quelques livres en trop !

Non, je ne vais pas parler d’Ozempic ni de Wegovy.

Je n’avais pas mis à jour la liste des livres de ma bibliothèque depuis juin 2024. Y étaient consignés, à l’aide du logiciel Bookpedia, quelques 1553 titres. Maintenant, il y en a 17011Vous pouvez y faire une recherche par titre ou par nom d’auteur…. Quelques 148 titres en 19 mois ! Soit 7,8 livres par mois.

Je ne suis pas certain mais je crois que j’achète trop de livres pour le temps dont je dispose pour les lire… Pourtant, je suis à la retraite ! Je thésaurise : pour plus tard, pour quand je serai vieux et pauvre…

Et le pire c’est que toutes ces images, ci-haut, réfèrent à des livres en format numérique. C’est à dire que je ne peux les donner, ni les prêter : la formule imposée par les magnats Amazon et Apple (sauf pour les livres publiés par Les Belles Lettres et Verso) revient à un prêt. Quand ma carte de crédit ne sera plus valide, ou que mon compte Apple disparaîtra… je ne suis pas sûr que ma tablette numérique pourra continuer de rendre ces titres disponibles.

Heureusement, il y a encore des livres papier. Parmi mes dernières acquisitions :


Je devrais peut-être commencer à m’en départir ? Ou à les prêter ? Mes petits-enfants sont encore jeunes pour apprécier une telle collection… et je ne suis pas sûr que la lecture sera encore à la mode dans une dizaine d’année !

Notes

  • 1
    Vous pouvez y faire une recherche par titre ou par nom d’auteur…

documents glanés en cours d’été

Des soins et services de première ligne au Québec informés par la science
Un recueil d’avis d’expertes et d’experts
, 50 articles – 300 pages.
Dont 6 pages sur l’organisation communautaire : L’organisation communautaire, première ligne en Santé et Services sociaux, par Denis Bourque, René Lachapelle et Mélanie Mailhot

Prendre le pouvoir pour le partager (286 pages), par Fréquence commune : « Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) qui a pour mission de soutenir les habitant·es et les élu·es qui réinventent la démocratie locale en France pour opérer une transformation sociale et écologique de nos sociétés.:

What Should the CBC Be? (89 pages) Ce rapport présente les conclusions d’une étude menée pendant deux ans qui s’appuie sur les meilleures pratiques en matière de médias de service public au Canada et dans 17 autres pays à travers le monde. Un article du Devoir de ce matin (16 juillet) me fait connaître ce rapport du Centre for Media, Technology and Democracy. Traduction (DeepL) du document : Que devrait être la CBC ? Une publication qui vient documenter localement l’appel à renforcer les médias publics que j’ai remarquai dans quelques articles sur Habermas et l’Espace public, de même que cette publication sur la BBC : Our Mutual Friend: The BBC in the Digital Age

Le British Digital Cooperative, par un des auteurs du rapport sur la BBC (Daniel Hind) et cette page Democratic digital infrastructure, viennent alimenter la réflexion sur la riposte ou la réappropriation de l’espace public actuellement monopolisé par les GAFAM. Voir aussi l’Open digital coop et Local Gov Drupal.

Aussi : Indiweb me semble une initiative pleine de ressources ! Notamment la capacité de POSSE (Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere).


Jamais l’accès au savoir n’a paru aussi vaste, jamais la science n’a été aussi performante, et pourtant jamais les faits n’ont paru aussi fragiles, réduits à de simples croyances effeuillées sur les pages d’un missel en silicone — sacré numérique d’un monde sans dieu.

Débrancher les dieux – Manifeste pour une insurrection de la pensée, Méta-Média

Deux numéros spéciaux autour du concept d’espace public de Habermas dont j’ai traduit plusieurs des articles : Transformation structurelle de la sphère publique (Philosophy & Social Criticism, janvier 2024) et Une nouvelle transformation structurelle de la sphère publique ? (Theory, Culture & Society, septembre 2022).


Avez-vous vu passer Gander, le nouveau réseau social canadien ?

Qu’en pensez-vous ?

