collaborer à la chose publique

Ostrom found that individuals will cooperate if, among other things, they are able to participate in governance, monitor the compliance of others, and punish cheaters. “When people have trust that others are going to reciprocate, then there can be cooperation,” she says. “When there is no trust, there is no cooperation unless people are facing the gun.” (extrait de la revue Science, 16 octobre 2009)

Ostrom, récipiendaire du Nobel d’économie de cette année (avec Williamson), dont le sujet de recherche a été la coopération pour  la gestion des ressources communes (the commons). Ses études portant, notamment, sur la gestion collective des pêcheries, où certaines collectivités ont réussi à protéger ou faire renaître des stocks mis en danger par des comportements individuels (ou de marché) de courte vue.

L’importance de “punir les tricheurs”, comme un facteur favorisant la participation (et la confiance) dans la gestion de la collectivité. Un sujet de premier plan, par les temps qui courent, tant au niveau municipal que provincial. Aura-t-on droit à une commission d’enquête sur les dessous de l’industrie de la construction ou si les règles habituelles de surveillance seront jugées suffisantes ?? C’est ce dernier point de vue que privilégie gouvernement libéral, mais cela coûtera en confiance de la part du public. Confiance qui est liée à la participation politique. Peut-être certains gouvernements ne souhaitent-ils pas vraiment augmenter la participation politique ?

Le grenouillage au niveau municipal entre le monde de la construction et celui des élus devrait plutôt ajouter à la pertinence d’une telle enquête publique ! C’est sûr que de telles commissions font les choux gras des médias, et ne garantissent pas, loin s’en faut, que la corruption et les malversations disparaîtront du décor. Mais s’il n’y a pas réaffirmation régulière, rituelle même de certaines règles et punition publique de ceux qui s’en écartent, c’est la montée lente, imperceptible mais inévitable du pouvoir sombre de l’argent et des gros bras…

Et dans le contexte de dépenses pour la relance qui ont été (ou seront) faites plus rapidement, la mise en place de mécanismes supplémentaires de surveillance pourrait se justifier ?

Publié par

Gilles Beauchamp

Formation en recherche culturelle, de 1973 à 1976, puis en sociologie de 1986 à 1993, à l'UQAM. Organisateur communautaire dans le réseau de la santé, CLSC Hochelaga-Maisonneuve puis CSSS Lucille-Teasdale, à Montréal, de 1976 à 2012.

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