le Web de demain…

Facebook, YouTube et tant d’autres sont, chacun à leur manière des projets de nature carcérale, c’est-à-dire qui valorisent et exploitent la complétude de l’entre-soi. [...] A ce Web carcéral fait écho le discours politique d’une criminalisation des pratiques, alibi commode pour porter atteinte à la neutralité du Net au seul profit d’intérêts marchands et sans égards pour ce qui fut un jour une terra incognita pleine de promesses. [Olivier Ertzscheid, aujourd'hui dans le quotidien Le Monde]

Un petit texte « punché » de Olivier E. (je n’arrive pas à prononcer son nom !)… qui souligne le danger qui guette le Web tel que nous l’avons connu depuis une vingtaine d’années. Et qui peut prédire le modèle qui l’emportera : celui qui flatte les tendances naturelles du confort du connu et de l’approbation par ceux qui pensent comme moi… ou un modèle plus ouvert à la confrontation, à l’imprévu et l’inconnu – générateur, parfois, d’inconfort et de « saletés » mais aussi de trouvailles, d’innovations et de sérendipité.

de mères et d’autres

Je viens de terminer la lecture d’un livre passionnant… et je me demandais ce qui pouvait bien intéresser d’autres lecteurs, peut-être un peu moins éclectiques que moi, dans ce pavé de 300 pages bien tassées. Un livre que le professeur J. Fraser Mustard citait avec enthousiasme lors de sa présentation aux JASP (voir le dernier vidéo) de mars dernier [sa présentation en PPT].

Pourquoi l’étude des formes ancestrales de la maternité, ou plus généralement des formes collectives de l’éducation et des soins apportés aux enfants qu’on peut déduire de l’analyse de la culture des sociétés traditionnelles de cueilleurs et chasseurs, mais aussi de l’éthologie des primates et d’autres espèces animales… pourquoi cela aurait-il quelqu’importance pour l’orientation de la société d’aujourd’hui ?

Les solides arguments avancés par Sarah Hrdy ramènent à leur juste dimension les prétentions de certains politiciens, anthropologues ou autres savants prompts à définir la « nature humaine » et en particulier la place et le rôle des femmes dans les sociétés humaines. Le sous-titre du volume : l’origine évolutionniste de la compréhension mutuelle (the evolutionary origins of mutual understanding) donne une idée de la largeur de vue déployée par l’auteure. Lire la suite

la place des hommes

Many men no longer want to be identified just by their jobs,” dit un jeune Suédois, suivant cet article (The Female Factor) du New-York Times. C’est une bonne chose car ils occupent de moins en moins de place sur le marché du travail…

Et c’est une tendance qui ne semble pas devoir décélérer : « Earlier this year, women became the majority of the workforce for the first time in U.S. history. Most managers are now women too. And for every two men who get a college degree this year, three women will do the same.» [The End of Men, dans le numéro juillet/août de The Atlantic]

photos, films, animations

Un nouveau reportage photo, dans le cadre du projet PIB : Bien pratique, la crise décrivant les conditions de travail, de mise à pied d’une travailleuse du secteur de l’hôtellerie de Toronto.

Mais j’apprends aussi l’existence de ce documentaire Web (avec ce que cela veut dire d’interactivité) à la faveur de ses nombreuses nominations au 14e « Webby awards » : Waterlife. Un documentaire sur l’eau, les Grands Lacs.

Ces nominations me semblent méritées !

Autres articles similaires :

état du monde en 2010

Le bilan annuel « State of the World » pour 2010 : Transforming Cultures. Publié chaque année par le réputé Worldwatch Institute il se présente cette année avec, enfin, une bonne différence entre le prix de la version PDF ou Kindle (9,95$) et celle de la version papier (19,95$). Ce qui n’a pas toujours été le cas. Bravo ! Et mieux que ça, les différents chapitres sont disponibles en version PDF, gratuitement. N’y manquent que les notes (qui elles sont inclues dans le PDF acheté).

Les différents chapitres disponibles :

Je crois que je vais acheter la version papier, pour dire mon approbation ! Non, quand même, soyons conséquent : la version PDF.

un film par jour !


C’est vrai, vraiment vrai : il y a un nouveau petit film à chaque jour (de la semaine) sur le site PIB L’indice humain de la crise. Et chaque vidéo de 3-4 minutes est de grande qualité. Le dernier sur l’industrie du camionnage Guilbault, celui de ce couple de fermiers de Sherrington, ou encore celui d’un père avec ses deux enfants au magasin Partage dans Rosemont, cette ex-rédactrice du magazine Chatelaine qui fait maintenant dans la pige à domicile…

Ce sont des bijoux ! On devrait en montrer au moins un ou deux, chaque soir, aux nouvelles… et ce n’est pas déprimant ! Enfin, la plupart ont un message de résilience, d’espoir…

performances économiques et progrès social

Une commission, présidée par Joseph Stiglitz, lui-même conseillé par Amartya Sen, deux prix Nobel d’économie, avait pour mission de déterminer les limites du PIB en tant qu’indicateur des performances économiques et du progrès social.

