new economics foundation a produit de nombreux rapports sur le vrai coût des prisons (Punishing Costspdf), la véritable valeur du travail (A Bit Richpdf), proposant un meilleur système bancaire (Better Bankingpdf) ou encore une nouvelle politique sociale (Transforming Welfarepdf). Ces rapports sont accessibles en format PDF.

Un index pour une planète heureuse  (Happy Planet Index) – ou Comment une bonne vie n’a pas à coûter la terre (Why good lives don’t have to cost the Earth) a aussi été développé avec son rapport (4,8 Mo en PDF) et même un fichier Excel des données utilisées dans son rapport. [référence de Oikos Blogue]