12 300 naissances

J’avais annoncé un document que j’ai mis du temps à finaliser… Le voici, traçant le portrait de plus de 12 000 naissances sur le territoire du CSSS Lucille-Teasdale (soient les quartiers Hochelaga-Maisonneuve, Mercier-Ouest et Rosemont) de 2005 à 2010 (6 ans).

Format PDF, 23 pages – 4,4 Mo.

réseaux sociaux et liens sociaux

Parlant de réseaux sociaux, deux articles de la revue en ligne Internet Actu abordent la question.  Le premier à propos du rôle des liens faibles dans la circulation de l’information, et le second par l’excellent Hubert Guillaud, qui pose la question des réseaux contre les hiérarchies, et de l’activisme des liens faibles… Un beau retour historique sur un moment fort de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains.

samedi libre

Libre comme datalibre.ca, où j’ai trouvé cette Soumission au Comité permanent d’accès à l’information du parlement fédéral. Un document qui vaut non seulement pour sa promotion argumentée d’un « gouvernement transparent » mais aussi pour la liste impressionnante des sites et ressources cités. J’y découvre ou redécouvre, notamment…

quartiers pauvres mais riches ?

Bien dans mon quartier, bien dans ma tête ? Un colloque à l’hôpital Douglas sur les liens entre l’environnement et la santé mentale. Les media ont tôt fait de conclure de manière plutôt déterministe : Quand le quartier est parsemé de bâtiments décrépis ou abandonnés, que les espaces verts y sont inexistants et qu’y pullulent la restauration rapide et les commerces vendant de l’alcool, la vie y est plutôt déprimante et surtout stressante, voire anxiogène. (article du Devoir)

Pourtant les choses ne sont pas aussi simples. Le fait d’habiter un quartier défavorisé donne aussi accès à certains services, à des ressources qui sont distribuées en priorité dans ces quartiers; les organisations de ces quartiers ont parfois développé une approche, une offre qui veut tenir compte de cette concentration de pauvreté. Ce qui correspond en partie à ce que Small appelle les liens sociaux organisationnels. Dans son étude Unanticipated Gains il examine les relations sociales que nouent les utilisatrices des garderies à New-York et les conditions mises en place par ces services de garde pour soutenir les parents. Un adage dans les milieux de garde américains dit qu’on ne peut prendre soin d’un enfant sans prendre soin de sa famille. Lire la suite

statistiques par CLSC ou CSSS ?

J’ai changé d’avis… et retiré les deux billets écrits en fin de semaine. En fait je ne les ai pas jetés très loin, seulement déplacés ici, sur une page avec une petite introduction où je reconnais avoir porté un jugement précipité, à partir d’une information incomplète.

Oui, en effet, les statistiques transmises au ministère ne comporteront plus de « variable » CLSC, mais cela ne veut pas dire que les interventions et clientèles ne pourront pas être agrégées par territoires de CLSC, à partir des adresses des clients. Comme on le fait déjà dans certains tableaux tirés de iCLSC (ici Les usagers par centres d’activité et profils) , où l’on peut avoir les clientèles par CLSC « producteur » de services, mais aussi par « CLSC de résidence du patient ». Cette distinction étant parfois utile et nécessaire lorsque des portions importantes de clientèles viennent d’un autre territoire que celui du CLSC offrant le service. Comme on le fait aussi depuis longtemps avec les statistiques des hôpitaux.

Je n’ai pas l’habitude de réécrire mes billets ainsi, et je m’en excuse auprès de vous, chers lecteurs. J’espère sincèrement m’être trompé et avoir imaginé une mauvaise foi où il n’y en avait pas. On me dit que le nouveau fonctionnement « par CSSS » posera, cependant, plus de problèmes pour certains programmes de santé publique, ou d’intervention communautaire, où les interventions ne sont pas associées à des adresses de clientèles, mais à des organisations, des événements… Mais ce problème se posait déjà dans l’ancienne façon de faire : les statistiques d’interventions collectives ou communautaires n’ont jamais été vraiment satisfaisantes. Et ici je ne crois pas que les statistiques administratives nous donneront des choses vraiment utiles ou comparables, alors que nous avons peine à comparer et faire sens des interventions déjà très codifiées des professions médicales ou de nursing.

Les études de cas, bilans de projets ou analyses de réseaux seraient sans doute plus intéressantes dans ces domaines que les statistiques d’intervention.