Comment articuler une telle initiative avec le désir de « souveraineté numérique » qui s’est élevé depuis quelques mois ?

lectures du dimanche

Je vous propose ici quelques articles que j’ai trouvé assez intéressants pour les traduire en français.


Ensauvager nos villes, ou les réensauvager. Créer des ponts de nature, des aménagements qui rendent la cohabitation avec d’autres formes de vie qu’humaine plus facile. Un article publié le 27 mars par Alexi Freeman, sur le site Matters dont la devise est: Stories, people and ideas doing good.


L’importance de la régénération biorégionale pour la santé de la planète, un article qui n’est pas récent (2020) mais qui définit bien le concept de biorégion et donne plusieurs exemples de tels initiatives.


Dans L’espoir d’un avenir différent, j’ai rassemblé 4 articles publiés par Sally Lowndes et Jessica Prendergrast, en février 2025 en un document PDF. Des modèles de transition à l’écosystème des praticiens de l’avenir alternatif (au Royaume-Uni)… Des textes inspirants !


Dark Matter Labs, c’est un ensemble d’initiatives, de laboratoires, de studios… visiter leur site, c’est plonger dans une structure à plusieurs dimensions. J’ai voulu mieux saisir un aspect de cette complexité : les capacités (capabilities) que DM cherche à développer. J’en ai traduit les définitions dans La matrice de Dark Matter Labs.


Le dernier (ou récent) billet de Andrew Curry, sur Just Two Things, porte sur deux choses (!) : A. Une initiative d’un artiste gallois qui dénonce l’endettement des personnes aux prises avec des prêteurs frauduleux, en rachetant leurs dettes avec son propre argent. B. Une liste de 10 livres qui expliquent pourquoi on en est rendu là… Il y a au moins UN livre de cette liste que je veux lire : celui de Svetlana Alexievitch : La fin de l’homme rouge. Ma traduction : Les sombres rouages du marché des créances douteuses // Les livres qui expliquent le moment politique actuel.


Le Canada s’éveille à son propre pouvoir, ou à ce qu’il pourrait être. Un article de Adam Radwanski, publié dans le Globe and Mail du 5 avril. Le pays a les moyens de s’éloigner du « grand frère »…

lectures de fin/début d’année

Quelques titres (12) cueillis au Salon du livre ou encore chez Gallimard, sur recommandation de mon libraire ou par le hasard des références.

lectures récentes, à venir

Cette dernière lecture m’a été, comme souvent, suggérée par Olivier de chez Gallimard à Montréal. Un philosophe britannique d’origine polonaise que je ne connaissais pas : Zygmunt Bauman. Achevée juste avant son décès, cette courte1213 petites pages monographie, Retrotopia, trace un bilan philosophique et sociologique des régressions récentes. Les quatre principaux chapitres parlent de retours : Retour à Hobbes ?Retour aux tribusRetour aux inégalitésRetour à l’utérus. Malgré tout ce n’est pas un livre pessimiste même si sa dernière phrase pourrait le donner à penser :

Nous – habitants humains de la Terre – nous retrouvons aujourd’hui, et comme jamais, dans une situation parfaitement claire, où il s’agit de choisir entre deux choses : la coopération à l’échelle de la planète, ou les fosses communes.

Le dernier numéro de la revue Jacobin2qui se définit comme « une voix dominante de la gauche américaine, offrant des perspectives socialistes sur la politique, l’économie et la culture » consacrait un dossier sur la religion. J’étais curieux de voir le traitement qu’allait faire de cette question une revue se voulant « radicale ». Je n’ai pas été déçu ! De la militance chrétienne socialiste à une histoire des tentatives soviétiques pour remplacer la religion, l’impact de la Réforme sur la culture politique européenne… quelques pages sur la place des églises polonaises, comme expressions de la créativité des communautés locales… le prophète syndicaliste-socialiste irlandais Jim Larkin… l’histoire des Mormons socialiste de l’Utah au XIXe siècle… et une revue de l’évolution récente des religions dans le monde.

