politique municipale

Notes en marge de Sauver la ville, de Daniel Sanger

Les municipalités et villes sont des « créations des gouvernements provinciaux ». La Cour suprême du Canada vient de le réaffirmer en refusant d’invalider la décision, pour le moins maladroite et grossière, du gouvernement Ford de réduire drastiquement le nombre d’élus au conseil municipal de Toronto, cela en pleine campagne électorale en 2018 ! Un geste qui avait toutes les allures d’une revanche de la part d’un ancien élu municipal devenu premier ministre.

Les municipalités du Québec ont aussi connu leur lot de brassage des cartes quand il y eut les vagues de fusions, imposées par un gouvernement du Parti Québécois — ce qui, pour la Ville de Montréal permettait, enfin, d’unifier un patchwork de petite municipalités indépendantes sur l’île. L’initiative de Jean Charest, prise dans le feu de la campagne électorale de 2003, de promettre la possibilité de se défusionner, à la surprise1 du Parti Libéral et des maires des anciennes villes de l’ouest de l’île qui s’étaient faits à l’idée et avaient trouvé leur place dans la nouvelle Grande ville… montre bien que la planification et la rationalité ne sont pas toujours présentes dans ces décisions qui structurent (ou déstructurent) nos gouvernements de proximité.

par Daniel Sanger

La lecture, que j’ai trouvée passionnante, de cette chronique relatant la montée vers le pouvoir d’un nouveau parti politique montréalais, Projet Montréal, donne à penser sur la nature même de l’engagement et des affiliations politiques au niveau municipal. Le nombre de transfuges, la facilité avec laquelle de nouveaux partis sont créés à la veille d’une élection… la facilité, relative, avec laquelle on tente ou prévoit fusionner ces partis, derrière des portes closes… cela donne vraiment l’impression que les partis sont, pour certains, d’abord des véhicules pour l’atteinte d’objectifs personnels : prendre et conserver le pouvoir, obtenir une place au conseil exécutif… avec les émoluments qui s’y rattachent. C’est vrai que le « parti », à l’échelle municipale, se résume souvent à un rassemblement autour d’un maire potentiel, autour d’une marque, d’un slogan, d’une image. Et même, parfois, ce rassemblement trouve sa force principale dans le fait d’être « contre », de vouloir simplement déloger l’équipe en place. L’étude des politiques, la base militante et le membership sont alors de peu d’importance.

On pourrait dire la même chose de partis politique provinciaux ou fédéraux… La personnalité du chef et quelques slogans tiennent parfois lieu de programme lorsque la conjoncture s’y prête. Mais tous les partis n’ont pas cette même évanescence ou la même centration autour de la figure du « chef ». Les partis de gauche ou sociaux-démocrates ont sans doute une meilleure tradition de démocratie intérieure, avec des instances locales et régionales dynamiques favorisant la discussion et la réflexion. Mais les grands cultes de la personnalité à la Staline ou Mao viennent infirmer cette perception. Et la militance de droite, en particulier depuis l’antagonisation de la vie politique américaine, me semble bien vivante.

L’obligation devant laquelle nous nous trouvons, collectivement, de changer de régime, de « paradigme« , devant les dangers et catastrophes qui s’annoncent devrait-elle favoriser l’ancrage des pratiques politiques dans des structures plus démocratiques et ouvertes ? C’est ce que je me dis parfois : il faudra plus que des fonctionnaires compétents et des élus allumés pour amener les gens, avec leurs familles et leurs entreprises, à effectuer un virage, un changement relativement radical dans leur manière de vivre, de travailler, de consommer, de se déplacer. Pourtant on a parfois l’impression que la base militante d’un parti devient une nuisance lorsqu’il s’agit de gérer l’appareil gouvernemental : il est plus facile de se replier sur un exécutif serré pour agir d’une main ferme et ordonnée. Les débats et tendances contradictoires peuvent devenir paralysants lorsque les questions sont complexes et les intérêts multiples.

Cette complicité entre élus et membres (et sympathisants) d’un parti est non seulement importante pour porter et développer le programme du parti, mais aussi pour influencer les autres instances, dimensions de l’action citoyenne : pour que Montréal soit branchée sur la province, sur le pays. Pour que tous les Québécois se sentent Montréalais. Et vice-versa.

À la fin de son livre Brève histoire de la gauche politique au Québec, qui comprenait une description assez détaillée de la naissance et des premières victoires électorales de Québec Solidaire, François Saillant se questionnait :

« Plusieurs dizaines de personnes s’activent désormais à sa permanence et auprès de son aile parlementaire. Une partie d’entre elles peut se consacrer à temps plein au travail du parti, ce que peu de membres ont la possibilité de faire. (…) Comment est-il possible, dans une telle situation, de faire en sorte que les membres conservent le plein contrôle de leur parti et que leur contribution lui demeure essentielle? »

Jonathan Durand Folco, dans le dernier numéro de la revue Relations,2 critique l’orientation sociale-libérale de Projet Montréal, qu’il définit comme combiner des mesures sociales et écologiques à une politique économique relativement orthodoxe capable de s’accommoder du statu quo néolibéral. Mais face au possible retour de Denis Coderre, il est préférable, dit-il, d’appuyer Projet Montréal et Valérie Plante, afin d’avoir une « administration plus ouverte aux idées progressistes, avec laquelle il sera plus facile de dialoguer et la convaincre de réaliser des changements plus radicaux… à condition bien sûr qu’il y ait des forces sociales pour la pousser à bousculer le statu quo. »

Ces fameuses forces sociales sans lesquelles aucun parti, aucun gouvernement ne peut faire autre chose que de gérer le stock de chaises (et la playlist) sur le pont du Titanic. C’est une autre manière de nouer, soigner les relations entre société civile et société politique qu’il nous faut, et vite !

Valérie Plante nous a prouvé qu’elle savait être « L’homme de la situation » au cours de son premier mandat. Saura-t-elle être « La femme de la situation » dont nous avons un urgent besoin ?

  1. Sauver Montréal, p. 67  (retour)
  2. Article repris pour l’essentiel dans Le Devoir du 5 octobre  (retour)

manifestation policière

manifestation policière

De passage coin Ontario et St-Denis, hier, je me demandais ce qui pouvait justifier une telle démonstration de force : j’ai dénombré plus de 100 auto-patrouilles stationnées dans les alentours (et sans faire de relevé systématique). Pour une centaine de manifestants, il y avait, facilement, de quatre à cinq fois plus d’agents (à pied, à cheval, à bicyclette, en voiture…). Il s’agissait de la manifestation « annuelle » contre la brutalité policière.

Pourtant ce matin, aucun journaliste ne semble relever la disproportion de la présence policière en regard du nombre de manifestants. On met plutôt l’accent sur le fait que les policiers n’ont pas fait la gaffe de tabasser les manifestants. Bon pour eux. Et pour nous. Suis-je le seul à me demander combien une telle manifestation de force inutile a pu couter au contribuable, ce dimanche de mars ?

On aurait pu en faire de la prévention et de la formation, avec de montant…

échanges internationaux & interprovinciaux

Un article du G&M (Canada’s blockated bridges to provincial trade) de ce lundi 24 juin, sur les blocages traditionnels dans les échanges entre les provinces canadiennes qui empêchent actuellement la finalisation d’ententes internationales d’échanges commerciaux, avec l’Europe notamment.

Le Québec, encore plus s’il devenait indépendant, aura toujours besoin d’accroitre son accès au marché européen, parce qu’il continue de s’inscrire dans l’économie mondiale et qu’il ne veut pas être à la merci des seuls marchés américains.

Si l’exemple de l’interdiction de l’addition de lait à la margarine peut faire sourire, la victoire récente du Japon devant le tribunal de l’OMC (Organisation mondiale du commerce – World Trade Organisation) contre l’Ontario qui exigeait un certain contenu local… nous laisse songeur. Est-ce à dire que toutes les campagnes visant à « acheter local » deviendront illégales ?

Pourtant l’Europe, celle qui pousse actuellement pour qu’on donne un accès plus libre à leurs fournisseurs, n’est pas sans avoir ses nombreuses et importantes limites aux échanges commerciaux : appellations contrôlées, marques de commerce, exigences de qualité sont autant de grilles et barrières auxquelles s’ajuster.

Quand les camionneurs et constructeurs ontariens viennent bloquer le pont entre Ottawa et Gatineau, pour dénoncer les « tracasseries bureaucratiques » les empêchant de travailler au Québec, on se demande : faudra-t-il avoir un code du bâtiment uniforme ? Avoir des écoles de métier synchronisées ? Avoir des codes de conformité alimentaire, de transport, de formation, de communication et de commerce qui soient compatibles, comparables à ceux des Européens ? Ça sera pas de la tarte ! « a new generation of much more expansive international trade agreements », en effet.

Dans un second article sur le thème, What’s delaying our trade negotiations? Trade negotiators, Jeffrey Simpson laisse entendre que les protections culturelles demandées par la France sont exagérées : France wants to protect its “cultural industries.” (Against what – films from Quebec?) Il me semble évident que la protection des industries culturelles françaises, c’est face à la concurrence de Hollywood et des conglomérats culturels anglo-saxons qu’elle prend son sens. Et comme l’entente entre le Canada et l’Europe devait se conclure avant celle de l’Europe avec les USA, l’inscription de l’exception culturelle devenait précédent.

Il n’est plus impensable qu’une entente entre l’Europe et les USA se négocie avant que celle engagée entre le Canada et l’Europe se finalise. Évidemment que le Canada ne fait pas le poids devant un demi-milliard d’Européens. C’est plus gros, plus complexe que les USA. Peut-être les Européens croyaient-ils pouvoir utiliser le « petit » Canada pour établir un moule, créer un « pattern » qui leur soit favorable ? Le partenaire canadien se voyant incapable de « livrer la marchandise », c’est à dire se conformer à des normes plus sévères, plus complexes, déjà établies et mises à l’épreuve dans les échanges entre les 27 pays d’Europe, les négociations se feront maintenant entre les deux grands blocs de l’Union européenne (504 millions d’habitant – 2012) et des États-Unis d’Amérique (315 millions d’h. – 2012).

Ces négociations entre deux mastodontes s’amorcent seulement et on peut compter qu’elle seront longues et difficiles. Quelle place restera-t-il pour le Canada ? Ou le Québec ? Lui faudra-t-il simplement attendre que « ça se décide entre les grands » ? Le marché interne des USA est-il plus « libre », plus unifié que celui du Canada ? Peut-être sur certains aspects, mais sur d’autres il semble encore plus divisé, les politiques locales davantage sous influence que les politiques canadiennes. Si c’est possible ! Ce n’est pas en rabotant l’exceptionnalisme culturel Français qu’on avancera vers une solution. C’est sûr que les fromages québécois ne se seraient pas développés aussi bien au cours des dernières décennies si les marchés avaient été inondés par les fromages français. Mais cette industrie n’est plus naissante et elle pourrait profiter d’un accès à un marché plus appréciatif de la qualité de ses produits que les mangeurs de Cracker Barrel canadiens.