En février 2008, M. Nicolas Sarkozy, Président de la République française, insatisfait de l’état actuel des informations statistiques sur l’économie et la société, a demandé à MM. Joseph Stiglitz (Président de la Commission), Amartya Sen (conseiller) et Jean-Paul Fitoussi (coordinateur) de mettre en place une commission qui a pris le nom de Commission pour la Mesure des Performances Économiques et du Progrès Social (CMPEPS).

Son rapport (324 pages) est disponible depuis le 14 septembre 2009.

<Ajout>Il semble que le site de la commission soit hors-ligne depuis un certain temps… et donc le rapport aussi. Le voici donc, gracieuseté de Gilles en vrac… !</Ajout>

chantier sur la social-démocratie

Un événement de lancement aura lieu le 10 décembre à 19 heures, simultanément en vidéoconférence, aux salles de l’ÉNAP à Montréal (4750 Henri-Julien, amphithéâtre du rez-de-chaussée), à Québec (555 boul. Charest Est, local 5112) et à Gatineau (283, Alexandre-Taché. Aile D, local 20425).

Conférence de Gilles Gagné, présentation des responsables d’axe et débat avec la salle.

J’en ai glissé un mot en juillet dernier, en présentant le texte d’appel à un tel chantier lancé en mai dernier par Benoît Lévesque, Michel Doré, Marilyse Lapierre et Yves Vaillancourt sur le blogue Oikos.  Hé bien on y est ! Le site web du Chantier pour une social-démocratie renouvelée. Le 10 décembre, 19h, à Montréal, Québec et Gatineau en même temps !  La qualité du document pousse à l’action…

santé primaire et services communautaires

La vision d’avenir en matière de santé primaire (Our vision for primary and community care) publiée par le Département de santé anglais. On y met l’accent sur

  1. la promotion de la santé, particulièrement avec un grand programme d’évaluation (assessment) de la santé cardiovasculaire des 40-74 ans déployé par les omnipraticiens mais aussi les pharmaciens et autres services;
  2. l’amélioration de la qualité, mesurée en termes d’effets sur la santé plutôt que de procédures effectuées;
  3. les choix offerts aux usagers : choix de la clinique (le financement suivant le client); choix de plans de services individualisés pour les malades chroniques; et expérimentation d’un « budget santé ».

Il est question d’une meilleure articulation entre les services de santé et sociaux (tiens tiens…); d’ici 2010 toutes les personnes souffrant d’une maladie chronique (y compris les personnes avec problèmes de santé mentale) devraient se voir offrir un plan personnalisé de services adapté à leurs choix et préférences (tailored packages of care to meet their individual requirements and wishes). Des expériences dans le domaine des services sociaux où l’on a donné plus de pouvoir aux bénéficiaires sur leur « budget de services » incitent à développer des projets pilotes semblables dans le domaine des services de santé.

Experience with direct payments and individual budgets in social care has shown the benefits of giving people greater say over how public resources are used to provide their individual care. We want to test if we could achieve the same benefits for people with complex but predictable health and social care needs. We will work with patient groups to pilot individual budgets to allow people with long-term conditions greater control over how NHS funds are used. Extrait de What it means for local governments. (pdf) (Voir section 4.30 du document principal – pdf) [voir aussi éditorial du BMJ]

le nous

Gore lance sa (méga) campagne autour du We… (we can solve it, we can do it…). S’appuyant sur une coalition de forces politiques diverses, de groupes écologiques et sociaux, de marketing… saura-t-il rallier les forces et changer les opinions suffisamment (rapidement) pour faire la différence ? Finalement, son échec politique comme président servira peut-être une plus grande cause !

Le temps n’est plus au scepticisme ! Est-ce à dire qu’il faut avoir la foi ?! Non, la simple certitude que le plus petit geste prend un sens différent quand il s’inscrit dans un mouvement pour devenir une norme, une culture ou pour changer celle-ci.

l'art pop renouvellé

1194126528.jpgCe buste de squelette

a été réalisé (à partir d’une peinture de Van Gogh)

par le photographe Chris Jordan,

par l’addition, justaposition de milliers d’images de

1194126677a.jpg

paquets de cigarettes.

Mais il faut voir aussi (même lien) les millions de cellulaires, d’habits de prisonniers, de bouteilles de plastique qu’il a aussi photographié. Hallucinant !

2008 : réseaux sociaux portables ou ouverts ?

Facebook Disabled My Account: « Robert Scoble was kicked off Facebook ‘for running a script’. Later that day, he discovered dataportability.org and became a convert to open social networks. He writes, ‘I am working with a company to move my social graph to other places and that isn’t allowable under Facebook’s terms of service.’ This, I think, is a pretty clear message from Facebook to the effect that it thinks it owns your data. Interestingly, it deleted Scoble’s account from its system – as he notes here, Facebook can delete your information if it wishes. » (Via Stephen’s Web ~ OLDaily.)

