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Internet et santé : deux jours aux JASP

La première journée commençait par une présentation dynamique et informée de Christine Thoër, professeur au département de communication sociale et publique à l’UQAM et chercheur au GRMS (Groupe de recherche Médias et santé), groupe qui vient incidemment de publier un bouquin (disponible in extenso en ligne) : Les médias et la santé, de l’émergence à l’appropriation des normes sociales. L’ASPQ et le GRMS, principaux organisateurs de ces deux journées thématiques, ont publié un numéro spécial de la revue française Santé publique, reprenant les principales conférences de ce colloque. Malheureusement, il semble y avoir un petit problème technique avec la présentation de ce numéro « hors-série ».

Et puis, quand ce problème technique sera réglé… vous pourrez alors accéder aux articles… pour « seulement » 5 € chacun ! Ce n’est pas comme ça que j’avais d’abord interprété l’annonce sur la page d’accueil de la revue : «Les articles peuvent y être téléchargés en texte intégral».

Je ne tenterai pas ici de résumer des présentations qui seront d’ici peu disponibles sous forme de vidéos sur le site (des JASP ou du GRMS ?), j’insisterai plutôt sur les enjeux qui, selon ma lunette d’intervenant du réseau de première ligne, ont été mis en lumière.

Tout d’abord, les questions de santé intéressent les internautes. Avec leurs millions de visiteurs par mois, des sites comme passeportsanté et doctissimo sont là pour le prouver.

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conférence du Dr Mustard

En primeur… la conférence (ou plutôt le PowerPoint) présentée ce matin aux JASP. Stimulant, intelligent…

Ici.

Un auteur cité à plusieurs reprises par le Dr Mustard, Sara Blaffer Hrdy, dont le dernier livre s’intitule Mothers and others. On peut lire en accès libre un PDF de 54 pages : The Past, Present, and Future of the Human Family, une conférence donnée à l’Université du Utah. Incidemment on retrouve sur ce site du Tanner Humanities Center des dizaines de conférences d’auteurs réputés, de Robertson Davies à Foucault, en passant par Dennett et Dawkins, Habermas, Prigogine, Rawls…

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H1N1 : le rôle de l’OMS

Ce court article dans le Globe and Mail d’aujourd’hui mérite d’être lu. Comment l’OMS a exagéré (overshot) à propos du H1N1. Exagération dans la définition de la pandémie; dans la couverture nécessaire; dans la poursuite du plan, sans égard aux données réelles qui contredisaient les prévisions.

Sans vouloir tout mettre sur le dos de l’OMS (et de la santé publique locale) il sera important de tirer les vrais leçons pour s’assurer  de conserver le maximum de gains de l’opération… qui a coûté assez cher, merci.

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vaccination H1N1 : éléments de bilan

Intéressant que ce document français : la circulaire du Ministère de l’Intérieur du 21 août 2009 (pdf 19 pages), qui donnait le mandat aux Préfets de préparer et diriger la campagne. L’échec de cette campagne est vu par certains comme un (autre) échec de la gouvernance des préfets, dans une société de plus en plus composée d’agents libres plutôt que de petits soldats.

Au Québec, en date du 7 janvier, 57,1% de la population était vaccinée. Ce taux atteint 80% dans le nord (Baie James et Nunavik) et plus de 70% en Gasépsie, au Saguenay, sur la Côte-Nord. Montréal et l’Outaouais affichent les plus bas taux, avec 50 et 48% de couverture vaccinale. La Capitale nationale : 61%.

Au Canada ?… Très difficile de trouver des données… Beaucoup sur les cas d’hospitalisation… peu sur les taux de vaccination

En Atlantique, près des deux tiers de la population ont été vaccinés et au Québec, plus de la moitié de la population a reçu le vaccin.

Par contre, en Ontario et dans l’Ouest canadien, moins du tiers de la population est immunisée. (Radio-Canada, 24 décembre)

À l’échelle internationale…

Suède serait la grande championne de la vaccination avec 61 % de sa population qui avait été vaccinée la veille de Noël

l’Allemagne n’a vacciné que 5 % de sa population, la France à peine 8 % et le Royaume-Uni, seulement 6 % (Le Soleil, 24 déc.)