Les produits culturels québécois ont, jusqu’à un certain point, un bon accès au marché français. Qu’en est-il des travaux des ingénieurs, des informaticiens, des avocats et comptables ? Des administrateurs et des animateurs ? Des plombiers ?

« In many ways, Canadian provinces are more powerful than nations are within the EU. There remain more trade and labour mobility barriers among the 10 provinces than exist among the 27 EU countries. Welfare and health-care policies are harmonized among the EU states, but remain largely chaotic and disorganized among the provinces.

The provinces will always be with us. But when Canada has accomplished things in the world, it has been because national leaders have been able to rise above the provincial morass, strike deals, make compromises, buy off grievances and deal with the world as a unified country.

As the Europeans have been amazed and horrified to discover, that kind of leadership does not exist at the moment. »,disait Doug Saunders dans Our petty provincialism threatens free trade ambitions.

L’exception culturelle française, racontée comme une saga : Pourquoi l’«Exception culturelle» est un combat légitime, sur Slate.fr mercredi dernier.

l’affaire Rogoff-Reinhart

Je n’avais pas entendu parler de Rogoff et Reinhart avant ce matin, quel ignorant j’étais ! Il semble que ces économistes américains aient fourni les arguments « scientifiques » aux prêcheurs d’austérité en Europe… mais que leurs erreurs méthodologiques aujourd’hui reconnues semblent tout à coup invalider.  Yakabuski, en conclusion de son article A simple data error, and Europe’s pain : Une simple erreur de donnée et l’Europe se remet à dépenser. Il n’y va pas de main morte dans son diagnostic sur l’Europe : « too much spending toward supporting those over 60 ». Il faudra des réformes structurelles pour intégrer les jeunes qui chôment à 40, 50 ou 60 % dans les pays endettés.

Mais ces réformes semblent orientées vers une vision particulière « No amount of austerity will do the trick unless structural reforms needed to spur entrepreneurship and private investment are implemented ». La confiance des investisseurs et la réforme des lois du travail semblent les seules voies possibles, en complément de l’austérité, pour sortir l’Europe de la crise.

La plume colorée du journaliste du G&M (« the bite of a poor pinot noir ») nous fait presqu’oublier le ton lourdement idéologique de ce commentaire, ou le jugement de valeur l’emporte sur l’argument. La scène est campée dans l’opposition entre dépensiers et économes… le privé et le public… alors que, finalement, la leçon à tirer de cette affaire Rogoff-Reinhart est qu’il n’y a pas de mesure simple ni se seuil magique (comme 90 % du PIB d’endettement) pour dire la relation entre l’endettement et la croissance. Voir Krugman.

Normand Baillargeon raconte avec beaucoup de pédagogie cette affaire Rogoff-Reinhart, posant finalement la question « Comment expliquer que des idées aussi simplistes, puis discréditées, que celles de Laffer et de Reinhart et Rogoff aient pu avoir l’influence qu’elles ont eue? » Le biais de confirmation. Cette tendance qu’a l’esprit humain à préférer ne retenir de l’information disponible que celle qui vient confirmer son point de vue. Ce qui conduit aux discussions de sourds, aux parti-pris idéologiques qui ne s’emm…êlent pas avec des considérations méthodologiques ou scientifiques – ne retenant des faits que ceux qui viennent confirmer l’opinion, le sens commun, le préjuger.

Mais si c’est vraiment ce biais de confirmation qui est à l’oeuvre, la théorie Rogoff-Reinhart, qui n’était en fait qu’une rhétorique, sera remplacée par une autre. Mais ce qui est en jeu ne sera pas résolu par une théorie ou une autre. Cela le sera par la pratique, la négociation, l’innovation, le risque, le compromis, la continuité et la rupture… Ne voir l’avenir (et mesurer le présent) qu’à travers la « confiance des investisseurs » ou la liberté d’entreprendre… et réduire le volet public de l’équation à « la réforme du travail »… c’est peut-être une position confortable dans certains salons, entre amis, mais ça n’ouvre pas vraiment de porte au dialogue constructif et inventif dont nous avons le plus grand besoin.

Si les conservateurs et autres apôtres de l’austérité (des comptes publics – car les personnes privées doivent continuer de pratiquer les vertus de l’enrichissement) peuvent perdre un peu de leur assurance vindicative à l’occasion de ce retournement – il ne faudrait pas que les Keynésiens se contentent de glousser de joie.  C’est l’occasion rêvée de construire des ponts, ouvrir des discussions sur de nouvelles bases, un peu moins idéologiques, un peu plus « au ras des pâquerettes ».

inégalité sociale et émeutes de 2011 en Angleterre

Une commission gouvernementale (Riots, Communities and Victims Panel) rendait son rapport public (After the riots – pdf) en mars dernier. Si vous ne souhaitez pas vous taper les 150 pages, un résumé (digest) de 7 pages vient d’être publié par le blog Equality trust. Inequality and the riots – pdf. Les effets à long terme de l’inégalité sur les résultats scolaires, l’engagement social, la criminalité…

Le rappel de cette période trouble qu’a vécue la plus vieille démocratie moderne devrait aider à relativiser les propos de ceux qui trouvaient les manifestations de casseroles québécoises dérangeantes !

la contribution des riches

Deux semaines que j’ai sur mon bureau ces quelques paragraphes tirés de quatre textes, que j’avais ambitieusement titré La contribution des riches… Tant pis si je n’ai pas un billet à la hauteur, ces citations vous inspireront sans doute autant que moi !

There are plenty of very rich Americans who have a sense of perspective, who take pride in their achievements without believing that their success entitles them to live by different rules. But Mitt Romney, it seems, isn’t one of those people. And that discovery may be an even bigger issue than whatever is hidden in those tax returns he won’t release. [Paul Krugman, Pathos of the Plutocrats]

Les deux premiers textes parlent de la même chose : la propension qu’ont certains riches à oublier qu’ils ne se sont pas faits tout seuls et que, à vouloir absolument réduire la taille de l’État ou les réglementations, on finit par scier la branche sur laquelle on est assis. La plume de Krugman est plus concise, et plus douloureuse aux flancs du camp Romney.

To me, this is the nature of the strain on the system at present. It’s not that incomes at the top are soaring while those at the middle have been stagnant for several decades. It’s that those at the top seem, for the most part, to have abandoned any sense of responsibility for maintaining public support in the system that enriches them. On the contrary, they seem to have become ever more willing to flout societal norms in pursuit of ever greater wealth.

That’s their right, of course. But I think Mr Obama is on to something in suggesting that this behaviour is ultimately corrosive to the free-market system. Elites may agree that free markets are both more efficient and moral than alternatives. They should also recognise that free markets can only be sustained by the consent of the majority. The public grants the rich the right to their wealth if and only if they agree that the rich deserve it. [« You didn’t build that », Free exchange, The Economist]

On peut se demander si, comme le laisse entendre la fin du second extrait, la légitimité de la richesse est vraiment « accordée par le public »… Il est surprenant, et décevant, de constater qu’on se chicane encore à savoir s’il faut plus ou moins d’État, de taxes – et ce dans le pays développé qui en impose le moins ! – alors que les grandes questions, les grands enjeux sont passés sous silence. On fait comme si les marchés financiers n’avaient pas failli, à plusieurs reprises au cours des dernières décennies; failli à leur devoir de favoriser le développement, l’innovation, le progrès. On fait comme si la crise environnementale et écologique n’était encore qu’une hypothèse, une menace lointaine – ou un contexte naturel sur lequel l’homme n’aurait que peu d’emprise ou de responsabilité. Après moi, le déluge semble l’attitude généralisée…

Malgré la chaleur ambiante, l’extrait suivant donne des frissons dans le dos.

There is much more warming already baked into the cake based on the carbon that has been released into the atmosphere. Bill McKibben writes that so far, the global temperature has risen 0.8 degrees Celcius, and that the carbon already emitted into the atmosphere will probably generate another 0.8 degree increase—distressingly close to the 2-degree threshold governments have agreed would be too risky to cross. To keep the world below that threshold, Mr McKibben says, would require humanity to limit future emissions to an estimated 565 gigatonnes of CO2. But if you estimate the emissions that would be generated by burning all the fossil fuels in the known reserves of private energy companies and sovereign governments—just the known reserves—that adds up to 2,795 gigatonnes of CO2. [The heat is on, The Economist]

Les décideurs agissent comme si les manières de faire pouvaient encore se perpétuer et même servir à trouver des solutions, alors qu’elles sont à l’origine de la crise actuelle. Laisser le marché régler, gérer le secteur des énergies conduit à accélérer la consommation d’énergies fossiles plutôt qu’à la réduire. On pouvait encore imaginer une régulation par le marché dans le contexte d’une « théorie du pic pétrolier » où la rarefaction de la ressource amenerait une augmentation des prix, et la recherche d’alternatives… mais l’irruption des gaz de schistes dans l’équation a conduit à une baisse des prix : le marché n’a jamais été aussi florissant. Le réchauffement climatique accroît la demande en énergie, notamment pour la climatisation, et accélère d’autant le réchauffement ! Comment compter sur la vertu autorégulatrice du marché dans ce contexte ?

Pour tenir compte des gaz à effet de serre déjà émis (already baked into the cake), il faudrait réduire la consommation à moins de 20% des ressources actuellement entre les mains des producteurs… Peut-on compter sur le sens des responsabilités des pétrolières et industries connexes (automobile, développement urbain étalé…) pour orienter différemment le développement ? Quand les seules perspectives structurantes qui nous sont présentées sont des Plan Nord et des pipelines… il y a de quoi douter.

I’ve always felt that as long as Moore’s Law is operating, and it shows no sign of letting up, that we aren’t doing our jobs if the tech industry isn’t tracking its growth in a linear fashion. The boom-bust cycle is a product of the lack of vision of the VCs. Or our over-reliance on VCs to lead the investment decisions of the tech industry. [Dave Winer, The twilight of the User/VC]

Même au niveau strictement technologique la mécanique du libre marché ne semble pas fiable. La contribution des riches… est de s’enrichir ! La richesse accumulée entre les mains de la minorité est sans doute plus fluide, plus disponible pour l’investissement (et le risque associé à l’innovation) mais en même temps, elle est moins responsable, moins liée à la qualité de vie à long terme puisque soumise à des règles de rendement à court terme qui ont plus à voir avec la peur et l’appât du gain qu’avec toute éthique du développement.

Des mouvements comme Occupy Wall Street ont mis en lumière les excès de richesse du « 1% »… mais qui sont vraiment les riches, quand on regarde l’avenir à plus long terme : les 1 % les plus riches, ou les 30 %, ou les 50 % ? À ne fixer son regard que sur l’extrême, on évite de penser aux changements que la majorité d’entre nous aurons à engager pour sortir de la voie sans issue du développement à court terme basé sur la consommation d’énergies fossiles à bon marché…

un manifeste pour le bon sens économique

Dans un langage clair, simple, Paul Krugman résume les arguments fallacieux qui sont donnés pour justifier les mesures de compression dans les dépenses publiques alors que la situation économique globale devrait pousser au contraire. À lire, à traduire !