Les quelques moments que j’ai passé sur Facebook ces dernières semaines n’ont fait que confirmer ma première impression : un espace rempli de gadgets parfois sources de « addwares » et autres malwares. Peut-être sera-t-il possible d’ici peu de créer le même genre de réseautage mais de façon plus ouverte, où aucune compagnie ne s’approporiera de mon carnet d’adresse (après l’avoir importé de Gmail, comme c’est le cas de Facebook) mais où il me sera possible d’exporter où je veux et quand je veux les contenus de ma création.

Mais j’ai bien les gadgets quand même… Ceux qui sont utiles, comme plusieurs de cette liste (PDF) créée par Jane Hart des cent meilleurs outils d’apprentissage en ligne.

merci Konrad

Non, pas Black mais Yakabusky ! Il a souvent la plume acérée, le commentaire juste. Encore ce matin, sur la question de la fusion des bourses de Montréal et Toronto, il ne mâche pas ses mots : Montreal can kiss its exchange goodby. C’est raffraichissant d’entendre quelqu’un dire clairement les choses, sans tenter de ménager les susceptibilités, les rêves, la chèvre, le chou… Raffraichissant mais pas nécessairement drôle ! Si la logique économique transcende les différences culturelles (parce que nous voulons que nos investissements et nos pensions rapportent le maximum), amenant l’inexorable concentration des centres de décisions… il nous reste quoi ? Le quartier des spectacles ? On se met tous à danser la claquette !

Sur un autre sujet, le même journaliste du G&M, traçais récemment un portrait très intéressant : le poids des Finlandais dans le monde des forestières et papetières. Comparant le dossier canadien à celui de cette petite nation innovatrice, il mettait en lumière certaines pratiques qui permettent à ce petit pays se tailler une place disproportionnée dans ce marché : investissements et recherche; coopératives dans le domaine de la gestion forestière; concertation nationale des efforts…

But our forest companies have frittered away every competitive advantage they once enjoyed—mostly, it seems, out of laziness. (…) Canada’s forest industry, once the envy of the world, is now a laughingstock.

(…) The average Canadian pulp mill has a capacity of about 200,000 tonnes; our newsprint mills average 280,000 tonnes. Compare that with the one million-tonne Finnish-owned mills that are either already operating or are being built in Latin America.

(…) Metso, one of only three large-scale manufacturers of paper­­making machines left in the world, is also based in Finland. Canada has no paper machine makers. The world’s biggest man­ufacturer of the chemicals used in papermaking, Kemira, is also Finnish. Canadian-based chemical makers? None.

(…) They drew on their so-called small-country advantage—characterized by a homogeneous, highly educated population with a unique language (practically unlearnable, for a foreigner) and culture—and took their place in a rapidly globalizing market.

(…) Technically speaking, Canadians own their woods, too, but through their provincial and federal governments, which possess 93% of this country’s forests. (…) In Finland, however, almost 60% of forest land is owned by about 400,000 families. Their plots are small, averaging about 35 hectares, compared to the hundreds of thousands of hectares typically covered by a single forest tenure licence in this country.

Finalement, peut-être qu’il y aurait autre chose que la claquette ?

Profitez-en pendant que l’article est encore accessible

pauvreté aux USA

Un document du US census bureau fait le point sur les revenus, la pauvreté et la couverture d’assurance santé chez nos voisins. PDF de 78 pages. Une citation tirée d’un article de Daniel Gross, sur Slate, portant sur le marché des « subprime » qui ne serait que le symptôme d’une crise plus profonde des marchés de crédit… dont proviennent les extraits suivant:

In the third quarter, 5.9 percent of such loans were delinquent, up from 4.1 percent in the second quarter, according to Foresight Analytics. 

In October, credit-card giant Capital One Financial reported that the delinquency rate on credit cards for the third quarter of 2007 was 4.46 percent, up from 3.53 percent in the third quarter of 2006.

(…) [D]elinquencies on loans extended to condominium developers have risen sharply in the past year. In the third quarter, 5.9 percent of such loans were delinquent, up from 4.1 percent in the second quarter, according to Foresight Analytics. The delinquency rate for builders putting up single-family homes rose from 3 percent in the second quarter to 4.3 percent in the third quarter.

un marché tordu : celui de la santé

L’éditorial du BMJ de cette semaine : The market has failed. Dans le même numéro, un article (d’accès libre, comme l’édito) de Woolhandler et Himmelstein (Competition in a publicly funded healthcare system). Des articles qui appuient une nouvelle tendance : le recul apparent de la propension du système de santé anglais à accorder un rôle accru au secteur privé.

Une référence de l’éditorialiste (Fiona Godlee) vers le site The Economics of Health Care contenant une série d’articles et documents téléchargeables très pédagogiques sur l’économie de la santé, notamment la « faillite du marché » dans ce secteur. De quoi alimenter la campagne Santé sans profit, lancée par la coalition Solidarité Santé avec plusieurs personnalités et d’autres mouvements qui ont récemment (tardivement) fait parlé d’eux : tel les médecins canadiens pour le régime public.