Traduction de Unpacking Property: Media, Ownership, and Power in Transformation par Sebastian Sevignani, 7 février 2025 dans International Journal of Communication. [26 pages]
Résumé
Cette étude vise à proposer un cadre théorique global permettant d’analyser les différentes formes d’influence directe et indirecte des géants de la technologie sur les médias d’information. Pour ce faire, elle élargit le concept de « captation des médias » à celui de « captation de l’environnement médiatique ». Ce dernier offre un outil analytique qui aide à classer les divers schémas d’influence des géants de la technologie sur les médias d’information (en tant qu’institutions), conduisant à la captation des environnements informationnels dont le journalisme (en tant que pratique) a besoin pour fonctionner (correctement). Ce concept montre clairement que les géants de la technologie ne se contentent pas de s’approprier « l’actualité » ou les médias d’information en rachetant des organes de presse et/ou en produisant et diffusant des informations. Au contraire, la « capture de l’environnement médiatique » souligne que les géants de la technologie influencent l’ensemble des environnements informationnels, façonnant ainsi notre monde de vie tout en privatisant la sphère publique.
Extrait : Nous soutenons donc que l’influence des géants de la technologie sur la création de valeur et les environnements informationnels des médias d’information nécessite des analyses des processus de captation qui doivent aller au-delà d’une simple focalisation sur les influences potentielles de la propriété et du financement. En examinant l’influence des conglomérats numériques sur toutes les étapes de la création de valeur dans le domaine des médias d’information, ainsi que sur les environnements informationnels qui entourent ce domaine, il apparaît clairement que ce ne sont plus seulement des sites individuels ou des acteurs influents qui sont soumis à des intérêts privés. C’est plutôt l’espace de communication entre et autour de tous les acteurs participant à la sphère publique qui est soumis à la logique des géants de la technologie. (…)
Ce concept [capture de l’environnement médiatique] implique en outre que les politiques médiatiques progressistes doivent aller au-delà de la simple prise en compte des acteurs individuels de la sphère publique. Dans la lignée de la « politique transversale », cela exige une réorganisation des infrastructures de l’ensemble de la sphère publique. En ce sens, la mainmise sur l’environnement médiatique renforce les appels en faveur d’un « socialisme des plateformes », d’un « coopérativisme des plateformes » ou d’un « Internet de service public ».
Voir aussi par Hendrik Theine et Sebastian Sevignani : Propriété médiatique : cartographie du domaine et perspectives d’avenir à l’ère numérique
