stimulations et simulations précoces

Les connaissances qui s’accumulent sur la nature du cerveau, sur son développement lors des premiers mois, premières années de croissance mettent en évidence l’importance de cette période pour la formation de la personnalité future. Les conclusions de la recherche sur la maturité scolaire de même que les interventions de programmes visant les mères et leurs enfants de milieux défavorisés n’ont pas d’autre base.

Les apprentissages langagiers, sociaux et expérientiels au cours des premières années sont cruciaux pour les générations à venir : creusets de vocabulaires, de personnalités, de culture. On devrait pouvoir lever une campagne de stimulations langagières, sociales, expérientielles pour les enfants de 0-3 ans DANS CHAQUE PAROISSE DE CHAQUE RELIGION, dans chaque localité de chaque structure administrative publique.

Le financement de telles initiatives devrait venir, prochainement, de cette nouvelle structure Québec enfants, dont la nature mixte (fonds publics et privés) soulève encore bien des questions. Questions qui, si elles ne sont pas clarifiées peuvent entraver l’atteinte des objectifs, probablement louables, de cette fondation. Que des ententes soient prises sur de longues périodes (dix ans) engageant des sommes importantes dans des structures “à l’abris des pressions publiques”: on devrait favoriser une révision des méthodes et objectifs de tels plans décénaux, en cours de route, disons après 3 ans, ou tout au plus à mi-parcours, après 5 ans. Une évaluation qui devrait solliciter, susciter la participation large des “parties prenantes”. Cela pourrait assainir l’atmosphère et faciliter la mobilisation des communautés autour d’objectifs de développements sociaux.

La planification et l’articulation de ces interventions nouvelles avec les ressources déjà en place (CPE, CLSC…) serait grandement facilitée si le plan de développement des nouvelles places en CPE, par exemple, était à aussi long terme que celui des investissements de la fondation. De façon à planifier le passage et la collaboration des ressources à mesure de leur mise en place. Il serait peu souhaitable que l’instauration de ces programmes de stimulation précoce et de soutien aux jeunes familles retardent ou remplacent le développement attendu de ressources plus lourdes et couteuses telles les places en CPE.

Par ailleurs il est évident que le rôle de ces interventions de stimulation sera différent, selon qu’il y a ou non suffisamment de ressources dans les milieux “naturels”. Le rôle de ces nouveaux programmes devrait peut-être faciliter l’atteinte, le “reaching-out” de clientèles difficiles à rejoindre avec les structures et programmes habituels… Une approche d’habilitation et d’empowerment est toujours pertinente pour éviter de stigmatiser des populations marginalisées (par l’origine ethnique, le manque de ressources…). L’étude sur la maturité scolaire a justement mis en lumière un fait intrigant : certains secteurs parmi les plus atteints dans leur “maturation” scolaire démontrent aussi une vitalité en terme de maturité sociale plus élevée que la moyenne !  Tabler sur cette différence, cet acquis, cette qualité pour approcher de manière habilitante cette population et lui donner la chance de jouer un rôle, de faire servir son “savoir” et son habileté auprès des autres voisinages… serait une approche intéressante.

Pour tabler sur cette différence nous devrons la comprendre, y aller voir pour trouver l’explication… qui est peut-être assez éloignée du cadre de référence conceptuel de l’étude sur la maturité scolaire.

Si certains groupes de parents / enfants ont des raisons de craindre, de se méfier des discours savants, des politiques institutionnelles ou des pressions culturelles, comment les approcher sinon de l’intérieur, par l’intermédiaire de “passeurs”, de premiers contacts qui accepteront de jouer un rôle dans leurs communautés d’appartenance.

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