déterminants sociaux – portrait canadien

Un document traçant le portrait canadien des déterminants sociaux de la santé The Canadian Facts, par Mikkonen et Raphael vient d’être traduit en français : Déterminants sociaux de la santé : réalités canadiennes. Soixante-trois pages de données, graphiques…Cliquer sur l’image pour télécharger le fichier PDF (8 Mo).

 

cadrer l’analyse

Bien cadrer l’analyse que font les acteurs d’une situation peut faciliter la collaboration vers des solutions. Un court texte (en français) portant sur l’intervention dans les quartiers centraux de Saskatoon. « Issu d’une série de publications liées au projet avec les organisations à but non lucratif, lequel projet s’intéresse notamment aux partenariats entre les organisations à but non lucratif et les acteurs de la santé publique, ce document suggère que la prise en compte des cadres utilisés par les différents acteurs peut contribuer à des partenariats fructueux sur les questions où les cadres sont partagés. » Une publication du Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé.

réseau local et organisation communautaire

Un bon mot pour les organisateurs communautaires de la part du Forum de la population de l’Agence de santé de Montréal :

Les échanges du Forum ont fait ressortir les problèmes de coordination à l’intérieur des réseaux locaux. En fait, les liens entre les différents acteurs des milieux communautaires et de santé sont souvent flous et parfois inexistants. Aussi, le directeur de santé publique de Montréal indique qu’il existe une réelle disparité entre les territoires.
Dans le contexte de la réalisation de la priorité de lutte contre les inégalités de santé, le rôle de l’organisateur communautaire, lorsqu’il bénéficie d’une certaine stabilité, a été fortement souligné. Il est perçu comme un important vecteur de continuité. Il favorise la concertation et permet de faire les liens et les coalitions nécessaires à la bonne coordination des différentes instances requises. [Recommandation au C.A. de l'Agence à propos du plan 2010-2015 de la DSP]

mères immigrantes et santé des bébés

J’ai travaillé depuis quelques semaines à produire un rapport à partir des 12 000 naissances du territoire [quelques corrections encore et validations et vous pourrez le voir]. J’y compare les taux de bébés de faible poids, de prématurité, de retard de développement intra-utérin… en fonction de la scolarité, de l’âge ou du statut d’immigrant des mères. Des différences importantes existent, donnant l’impression que les enfants nés de mères immigrantes sont en meilleure santé que les autres. Mais il est possible que cela soit dû au fait que les mères immigrantes soient arrivées depuis peu au pays. C’est une hypothèse seulement car l’information disponible dans les avis de naissance ne permet pas de savoir quand ces mères sont arrivées. Ce sont les résultats d’une recherche du Dr. Marcelo Urquia, à l’hôpital St Michael’s de Toronto, dont on parle aujourd’hui dans les médias qui m’y ont penser.

Time since migration modifies the neighborhood deprivation gradient in preterm birth among immigrants living in Ontario cities. Immigrants reached the level of inequalities in preterm birth observed at the neighborhood level among the Canadian-born after 14 years of stay, but neighborhoods did not influence preterm birth among more recent immigrants, for whom the maternal country of birth was more predictive of preterm birth.

Le même Dr Urquia avait publié en 2008 une recherche, rapport disponible sur Statistique Canada,  comparant les taux d’issues défavorables de la grossesse (la naissance avant terme, le faible poids à la naissance et l’enfant né à terme avec un faible poids de naissance) avec le niveau de faible revenu des quartiers de résidence des mères.

Les corrélations entre le poids des bébés et la scolarité des mères, ou le faible revenu sont connues et étaient attendues. L’impact de l’immigration semble différencié suivant l’origine ethnique… mais cela est peut-être lié plus au temps écoulé depuis l’arrivée au pays.