J’ai poursuivi ma recherche sur l’écologie sociale et la décroissance avec ces deux livres : Comment bifurquer, les principes de la planification écologique et Having Too Much, Philosophical Essays on Limitarianism. Le premier faisait l’objet de recensions dans Le vent se lève et dans Le journal des alternatives. Critique du capitalisme vert et appel à un retour de la planification, augmentée des nouvelles capacités numériques, auxquelles nous devrons consacrer de nouvelles institutions politiques. Je reviendrai sur ce livre de Cédric Durand et Razmig Keucheyan, quand je l’aurai lu !

Continuer la lecture de « lectures récentes, à venir »

Notes

  • 1
    213 petites pages
  • 2
    qui se définit comme « une voix dominante de la gauche américaine, offrant des perspectives socialistes sur la politique, l’économie et la culture »

l’espace et le temps

Lectures d’été

Il arrive des moments où je ne sais plus où donner de la tête. Particulièrement durant l’été, où les échéances s’étirent ou s’estompent… où on peut se permettre d’être encore plus dilettante, explorateur que d’habitude. Je me demande si je dois poursuivre ma lecture du deuxième tome de la somme 1deux fois 800 pages! Une histoire de la philosophie, volume sous-titré Liberté rationnelle – Traces des discours sur la foi et le savoir, par Jürgen Habermas. J’en suis à la page 155, juste après le chapitre La séparation de la foi et du savoir : protestantisme et philosophie du sujet et avant d’aborder Au croisement de la pensée postmétaphysique : Hume et Kant. J’en suis à la deuxième de ce que l »auteur appelle ses Considérations intermédiaires. Un coup d’oeil à la table des matières des chapitres qui me restent à lire. Ça s’annonce passionnant :

Chapitre VIII. Au croisement de la pensée postmétaphysique : Hume et Kant

  1. La déconstruction par Hume de l’héritage théologique de la philosophie pratique
  2. L’explication anthropologique des phénomènes du droit et de la morale
  3. La réponse de Kant à Hume : le sens pratique et l’arrière-plan relevant de la philosophie de la religion du tournant transcendantal opéré par la philosophie
  4. La justification postmétaphysique d’un intérêt intrinsèque à la raison

Chapitre IX. L’incarnation de la raison dans le langage : de l’esprit subjectif à l’esprit « objectif »

  1. Les impulsions politiques, économiques, culturelles et scientifiques poussant au changement de paradigme
  2. Les motifs conduisant au tournant linguistique chez Herder, Schleiermacher et Humboldt
  3. L’assimilation de la foi au savoir opérée par Hegel : le renouvellement de la pensée métaphysique après Kant
  4. La raison dans l’histoire : autonomie contre mouvement autonome du concept

Troisième considération intermédiaire. De l’esprit objectif à la socialisation communicationnelle des sujets connaissants et agissants

Chapitre X. La contemporanéité des jeunes hégéliens et les problèmes de la pensée postmétaphysique

  1. Le tournant anthropologique de Ludwig Feuerbach : sur la forme de vie des sujets incarnés organiquement et socialisés sur le mode communicationnel
  2. Karl Marx sur le thème de la liberté située historiquement des sujets productifs et politiques
  3. L’écrivain religieux Sören Kierkegaard sur la liberté éthique et existentielle de la personne individuée du point de vue biographique
  4. Des processus d’interprétation entre rapport à la vérité et rapport à l’action : Peirce, initiateur du pragmatisme
  5. Sur le mode d’incarnation de la raison dans les pratiques de la recherche et de la politique
Une histoire de la philosophie, tome II, J. Habermas, 2023

J’ai pris une pause dans cette lecture pour me plonger dans une plaquette (119 pages) du même auteur : Espace public et démocratie délibérative : un tournant. Ça me semblait un élément pertinent pour une réflexion sur les enjeux liés au développement d’initiatives telle Projet collectif et ses Praxis et En commun… Bon, je n’ai pas encore formulé cette réflexion, j’ai bien quelques notes écrites mais pas encore de billet. J’ai par la suite pris congé des lectures sérieuses en lisant un « policier-techno » : Red Team Blues, de Cory Doctorow. Une histoire de « forensic accountant » (comptable-criminaliste ?), de crypto-monnaies et de rêve californien…

De fait, ça fait un certain temps que j’ai délaissé Une histoire de la philosophie, car j’ai entretemps lu la monographie de Robert Boivin, Histoire de la clinique des citoyen de Saint-Jacques.