A Manifesto for Economic Sense

Ajout : une traduction offerte sur Rue89 Manifeste pour le retour à la raison économique.

grande noirceur – droit devant

Après avoir transformé le questionnaire long du recensement américain en un sondage volontaire, le Congrès américain décide de l’abolir. Est-ce ce qui attend l’Enquête nationale auprès des ménages, instituée par le gouvernement Harper en remplacement du questionnaire long ?

Comme le rappelle le blogueur Razib Khan, si les sources d’information publiques fiables disparaissent, les grandes corporations qui accumulent des données sur la population, les comportements sociaux (Google, Facebook, mais aussi Bell, Videotron…), ne sont pas connues pour être « partageuses »…

(…) government data collection is a public good with positive externalities. If we abolish endeavors such as the American Community Survey than social data will be the domain only of corporations, who are not always keen on sharing that data. [Note : trois hyperliens différents]

Plus de prisons, moins de pensions, plus de pauvres, moins d’information… L’avenir d’est pas rose. Ici une plume plus informée que moi, Alex Himelfarb – ancien greffier du Conseil privé du Canada – fait le point sur l’accumulation des politiques qui à première vue ne semblent pas trop radicales, mais prennent un caractère plutôt drastique avec un peu de recul pour voir le plan d’ensemble qui se dessine: Going, Going, Gone: Dismantling the Progressive State. Une référence de Lawrence Martin : The time has come for a progressive revival.

combien valent nos services publics

C’est à cette question que tente de répondre un rapport de recherche récent (février 2012) de l’IRÉC (Institut de recherche en économie contemporaine) : Les services publics : un véritable actif pour les ménages québécois.

Le coût des services publics fait l’objet d’une véritable lutte idéologique. Les partisans de la privatisation et du retrait de l’État laissent souvent entendre que ces services sont trop coûteux. Les uns affirment qu’ils sont inefficaces et qu’en conséquence les contribuables n’en auraient pas pour leur argent. Les autres laissent entendre que l’offre de services publics est trop large et que le Québec vivrait au-dessus de ses moyens. Quels que soient les registres argumentaires en présence, il est assez rare de voir les études établir rigoureusement la valeur des services effectivement consommés par les ménages et estimer du coup la part et la valeur que représentent la consommation et l’usage de ces services dans le budget des ménages. (extrait de l’introduction)

Une référence du troisième numéro de la Veille sur la social-démocratie de la Chaire du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie.

charité nouvelle

En décembre dernier le Groupe dʼétude canadien sur la finance sociale publiait un rapport (La mobilisation de capitaux privés pour le bien collectif) duquel semble s’inspirer la ministre fédérale des ressources humaines dans son orientation visant à repenser la manière dont les dons de charité sont reconnus et administrés.

Le Globe and Mail publie aujourd’hui tout un dossier sur le don et la charité, mettant en valeur une nouvelle philanthropie où l’accent est mis sur le résultat plutôt que les intentions. On cite les grandes fondations et les initiatives qui ont fait beaucoup parler d’elles récemment (Bill Gates, Soros, Clinton…). On y trace le portrait canadien des donateurs par âge, provinces, sujets… Encore une fois, le Québec a l’air cheap, donnant beaucoup moins que les autres. Pourtant c’est au Québec que les inégalités sont les moins fortes (coefficient Gini – Québec-Canada – mais pour être précis, lÎle du Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick montrent un meilleur indice en 2008) . N’y aurait-il pas là un lien à faire ?

Le fait que les États-Unis soient le pays le plus généreux mais aussi celui le plus inégal parmi les pays développés – ne devrait-on pas y voir les deux faces d’une même réalité ? Cette peur obsessive de la dépense publique et du Big Government n’est-elle pas à la source d’une vision de l’autonomie citoyenne où on préfère donner volontairement, à qui l’on veut… plutôt que d’être taxé. Mais, si l’administration publique de certains services était plus efficace et génératrice de plus de richesse, de moins d’inégalité et de pauvreté…

Je ne dis pas que les grandes fondations et entreprises charitables ne devraient pas être tenues pour responsables. Lorsqu’on reçoit plus de 250 M$ en dons de charité dans une année, comme ce fut le cas de World Vision Canada en 2009, le public est en droit de suivre de près les résultats d’un tel investissement. Mais les campagnes comme celle de Big Society lancée par le premier ministre britannique, dont semble s’inspirer M. Harper, peuvent accompagner une réduction de la responsabilité publique qui n’est pas de bon augure.

Il y a sans doute place pour une « nouvelle charité », une réflexion en regard de la transformation de la démographie des donateurs et bénévoles, qui vieillit inexorablement. Et les représentants québécois de cette Philanthropie 3.0 ne sont sans doute pas les derniers de classe, en matière de mesure d’impact et d’efficience quand on pense aux Québec en forme et Avenir d’enfants. Pourtant, même si ces initiatives sont soutenues à parts égales par l’État et une fondation privée, cela ne fait pas d’elles des modèles en matière de synergie public-privé. Et c’est peut-être à ce niveau qu’une société comme le Québec devrait faire porter sa réflexion : comment faire travailler ensemble les investissements publics, privés et communautaires, plutôt que de les opposer.

médecins de famille ? vraiment ?

La campagne que mène actuellement la FMOQ pour dire aux Québécois qu’ils sont deux millions à ne pas avoir de médecin de famille est odieuse. Tout d’abord, si on offrait à tous les Québécois la possibilité d’avoir un médecin, tous ne répondraient pas… car une bonne partie des jeunes, et de moins jeunes, en bonne santé, n’y verraient pas d’intérêt. À tort, vous croyez ? Pas dans l’état actuel de la médecine-maladie. Peut-être un jour, quand les médecins seront entourés d’équipes multidisciplinaires aptes à soutenir des jeunes en phase de croissance… compétentes et équipées pour répondre aux questions que se posent les jeunes dans leur évolution vers la maturité… ou d’autres personnes qui n’ont pas de problèmes aiguës mais pourraient profiter de conseils et d’accompagnements.

De donner ainsi l’impression que tous ont le même besoin, c’est grossir artificiellement les chiffres et c’est passer sous silence ou réduire l’importance et les besoins urgents des personnes avec maladies chroniques ou des femmes enceintes qui pourraient sans doute être mieux servies par une meilleure organisation des services. La valorisation de la médecine familiale est une bonne chose. Mais dans le contexte actuel où les médecins spécialistes gagnent plus de 50% de plus que les médecins de famille (comme on le souligne dans le vidéo) et que ces derniers continuent d’être payés à l’acte (ça, on le passe sous silence), pour l’essentiel, je vois mal comment interpréter la campagne de la FMOQ comme autre chose qu’un exercice démagogique dans un effort de négociation salariale. Continuer la lecture de médecins de famille ? vraiment ?

déportations et racisme

Deux cris du cœur, l’un à New-York, par Dave Winer, Let’s deport Karen Hughes, écrit devant le tollé soulevé par le projet «Park51» – un projet de mosquée jugé par certains trop proche de Ground Zero – et l’autre par Hervé Le Crosnier, L’été de toutes les abjections, concernant les déportations, réelles cette fois, des Roms et autres gitans. Ici un extrait du texte tel que publié chez Affordance.

Mais je n’arrive pas à me résoudre à voir la France « des Droits de l’Homme », celle qui fait figure à la fois de paradis (notamment grâce à sa protection sociale) et de référence dans les capacités de révolte et de refus de l’arbitraire (la prise de la Bastille), sombrer à son tour dans la folie raciste. (…) Il n’est jamais trop tard. Mais il vaudrait mieux que nous décidions le plus tôt possible de revenir sur la scène politique, à partir des expériences des mouvements sociaux, à partir des réflexions polyphoniques des divers courants de la gauche critique et des associations sociales. Laisser encore à d’autres qui ont déjà montré l’étendue de leur incapacité à former un front suffisamment fort contre la domination autoritaire qui accompagne le néolibéralisme serait à nouveau plier devant le bulldozer raciste. [Affordance]

dites-le avec des fleurs

Un petit vidéo trouvé sur le site canadien The Mark, où j’allais lire un texte de Paul Saurette, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa : When Smart Parties Make Stupid Decisions. À propos du recensement (encore) mais où l’auteur nous montre à quel point la décision, apparemment butée des conservateur, peut être lue comme un geste conséquent, basé sur un « populisme épistémologique » (epistemological populism)  et orientée vers un travail de sape à long terme de la crédibilité des institutions sociales et politiques de ce pays.

Le vidéo, quant à lui, défend avec brio la libéralisation des lois sur la marijuana.

En provenance du même site The Mark, en date de ce matin, une entrevue de Jack Layton, sur la bataille du recensement. Un autre extrait est visible sur cette page.

déprimants horizons

So I don’t think this is really about Greece, or indeed about any realistic appreciation of the tradeoffs between deficits and jobs. It is, instead, the victory of an orthodoxy that has little to do with rational analysis, whose main tenet is that imposing suffering on other people is how you show leadership in tough times.

And who will pay the price for this triumph of orthodoxy? The answer is, tens of millions of unemployed workers, many of whom will go jobless for years, and some of whom will never work again. [Krugman, NYT, The Third Depression]

Krugman, dans cet éditorial du New York Times mais aussi J-F Lisée, sur son blogue de l’Actualité, soulignent le danger et le caractère idéologique des « solutions » mises de l’avant par les leaders orthodoxes et conservateurs, Harper le premier.

la santé « down under »

the Government will reform the health system to place a greater emphasis on the importance of keeping people healthy and out of hospital, and implement its response to the report of the Preventative Health Taskforce.

Plusieurs commissions australiennes relatives à la santé ont remis leurs rapports en 2009 :

Le budget santé et vieillissement 2010-2011 (pdf de 863 pages) du gouvernement australien tente de répondre à ces constats. En mai dernier, la publication de Taking Preventative Action traçait les grandes lignes de la réponse gouvernementale au rapport du groupe de travail sur la santé préventive.

Tous les gouvernements ne sont pas à sabrer dans leurs systèmes de santé pour rééquilibrer leur budget à court terme !

d’autres fusions dans le réseau de la santé ?

«le Gouvernement du Québec suspend tous les affichages de poste de directeur général d’établissement de santé pour une période indéterminée» C’est ce que m’apprenait le petit bulletin d’information de mon CSSS, alors que notre DG a déjà annoncé son départ pour la fin de l’année et que le conseil d’administration de l’établissement souhaitait amorcer les démarches de remplacement au plus tôt, pour assurer un minimum de continuité. Qu’est-ce à dire que ce « gel des remplacements » ? Pense-t-on vraiment qu’il serait encore « rentable » d’intégrer encore plus les établissements locaux (quel euphémisme) ? Pour épargner quoi ? Un salaire de Directeur ? Mais il faudra payer combien les « sous-directeurs » ?