Une autre corrélation vient complexifier le portrait : celle avec l’âge de la mère. N’étant pas spécialiste en la matière, j’étais sous l’impression que les mères jeunes (moins de 20 ans) étaient la cible première des programmes de prévention (du genre SIPPE). Pourtant, le nombre de bébés de faible poids et prématurés est de beaucoup supérieur chez les mères de plus de 35 ans… Dans le cas des bébés de faible poids (moins de 2 500 grammes à la naissance), on parle de 26 naissances pour les mères de moins de 20 ans et de 191 pour celles de plus de 35 ans. Est-ce ma vision tronquée et extérieure au domaine ou si on n’accorde pas un peu trop d’importance aux mères très jeunes et pas assez aux plus âgées ?

de mesures et d’objectifs

Ce serait une erreur de juger « sans intérêt » des politiques, des programmes ou des mesures pour l’unique raison qu’aucune donnée publiée n’en a démontré la valeur, car plusieurs stratégies prometteuses n’ont pas encore été soumises à l’évaluation. Se restreindre à agir uniquement en se fondant sur des données probantes pourrait nous priver de moyens qui, éventuellement, se révéleraient efficaces. (L’activité physique, le sport et les jeunes – Savoir et agir, p. 60)

Que de sages paroles ! Ce que nous rappelle ce passage de l’avis du comité scientifique de Kino-Québec, c’est que l’intelligence et l’intuition misent en œuvre par les humains comporte parfois plus de « science » que les seules méthodes éprouvées et mesurées peuvent en fournir.

Ce qui me rappelle les questions que je soulevais récemment, relativement à l’accessibilité des parcs dans nos villes, en comparant des documents appuyés sur des mesures scientifiques et d’autres relevant de mesures politiques. À l’évidence les objectifs visés par l’un et l’autre documents sont différents : Lire la suite

réduction des inégalités de santé

Un document, une brique devrais-je dire, résultat d’un effort Franco-Québécois. Une cinquantaine d’auteurs, près de 400 pages qui se veulent utiles aux professionnels aux prises avec les inégalités de santé… Réduire les inégalités sociales en santé, publié par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (France) sous la direction de Louise Potvin, Marie-José Moquet et Catherine M. Jones.

J’y plonge et vous reviens…

Ajout : Une publication de l’OMS-Europe, sur le même sujet : Putting our own house in order: examples of health-system action on socially determined health inequalities

accessibilité des parcs

Je voulais revenir sur cette publication récente de la santé publique de Montréal à propos de l’accessibilité des parcs à Montréal. Je voulais comprendre d’où venait plus précisément cette « norme » de 800m de distance utilisée pour qualifier un parc d’accessible. J’ai retrouvé le texte duquel on a tiré cette « norme »: Neighborhood Road Environments and Physical Activity Among Yought : The CLAN Study. C’est étrange que le document de la santé publique de Montréal réfère à cette recherche en présentant la longueur choisie de 800 mètres ( La mesure de distance qui a été retenue est une mesure de distance euclidienne, c’est-à-dire une distance à vol d’oiseau représentant le trajet le plus court entre le parc comprenant des installations sportives et le lieu de résidence. Basée sur la littérature scientifique, la longueur choisie est de 800 mètres*[ici la note #29 vers le document de référence]). À noter qu’une distance de 800 mètres à vol d’oiseau signifie pratiquement toujours une distance plus longue lorsqu’on suit le quadrilatère des routes. Pourtant, l’étude de référence ne portait pas sur l’effet de la distance sur les pratiques d’activités, mais plutôt sur les obstacles et particularités rencontrées sur le chemin menant aux parcs (nombre de feux de circulation, dos d’âne… ce qu’ils nomment le « road environment »). En fait, et je cite le document ayant servi à justifier le 800m « [I]t is important to note that this study focused only on objective features of the road environment and did not examine other objective measures which may also influence MVPA and walking trips, such as the proximity of shops, parks, and recreational facilities » – page 541. Lire la suite

10 textes vedettes de l’EJPH

Les dix textes de l’European Journal of Public Health. publiés en 2010, qui ont été les plus téléchargés durant l’année. La revue y donne un accès libre ! Bravo !

Une référence du bulletin Politiques publiques en santé.