La Clinique des citoyens, Bonnie Sherr Klein, offert par l’Office national du film du Canada

Ce qui me donnait matière à contextualiser un autre billet en préparation : sur les années 1970-1973 dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve autour du projet de Centre communautaire de santé. Je me suis replongé dans des documents d’archives rassemblés il y a longtemps, ou dont j’ai hérité récemment (Merci Jean P.-R.). Yves H. me suggérait aussi de lire la biographie de Robert Burns, qui fut élu député de ce quartier en avril 1970. Et effectivement je trouve des traces de la pensée « hyper-démocratique » (c’est le qualificatif qui me vient !) de Burns dans un projet lié à un colloque tenu cet été là au Collège Maisonneuve.

Je me suis plongé avec d’autant plus d’intérêt dans ces documents d’archive que j’y trouvais des traces de l’action menée par Annette Benoît, PSA, dans et autour du projet de proto-CLSC, cette Petite soeur de l’Assomption qui a célébré son centenaire récemment. J’ai la chance de m’entretenir avec elle régulièrement depuis quelques années, aussi elle a pu m’éclairer sur la dynamique à l’oeuvre dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve de cette époque, il y a 50 ans. C’est un autre billet sur lequel j’accumule des matériaux : le centenaire d’une activiste, d’une entrepreneure sociale. J’ai un peu de difficulté à séparer les contenus de ce billet et du précédent : les années 70-73 dans le quartier. Je devrai sans doute les rédiger en même temps, pour référer de l’un à l’autre…

Il y a aussi ces auteurs découverts récemment : Hartmut Rosa2Remède à l’accélération; Rendre le monde indisponible; Andreas Malm3Comment saboter un pipeline; L’anthropocène contre l’histoire; Chris Otter4Diet for a Large Planet – Industrial Britain, Food Systems, and World Ecology. Pour ce qui est d’Andreas Malm, j’ai pu lire une introduction critique Le kaléidoscope de la catastrophe : lumières et opacités chez Andreas Malm. C’est Hartmut Rosa qui m’intéresse le plus en ce moment.

Notes

  • 1
    deux fois 800 pages!
  • 2
    Remède à l’accélération; Rendre le monde indisponible
  • 3
    Comment saboter un pipeline; L’anthropocène contre l’histoire
  • 4
    Diet for a Large Planet – Industrial Britain, Food Systems, and World Ecology

économie écologique

Lectures récentes (1)

L’économie face à la nature – De la prédation à la coévolution, de Harold Lever et Antoine Missemer, publié par l’Institut Veblen et Les Petits matins en janvier 2023.

Je ne me souviens plus de ce qui m’a conduit à cette publication, mais la présence de l’Institut Veblen a sans doute joué, ayant déjà apprécié leurs travaux notamment sur la « traçabilité » ( Réussir le « Green Deal » : un programme social-écologique pour sortir l’Europe de la crise, 21 mars 2020, Institut Veblen).

Un livre sobre, écrit par des économistes, court malgré ses 250 pages (dont 20 pages de bibliographie) vue l’ampleur historique et épistémique du parcours.

« Par coévolution nous entendons une économie où les interdépendances entre activités humaines et dynamiques naturelles sont placées au cœur des modes de production et de consommation, où les êtres humains agissent par et pour le vivant en sélectionnant les innovations institutionnelles, techniques ou organisationnelles les plus adaptées à cet objectif.

« En lieu et place d’une vision économique de notre environnement naturel (prix des ressources, coûts financiers de dégâts écologiques, etc.) nous devons adopter une vision écologique de nos économies dans laquelle la cohabitation entre humains et non-humains devient la priorité. »

Les premiers chapitres retracent l’histoire de la perception de la nature d’un point de vue économique et soulignent les efforts passés pour inclure l’économie dans le vivant, dans la Nature. Mais aussi la tendance dominante à évaluer cette dernière d’abord en termes de gains et pertes pour l’humain plutôt que d’équilibre et de gains partagés, de coévolution. J’ai quand même l’impression qu’il manque à cet exercice historique et épistémologique une appréhension réaliste du poids actuel que fait peser l’économie capitaliste thermo-industrielle sur la nature.

