2600 articles indexés

J’étais déjà abonné depuis quelques mois à la liste hebdomadaire d’articles publiée par Evgeny Morozov et son équipe, The Syllabus. Des articles rassemblés par thèmes : The Activist (on social justice), The Machinist (on technology), The Cosmopolitan (on global affairs), The Intellectual (on arts & culture), The Progressive (on political economy).

Depuis l’éclosion de Covid-19, cette même équipe s’est mise à publier une recension quotidienne d’articles sur la pandémie, Coronavirus Readings, comportant un nombre croissant d’éléments : une centaine au début (16 mars) elle en comportait 302 le 2 avril. Pour un total cumulatif (au 2 avril) de 2592 articles de journaux, de revues, podcasts, etc.

Cette somme impressionnante d’information est accessible par le biais d’un courriel quotidien auquel on peut s’abonner gratuitement mais aussi par à une interface de consultation des archives cumulées : The politics of Covid-19.

Interface de consultation des archives de la publication quotidienne Coronavirus Readings

On peut ainsi rechercher l’ensemble des articles cumulés par mot-clé dans le contenu des articles, par date, par source, par langue (8) ou par type de document (journaux, revues, podcast, vidéos…).

Pour vérifier si la recherche se faisait sur les titres ou sur le contenu des articles j’ai tenté une recherche avec « Gramsci » et j’ai trouvé un (1) article qui citait cet auteur : Morbid Symptoms: COVID-19 And Pathologies In The Body Politic.

Enthousiaste devant une telle mine d’information, j’ai tenté de passer en revue, même rapidement, les articles proposés par ces listes quotidiennes pour en extraire un « best of » très subjectif, comme je l’ai fait dans mon dernier billet. Mais j’ai vite été dépassé. Il me faudrait plus d’une journée pour lire ne serait-ce qu’une fraction des 302 titres proposés hier, sans compter les heures nécessaires à sélectionner cette fraction ! Il est vrai que je me concentre sur les articles en français et en anglais. Ce qui fait tout de même 199 titres. Par ailleurs beaucoup des sources françaises sont réservées aux abonnés : Le Monde, Libération, Alternatives économiques… C’est d’ailleurs une suggestion que je ferais à l’équipe de Syllabus pour améliorer leur recension : identifier les articles qui sont réservés aux abonnés.

Je vais tout de même poursuivre ma revue de ces masses d’infos, tout en sachant qu’elle sera de plus en plus partielle !

l’entraide au temps… (3)

Une adresse des plus utiles actuellement : la Prestation canadienne d’urgence


Des 350 références colligées ces trois derniers jours par l’équipe de The Syllabus qui publie depuis 10 jours son Coronavirus Readings, j’ai retenu celles qui suivent. Rassemblées en 4 groupes : philosophie, politique, économie et transition.


Philosophie

Urgence ou crise ?

Une urgence (emergency) est une situation imprévue, qui amène des mesures temporaires visant à ramener la situation au « statuquo ante », à la normale le plus tôt possible. Une crise peut être prévisible, et même annoncée. Elle se résout habituellement par des changements de rôles ou de structure qui feront que la situation ne sera plus pareil après qu’avant.

The appropriate response to a crisis is not temporary emergency powers but permanent, future-oriented transformation.

Yes, COVID-19 Is an Emergency : It’s Also a Paradigm Shift – Public Seminar

Questions pour temps d’épidémie

Peut-être comprendrons-nous que cette épidémie meurtrière nous offre l’occasion d’extirper de nous-mêmes des couches de graisse, d’avidité bestiale. De réflexion obtuse et aveugle. D’une abondance devenue un gâchis qui a commencé à nous étouffer (et pourquoi diable avons-nous accumulé tant d’objets ? Pourquoi avons-nous à ce point bourré et enterré nos existences sous des montagnes d’objets superflus ?).

Questions pour temps d’épidémie – Libération

L’épistocratie

La rationalité scientifique ne peut pas résoudre les dilemmes moraux !

Les sachants, l’exécutif et le Covid-19 : un triptyque révélateur de l’épistocratie ? | Le Club de Mediapart


The Plague That Killed Athenian Democracy

Want to know how disease can permanently alter a society? Read Thucydides.

Thucydides and the great plague of Athens have a lot to teach us in the age of the coronavirus.

Politique

Cette crise rend visibles ceux qui sont d’ordinaire invisibles

Notre société est quasiment à l’arrêt, cantonnée à ses fonctions essentielles – protéger, soigner, nourrir. Il y a des métiers entiers qui sont dehors pendant que la plupart d’entre nous sommes dedans : caissières, livreurs, soignants, éboueurs, gendarmes et policiers, boulangers… une armée de l’ombre s’occupe de leurs enfants après l’école ou nettoie leurs appartements.

On a beaucoup parlé de «société de la connaissance», il faut aujourd’hui inventer une nouvelle économie des rapports sociaux. Mais il faut défendre une idée extensive du «care» qui ne se limiterait pas au soin porté aux malades, aux personnes âgées et aux enfants. Nous devons l’étendre à toutes ces fonctions qui permettent à la société de tenir debout. La caissière du Monoprix parisien qui habite en banlieue et qui termine à minuit fait partie de ce «care».

«Cette crise rend visibles ceux qui sont d’ordinaire invisibles» – Libération

Grocery Stores Are the Coronavirus Tipping Point

Before he went into quarantine, the Atlanta Whole Foods worker I interviewed overheard a customer walk into the store and say into his phone, “I’m pretty sure I have it; I’m going to the doctor now. I just have to stop at Whole Foods first.”

Can You Get Coronavirus from the Grocery Store? – The Atlantic

Continuer la lecture de l’entraide au temps… (3)

L’entraide au temps du corona*

Journaux et revues en accès libre

Le British Medical Journal donne accès gratuit à tous ses articles relatifs au COVID-19. L’importante revue médicale donne déjà accès libre en temps normal aux articles de résultats de recherche. S’ajoutent donc les articles plus conjoncturels sur l’actuelle pandémie. D’autres revues et journaux ont abaissé partiellement leurs “paywalls” afin de donner accès aux articles sur la crise sanitaire actuelle. Le Globe and Mail, la revue Science, les Carnets de science du CNRS français, le Centre d’information Covid-19 (le Novel Coronavirus Information Center) de Elsevier, le New York Times et sa section The Coronavirus Outbreak, d’accès libre (en donnant son adresse courriel), le Financial Times, The Atlantic, la revue Nature ? Quelques articles dont plusieurs sur le coronavirus semblent d’accès libre; la revue Esprit, annonçait — Covid-19 : nos articles en accès libre; le Centre Déclic : créé par 5 journaux québécois et la revue Québec Science “pour répondre à vos questions”, …

Santé publique ET climat

Les coûts et l’impact de COVID19 mettent en péril les actions climatiques nécessaires et urgentes. Les villes et villages peuvent faire une différence. Ils ont de l’imagination, des compétences, des solutions.

The cost and impact of coronavirus will imperil necessary action on the climate emergency. Towns and cities must use their collective imaginations to make a difference, The Guardian view on Europe’s green deal: stick to the plan


* vous me permettrez cette contraction en référence à L’amour au temps du choléra.

l’entraide au temps du covirus

Je me suis demandé si je ne devais pas me « la fermer », pour ne pas ajouter à la cacophonie et la surcharge d’information… Et puis je me suis rappelé ce que j’ai fait, depuis 25 ans sur Internet. Filtrer, commenter, redistribuer l’information que je trouvais pertinente sur le tout nouveau « WWW ».  Ce travail en est un de recherchiste, « fact checker » on dirait aujourd’hui. Mais c’est plus que fact checker, car ce n’est pas toujours en réaction à une parole publique ou influente. Il y a de la recherche, de l’exploration, de l’intuition dans cette activité de survol d’une quantité incommensurable d’information. 

Je pense que ce n’est pas le temps de me taire, même si je devrai faire preuve de discernement dans l’utilisation des différents canaux qui me sont accessibles. Ne pas inonder Facebook de ce qui sied plutôt au fil Twitter; utiliser mon blogue pour résumer, organiser les éléments déjà commentés sur T ou FB, ajouter sources et extraits plus substantiels. Chaque jour ? Chaque semaine ? On verra.

Les trois tests que les gouvernements ont à passer

Pour nous sortir le mieux possible de ce merdier, selon Michael Sabia, les gouvernements devront passer ces trois tests. Le premier : réussir à protéger les citoyens du virus. Le second test : assurer une descente contrôlée de l’économie vers le bas, vers la quasi inactivité. Le troisième test : profiter des efforts nécessaires pour relancer l’économie pour restructurer l’économie en fonction des besoins de demain.

Governments will need to lead on this. Leaving it to chance will only make the reignition process longer, more difficult and more haphazard. What’s more, we would forfeit a precious opportunity to shape our future economy. Remember Rahm Emanuel’s famous: “You never want a serious crisis to go to waste.”

That means governments need to begin thinking now about a new generation of infrastructure and spending on education. About clean tech and retooling our health-care system. And about refinancing for the long term a small and medium enterprise sector that will emerge from this crisis battered but still the engine of jobs in our economy.

Opinion: In this pandemic, governments will face three tests —including how best to restart the economy – The Globe and Mail

Je me demandais, dans un billet récent, qui avait dit ça. Sabia vient de répondre à ma question : Remember Rahm Emanuel’s famous: “You never want a serious crisis to go to waste.”

Même si nous n’en sommes pas encore aux mesures de relance (le 3e test) il semble bien que le gouvernement fédéral tentera en douce de soutenir l’avenir d’une industrie qui n’en a pas. « Ottawa prepares multibillion-dollar bailout of oil and gas sector« . Ne devrait-on pas plutôt inclure un tel financement public dans le programme général de reconstruction qui devra être élaboré ?

Ce que disait René Lachapelle sur Nous.blogue : « Est-ce que, cette fois, les fonds publics seront consacrés à rétablir la sacro-sainte croissance ou bien prendrons-nous un tournant vers le respect des ressources vitales? »