Non ça ne peut être de ces économies de bout-de-chandelle… mais plutôt l’avantage que représenterait, du point de vue du ministère, de juste dépasser le seuil au delà duquel il devient impossible à une direction locale d’incarner une orientation cohésive, de faire sens (au delà de la tâche individuelle ou du besoin personnel) pour un personnel et une population territoriale… Une telle orientation réduirait encore les chances de voir des institutions locales défier les dictats ministériels ! Continuer la lecture de d’autres fusions dans le réseau de la santé ?

santé, déterminants et promotion

La dernière livraison de Politiquesociales.net porte à notre attention, comme d’habitude, une foule de documents pertinents.

Sur le thème de la santé, plusieurs rapports sur les inégalités de santé et déterminants sociaux : un rapport français sur obésité et milieux sociaux; un rapport canadien dont j’ai déjà parlé; un rapport de l’OMS-Europe… et plusieurs autres, dont un rapport de l’Institut de santé publique irlandais: Economic arguments for addressing social determinants of health inequalities; et cette stratégie de lutte aux inégalités (London Health Inequalities Strategy) publiée par le Greater London Autority.

Les questions de promotion et de prévention rassemblent aussi plusieurs (8) titres, dont ce guide pour une ville active (A healthy city is an active city: a physical activity planning guide) publié par le bureau européen de l’OMS qui comprend plusieurs outils d’évaluation et d’action.

Dans un troisième volet de la section santé, plusieurs études examinent les réseaux de santé primaires : trois rapports de la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé (en français); une revue de littérature; un rapport australien et un autre de l’Université de Colombie-Britannique, mais aussi ce rapport sur l’expérience suédoise des infirmières cliniciennes Experiences of the new role of advanced practice nurses in Swedish primary health care – A qualitative study. Continuer la lecture de santé, déterminants et promotion

trop d’orientations ?

Je me suis demandé : à quelles orientations une équipe d’intervenants auprès des familles et des jeunes devait répondre dans son travail ? J’ai trouvé quelques documents récents (depuis 2007 seulement) définissant les orientations à suivre pour l’intervention auprès des jeunes et des enfants…

stratégie de DC pour les CSSS/DSP

Un an après avoir produit un premier document de consultation intitulé Cadre de référence pour soutenir l’intégration du Développement des Communautés, qui fut notamment discuté lors d’une (exceptionnelle) rencontre entre la Direction de la santé publique de Montréal et les organisateurs communautaires des CSSS de la région, (dont nous avions témoigné ici, et ) une autre version actuellement en circulation interne fut produite. Plutôt que d’un « cadre de référence » on parle maintenant d’une Stratégie concertée : Pour l’élaboration d’une stratégie concertée CSSS/DSP de soutien au développement des communautés. (document de travail).

Cette nouvelle version, proposée fin décembre, devrait vraisemblablement être adoptée par la Table régionale des responsables de santé publique, à la fin du mois de mars.

Plusieurs critiques formulées à l’endroit du premier document semblent avoir porté fruit : alors qu’on faisait quasi l’impasse sur la contribution historique des CLSC au développement des communautés, le présent document y consacre une partie importante, où peuvent se reconnaître « les vieux » du réseau… Continuer la lecture de stratégie de DC pour les CSSS/DSP

état du monde en 2010

Le bilan annuel « State of the World » pour 2010 : Transforming Cultures. Publié chaque année par le réputé Worldwatch Institute il se présente cette année avec, enfin, une bonne différence entre le prix de la version PDF ou Kindle (9,95$) et celle de la version papier (19,95$). Ce qui n’a pas toujours été le cas. Bravo ! Et mieux que ça, les différents chapitres sont disponibles en version PDF, gratuitement. N’y manquent que les notes (qui elles sont inclues dans le PDF acheté).

Les différents chapitres disponibles :

Je crois que je vais acheter la version papier, pour dire mon approbation ! Non, quand même, soyons conséquent : la version PDF.

santé USA

Je découvre, à la faveur d’une incursion sur le site du National Center for Health Statistics, les rapports annuels sur la santé des américains, depuis 1975 !

Mais ce que je trouve encore plus intéressant, c’est l’accès en mode FTP aux tableaux et graphiques (en format Excel) des tous les rapports sur la santé depuis 1995. J’ai trouvé ça en cliquant sur un lien, à l’intérieur du rapport (PDF) sur la santé de 2007.

Le petit graphique (à gauche) que j’ai tiré produit à partir des données d’un des tableaux Excel.

Une autre ressource tirée du même site, interactive celle-là, Health Data Interactive.

quelle crise ?

Oui, effectivement les marchands d’automobiles sont en peine… mais l’industrie de la construction est en ébullition.

>>>tiens. ça me rappelle La muse ment et l’amant peine

J’ai eu, moi aussi, l’impression (il y a un an de cela) qu’on allait, enfin, changer des choses importantes. Qu’on allait saisir cette opportunité trop « belle » pour la laisser passer (Il ne faut jamais laisser passer une bonne crise, dixit le chef de cabinet d’Obama). Après tout, il y avait un nouveau président américain avec un potentiel d’action inégalé. Mais à force de ménager la chèvre et le chou, d’avoir à l’oeil le prochain rendez-vous électoral (aux deux ans aux États-Unis) ou la prochaine partielle (importante pour les gouvernements minoritaires), l’occasion du changement s’éloigne peu à peu. L’espoir s’est déjà étiolé et la confiance redevient méfiance traditionnelle à l’endroit des décideurs et autres amuseurs…

Comme disait l’autre : y’en aura pas de facile. Alors autant se donner quelques outils, quelques arguments… Ici, L’urgence d’agir, l’importance du moment, soit l’avant-propos du recueil intitulé Imaginer l’après-crise. Une publication sous la direction de Jean-François Lisée et Éric Montpetit (ici la Table des matières) avec, entre autres, une contribution de Paul Bernard (De nouvelles idées pour la gauche) qui aborde ces thèmes :

  • Des riches de plus en plus puissants
  • Un champ de possibles ?
  • Égalité des chances, version suédoise
  • Une marge de manœuvre pour le Québec ?
  • Distribuer la richesse pour la créer
  • Développer le potentiel des individus par l’investissement social
  • La flexicurité à la rescousse
  • Pour une fiscalité redistributive efficace
  • L’approche des parcours de vie

et parmi les autres contributeurs : Pascale Dufour (La victoire des altermondialistes ?), Gilles Dostaler (Crise et sortie de crise : de Keynes au Keynésianisme), Lionel Jospin (Les premières leçons de la crise) et plusieurs autres… Extrait tiré du résumé : La crise du capitalisme financier, puis du capitalisme tout entier entamée en 2008 se superpose à la crise écologique latente, celle d’une marche à peine freinée vers un réchauffement irréversible de la planète qui causera de nombreux bouleversements. Les décisions qu’auront à prendre au cours des cinq prochaines années les peuples et leurs décideurs sont donc plus lourdes de conséquences que celles qui attendaient leurs prédécesseurs, après la crise de 1929.

Ici, je ne suis pas sûr d’apprécier le juste poids de l’expression : les décisions de l’après-crise de 1929 n’ont-elles pas conduit à la seconde guerre mondiale ? Je le crois aussi, que les conséquences écologiques, économiques et politiques de notre actuelle relative inaction seront sans doute de cette ampleur, sinon pires. Mais juste après avoir vu quelques épisodes de la série Apocalypse, c’est difficile à imaginer. Imaginer l’après-crise. Je suis pas sûr que c’est ce type d’imagination que les auteurs avaient en tête. Mais d’autres l’ont déjà eu. Et je ne parle pas du navet (réputé) de 2012.

fondations privées et action collective

Le débat sur la place de la fondation Chagnon (FC)** dans le financement de l’intervention sociale auprès des jeunes, et bientôt des enfants et des aînés… me donne le tournis tellement on entend de sornettes. Du genre :

Les fondations servent à se soustraire à l’impôt. On obtient des diminutions de l’argent du au fisc et on prive la population des revenus venant des impôts.

Pourtant, ceux et celles qui ont déjà donné (à Centraide, par exemple) un montant assez substantiel pour l’inscrire sur leur rapport d’impôt… ont sans doute été surpris, comme je l’ai été la première fois, par le peu d’impôt que cette « stratégie » permettait d’épargner ! En fait, j’ai toujours pensé que l’État permettait aux contribuables charitables de réduire partiellement leur salaire imposable parce qu’il faisait le calcul suivant : si en perdant 0,50$ d’impôts cela permet d’investir 1,00$ dans un service social… c’est 0,50$ de plus dans le service… et donc 0,50$ épargné du point de vue de l’État. Non ?

Un style de charité particulier.

« Il dirige sa Fondation comme s’il s’agissait d’une entreprise. Et comme autrefois en affaires, il n’hésite pas à user de son influence. » Zone Libre, mars 2004. Quelques données, pas toutes claires, sur les conditions de mise en place de la Fondation… que l’auteure de ces lignes dit avoir été financée aux trois-quart par les deniers publics. Encore une fois, ça dépend de comment on regarde la chose.

Continuer la lecture de fondations privées et action collective

quelles infrastructures ?

Extraits d’un article Paul Krugman, The New York Review of Books, Vol. 55, no. 20. « What to do »

Reform of the weaknesses that made this crisis possible is essential, but it can wait a little while. First, we need to deal with the clear and present danger. To do this, policymakers around the world need to do two things: get credit flowing again and prop up spending. (… ) focus on sustaining and expanding government spending—sustaining it by providing aid to state and local governments, expanding it with spending on roads, bridges, and other forms of infrastructure.

(…) The point in all of this is to approach the current crisis in the spirit that we’ll do whatever it takes to turn things around; if what has been done so far isn’t enough, do more and do something different, until credit starts to flow and the real economy starts to recover.

And once the recovery effort is well underway, it will be time to turn to prophylactic measures: reforming the system so that the crisis doesn’t happen again.

J’ai peine à avaler ces solutions qui nous incitent à agir vite, maintenant, en jetant des milliers de milliards dans la machine… pour éviter qu’elle ne se bloque… remettant à plus tard les transformations structurelles qu’il faudrait faire ! Pourtant, n’est-ce pas maintenant, alors qu’on est prêt à injecter de telles sommes (qui auraient fait s’étouffer tous les capitalistes il y a quelques mois), qu’il faut en profiter pour amorcer les changements qui étaient, même avant la crise financière, devenus urgents : modes de transport, d’urbanisation, de consommation… Quelle folie ce serait que d’investir le principal de notre marge de manœuvre dans une structure de production désuète…

Investir dans des infrastructures, oui, mais pas celles d’hier !! Investir dans le transport collectif, la densification urbaine, la formation, les infrastructures de communication et de production énergétique propres… pas dans le pavage des autoroutes et la construction de ponts qui sont des supports à l’étalement urbain et à des comportements dont nous devrions consciemment soutenir la rétraction.