Une impression similaire devant la partie « Nourrir l’être humain sans détruire les écosystèmes » : on ne pose pas vraiment la question de la capacité de nourrir 8 milliards d’humains avec une agriculture biologique et circulaire… sinon en soulignant qu’il y a du potentiel de croissance de cette dernière.

Certaines politiques de réensauvagement (ex: réintroduction des loups) conduisent à des compensations des éleveurs alors que de nouvelles perspectives (bénéfices) économiques se développent : tourisme d’observation de la nature…

À la page 198 j’apprends que la Cour suprême du Canada « a innové en décidant de donner priorité aux actions de restauration écologique avant le remboursement des dettes financières de l’entreprise en faillite ».  Une petite recherche me conduit à la cause Orphan Well Association c. Grant Thornton Ltd (2019) sur le site de la Cour suprême : « Une entreprise pétrolière et gazière qui a fait faillite doit s’acquitter de ses obligations environnementales provinciales avant de rembourser ses créanciers. » Intéressant. Reste à savoir si les provinces vont vraiment prioriser la restauration de l’écosystème plutôt que de soigner leurs relations (souvent serviles) avec l’industrie minière.

En fin de compte, malgré les critiques soulevées, ce tour d’horizon donne à voir les nouveaux champs d’application d’une économie qui ne s’enfermerait pas dans le seul marché. Pour reprendre quelques phrases de la conclusion :

« Encastrer l’économie dans les dynamiques naturelles, reconnaître la dette écologique des systèmes économiques, nourrir l’être humain sans détruire les écosystèmes, apprendre à vivre avec la biodiversité sauvage, transformer le contrat social en un contrat naturel : ces cinq principes constituent le vade-mecum d’une économie de la coévolution, dont l’avènement est devenu impératif face aux alertes environnementales que nous connaissons, en particulier l’amorce de la sixième crise d’extinction du vivant. »

La reconnaissance du pouvoir des municipalités de freiner le développement immobilier (ou industriel) afin de respecter la capacité limitée des systèmes en place (égouts, eaux, routes) est déjà reconnue dans le projet de loi 16 actuellement à l’étude à Québec. Ne pourrait-elle être étendue au respect de la capacité des environnements naturels ? Ça semble le cas quand les villes tentent de faire respecter les zones humides et espaces verts mais elles rencontrent des difficultés qui prennent la forme de poursuites pour « expropriations déguisées » (Voir billet précédent : nos villes et nos villages).

(22.05.23)À noter une publication récente (18 mai) de l’IRIS sur un thème approchant : L’empreinte matérielle de la couverture des besoins de base au Québec.
(25.05.23) Un épisode du podcast La terre au carré (France Inter) avec Harold Levrel et Antoine Missemer, L’économie face à la nature : vers une transformation écologique de l’économie ?


Ce billet aurait pu s’intituler « mes dernières lectures » comme j’en écris parfois, pour noter mon appréciation et ce que j’en ai retenu, avant de tout oublier ! Quatre livres donc : L’économie face à la nature; How to be a climate optimist;  La bataille du siècle; puis L’esprit démocratique du populisme.
NOTE : Après avoir rédigé les deux premiers commentaires j’ai décidé de les publier séparément.

des livres numériques inégaux !

Je suis un lecteur vorace, un peu thésauriseur : j’achète plus de livres que je peux en lire ! Ma bibliothèque, c’est un peu ma cave à vin ! 

Ça fait un bout de temps que je me promets d’écrire ce billet et je profite de cette « journée des libraires indépendants » pour, finalement, m’exécuter. 

Sur les 1450 titres que compte ma bibliothèque personnelle, quelques 225 sont des livres numériques. Une grande partie de ces derniers sont au format Kindle, vendu par Amazon. Étant sensible à la situation précaire des libraires j’ai choisi, de plus en plus souvent, de me procurer le format numérique en passant par un libraire plutôt que la plateforme Amazon. Comme je ne lis pas sur une « liseuse » Kindle, mais plutôt une tablette (iPad), l’utilisation d’un autre format que Kindle ne devrait pas poser problème, non ? Et pourtant oui, ça pose problème.

