littératie et santé

Des cartes des provinces et régions socio-sanitaires du Canada avec données fines sur les niveaux de littératie en santé. Ci-contre la carte de Montréal. Ici la carte de Toronto.

La pauvreté est ici couplée d’une dimension culturelle, d’un problème d’accès à l’information… c’est le sens de littératie. De ce point de vue, des quartiers comme Hochelaga-Maisonneuve sont pauvres mais en matière de littératie et santé ils le sont moins que les quartiers St-Michel et St-Léonard.

Une référence (le graphique du mois) du dernier numéro (#69) de PolitiquesSociales.net

SSE et santé

Pour des conditions de santé comparables, les enfants de milieux socioéconomiquement défavorisés sont plus susceptibles d’être hospitalisés. [Reuters Health] & [Archives of Pediatrics]

Les enfants de parents stressés sont plus susceptibles de manifester de l’asthme à la suite d’exposition à la pollution due au trafic ou à l’exposition intra-utérine au tabac. [Reuters Health] & [PNAS]

Le statut socioéconomique (40%), mais aussi le QI (25%) expliquent les différences de maladies cardiaques !

In general, the study found, men of the lowest socioeconomic status — measured by income, occupation and education — were between two and seven times more likely to die of causes related to heart disease than the most advantaged men.

“Classical” risk factors, including high blood pressure, smoking and obesity, explained about 40 percent of the disparity, according to the researchers. But IQ itself also appeared to play a role, explaining another quarter of the socioeconomic gap. [Reuters Health] & [European Heart Journalarticle in extenso]

SSE: statut socioéconomique

la prévention contre l'équité ?

Un article très provocateur tiré du très réputé British Medical Journal, écrit par une omnipraticienne anglaise, Iona Heath : In defense of a National Sickness System. J’avais conservé sur mon bureau ce court article d’une page, dont je vous cite donne ici un assez long extrait :

A National Health Service committed to prioritising the prevention of sickness above its treatment would accelerate the pursuit of biometric risk factors for this or that disease and the development of statistically effective treatments for each one in turn. This process legitimises investment in the wholesale drug treatment of healthy people and the increasing costs of this begin to pose a very real threat to the provision of universal healthcare systems that are available and accessible to all. No universal healthcare system, funded through taxation, can possibly pay for the pharmaceutical treatment of all risks to health. An excessive and unrealistic commitment to prevention of sickness could destroy our capacity to care for those who are already sick; everyone, in time, must become sick and die. One of the ambitions of preventive health care is that it will reduce the gap between rich and poor, but health inequalities reflect wider societal inequalities and cannot be solved by a health service operating within a persistently unequal society. As Peter Skrabanek asked many years ago, why does poverty matter only when it creates illness and disease? Why are we not appalled by poverty because it is “cruel, demeaning and unjust” long before it manifests itself as ill health? Through recent advances in psychoneuroimmunology, we begin to understand how the chronic psychosocial stress of finding oneself at the bottom of society’s pile leads to compromised immunity, disordered metabolism, and premature disease. The primary solution should not be medication but a genuine commitment to fairness and justice in a humane society. [BMJ]

Je ne suis pas certain que l’article soit accessible aux non abonnés au site (de là la longue citation). C’est un discours plutôt iconoclaste que de défendre un “système de maladies”. Sûr que la prévention n’est pas suffisamment développées dans nos systèmes encore très médico-pharmaco-hospitalocentrés. Mais il n’est pas inintéressant de se rappeler que le développement de méthodes massives de dépistage et de traitements précoces peuvent amener non seulement une médicalisation (préventive) de la société entière – le pouvoir des ayatollahs de la santé publique – mais aussi une certaine dimminution de l’équité dans l’accès aux soins pour les malades, en contexte de ressources limitées. N’est-il pas évident que plus il y aura de systèmes élaborés de prévention et de pressions sociales pour des comportements sanitaires… plus il y aura en corollaire une certaine stigmatisation des malades ? Et sa note sur la connaissance (psychoneuroimmunologique) de plus en plus fine que nous avons des processus qui conduisent ceux qui sont au bas de l’échelle sociale à devenir plus malade plus tôt nous rappelle que l’équité en matière de santé passe plus par la justice sociale et économique que par la prévention.

à la santé des Français !

Près de 3 millions de chiffres ! Départements, régions et France décrits sous toutes les coutures, disponibles depuis le 24 janvier 2007 :

Dépenses de santé, démographie médicale, activité des médecins, taux de mortalité…, avec les bases de données ECO-SANTE, l’ensemble des données concernant l’économie de la santé est directement et immédiatement accessible sur un micro-ordinateur (gratuitement)

Des données sur le Québec étaient disponibles déjà.

Et parlant de la santé en France, un petit bulletin Questions d’économie de la santé, est disponible gratuitement en format PDF. Des sujets intéressants à chaque parution : Les inégalités des chances en santé, l’hospitalisation à domicile, la santé dans les zones urbaines sensibles… Et pour la bonne bouche, un petit bulletin hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire.