transition fulgurante et Apocalypse

Je découvre Marie Noël, dans les suites d’un article sur le site de Paul Jorion. Le dernier qui s’en va… en réponse/lien avec La transition fulgurante. Vers un bouleversement systémique du monde.

Voir ce long extrait de Chants d’arrière-saison. Poème au ton apocalyptique. On le serait à moins : on est en 1961, c’est le paroxysme de la guerre froide et du danger de guerre nucléaire. Un discours qui semble pourtant plus que jamais d’actualité.

Résurgence du christianisme, de la foi, dans ces moments de désarroi où les repères se vident de leur sens, perdent pied ? [Ce qui semble contredire le discours de Marie Noël qui dénonce (avec combien de finesse et d’élégance) le caractère figé, incapable de la réponse de la tradition religieuse aux drames et troubles imprévus, non traditionnels.]

 J’ai horreur de l’incontinence sentimentale… des gens qui font tout leur cœur sous eux. Mon cœur, je n’en parle pas. Je le tais ou je le chante. (…)

Ces proches, bienveillants ou non, se prêtent main-forte en bons alliés dans les cas de malheurs officiels, décès, accouchements, accidents, maladies, mais comme nul d’entre eux, au fond, ne connaît l’autre – et bien moins que les étrangers – ils ne sont d’aucune ressource dans les crises profondes, aux heures mystérieuses du mal vrai. Ils ne sont là, alors, que pour imposer à la douleur, un masque, un silence, une bonne tenue. [Marie Noël, Notes intimes]

Quel souffle, tout de même.

transitionfulguranteLe livre de Giorgini est celui d’un chrétien qui s’ouvre à un humanisme basé sur « une transcendance issue de l’immanence de l’amour ». La fulgurance des transformations concomitantes ouvre sur une « guerre contre nous-même ». Urgence de la responsabilité.

Qui est le plus responsable, le plus conscient ? Le chrétien militant pour la justice et luttant avec empathie auprès des pauvres et exclus ? ( En contrepoint, Marie Noël : « Il y a dans le catholique un être satisfait, supérieur, celui qui possède la vérité. ») Ou l’athée portant sur ses épaules la résolution des problèmes de l’humanité… Un athée qui sera lui aussi, le plus souvent, militant d’une organisation, d’un mouvement, d’un parti qui comme la religion, viendra soutenir, orienter sa conscience. En ce sens, il ne faut pas confondre athée et libre penseur. On peut être athée et conformiste, confortable, consommateur… On peut être athée et con.

poèmes français

Ubuweb, une découverte… où je trouve ces fichiers sonores de poésies françaises récitées par Jacques Doyen et Jacques Lasry (1966) :

1. Villon – Ballade des dames du temps jadis
2. Clement Marot – De sa grande amie
3. Louise Labbé – Sonnet
4. Ronsard – Sonnet à Hélène de Surgères
5. Lamartine – Automne
6. Musset – Tristesse
7. Nerval – Fantaisie
8. Hugo – Bons conseils aux amant
9. Verlaine – Gaspard Hauser chante
10. Baudelaire – La mort des amants
11. Rimbaud – Roman
12. Laforgue – Complainte de l’oubli des morts
13. Apollinaire – Salomé
14. Valéry – La fileuse
15. Cocteau – Un ami dort
16. Mallarmé – Hérodiade
17. Eluard – Le couvre-feu
18. Aragon – Excuses pour en finir

la grange de retour ?

Après avoir fouillé sous le capot de ce carnet depuis quelques jours… j’apprend que la vache de Karl s’en revient à Montréal. Ça me rappelle soudain le style minimaliste du carnet de ce poète urbain qui parcoure le monde depuis quelques décennies, amoureux du code et de la langue… l’œil toujours prêt à saisir le moment de grâce, la couleur offerte…

Heureusement il n’y a pas que la vache qui s’en vient à Montréal