Autres textes suggérés par la Lettre de Politiques sociales.net

le privé dans la santé

Il y a un an, le 10 novembre 2007, trois directeurs de santé publique publiaient « Le privé dans la santé : un enjeu de santé publique«  en réponse à la question posée par le comité Castonguay «Quel est le message que « la santé publique » désire nous transmettre». En février dernier, les DSP publiaient un résumé de 4 pages du point de vue déposé auprès du Groupe de travail sur le financement de la santé et des services sociaux présidé par Claude Castonguay.

Lundi soir dernier, en reprenant presque le même titre « Le privé dans la santé : les discours et les faits« , un aréopage de trente-cinq experts dirigé par François Béland et al. lançait une brique de plus de 450 pages dans le débat. Le contexte électoral sera-t-il favorable à une révision des conclusions du rapport Castonguay ? C’est bien de cela qu’il s’agit… S’il n’y a pas de débat durant cette campagne et que le gouvernement Libéral se trouve réélu, même en minorité, il se sentira justifié de mettre en oeuvre les principales conclusions du rapport En avoir pour notre argent. Et ça sera pas beau…

Je ne trouve pas de résumé de ce livre sur le site des Presses de l’Université de Montréal… et sur Amazon, le livre est attribué à Lionel Robert (!) sans image ni résumé. Je cherche et si je ne trouve pas je « scannerai » la table des matières : vous verrez la mine d’or ! (correction : j’ai trouvé la table des matières et la liste des auteurs dans le Santé Pop du 5 novembre).

données sur la santé

Le ministère, l’agence régionale, la santé publique (régionale et nationale), l’ISQ, Stat-Can, Santé-Canada, l’ICIS… sans compter les myriades de revues, centres et groupes de surveillance, laboratoires de recherche… Il y a beaucoup de données disponibles sur la santé. De plus en plus et c’est tant mieux. Notamment, les données administratives tirées des dizaines de milliards $ dépensés chaque année en la matière ne sont plus traitées aussi secrètement qu’avant, et peuvent ainsi soutenir l’orientation et la décision dans un système qui est loin d’être aussi centralisé et discipliné que présupposait le « secret militaire » qui entourait les données auparavant.

Ce n’était pas le secret commercial, puisque le marché de la santé est essentiellement public, qui justifiait la non diffusion des données mais plutôt le secret politique, le terrain de la santé étant un des plus actifs tant pour les gouvernements en place que pour les partis d’opposition. La disponibilité de l’information a sans doute contribué à abaisser le niveau de stress et la dramaturgie des urgences dans le débat public entourant le développement des services de santé. Sûr que le domaine compte encore parmi les plus « juteux » et soulève encore beaucoup d’intérêt en temps normal comme en campagne électorale mais la manipulation démagogique est moins facile quand quand on a pu suivre l’évolution d’un problème dans le temps, ou qu’on peut en saisir les ramifications systémiques et la dispersion géographique…

Pourtant il faut aller plus loin en matière de transparence et d’accessibilité de l’information, notamment en assurant un suivi serré de la partie privée des services de santé : cette partie quasi invisible dans notre beau système de santé… qui fait qu’on choisit de payer de sa poche tel examen (échographie, scans…) plutôt que d’attendre le service gratuit. Mais comment se fait-il que les dites listes pour examens diagnostiques (et la pression à aller vers le privé) soient plus longues dans l’est de la ville que dans l’ouest ou le centre ??

Il faut avoir les moyens de suivre l’évolution de cette dimension (mi privée mi publique) du réseau de santé.

Justement sur cette question du « privé dans la santé », paraitra lundi prochain un document annoncé l’an dernier pour le printemps : Le privé dans la santé : le discours et les faits. Document attendu, rassemblant une pléiade d’auteurs parmi lesquels : Contandriopoulos (père et fils), François Béland, Howard Bergman, Régis Blais, Paul Lamarche, Raynald Pineault… et plusieurs autres.  Je crois que le lancement se fait à l’occasion des 6e soirées annuelles des Presses de l’Université de Montréal… toujours est-il que c’est dans le hall du pavillon principal de l’Université, lundi 17h.

communautés en contrôle : du vrai pouvoir pour le vrai monde

Une série de documents britanniques tout juste publiés, en juillet, mettent de l’avant un certain transfert de pouvoir vers les communautés locales de même que la transformation de certaines pratiques démocratiques afin de favoriser la participation active des citoyens à différentes fonctions. Le rapport complet : Communities in control: real people, real power (pdf 157 pages); le rapport sommaire (16 pages reprenant les 60 recommandations); l’annexe des Evidence, 90 pages; et d’autres documents plus techniques mesurant les impacts (et coûts) (156 pages) des propositions et les impacts en termes d’équité (42 pages).

Communities in control: real people, real power was launched on 9 July 2008. This White Paper is about passing power to communities and giving real control and influence to more people.

Our key themes are power, influence and control: who has power, on whose behalf is it exercised, how is it held to account, and how can it be diffused throughout the communities we live in. It is about democracy, and how democratic practices and ideals can be applied to our complex, modern society. [extrait du site officiel]

J’y reviendrai certainement… peut-être même avec une traduction maison des principales recommandations…

santé primaire et services communautaires

La vision d’avenir en matière de santé primaire (Our vision for primary and community care) publiée par le Département de santé anglais. On y met l’accent sur

  1. la promotion de la santé, particulièrement avec un grand programme d’évaluation (assessment) de la santé cardiovasculaire des 40-74 ans déployé par les omnipraticiens mais aussi les pharmaciens et autres services;
  2. l’amélioration de la qualité, mesurée en termes d’effets sur la santé plutôt que de procédures effectuées;
  3. les choix offerts aux usagers : choix de la clinique (le financement suivant le client); choix de plans de services individualisés pour les malades chroniques; et expérimentation d’un « budget santé ».

Il est question d’une meilleure articulation entre les services de santé et sociaux (tiens tiens…); d’ici 2010 toutes les personnes souffrant d’une maladie chronique (y compris les personnes avec problèmes de santé mentale) devraient se voir offrir un plan personnalisé de services adapté à leurs choix et préférences (tailored packages of care to meet their individual requirements and wishes). Des expériences dans le domaine des services sociaux où l’on a donné plus de pouvoir aux bénéficiaires sur leur « budget de services » incitent à développer des projets pilotes semblables dans le domaine des services de santé.

Experience with direct payments and individual budgets in social care has shown the benefits of giving people greater say over how public resources are used to provide their individual care. We want to test if we could achieve the same benefits for people with complex but predictable health and social care needs. We will work with patient groups to pilot individual budgets to allow people with long-term conditions greater control over how NHS funds are used. Extrait de What it means for local governments. (pdf) (Voir section 4.30 du document principal – pdf) [voir aussi éditorial du BMJ]

illusoire productivité

A sustainable company is not a collection of « human resources. » It is a community of human beings. Its strength resides in its people, its culture, and the goodwill it has built up among its customers and suppliers. So, as workers and middle managers have been departing these companies, they have taken with them not only much critical information, but often also the hearts and souls of their enterprises [Henry Mintzberg, The Globe and Mail]

Pendant des décennies les entreprises, américaines dans le cas de cet article de Mintzberg, ont pu accroître leur productivité (à court terme) en pressant leurs ressources humaines… L’image utilisée par l’auteur : la compagnie qui mettrait à pied la totalité de son personnel sauf les services de l’expédition et de l’entrepôt, aurait, tant qu’il y aurait des stocks, une productivité remarquable !

Je ne sais trop pourquoi (mon obsession sans doute) ça m’a fait penser à l’évolution récente des CSSS-CLSC : des structures réputées plus productives, mais ne risque-t-on pas de perdre l’âme des CLSC ? C’est ce que prétendent les opposants à cette réforme depuis les débuts… mais je ne crois pas que ce soit la structure en soi. Les « vieux » CLSC étaient déjà lourds et n’étaient pas mieux placés que les actuels CSSS pour éviter, notamment, la perte de leur « âme » avec les départs à la retraite… Et ils n’étaient pas, non plus, très bien placés pour relever les défis d’une première ligne vraiment intégrée (avec des services médicaux) et connectée avec les deuxième et troisième lignes. Ce qui faisait l’âme des CLSC ? Une certaine proximité, accessibilité, ouverture à l’endroit des citoyens, des ressources et réseaux non professionnels… Cette ouverture qui était sans doute plus facile, allant de soi, dans les débuts de ce réseau – où il fallait tout inventer – mais qui relevait aussi d’une philosophie mettant en jeu, donnant une place au pouvoir du citoyen sur sa santé. Continuer la lecture de illusoire productivité

explorations urbaines

Urban Travel, parmi plusieurs sites spécialisés dans la couverture -découverte de lieux abandonnés (hôpitaux, usines désaffectées). Où sont les chantiers, les parties de la ville actuellement en « recyclage » ? Griffintown ?

J’ai malheureusement manqué mon coup avec Hochelaga-Maisonneuve… où des usines importantes pour l’histoire de ce quartier ont été soit rasées (Lavo, Vickers…) ou radicalement transformées (Am-Can, Angus).

cliniques réseau et GMF vus par l'agence de Montréal

Document synthèse (4 pages); Orientations pour le développement des GMF et des cliniques réseau intégrés, par Yanick Jodoin, Agence de la santé et services sociaux de Montréal, 66 pages, 25 mars 2008.

Un document intéressant, faisant le tour de la question… sauf peut-être en ce qui concerne la mobilisation citoyenne dont on reconnait qu’elle constitue un facteur de santé sans pour autant l’intégrer dans le plan de développement : c’est une affaire qui se passe entre professionnels. Pourtant une approche basée sur une telle mobilisation me semble la seule possible, dans les régions où le recrutement de médecins pour une pratique familiale (à la base même des GMF) semble difficile. Je serais moi-même praticien en quartier défavorisé et j’y penserais à 2 fois avant de signer un contrat qui m’impose de réaliser 70% de ma pratique en rendez-vous avec des clients inscrits. De là l’attrait de pouvoir rassembler, organiser des citoyens intéressés… comme partenaires d’une telle aventure, d’un tel contrat.

participation sportive et cohésion sociale

En cherchant sur le thème de cohésion sociale je suis tombé à plusieurs reprises sur ce rapport d’une recherche faite en 2005 portant sur Les avantages socioéconomiques de la participation sportive au Canada (pdf). Malgré un surtitre à donner de l’urticaire à tous les nationalistes québécois (Renforcer les canadiens le Canada) – après tout c’est le Conference Board du Canada qui en est l’instigateur – le fait qu’on y mesure les effets non seulement sur la santé physique mais aussi les effets sociaux et économiques peut en faire un outil dans la besace de ceux qui veulent argumenter des projets de promotion de la santé par la pratique de l’activité physique en inscrivant ces projets dans une approche de développement social… Non ? Et puis, une citation en provenance d’une étude du Conference Board dans un projet soumis à la fondation Chagnon (ou son programme) ne peut pas faire de mal ! 😉

rapport Castonguay

J’ai eu, comme beaucoup d’autres, l’impression que ce rapport avait été « tabletté » dès sa sortie… mais quelques personnes influentes m’ont affirmé qu’il n’en serait rien, à tout le moins pour les recommandations moins sujettes à controverses que la reconnaissance des pratiques médicales hors du réseau public.

Après avoir lu avec attention les quelques 300 pages du rapport Castonguay, En avoir pour notre argent, j’y ai trouvé (entre autre) la réitération de points de vue qui ont fait l’objet de plusieurs rapports et comités de travail depuis une dizainne d’année : rapport Ménard, rapport Clair

L’accent is sur l’évaluation de la performance, l’innovation, l’allègement des contraintes bureaucratique… la recommandation que le ministère de la Santé et des Services sociaux ne donne plus dans la micro-gestion mais bien dans l’orientation stratégique et l’évaluation de l’atteinte des résultats… ce n’est pas la première fois quon entend ça !

Certaines recommandations visant à générer des revenus supplémentaires pour le réseau sans pour autant augmenter les impôts ni imposer de ticket modérateur : cotisation annuelle d’adhésion à sa clinique de médecine familiale, promouvant l’appartenance et le sentiment d’engagement mutuel… ou encore des frais imposés au moment du rapport d’impôt en fonction de l’usage de certains services (un ticket pondérateur ?) lorsqu’on les additionne risquent de faire grincer des dents ! Surtout que les personnes qui se rendent (par exemple) consulter un médecin à l’urgence seront souvent celles plus fragiles, plus pauvres (les personnes à plus haut revenus sont plus nombreuses à avoir un médecin de famille) et qu’on pénaliserait financièrement sous prétexte de les éduquer. Encore si les médecins de famille étaient faciles à trouver !

Mais la recommandation qui m’a le plus accroché : d’ici 5 ans donner en concession (? privatiser) tous les CHSLD actuellement gérés par le réseau public ! Continuer la lecture de rapport Castonguay

un pont de plus vers Laval ? ou un nouveau gouvernement à Québec ?

Finalement, s’il n’y avait pas de nouveau pont vers Laval , peut-être serait-il possible d’éviter d’ajouter des voies sur Notre-Dame et pourrait-on concentrer les investissements dans l’amélioration de l’offre de transport en commun pour réduire la congestion !?

On pourrait créer un pont pour rails seulement… et venir brancher ce parcours sur celui qui doit être développer vers l’est (voir le plan régional de transport). Ce plan qui a fait l’objet d’une large consultation en août et septembre dernier qui permettait à la ville de « Prendre le virage vert« . Mais « la modernisation du boulevard Notre-Dame apparaît toutefois comme un nuage noir au-dessus de ce plan vertueux, a-t-il signalé. »

Comme disait le maire « Toutes ces recommandations sont interdépendantes ». C’est probablement pour ça que la rue Notre-Dame continue de prévoir doubler son appel d’automobiles et que la voie de service rapide d’autobus prévue sur l’aninne emprise de chemin de fer dans le sud-est n’est prévue que pour un avenir « à déterminer ».

On ne peut dire que le plan régional manque de courage… mais il a sans doute fallu faire des compromis avec le ministère du Transport, qui a dit à plusieurs reprises dans sa négociation obligée avec la Ville que s’il n’y avait pas d’ajout de voies automobiles dans le plan de réfection de la rue Notre-Dame, il n’y avait pas de raison pour lui d’investir. Autrement dit ce qui manque au plan régional de transport c’est un plan national ! Et ce n’est pas avec « l’obligation » faite au ministère comme 5e condition à l’acceptation de son plan de réfection de la rue Notre-Dame que nous aurons bientôt un tel plan:

Le ministre des Transports doit déposer auprès du ministre de l’Environnement une étude dans
laquelle il proposera les moyens visant à améliorer l’offre de transport alternative à l’automobile
sur l’Île de Montréal. Cette étude doit être déposée au plus tard cinq ans suivant la mise en
service de la rue Notre-Dame modernisée

Comment se fait-il que cette « étude » ne soit pas encore faite ?? 5 ans après la mise en service… ça veut dire quoi, dans dix ans ? Les résultats d’une étude ! Et pour la mise en oeuvre, il faudra encore… 20 ans ? On dirait vraiment que le ministère du Transport ne vit pas sur la même planète que nous… Il y aurait là de quoi distinguer un prochain gouvernement du Québec qui ferait arriver ce ministère au XXIe siècle. Continuer la lecture de un pont de plus vers Laval ? ou un nouveau gouvernement à Québec ?

un site qui risque de disparaître

Le site du Réseau canadien de la santé disparaîtra le 31 mars prochain, permettant au gouvernement canadien d’économiser 7 millions. Et d’éponger sans doute une partie de la facture qui risque d’être plus salée que ça pour un site, Healthy Canadians, où il semble plus  facile de publier des photos de ministres concervateurs..

Une nouvelle que publiait le Globe&Mail ce matin, sous la plume de Andre Picard.  (Il ne me sert à rien de faire un lien vers l’article, car il est réservé aux abonnés, qui doivent payer aussi cher que l’abonnement papier pour avoir accès à ces articles, qui pourtant rapporteraient leur part de « hits » s’ils étaient à accès libres.) Cette décision du gouvernement conservateur de couper les fonds à une initiative de l’Agence de santé publique du Canada pour investir dans un site faisant plus directement la promotion de ses politiques est vraiment de courte vue. Pour un gouvernement qui a dégagé un surplus de… 17 milliards $ ?

L’économie sociale au Québec : publications récentes & al

L’économie sociale au Québec : histoire et actualité en 4 documents, 275 pages. Un siècle et demi d’économie sociale au Québec : plusieurs configurations en présence (1850-2007), par Benoît Lévesque, 74 pages; Enquête auprès d’entrepreneurs sociaux, Allard et al, 104 pges; Jeunes et économie sociale au Québec en 2006 : Un portrait exploratoire, Bertrand-Dansereau et al, 61 pages; Rapport annuel du Chantier de l’économie sociale, 32 pages.

Je ne reproduit pas ici les petits paragraphes de résumés que la Lettre « PolitiquesSociales.net » nous présente dans le cadre de son dossier sur la question. Une couverture de qualité de l’actualité en politiques sociales.

Dans ce numéro, aussi, un dossier Couple et famille : l’impact sur les carrières, avec 5 documents européens sur la monoparentalité, l’impôt sur le revenu des concubins, deux études longitudinales anglaises sur le travail à temps partiel et la parentalité en début de carrière.

Et beaucoup d’autres choses comme La mondialisation et l’inégalité, 20 ans de libre échange (ce qui est pour l’essentiel la table des matières et des liens vers les textes du dernier numéro de Options politiques.

travail collaboratif en soins de première ligne

Un billet de Garon, animateur de Biotope, me piste sur le concept de travail collaboratif, sur Technorati, qui m’amène sur ce site francophone e-collaborative… Des logiciels de collaboration, c’est bien beau, mais cela ne fera pas s’ouvrir les portes corporatives et compétitions frileuses qui bloquent trop souvent les efforts en ce sens. En fait, comme le disait si bien Louise Fournier (et al.), de l’INSPQ, dans son texte fort Vers une première ligne forte en santé mentale: Messages clés de la littérature scientifique (pdf – 39 pages), en juin 2007, plusieurs obstacles s’opposent à la collaboration professionnelle, pourtant si essentielle à un travail de qualité en santé mentale de première ligne :

[P]lusieurs obstacles rendent difficile la mise en oeuvre de soins axés sur le travail en équipe et la collaboration (… entre autres) la spécialisation excessive des professionnels de la santé, parce qu’elle conduit à une plus grande fragmentation des services, la rémunération à l’acte des médecins, parce qu’elle n’encourage pas leur participation aux activités interprofessionnelles, ainsi que l’absence de soutien à long terme des mécanismes interprofessionnels et le financement inadéquat et discontinu, parce qu’ils nuisent à la pérennité des activités de collaboration.
D’autres obstacles législatifs et réglementaires nuisent également à la collaboration interprofessionnelle, dont en particulier la rigidité des cadres d’exercice des professionnels et la confusion qu’amène la considération concurrente des concepts de responsabilité et de confidentialité. La rigidité des cadres d’exercice professionnels encourage le développement de pratiques qui vont à l’encontre de l’intégration des services de santé en favorisant le cloisonnement professionnel et en imposant d’énormes contraintes pour le développement du travail interdisciplinaire. Des cadres d’exercice imprécis créent de l’ambiguïté quant aux rôles respectifs des prestataires de soins, dans un contexte où ils manquent de connaissances sur la formation, les compétences et les limites des autres prestataires, et parfois aussi sur les ressources et la nature des services sociaux offerts au niveau communautaire.

Parmi les conditions favorisant une telle approche, en plus d’un leadership clair des organisations, il faut que les gens se connaissent, se rencontrent… On ne fait pas collaborer des gens par la magie de logiciels. Après, peut-être, les outils technologiques peuvent venir.
Ces « messages clés » de la littérature scientifique ont été aussi (d’abord ?) rassemblés par une « initiative » fédérale consacrée entièrement aux soins de santé mentale axés sur la collaboration : l’ICCSM. Le document #4 (Meilleures pratiques pour des soins de santé mentale axés sur la collaboration : Une analyse des données existantes-pdf 90 pages, par Craven et Bland) publié par cette initiative (est-ce qu’on appelle cela ainsi pour souligner, rappeler le « pouvoir d’initiative et de dépenser » fédéral dans les champs de compétence provinciaux ?) proposait déjà plusieurs messages, repris par Mme Fournier.

urbanité citoyenne

Un site, une foule de ressources et de textes, sur l’organisation communautaire (comment organiser une assemblée, préparer un porte-à-porte, garder ses militants-bénévoles…), sur le « community building » (cuisines et jardins communautaires, action par pâtés de maison – pour nettoyer, surveiller les enfants, prévenir la criminalité…), et des liens vers des articles sur le l’action « post-Alinsky« , comment contrer le syndrome « Pas dans ma cour », la gouvernance populaire, l’organisation d’un boycott, le cadrage (framing) de l’information dans les médias…

Toujours sur la question de lurbanité, le dernier State of the World du WorldWatch Institute porte sur notre avenir urbain (Our Urban Future). Si la publication n’est pas disponible gratuitement (y’a pas de politique Open Access au WWI !), elle coûte 18,95$, une série de ressources sur le thème sont présentées ici.

le grand livre du voisinage

J’ai souligné la phrase : Il y a de la vie hors des USA. C’était trop beau ! Et trop vrai que cette ouverture est plutôt rare chez nos voisins d’en bas.