Encore une fois, mes excuses pour ce faux pas… Mon intention, vous l’aurez compris, était de défendre le maintien d’une approche par territoires historiques et communautés distinctes où les solidarités et alliances construites depuis des décennies sont à cultiver précieusement.

avancées en sociologie

Posée y il a quelques jours sur ce carnet, j’ai eu l’audace de relancer cette question (Quels ont été les avancées les plus marquantes de la décennie qui s’achève pour la sociologie ?) auprès de sociologues que je connaissais, ou encore ceux qui animent des blogues.

Et j’ai déjà (malgré le temps des fêtes, qui en a sans doute amené plusieurs à s’éloigner de leur clavier-courriel) reçu plusieurs réponses intéressantes ! La plus rapide, et humoristique, venant d’un sociologue professeur à l’UQAM, et co-directeur du Réseau québécois de recherche partenariale, Jean-Marc Fontan. Je me permet de citer ici l’essentiel de sa réponse (les liens hypertextes sont de moi):

Dans Changer de société, refaire de la sociologie, Bruno Latour (2006) annonce une fin de la “société d’hier et de sa sociologie” au profit de la “société de demain et d’une nouvelle sociologie”, latourienne, il va sans dire. Touraine en fait autant dans “Après la Crise” (2010), où il annonce aussi la mort de la société actuelle. Elle serait arrivée à un point d’aboutissement; prête à être renouvelée par une renaissance de la question sociale, libérée des contraintes… bien évidemment économiques… Plus prêt de nous Jacques Hamel (Woody Allen, au secours de la sociologie, 2010) en fait autant en se questionnant sur la décadence actuelle de la sociologie et son incapacité de réaliser sa pleine potentialité…

Alors, de façon contre productive nous pourrions dire qu’une des révélations des dix dernières années serait l’annonce de la mort de la société (après la fin de l’histoire !) et celle de l’entrée de la sociologie dans une zone de grande perturbation, pour ne pas dire une crise aigüe de confiance…

À contrario, il n’y a jamais eu autant de sociologues que maintenant, autant de diploméEs de sociologie que maintenant, autant de livres, articles, publications produites par des sociologues que maintenant…

Un autre professeur de socio, à l’Université d’Ottawa cette fois, Maurice Lévesque, directeur du département de sociologie, m’aura orienté vers des auteurs et une branche de la sociologie que je connaissais peu : sociologie des réseaux, avec Harrison White Lire la suite

les 5 avancées de la décennie en sociologie

En lisant le dernier numéro de l’année, de la décennie en fait, de la revue Science (qui incidemment est d’accès libre, si vous vous donnez la peine de vous enregistrer) qui fait le bilan des 10 plus importantes découvertes (ou avancées) de la période, je me demandais – car on parle très peu, pour ne pas dire pas du tout de sociologie dans cette revue – quelles seraient les 5 plus grandes avancées dans ce domaine pour la décennie qui s’achève ?

Je lance la question… le temps de me faire une tête…

Parmi les premiers suspects crédibles :

– le rapport de 2008 de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé…

– le développement des réseaux sociaux (et de l’analyse s’y rattachant) ? Je sais que le phénomène Facebook est bien différent de l’analyse sociologique, mais, bon…

– et j’ai aussi un candidat pour LE grand recul sociologique de la décennie : l’arrêt du recensement long par le gouvernement canadien !

enjeux de l’animation

Arrivé, un peu par hasard, sur le site du 4e colloque international sur l’animation, dont le thème était « La créativité : enjeux organisationnels, identitaires et citoyens » qui s’est tenu l’an dernier (octobre) à Montréal. J’ai jeté un coup d’œil sur les vidéos des conférences, et trouvé celle de Jocelyne Lamoureux, professeure en sociologie à l’UQAM, particulièrement intéressante. Bon, les autres de cette plénière étant produites dans la langue originale (la traduction simultanée n’ayant pas été transférée sur la bande vidéo) des conférenciers… c’était la seule en français dans ce panel ! Mais la qualité de sa réflexion m’a semblé mériter ce petit découpage (où j’ai extrait ses interventions du 90 minutes que durait la session… sauf une demi minute, à la 41 ième, que je n’ai jamais pu obtenir du serveur !). Voici donc, sur le thème des enjeux de l’animation aujourd’hui…

Notez qu’à la fin, les dernirèes 4-5 muinutes, il s’agit d’une réponse à une intervention de la salle.

données probantes

Gapminder, une manière d’illustrer les données sur la santé dans le monde, sur l’évolution de l’infection au HIV, et autres sujets…

Une présentation qui s’intitule 200 ans qui changèrent le monde permet un coup d’oeil rapide sur l’évolution de l’espérance de vie et des revenus dans les principaux pays du monde. L’interface permet de pointer du doigt l’un ou l’autre pays.