Pourquoi tant de Canadiens, comparativement aux Français ? Ici un commentaire, sur ce blogue français consacré à la pandémie.

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vaccins à vendre – avec rabais sur crédibilité

Le Canada n’est pas le seul à avoir acheté trop de vaccins contre la grippe A (H1N1). La France en a 50 à 70 million de doses en trop qu’ils tentent actuellement de revendre. Écouter le commentaire du professeur Debré (2,01″).  « On a tenu le pays en haleine pendant quelques mois, mais après on a la note »

À combien évalue-t-on cette note (pour la France) ? 1,5 à 2 G€ (milliards d’euros). C’est plus que tous les déficits des hôpitaux (français).

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Tamiflu et l'accès aux données de recherche

Complications: tracking down the data on oseltamivir. Cet article (en accès libre) de la revue British Medical Journal raconte dans le détail les difficultés à obtenir des réponses de la part de la pharmaceutique Roche, à propos d’un ensemble de recherches supposées confirmer la pertinence et l’efficacité du Tamiflu (oseltamivir, de son nom générique) pour diminuer les complications de l’influenza. Chose inhabituelle, même l’éditorial est en accès libre, dans ce numéro. Il appelle à rendre les données publiques : Why don’t we have all the evidence on oseltamivir? The full data from drug trials must be available for scrutiny by the scientific community.

Although billions have been spent on oseltamivir in the face of pandemic influenza, the team updating the Cochrane review of neuraminidase inhibitors in healthy adults found that the public evidence base for this global public health drug was fragmented and inconsistent.

L’article faisant état de l’évaluation systématique par méta-analyse est lui aussi en accès libre : Neuraminidase inhibitors for preventing and treating influenza in healthy adults: systematic review and meta-analysis. Ces articles sont parus dans le numéro du 12 décembre du BMJ.

La démarche menée par les chercheurs et journalistes du BMJ (et aussi d’un canal de télévision britannique) ont amené la publication (partielle) des résultats de la part de Roche : http://roche-trials.com/

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moins de nostalgie et plus de faits, SVP

Il y a quelques mois, je rencontrais un ex-directeur général de CLSC (il l’avait été dans l’Outaouais et à Montréal) et sa réaction immédiate sur les CLSC d’aujourd’hui a été de dire : «Il faut retourner au travail dans la communauté. Je suis atterré de voir comment on a perdu de vue cette orientation ». Réaction similaire, quoique sur un autre registre, du président du RQIIAC : « bien des choses ont changé depuis 20 ans, mais une chose ne doit pas changer : le cap sur une vision politique du changement social ». Bref, il y a un sentiment assez répandu qu’on étouffe et qu’il faut revenir aux motivations initiales de l’organisation communautaire en les inscrivant certes dans le nouveau contexte bien sûr mais aussi en évitant de simplement s’adapter à celui-ci. (extrait)

« En santé et services sociaux, l’omniprésence de la santé publique et de sa conception technocratique des choses fait des ravages« . Louis Favreau n’y va pas de main morte ! Qualifiant l’avenir de l’organisation communautaire en CLSC d’incertain. De la part de quelqu’un qui a autant d’expérience, on aurait aimé un peu moins de « j’ai rencontré un directeur » ou « lors d’une réunion, untel disait » et un retour un peu plus systématique. Notamment, parmi les textes publiés par l’observatoire de l’Outaouais, un des rares documents à avoir porté un regard systématique sur la relation entre l’organisation communautaire et la santé publique, ne permet pas de conclure de manière aussi simpliste. «[L]a recherche a le grand mérite de nous faire voir comment se vit de manière concrète le travail en organisation communautaire sur certains dossiers majeurs de santé publique». (Pratiques d’OC et santé publique, René Lachapelle) Les conclusions de la démarche de René (soutenue par le RQIIAC) ne tracent pas un portrait aussi noir, mais ouvre plutôt sur des conditions de collaboration et de partage à explorer.

Comment contrer l’hospitalo-centrisme de notre système si la première chose qu’on s’empresse de faire est de tirer dans le dos des alliés que sont les gens de la santé publique dans ce réseau ?