The great neighborhood book: « Jay Walljasper presents a wide range of positive aspects of neighbourhood life in short, digestible, well-illustrated chapters. His range of examples is broad – one of the strengths of PPS that I’ve always liked is that they recognise that there is life outside the USA, and they make an effort to find out about it. And the book sparkles with enthusiastic tips and suggestions for actions, little and large, that can be taken by residents. Chapters are rounded-off with a convenient short resource list. » (Via Neighbourhoods.)

Et c’est pas cher en plus : 19.95$

innovations environnementales et démocratiques

Demos, The Think Tank for Everyday Democracy, comme ils s’annoncent, publiait récemment deux libres d’intérêt : The Disrupters, 48 pages, et Unlocking Innovation, 186 pages. Accessibles gratuitement.

Dans le premier document, à partir d’exemples concrets on y fait la promotion d’innovations radicales, disruptives, seules capables d’impulser les changements nécessaires au rythme qu’il faudra. À partir de huit entreprises locales innovantes (ex: un service de conciergerie environnementale pour les londoniens; une petite ferme éolienne coopérative; exploitation de sources d’énergie nouvelles (la pression dans les conduite de gaz !)…

In short, we need disruptive forms of innovation – cheaper, easier-to-use alternatives to existing products or services from outside established players that target previously ignored customers. This means recognising the importance of wider forms of innovation, such as innovation in organisational forms and business models.

La deuxième publication pousse des expériences innovantes, tirées du secteur public ou privé, qui pourraient transformer, améliorer les services publics. «The everyday interactions between people and services are a deep and untapped source of new ideas… Why citizens hold the key to public service reform»

Unlocking Innovation collects essays and analysis from a wide range of public sector experts and practitioners. The chapters offer lessons on how public services can better engage their users based on examples of best practice in the public and private sectors.

des stations qui jurent

Kate a l’oeil pour les angles particuliers et sympathiques de Montréal, et elle avait le verbe acerbe pour les postes d’essences qui se prennent pour des stations spatiales ! Avec raison : l’exemple du garage (comment traduit-on gas station ?) de Mies van der Rohe, sur l’Île des soeurs prouve avec brio, s’il y avait besoin, qu’il est possible de faire quelque chose de beau, même pour un garage. Dans un article sur le site Urbanphoto Kate McDonnell y va de plusieurs exemples… lumineux ! Tout-à-fait d’accord : ces monstres de plastique et de néons devraient être dénoncés.

améliorer les services dans les résidences pour aînés

Scandals surface on a depressingly regular basis. Ça me rappelle quelque chose… Il me semble que c’est aussi le cas ici, où l’on entend parler des maisons de retraite ou résidences pour personnes âgées seulement quand il y a un scandale, pour ensuite laisser la question sombrer dans l’oubli, jusqu’au prochain scandale. Pourtant dans le nouveau contexte organisationnel du réseau de la santé (approche populationnelle, réseau local de santé…) on peut imaginer autre chose que cette intervention pompier (et voyeuriste).

Tout d’abord, cesser de blâmer les travailleurs de ces résidences et services, pour la plupart mal payés.

« Firstly, we need to stop blaming individual practitioners and care homes. Good people working in poor environments with poor systems of care will inevitably produce poor quality care. »
« A whole systems approach is much more likely to succeed; for example, changing infrastructure, procedures, management techniques, and staff training. (…) Being valued (in financial and non-financial terms) and able to work in a system, atmosphere, and culture that recognises and rewards good quality, informed, thoughtful care is much more likely to be effective than merely providing more training. » [Health and welfare of older people in care homes]

Ces quelques articles récents du British Medical Journal ouvrent les bonnes pistes : de la formation mais aussi une atmosphère de collaboration et de respect. Il est tellement plus facile de jeter le discrédit (tout en se valorisant de sa propre qualité au passage) sur la petite maison de chambre mal tenue… Mais quand on paye 800$ par mois tout compris (logé-nourri) on ne peut en avoir pour 2 500$! Alors, à qui la faute si, pour 800$ ou 1000$ on ne peut se procurer la qualité de services qu’un professionnel du réseau public considère un minimum (pour lui-même ou ses proches) ?

How to bring about changes: « so that these people [the heads of the care homes] become the clinical heroes who can protect, inspire, and lead their staff in the Sisyphean task of long term care of elderly people. » (Via BMJ current issue.)

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même prix !

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Que des capitalistes vulgaires nous prennent pour des idiots et nous vendent au même prix les copies papiers et numériques de documents… on peut comprendre même si ça demeure inexcusable. Que des phares sur les questions environnementales fassent de même, comme c’est le cas avec ce rapport annuel de Worldwatch, c’est… pour le moins paradoxal. J’ai pas le goût de sortir mon anglais ce matin, mais je compte bien leur envoyer une petite note.

la transparence radicale

Radical forms of transparency are now the norm at startups – and even some Fortune 500 companies. It is a strange and abrupt reversal of corporate values. Not long ago, the only public statements a company ever made were professionally written press releases and the rare, stage-managed speech by the CEO. [Wired]

Une des questions que nous abordions, cette semaine au CSSS, lors d’une discussion sur l’approche et la responsabilité populationnelles (documents du MSSS: cadre de référence du projet clinique; Le projet d’intégration des services) . En effet, comment élever le niveau de confiance entre acteurs locaux, en particulier de ceux qui ont une grande méfiance à l’égard des « bureaucrates du gouvernement » ? Ici je ne pense pas seulement aux organisations communautaires, dont une frange est particulièrement et ouvertement critique… mais aussi aux cliniques médicales privées, aux petites entreprises du domaine de l’hébergement des aînés…

La transparence, telle fut l’une des réponses à cette question. Il faudra que cette immense et nouvelle institution (nous étions 240 employés au CLSC, nous sommes maintenant 2500 au CSSS) « mette ses trippes sur la tables ». Enfin, ça sera peut-être pas aussi laid (et odorant) ! Mais il faudra quand même changer l’attitude, traditionnelle et normale pour toute organisation, de fermeture et secrets pour une autre qui saura convaincre que nous sommes sincères et n’avons pas d’agenda caché. Sûr que pour certains « paranos », plus nous mettrons d’efforts à « être transparents » plus nous aurons quelque chose de gros ou de grave à cacher… Mais pour les autres, les autres producteurs de services sociaux et de santé sur le territoire local, c’est la seule façon de construire ce qu’on appelle le réseau local de services, un réseau qui doit assumer, volontairement, une responsabilité populationnelle à l’égard de l’état de santé et de bien-être de la communauté locale. Utopie ? Un beau défi dirais-je. Et ça me rassure de lire des articles comme ceux du magazine Wired qui nous montrent que cette orientation vers la transparence n’est pas une lubie de fonctionnaire ou un truc retors de politicien mais bien une stratégie de plus en plus utilisée, même par les corporations privées.

Faire preuve de « transparence radicale », c’est dire aller plus loin que d’ouvrir la porte sur un ou deux placards… L’enjeu de cette responsabilité populationnelle partagée interpelle les CSSS dans leur capacité à mettre en place une nouvelle gouvernance.

(Cette g)ouvernance s’exerce dans un réseau d’acteurs et d’organisations qui ne sont pas soumis à une autorité hiérarchique simple et clairement définie [conférence de Jean-Louis Denis, à l’AQESSS 2006]

contrer le Dilemme du prisonnier ?

Collective behaviour and climate change: why would anybody bother?: « And now I’m just catching up with a recent study by CDX and the Centre for Sustainable Energy
on Mobilising individual behavioural change through community initiatives. The study investigated ‘what kinds of local and community initiatives are most effective at influencing changes in behaviour and at what levels, and whether any lessons learned from these are transferable to the issue of climate change.’The report provokes thinking about important issues. The key message seems to be that what is lacking is ‘a realistic sense of agency,’ and this is the problem to be solved. Part of the argument is that people are not motivated to take action (jointly or individually) on an issue which is not local, where their action has no immediate impact (or indeed any significant impact), and where the scale of any action taken is dwarfed by the impact of the inaction of others. »(Via Neighbourhoods.)

Pour ceux qui ne connaissent pas, le Dilemme du prisonnier est cet exemple de la théorie des jeux qui fait que deux participants (prisonniers) sont conduits à accepter des peines non négligeables pour éviter le risque d’une peine très longue, même si la collaboration entre les deux leur assurerait pratiquement la liberté…

Je ne sais si cet exemple s’applique vraiment à notre situation actuelle devant la menace de catastrophe écologique ? Ne pas agir maintenant garantie des lendemains plus douloureux… mais agir seul, sans impact suffisamment massif pour avoir quelque chance de changer les choses, c’est non seulement avoir des lendemains douloureux mais un présent aussi ! En effet, s’imposer des restrictions environnementales coûteuses dans une économie de marché ouverte… c’est s’exposer à perdre son marché… à moins que… celui-ci évolue vers plus d’éthique ?

Tout seul ?! Faudra-t-il attendre que la situation nous chauffe vraiment les fesses pour que démocratiquement les décisions soient prises ? J’ai l’impression qu’on n’est pas tellement loin de ça… mais encore, les décisions contraignantes à l’échelle internationale, qui les prendra ? Y a-t-il des précédents qui nous permettraient d’espérer ? L’interdiction de certains produits chimiques ? L’exemple de notre incapacité collective à gérer les ressources halieutiques… n’est pas rassurant.

À creuser : gène égoïste (Richard Dawkins), animaux altruistes; Éthologie et écologie comportementale (un cours d’Alain Lenoir, Université de Tours)… finalement, les animaux ont peut-être plus à nous apprendre, en matière de survie ?!

Lakoff et le "framing"

En terminant la lecture de Gerald Edelman je n’ai pu m’empêcher de googler George Lakoff tellement Edelman était enthousiaste à son égard. Linguiste de la métaphore, voir aussi Metaphor, Morality, and Politic , ses écrits récents sont clairement orientés vers l’action politique : Thinking Points (livre au format PDF téléchargeable paru en novembre 2006), George Lakoff Manifesto. Ses concepts de framing et reframing sont appliqués, applicables à des questions diverses : l’immigration, l’environnement, Katrina… Une liste d’articles impressionnante où il appelle à recadrer les débats dominés par la droite. Un de ses textes les plus connus : Don’t Think of an Elephant: Know Your Values and Frame the Debate.

Ce furetage m’aura permis de découvrir le site « ChangeThis » où sont publiés de nombreux manifestes… Un assemblage assez hétéroclite : textes de Tom Peters, mais aussi le fameux The Long Trail, de Chris Anderson, éditeur en chef de la revue Wired, du Digital Rights Management de Cory Doctorow, Made in USA de Paul Graham, et autres The Paradox of Choice de Barry Schwartz, …

la vertu… sans le sacrifice ?