Lorsque j’ai vu cette autre présentation de Hans Rosling aux TED, il y a quelques années, je me suis dit : je veux avoir une copie de ce logiciel de présentation ! Mais plus qu’un logiciel de présentation dynamique de données, ce petit vidéo vaut d’être vu pour l’enthousiasme et l’humour de ce statisticien !

Hé bien elle est disponible, on peut la télécharger gratuitement (cette présentation et plusieurs autres outils) sur le site de Gapminder.org.

la vie de famille

Les conclusions d’une étude américaine sur les familles de la classe moyenne (deux revenus+enfants) semblent montrer que la vie de famille est stressante, plutôt moins que plus satisfaisante… Mais comme dit Jonah,

The larger point, though, is that just because we can’t measure something doesn’t mean it isn’t important, or that we should always privilege the quantifiable (pleasure, stress) over the intangible (meaning, purpose). Real life is complex stuff. [The Frontal Cortex]

Oui, mais c’est ben difficile de faire entendre cela aux quantificateurs qui ont « les mains sur le volant »…

territoire et responsabilité

La dernière livraison du bulletin Infolettre publié par la chaire GETOS pousse une réflexion intéressante sur la question du territoire et de la responsabilité populationnelle des CSSS. Un autre article du même bulletin présente l’Initiative sur le partage des connaissances et le développement des compétences (IPCDC) et son offre de services en matière de développement des compétences : microprogramme en santé publique; formation sur le soutien au développement des communautés, etc. Ce dernier programme est une formation destinée aux cadres et professionnels qui travaillent sur les plans local et régional et qui sont appelés à promouvoir et à soutenir des initiatives visant la création de milieux de vie favorables à la santé et au bien-être. C’est pas une mauvaise idée, en effet, puisqu’on donne de plus en plus aux cadres des mandats d’intervention dans les milieux (participation à des concertations sectorielles ou intersectorielles, négociations d’ententes de services avec des partenaires…), de s’assurer qu’ils ont la formation nécessaire.

Dans ce même bulletin le Dr Jean Rochon signe un court texte sur trois notions du territoire qui se sont superposées avec le temps : comme zone géographique de distribution, comme frontière d’imputabilité et comme population. Dans ce dernier cas, les limites peuvent changer selon les problématiques. « [L]es types de problèmes ou de risques et la nature des déterminants de santé dictent pour les programmes de santé et de services sociaux des regroupements divers au sein de la population qui peuvent transcender les périmètres territoriaux. »

L’article principal du bulletin, par Louise-Hélène Trottier, présente la responsabilité populationnelle des CSSS en termes d’enjeux territoriaux et de gouvernance locale. Lire la suite

1,2 millions de répondants

Qu’est-ce que le progrès, et comment devrait-on mesurer le bien-être d’une population ? L’OCDE a organisé deux grandes conférences sur le sujet, et l’année dernière, le Président Sarkozy de la France a créé une commission de premier ordre pour faire rapport sur ces questions [GB: j'en parlais ici]. Ce grand débat reflète le fait que la hausse du revenu national n’a pas apporté l’amélioration de la qualité de vie que beaucoup attendaient, et des enquêtes aux États-Unis ne montrent aucune augmentation du bonheur au cours des 60 dernières années. Ces enquêtes reposent sur une évaluation subjective du bien-être, et il est raisonnable de se demander si ces réponses sont des mesures fiables de la qualité de vie, telle que les gens la vivent. Oswald et Wu ont fait un un test intéressant. Lire la suite

The World Factbook

Le CIA World Factbook : genre d’Atlas, avec cartes régionales, comparaisons entre les 266 « entités géographiques » comprises dans les tableaux… Incidemment, quelques 55 de ces entités ont une superficie moindre que l’île de Montréal (482 km carré). Il semble mis à jour à tous les ans depuis 2000.

Et si vous voulez l’avoir toujours sur votre ordinateur : un compressé (.zip) de 146 mégaoctets est disponible ! Attention, une fois décompressé, c’est d’un gigaoctet (ou presque : 952 Mo) d’espace dont vous aurez besoin.