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suivez la grippe à la trace…

Je ne l’avais pas vue passer cette nouvelle ! Faut croire qu’entre les journées de vaccination massive au Stade olympique et les travaux de l’observatoire qui se poursuivent… on est parfois tenté de prendre congé de la grippe !

C’est le carnet Internet et Santé qui m’a mis au parfum. Je constate que les promoteurs de ce site, rattaché à l’UQAM, ont aussi une page Facebook, avec plus de 150 adeptes !

Pour sa part l’initiative GrippeMontréal.qc.ca a mobilisé à ce jour 909 participants. Allez-y, inscrivez-vous ! Pour une fois que le réseau tente une utilisation des TIC dans son action de promotion-prévention, encourageons-le !

Comme je le disais : il ne reste plus qu’à avoir accès à Facebook de l’intérieur du réseau, maintenant !

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littératie et santé

littératie-santéMontréalDes cartes des provinces et régions socio-sanitaires du Canada avec données fines sur les niveaux de littératie en santé. Ci-contre la carte de Montréal. Ici la carte de Toronto.

La pauvreté est ici couplée d’une dimension culturelle, d’un problème d’accès à l’information… c’est le sens de littératie. De ce point de vue, des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve sont pauvres mais en matière de littératie et santé ils le sont moins que les quartiers St-Michel et St-Léonard.

Une référence (le graphique du mois) du dernier numéro (#69) de PolitiquesSociales.net

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si on le sait, pourquoi on le fait pas ?

The Secret to Good Health – Listen to the Data | Brain Blogger: « A recent study proved what we all already know… that healthy living really does improve long-term health. A lot. The US-based study found that not smoking, maintaining a healthy weight (BMI <30), exercising regularly (3.5 hours/week) and eating a balanced diet (high in fruits, vegetables, and whole grains, low in meat) reduced the risk of developing chronic disease by nearly 80% over the course of the study. 80%! Just imagined if a new drug promised an 80% reduction in chronic diseases — it would be a wonder drug! People would be beating a path to their primary care providers, demanding a prescription. Shareholders in the manufacturers would never have to work again! » (Via Brain Blogger.)

Ce commentaire sur une étude allemande publiée dans la revue Archives of Internal Medecine vient renforcer ce qu’on sait : les bonnes habitudes de vie sont payantes. Mais pourquoi est-ce si difficile de mettre en pratique de telles habitudes ? Oui, les fruits coûtent plus cher que la « junk »… la télé est plus attirante (ou facile) que la marche… ou encore le déplacement en automobile est parfois obligatoire, selon l’endroit où l’on vit et celui où l’on travaille…

Mais il y a aussi, je crois, une dimension sous-jacente : pour vivre plus longtemps il faut apprécier la vie… au point d’en vouloir plus ! Combien de fois ai-je entendu un fumeur dire en allumant une cigarette « Un autre clou de cercueil ». Une blague, avec un fond de sérieux…

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processus délibératifs et politiques publiques

Autrement dit, la consultation mais aussi la multisectorialité… Un tout nouveau site sur les politiques publiques et les processus délibératifs, développé conjointement par le Centre de collaboration national Politiques publiques et santé et l’INSPQ. L’animation « la ligne du temps du tabagisme » vaut la peine d’être explorée…

Aussi à remarquer : un répertoire de ressources sur les processus délibératifs.

Une référence du bulletin Politiques publiques et santé de l’INSPQ.

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vaccination des travailleurs de la santé

Un article du British Medical Journal.

When the WHO pandemic alert was phase 3, indicating limited human-to-human transmission, less than one-third (28.4%) of workers were willing to receive a vaccine. At phase 5 alert level, an indicator that a global pandemic is imminent, less than half (47.9%) were still willing to do so.

Tant qu’il n’y aura pas de consensus fort sur l’innocuité et l’efficacité de ces vaccins (contre le H1N1), il sera difficile de presser les employés… ce qui aura un impact à la fois sur l’acceptation par la population du vaccin mais aussi sur la propagation, par les employés du secteur de la santé, du virus lui-même !

Vois aussi Brain blogger

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services de garde et milieux défavorisés

Dans le travail de préparation de certains projets d’intervention auprès des familles avec jeunes enfants, on s’est (re)posé la question : Sur quoi repose notre sentiment, notre affirmation que les enfants de  milieux défavorisés fréquentent moins les services de garde que les autres ? On avait lu ça quelque part, en plus de l’avoir constaté (notamment le nombre moindre de CPE dans les territoires plus pauvres).