Utiliser un format numérique plutôt que papier présente des avantages et des inconvénients. Parmi les inconvénients, le principal me semble le fait de ne pouvoir prêter ou revendre un livre que j’ai lu. Un inconvénient en partie compensé par le prix réduit… mais pas assez réduit, à mon humble avis. Un des avantages du format numérique tient à la possibilité d’en souligner et copier des extraits… de rechercher à partir d’un mot… Pour ce qui est de la navigation entre les chapitres, je préfère encore le format papier, mais comme je souhaite souvent commenter mes lectures sur mon blogue, le fait de pouvoir extraire des phrases ou paragraphes me porte souvent vers le format numérique. 

Le problème : certains formats numériques que j’achète, par exemple, sur le site de la librairie Gallimard de la rue Saint-Laurent à Montréal, ne me donne pas autant de droits, en tant que lecteur, que le format numérique acheté sur Amazon. Le droit de copier ou non une phrase dans un livre numérique est une décision qui relève de l’éditeur, dixit la libraire. Je présume en effet que le libraire n’a pas le choix du format numérique qu’il peut distribuer : il prend ce que l’éditeur lui fournit. Mais comment, alors, expliquer que le format numérique d’un même livre permet la copie lorsqu’il est vendu par Amazon et l’interdit lorsqu’il est vendu en ePub par le libraire indépendant ? Et oui, j’ai bien acheté plusieurs copies numériques de certains livres pour vérifier ! 

Soyons clair : tous les formats numériques achetés chez les libraires indépendants n’interdisent pas la copie. Je dirais même que la plupart le permettent. Mais je n’ai aucun moyen de le savoir d’avance ! Et parfois, ce qui semble permis ne l’est qu’à moitié : le fichier PDF du livre de François Morin « L’économie politique du XXIe siècle » permet la copie d’un paragraphe mais toutes les lettres accentuées sont remplacées par un « . » !

Donc, sur les 10 livres numériques achetés sur le site de la librairie Gallimard au cours des deux dernières années, quatre ne permettent pas la copie. 

J’ai acheté parfois directement de l’éditeur, comme les Presses de l’Université du Québec. Et, là encore, on a des surprises : le tome 1 de Le management municipal de Gérard Divay permet la copie, mais pas le tome 2 ! Ici il s’agit peut-être d’une erreur de l’éditeur *, car la plupart des livres publiés par les PUQ permettent la copie de paragraphes. Ceux publiés par Écosociété, ou DelBusso aussi… 

Alors, que faire ? Il faudrait au moins que les droits (déjà très limités par l’interdiction de prêter ou de revendre) soient affichés clairement. Une icône pourrait indiquer que la copie partielle (il existe parfois une limite quantitative, par exemple 10%) est possible. Cela pourrait inciter plus de lecteurs à acheter chez leur libraire indépendant plutôt que chez Amazon ! 

Par ailleurs je ne m’explique pas encore pourquoi le même livre permet la copie dans son format Kindle alors que sous ePub il ne le permet pas ! J’ai pu vérifier à deux reprises une telle incongruité. Le livre Less is More de Jason Hickel et Intuition de la vie de Georg Simmel, sont « copiables » sous Kindle, mais pas en format ePub lisible avec l’application Livres (de Apple) ou Adobe Digital Edition. Une telle différence est clairement à l’avantage de Amazon ! Je me demande même s’il n’y a pas une manoeuvre de cette dernière corporation pour… avantager l’éditeur s’il lui donne l’exclusivité de cette fonctionnalité ? Je ne peux demander à Georg Simmel mais à Jason Hickel, oui : sait-il que la copie de son livre vendue par Amazon est plus utile et fonctionnelle que celle qu’on peut acheter sur le site de Apple ?

Et je me demande ce qu’en pensent les libraires indépendants ?


* Je viens de recevoir des PUQ une copie corrigée (« copiable ») du tome 2 de Management municipal. Merci d’avoir répondu si rapidement !