format familial

À l’heure où l’on discute de la “disparition” de la famille traditionnelle, à l’occasion de la diffusion des statistiques du recensement, il est bon de se demander jusqu’à quel point elle a vraiment existé. Jusqu’où la “famille traditionnelle”, à l’époque où elle était hégémonique, fut-elle de même nature, pour les familles ouvrières, paysannes ou bourgeoises ? Quels types de liens étaient noués par les familles élargies ? Et les familles nucléaires des dernières décennies, où le poids du “Pater” s’est graduellement affaibli en même temps que celui de la tradition et de la religion, sont-elles de même nature dans les familles ayant des propriétés, des capitaux à léguer et celles qui n’en ont pas ?

Voir : Fluid “Traditional” Families – où l’on apprend que l’adoption à l’âge adulte chez les Japonais est assez fréquent…

lectures d’été

En plus des inévitables romans policiers ou noirs (les derniers Indridasson et Mankell, que j’ai déjà dévorés), j’ai fouillé pour trouver quelques livres dont j’avais amorcé ou reporté la lecture : L’histoire de Pi, de Yann Martel; Premier bilan après l’apocalypse, de Frédéric Beigbeder; et pourquoi pas de cher Harrison White, Identité et contrôle, qui mériterait encore un effort de lecture pour quelques chapitres de plus, les premiers lus l’été dernier ayant été plutôt inspirants, si je me souviens bien. J’ai l’impression que le langage énigmatique (faute d’un meilleur qualificatif) de cet auteur convient bien à la réflexion sur les changements en cours dans le réseau de la santé.

Je dois aussi passer à la librairie chercher deux De Gaujelac commandés il y a quelques semaines : Qui est “je” ? et La société malade de la gestion, ce dernier texte n’est pas jeune, mais la dernière édition comporte une nouvelle introduction qui vaut la peine, semble-t-il.

On m’a aussi suggéré, prêté même, Thinking, Fast and Slow de Daniel Kahneman. Jonah Lehrer en dit quelques mots dans un billet récent (Why smart people are stupid) de son blogue – Frontal Cortex – déménagé depuis peu sous les auspices du site The New Yorker. Tout ce qui peut permettre de restituer à sa juste mesure l’esprit rationnel… est bienvenu.

recherche sur les Réseaux locaux de services

L’équipe du professeur Deena White, sociologue de l’Université de Montréal qui est aussi directrice scientifique du Centre affilié universitaire du CSSS Bordeaux-Cartierville-St-Laurent, a obtenu une subvention (2,5 M$) du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

La subvention s’étale sur une période de sept ans. Vingt-sept chercheurs et dix-neuf partenaires québécois, canadiens et internationaux formeront une équipe interdisciplinaire dont les travaux permettront de développer de nouvelles connaissances sur l’interface entre les services sociaux publics, les interventions communautaires et les soins offerts par les réseaux intimes des personnes. [source : U de M]

grande noirceur – droit devant

Après avoir transformé le questionnaire long du recensement américain en un sondage volontaire, le Congrès américain décide de l’abolir. Est-ce ce qui attend l’Enquête nationale auprès des ménages, instituée par le gouvernement Harper en remplacement du questionnaire long ?

Comme le rappelle le blogueur Razib Khan, si les sources d’information publiques fiables disparaissent, les grandes corporations qui accumulent des données sur la population, les comportements sociaux (Google, Facebook, mais aussi Bell, Videotron…), ne sont pas connues pour être “partageuses”…

(…) government data collection is a public good with positive externalities. If we abolish endeavors such as the American Community Survey than social data will be the domain only of corporations, who are not always keen on sharing that data. [Note : trois hyperliens différents]

Plus de prisons, moins de pensions, plus de pauvres, moins d’information… L’avenir d’est pas rose. Ici une plume plus informée que moi, Alex Himelfarb – ancien greffier du Conseil privé du Canada – fait le point sur l’accumulation des politiques qui à première vue ne semblent pas trop radicales, mais prennent un caractère plutôt drastique avec un peu de recul pour voir le plan d’ensemble qui se dessine: Going, Going, Gone: Dismantling the Progressive State. Une référence de Lawrence Martin : The time has come for a progressive revival.

voisinages, santé et sociologie

Un billet du blogue en santé publique Walkabilly pointe vers cet article produit par des chercheurs montréalais (Martine Shareck, Clément Dassa and Katherine Frohlich) : Improving the measurement of neighbourhood characteristics through systematic observation: Inequalities in smoking as a case study. On y présente des outils pour mieux mesurer les caractéristiques des voisinages grâce à l’observation systématique. Parmi les sources citées par cet article, celle-ci – du regretté Paul Bernard – me semble intéressante, Health inequalities and place: A theoretical conception of neighbourhood. Des articles qui touchent, avec un angle santé, la grande question de l’effet du voisinage qu’un sociologue de Chicago, Robert J. Sampson, vient documenter, après dix ans de recherche, dans un ouvrage récent Great american city : Chicago and the enduring neighborhood effect.

réseaux sociaux et liens sociaux

Parlant de réseaux sociaux, deux articles de la revue en ligne Internet Actu abordent la question.  Le premier à propos du rôle des liens faibles dans la circulation de l’information, et le second par l’excellent Hubert Guillaud, qui pose la question des réseaux contre les hiérarchies, et de l’activisme des liens faibles… Un beau retour historique sur un moment fort de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains.