évolution climatique et paléoanthropologique

OIS-3 (Oxygen Isotope Stage Three) une étude le l’évolution climatique de la planète pour la période entre 60 000 et 20 000 ans avant aujourd’hui. Voir le Stage Three Project. Une source citée (indirectement, il m’a fallu chercher le sens de OIS-3 !) par cette belle page de paléoanthropologie en français. Un cours de Paléontologie humaine, par Michel Brunet, suivi d’un séminaire avec plusieurs contributeurs.

l’émergence du genre Homo, doté d’un cerveau relativement développé et taillant la pierre, est liée aux changements climatiques importants qui eurent lieu aux alentours de 2,5 Ma.

Ce ne serait donc pas seulement l’évolution “récente” (60-40 000 ans) qui aurait été favorisée, précipitée par les changements climatiques, mais aussi l’évolution de fond, du genre Homo.

la rencontre Néandertal – Cromagnon

  • there is every reason to think that modern humans thrived during wet periods in North Africa and the Levant (~135-115 ka and ~105-75 ka).
  • the post-70ka climatic deterioration is a really bad time for people to be venturing into Asia out of Africa; the coastal migration theory is off, because it doesn’t explain Neandertal admixture or the transformation of Asian Neandertals well away from the coast
  • the post-70ka climatic deterioration is precisely the type of ecological crisis that would spur a colony of modern humans, who had been bottled up in their green Arabian peninsula before that time, to venture north, away from their deteriorating homeland, bringing them in closer contact with the Neandertals, and beginning the grand merge of the two populations. [The date of Neandertal admixture: 47-65kya]

La grande convergence (the grand merge) : une manière bien délicate de parler d’une guerre d’extermination. Car comment imaginer autre chose, considérant les atrocités que les différences religieuses et raciales ont impulsé au cours des siècles de l’histoire récente. Par ailleurs on peut très bien imaginer que sapiens sapiens se soit installé dans un “paradis terrestre” pendant quelques (dizaines de) milliers d’années, et qu’il en fut chassé par les changements climatiques.

<Ajout 15 octobre> La sécheresse (ou la détérioration des conditions environnementales et de survie) qui frappa le paradis terrestre moyen oriental ne fut-elle pas une conséquence, au moins en partie, de l’intense occupation du territoire par sapiens sapiens ?</>

humanité : génétique ou culturelle ?

Au Bar des sciences de l’UQAM, le 6 octobre : un philosophe, un historien, un psychologue et un biologiste confronteront leurs points de vue en répondant à la question : l’homme est-il une exception dans le processus de l’évolution ?

Je ne comprend pas la manière dont on introduit le sujet sur le site : L’humain est-il un animal strictement culturel ou son comportement est-il en partie inscrit dans ses gènes? Comment peut-on douter de l’influence des gènes sur le comportement humain ? La bonne question ne serait-elle pas plutôt : la part culturelle dans l’évolution humaine n’est-elle qu’un habillage des instincts-gènes ou si elle a pu se traduire, s’inscrire dans le génome… et jusqu’à quel point ? Notamment, des avancées aussi récentes que l’écriture (par rapport à la culture orale) ont-elles une part génétique ? Une écriture qui a permis le stockage et l’accumulation, l’accélération de la culture (et de la science) au delà des limites précédemment imposées par la culture orale… Mais évitons de mystifier plus qu’il n’est déjà le pouvoir de l’écriture et n’oublions pas le rôle des outils, et de certaines technologies et savoirs qui ont pu s’accumuler et se transmettre sans le support de l’écriture mais tout de même dans des sociétés relativement complexes où les sciences naissantes étaient consignées dans des pratiques de plus en plus spécialisées, transmises de pères en fils, de mères en filles ou par des sociétés-fraternités plus ou moins secrètes : agriculture, chasse, fonderie, architecture, médecine… des techniques et savoirs qui n’ont pas attendues l’arrivée de l’écriture pour se développer.

La culture orale, développée et transmise pendant plusieurs centaines de milliers d’années (les premiers outils en os datant de 1,7M d’années; la maîtrise du feu de 0,5M), puis la culture accélérée et accumulée par l’écriture – depuis quelques milliers d’années à peine… quelques petites dizaines, si on met au compte des premières formes d’écriture les contes picturaux de l’ère magdalénienne et ces tablettes-calendriers.

séquençage du Néandertal

Un article en accès libre de la revue Science décrit l’avancée que représente le séquençage du génome de notre cousin Néandertal (à partir de trois individus). Des comparaisons ont été faites avec les génomes humains tirés de 5 régions du globe.

Une section spéciale d’accès plus facile que l’article, elle aussi en accès libre, fait le point sur les recherches récentes et moins récentes sur l’homme de Néandertal.

Comme le dit le NouvelObs : Un examen détaillé du génome de l’homme de Néandertal révèle qu’il y a un peu de lui en chacun de nous: de 1 à 4% des gênes des peuples d’Europe et d’Asie proviennent des Néandertaliens, selon une nouvelle étude.