Ajout : pour ma convenance (et la vôtre) j’Ai réuni les 10 textes en question en un seul, que voici.

guide, cartes, planif

Le comité scientifique de Kino-Québec vient de publier son Avis : L’activité physique, le sport et les jeunes (pdf 112 pages — 12 Mo)

Sur un autre registre, celui de la défavorisation, l’équipe du SESAM de la santé publique de Montréal publiait il y a quelques jours une série de cartes sur l’évolution de la défavorisation par territoire de CSSS. Comparaison au niveau des aires de diffusion entre les recensements de 2001 et 2006, permettant de voir où sont les secteurs dont la situation s’est améliorée ou détériorée.

Et tant qu’à y être, ce plan stratégique de la STM, qui veut accroître de 40% son trafic au cours des 10 prochaines années…

Ambitieux, surtout considérant que ça a pris 60 ans pour revenir à l’achalandage de 1949 ! La présentation de Michel Labrecque, président de la STM vaut d’être regardée : 20 minutes.

Ambitieux, mais enthousiasmant, oui ! Et  Félicitations aux employés de la STM pour avoir remporté le prix de la meilleure entreprise de transport en commun d’Amérique du Nord en 2010 ! Lâchez-pas !

OMS et activité physique

L’Organisation mondiale de la santé publie aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, des Recommandations mondiales en matière d’activité physique pour la santé.

150 minutes par semaine, même par petites périodes de 10 minutes. Naturellement, mieux vaudrait plus… mais on est loin des recommandations exigeant des périodes d’intense activité hors desquelles il n’y avait point de salut !

Espace montréalais d’information sur la santé

Ce nouveau site, résultat d’une fusion du site du CMIS (Carrefour montréalais d’information sociosanitaire) et d’une partie du site de la Santé publique de Montréal donnera accès en un seul lieu aux informations sur la santé des montréalais et sur les services du réseau de santé et de servics sociaux de la région.

Une amélioration certaine dans la facilité de navigation par rapport aux deux autres sites.

Mais je m’y perds encore… Je devrai désapprendre la navigation de l’ancien site. Finalement, la petite colonne de gauche où l’on pouvait naviguer sur toutes les dimensions du site du CMIS… c’était pas mal ;-)

Et puis j’ai beaucoup de difficulté à gober ou plutôt à accepter que l’entête du site gobe presque la moitié de l’espace visuel utile… Une moitié perdue, une fois qu’on a apprécié le beau petit dessin, où les messieurs et madames se parlent en tartes et graphiques… J’ai bien tenté de soulever la question la première fois que j’ai vu l’esquisse… mais il semble que ce soit devenu la norme, dans le réseau. Je ne suis pas sûr que ceux qui conçoivent ou acceptent ces interfaces soient vraiment conscients de la manière dont ça se voit, sur un écran de 1024 par 768… ce qui se trouve encore assez souvent sur les PC du réseau, qui n’a jamais été à la fine pointe, en technologie. Mais je vais continuer d’explorer avant de critiquer plus avant !

activité physique : mauvaise et bonne nouvelles

L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, dans sa version 2007-2009, permettait de mesurer directement (avec un accéléromètre plutôt que par réponse à un questionnaire) la durée et l’intensité de l’activité physique réalisée. Les premiers résultats publiés dans le dernier Rapport sur la santé, remettent les pendules à l’heure, en terme d’activité physique réelle par rapport à celle qu’on déclarait lors des enquêtes par téléphone (ex. ESCC). Ainsi, quelle surprise, les canadiens semblent faire moins d’exercice qu’ils le disaient !

Le résultat de l’ECMS selon lequel 15 % des adultes respectent la recommandation de 150 minutes d’APMV par semaine diffère de façon marquée des données autodéclarées. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, plus de la moitié des adultes sont au moins « modérément actifs » durant leurs loisirs. (…) Les données d’accélérométrie de l’ECMS montrent que les Canadiens sont moins actifs que ne le laissent supposer les estimations autodéclarées. Compte tenu des nouvelles possibilités qu’offrent ces données, il faudra réexaminer les liens entre l’activité physique et la santé.

Ce qui semble être une mauvaise nouvelle — les canadiens font moins d’exercice qu’ils le prétendaient — pourrait en contenir une bonne : comme les normesétaient essentiellement basées sur des sources autodéclarées, il est probable que les exigences d’intensité et de fréquence pour avoir un impact sur la santé aient été, elles aussi, surestimées.