Dans le rapport régional de l’Enquête sur la maturité scolaire des enfants montréalais, en page 107 :

« Parmi les familles interrogées dans une enquête réalisée en 2006[1], 88 % des familles utilisatrices de ces services étaient biparentales, et près de la moitié des familles avaient un revenu familial annuel de 60 000 $ ou plus. Ces données laissent entrevoir une faible représentation des familles à faible revenu dans les services de garde.

Les statistiques vont en effet dans ce sens. Dans son bilan 2003-2006, le gouvernement estime à 11 500 le nombre d’enfants issus de familles prestataires de l’assistance-emploi accueillis dans les services de garde au Québec. Or, en 2005, le gouvernement estimait à 45 149 le nombre d’enfants de 0 à 5 ans issus de ces familles à l’échelle du Québec. »

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îlots de chaleur urbains

ilots-sherbrookeLe MSSS et l’INSPQ lançaient le 31 août dernier un appel de projets visant à lutter contre les îlots de chaleur urbains.

Un budget de 6,5M$ pour des projets de 500K$ minimum, admissibles à une subvention à hauteur de 50%. En plus d’avoir fait une revue de littérature sur les interventions possibles et pertinentes dans le domaine, un outil cartographique est mis à disposition pour identifier les ilots de chaleur urbains au Québec, mais aussi un outil permettant de cartographier les variations de l’indice de défavorisation (variation provinciale), la densité de la populregionMTLchaleursation (ces deux données tirées du recensement de 2006) et l’emplacement des piscines publiques.

Cool !

L’image ci-haut est celle des îlots de chaleur dans la ville de Sherbrooke. Ci-contre, c’est la région de Montréal.

Je suis sidéré de voir la situation dans les régions de Repentigny et Terrebonne !

<Ajout – 7 octobre > Un commentaire (par courriel) de la part de Christian Paquin, CSSS de la Montagne :

Bonne observation pour Terrebonne et Repentigny.

Je viens de trouver ce document qui vient contredire un peu beaucoup la carte de l’INSPQ. Il faudrait voir les différentes méthodes. Si vous allez à http://www.cmm.qc.ca/biotopes/ et cliquez sur Études et après sur Annexe volet 2 à Annexe 2 II.III Autres secteurs cartographiés de la CMM et finalement sur Repentigny on constate que Repentigny n’a pas beaucoup d’îlots de chaleurs !!!

En fait : http://www.cmm.qc.ca/biotopes/docs/volets2_annexes/volet2_47.pdf

À suivre.

</Ajout >

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Facebook et santé publique

pasautorise

Il était prévisible que les outils de communication sociale et de réseautage (Twitter, Facebook, Myspace et autres blogues et RSS) soient aussi mis en oeuvre dans le cadre des campagnes de promotion et prévention ou encore dans les opérations de mobilisation (style H1N1). Voir article de l’American Public Health Association.

Avant que ces avancées soient applicables au Québec, il faudra peut-être que les politiques de restriction de l’accès Web dans le réseau de la santé arrivent au 21e siècle ! Les sites de Facebook et Twitter (de même que les services de courrier hotmail, yahoomail et gmail) sont bloqués par le service technique local alors que l’accès à Myspace l’est par le technocentre national.non accessible

Bienvenue dans le merveilleux monde des technologies des communications !

Heureusement, la formation du personnel dans le contexte de mobilisation contre la grippe A (H1N1) a amené le réseau à reconnaître que certains utilitaires de rendu dynamique (ex: Flashplayer) n’étaient pas utiles que pour « jouer » mais bien aussi pour communiquer… Nous avons eu droit à une mise à jour des navigateurs web à ce niveau !

Pour voir l’utilisation des medias sociaux par le CDC (Center for Desease Control) américain.

Sur le site Pandémie Québec, l’outil pratique le plus proche d’un « widget » : aide à la décision.

Il serait probablement facile (?) d’en faire une version interactive qui deviendrait populaire sur les réseaux tels Facebooks.

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