À l’heure actuelle, la quantité appropriée d’activité physique requise pour en ressentir des bienfaits sur le plan de la santé est fondée sur les données épidémiologiques d’enquêtes par autodéclaration. [source: Rapport sur la santé]

On arrive, enfin, à des exigences qui seront basées sur des faits plutôt que des vues de l’esprit (wishful thinking). Ça deviendra peut-être un peu plus facile de faire bouger le monde ! À noter que le même Rapport sur la santé compte aussi un article sur l’activité physique des enfants et des jeunes, avec des données tirées de la même ECMS.

revues de littérature et espaces verts

Je terminais avec difficulté la lecture des revues de littérature publiées récemment à propos de l‘efficacité des méthodes, la rétention des clientèles et la valeur des outils de mesure du développement des enfants dans le cadre de programmes tels SIPPE. Avec difficulté car la manière dont on additionne les résultats (deux recherches disent oui, et deux non, ça s’annule…), ça passe mal. Je n’arrivais pas à mettre des mots sur ce malaise quand celui-ci s’est accru, grandement, à la lecture de ce que j’appellerais « un exercice de géomatique » réalisé à partir d’une autre revue de littérature, celle-ci portant sur les indicateurs géographiques de l’environnement bâti et de l’environnement des services influant sur l’activité physique, l’alimentation et le poids corporel. J’avais lu avec intérêt cette dernière revue, et j’en ai même parlé ici, en avril dernier. Mais je ne m’attendais pas qu’on utilise de cette manière les paramètres de certaines études recensées pour établir que l’accessibilité des parcs était comblée à 99 ou 100% dans les 8 arrondissements de Montréal examinés. L’accessibilité aux parcs et aux installations sportives pour les familles montréalaises arrivait à cette conclusion après avoir mesuré la distance entre les aires de diffusion et les parcs, en utilisant la norme de 800m de distance, tirée de certaines enquêtes recensées dans le document sur les indicateurs. Comme je venais justement de consulter, pour comparer la superficie des parcs dans les quartiers de notre arrondissement, le plan d’aménagement urbain de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, j’avais sous les yeux une carte (page 15) réalisée par la Ville au moment de la rédaction du Plan (2004) où l’on traçait un cercle de rayon de 300 mètres autour de chaque parc, pour conclure que plusieurs endroits dans l’arrondissement n’avaient pas une accessibilité optimale et qu’il faudrait y travailler.

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà promené avec deux jeunes enfants, Lire la suite

ITSS

Bizarre… le Rapport ITSS dont on a parlé dans les journaux cette semaine… je le cherche sur le Web et le trouve… où ? Sur le site du Devoir !

Merci au Devoir, mais c’est à cause de l’imprécision de l’article dans ce journal que j’ai senti le besoin d’aller à la source : on y écrit, page A5 de l’édition de ce vendredi « 15 % des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont porteurs du VIH, 13  % sans le savoir ». Est-ce 13 % du 15 % ou 13 % des hommes ? En consultant le document original, j’apprends que  « 15 % des HARSAH sont infectés par le VIH et 13 % d’entre eux ne le savent pas ». Bon, une fois qu’on a avalé le HARSAH… au moins le 13 % d’entre eux, c’est clair. Pourquoi a-t-on cru bon de faire sauter cette précision dans l’encadré du Devoir ? Parce que selon les règles journalistiques ce serait « évident » ? Incidemment, je ne sais pas si c’est le document final qui a été déposé sur le site du Devoir, mais la mise en forme du document PDF est particulièrement douteuse : pas de marge à gauche, les bas de pages invisibles (donc pas de nos de pages)…

Par acquis de conscience, je vais voir sur le site de la santé publique et qu’y vois-je ? Le document sur les ITSS — qui se trouve être le rapport annuel 2010 de la direction de la santé publique de Montréal — s’y trouve annoncé en première page ! Je le télécharge, et PAN ! Le problème de mise en page constaté sur le document obtenu sur le site du Devoir est réglé !

C’est à n’y rien comprendre.

Bon je vais prendre quelques heures… j’ai des emplettes à faire… ça ira mieux lundi !

rapports de santé

Quelques rapports tirés de différentes sources de veille :