Les nouvelles sont mauvaises (IVe Rapport IPCC), mais, lueur d’espoir, les canadiens en sont conscients et semblent prêts à faire des sacrifices (Sondage d’opinion de Strategic Counsel)… Enfin, surtout que les autres en fassent. Bon, il y a quand même 55% des canadiens prêts à faire de gros sacrifices mais seulement 31 % prêts à payer leur essence significativement plus chère.

Parmi les solutions possibles… la géothermie. Un rapport récent et volumineux (400 pages) sur la question d’un comité du MIT : « The Future of Geothermal Energy » (PDF, 14.1 MB). Merci Alex.

tous les aînés devraient avoir accès aux services

careOlder.pngUn rapport anglais vient de proposer de tripler les fonds consacrés à l’aide aux aînés (Securing Good Social Care for Older People: Taking A Long Term View ), remettant en question le mode de fonctionnement actuel qui n’offre des services qu’aux plus démunis, forçants plusieurs aînés peu fortunés à vendre leur domicile pour se payer des services…

Une avenue (celle de ne payer que pour les plus infortunés) qui est probablement à l’étude dans les officines québécoises…

de l'eau SVP

Le 22 mars, c’est la Journée mondiale de l’eau. Le résumé (52 p. PDF) du 2e Rapport des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau. À la faveur d’une visite sur le site de la BBC, pour y lire un article commentant le dit rapport sur l’eau, je découvre un dossier en 6 parties et plusieurs animations pédagogiques sur la biodiversité, l’eau, l’énergie, l’alimentation, le climat… Aussi fascinant qu’effrayant.

100 millions de femmes en moins… ou d'hommes en trop

Particulièrement depuis l’invention du scanner à ultrason (échographie), la naissance des garçons en surnombre s’est accentuée dans des pays comme la CHine et l’Inde. On estime à quelques 100 millions le nombre de femmes manquantes aujourd’hui en Asie. Quelle solutions trouveront les dirigeants de ces pays ? Une guerre sanglante pour mobiliser la frustration de ces jeunes ? Ou encore des méga-bordels où seront enfermée des femmes enlevées ailleurs ?? Voir l’article dans la revue Foreign Policy. Par [3quarksdaily]

Toronto sans fil

D’ici l’été, Toronto deviendra la première ville canadienne à couvrir une partie de son territoire (PDF) d’un réseau public sans fil (Technaute : Toronto sera sans fil ; Globe and Mail : Toronto to get Wi-Fi). Le réseau sera étendu à d’autres secteurs après la phase initiale. À défaut d’une véritable Cité éducative, c’est un pas de géant dans une vision urbaniste communautaire.[Relief]

C’est pas toute la ville, mais c’est une partie du centre-ville, incluant la Bourse, l’Université… Allez, Montréal, Go !

démocraciel, changement local, éducation joyeuse

Un pot-pourrie de liens à commenter plus tard.

Tout d’abord de bonnes questions adressées aux profs, qui pourraient fort bien être posées à tout intervenant social : Quel est le sentiment que les profs laissent aux étudiants par leur exemple en regard de l’apprentissage la vie durant (continu) ? En regard des outils d’éducation permanente que sont devenus les technologies ?… Sous le titre Playing to learn, ce premier billet d’un nouveau blogue « The Illuminated Dragon » par Donna Desroches, Saskatchewan, semble prometteur. Une référence de Rob Wall, par Stephen Downes.

graphique de Kevin HarrisDémocratie électronique (e-democracy) deux billets de David Wilcox bourrés de liens et ressources; et un autre, du même carnet Designing for Civil Society, portant sur l’engagement durable, soutenable,  dans les efforts de changement local More conversations, less committees. Ce dernier billet commente un modèle proposé par Kevin Harris, de Neighbourhoods qui résume assez bien graphiquement (cliquer l’image à gauche) les enjeux du changement-développement local.

Internet sur mesure ou sous contrôle ?

Les opérateurs de services d’accès à Internet (compagnies de cables, de téléphones mais aussi les fournisseurs de matériels de contrôle – tels CISCO…) font pression sur les régulateurs publics afin de pouvoir tarifer les contenus en fonction de… leurs contenus. Les profits seraient plus solides, plus stables (ou croissants)…

Une série de textes provenant de ces acteurs de la scène de l’industries mettent en cause le principe de la neutralité des porteurs de contenus… promouvant le « Deep Packet Inspection »… Documents rassemblée par le Center for digital democracy.
Des actions se mènent pour contrer ces pressions (Hands Off Our Internet, chez Common Cause ou encore Internet Freedom Under Fire: Act Now, chez Freepress). Une bonne présentation du dossier sur le site de The Nation. Une référence de Downes.

Mais où sont les pressions et résistances ici, et dans le monde francophone ? Cette bataille est-elle celle des activistes américains seulement ? Pourtant les Bell, Videotron et Rogers se précipiteront dans le même sens aussitôt que le pattern sera créé, ou la faille ouverte chez nos voisins. Déjà que le CRTC n’en mène pas large devant les pressions des quasi-monopoles.

Ce même CRTC qui déclarait officiellement (en 1999) qu’il ne réglementerait pas Internet :

Après un examen approfondi (…), le CRTC a conclu que les nouveaux médias sur Internet atteignent les objectifs de la Loi sur la radiodiffusion et que, sans réglementation, cette industrie est dynamique, hautement concurrentielle et se taille une place enviable dans le marché.

devra peut-être réviser son approche, alors que la concurrence devient une oligarchie semblable aux chaines médias réglementées, elles, par la commission. C’est peut-être moins pour protéger la diffusion du contenu canadien qu’il faudra surveiller les grands porteurs que pour éviter la discrimination des petits porteurs, et des fournisseurs de contenus non-monopolistes… Bon, j’y reviendrai après avoir lu tout ça plus à fond.

l'avenir à bicyclette (et en train)

Le groupe de recherche (thinktank) britanique Foresight vient de publier (26 janvier) un impressionnant rapport sur l’avenir du transport. En fait les rapports rendus publics portent plus largement sur le développement des infrastructures intelligentes de demain. Il ne faudra pas seulement que les infrastrustures der transport de demain puissent mouvoir plus et plus vite les humains et leurs biens mais aussi distinguer les fins et prioriser parmi celles-ci.

C’est à se demander si Bush n’avait pas lu ce rapport avant de faire son petit coup d’archet et trémolo sur la dépendance des amerloques à l’endroit du pétrole dans son discours sur l’État de la nation.

Il ne s’agit pas d’UN rapport mais bien d’une vingtaine de rapports dont 5 synthétiques (dont deux encore à venir) et dix-huit rapports (en deux versions chacun: sommaire et complète) classés en 5 sous-ensembles: Société, Environnement, Technologie, Information et Politiques-Économie. La principale synthèse prend forme de 4 scénarios de développement prévisibles, allant du plus pessimiste (chute brusque de la disponibilité de pétrole et crise économique profonde) au plus optimiste prévoyant une émergentce rapide de moyens alternatifs permettant de poursuivre la croissance actuelle des moyens de transport.

Les conclusions semblent tout de même pointer vers une réduction drastique de la facilité (et l’inconscience ajouterais-je) avec laquelle nous nous déplaçons aujourd’hui autour du globe, pour passer quelques jours ici ou là. C’est cet aspect qui a surtout été retenu dans les médias. Mais l’ensemble mérite plus qu’un paragraphe dans chronique Social Studies du G&M.

YULblog, une autre fois

Ça y est, j’ai encore passé mon tour pour le YULblog de ce mois ! J’étais pourtant bien parti… il faisait beau, pas froid pour un 1er février… Je me suis même rendu à mi-chemin ! Mais le coeur n’y était pas. C’est pas que j’aurais pas aimé revoir… Martine, Ed, Marie-Jo…  ou peut-être rencontrer pour la première fois Mike, Geoffroi, ou Catherine, ou Patata… et quelques autres parmi les centaines de blogueurs montréalais invités.

Beaucoup font comme moi sans doute : paresseux ? asocial ? Sans doute, comme le suggère Martine, la transformation en espace non-fumeur (comme ce sera le cas en mai prochain) pourrait éliminer un frein à ma participation : en tant qu’ancien fumeur encore « fragile » j’appréhende encore ces soirées enfumées.

Un ou deux autres freins pour ma part : le bilinguisme (!) Oui, je disais être paresseux ! Mais pour ceux-celles qui ne parlent que rarement l’anglais, c’est très frustrant de passer une soirée à se déboîter la gueule (et creuser le ciboulot) pour se faire comprendre ! C’est sûr qu’on peut toujours rester entre nous, les anglos d’un bord, les francos de l’autre… Mais ce serait plate, archi. Alors on se force un peu, et c’est pareil pour les anglophones qui s’y mettent souvent aussi, à essayer l’autre langue. Bon, c’est vrai qu’on finit sans doute par passer plus de temps en anglais qu’en français… Mais ça doit avoir évolué depuis la dernière fois que j’y suis allé ! À regarder le nombre de blogues avec des noms francophones inscrits sur Yulblog, les proportions ressemblent de plus en plus à la population montréalaise.

Et quelle autre « raison » ai-je en réserve pour ne pas y aller ?? La Cabane…  Pour ceux qui connaissent pas, c’est un genre dde croisement entre la Pataterie et la taverne du coin. Ça a un certain charme. Au premier chef, sans doute, celui de n’être pas cher. Ce qui devait être un critère pour les premiers blogueurs étudiants d’il y a 5-6 ans. Mais on pourrait pas changer ?? Tiens, juste 30 ou 40 mètres plus au nord, le Laika non ? C’est même un pôle du réseau « Une île sans fil ». Est-ce impensable ?? la tradition est (déjà) trop forte ? Ce serait pourtant un bon compromis : toujours situé sur la ligne de partage Est-Ouest, et représentant fièrement la diversité culturelle montréalaise…

C’est des excuses, je vous disais… En mars, promis, j’y vais.

Une vie en plus

Me suis finalement acheté « Une vie en plus« , de De Rosnay, Servan-Schreiber, De Closet et Simonnet. De lecture facile, sous forme d’entrevues entre Simonnet et les autres spécialistes, que complémente le site où semble se poursuivre le débat à 4 voix. Recettes de longévité basées sur les dernières découvertes de la science, questions philosophiques soulevées par l’allongement de cette période de la vie et le chamboulement des équilibres intergénérationnels acquis de longue date… et questions sociales et politiques posées par tous ces changements… Un beau programme dont nous devrions parler avec « nos vieux » dans nos quartiers.

marcher son quartier

Walk less, weigh more. Really. Did it ever occur to you to compare the bodyweight of people living in sprawl towns that encourage car use, with that of people living in more walkable ones? Nor me. A man called Richard Jackson has done so in, er, well the USA actually, and found the difference to be about three kilograms. « Urban designers need to wake up to the link between neighbourhood layouts and rising obesity and mental illness. » De Planning resource. Par Kevin [Neighbourhoods]

Trois kilos. C’est pas beaucoup me semble.

légaliser la prostitution et interdire la cigarette

Une des revues professionnelles de médecine les plus respectées (le British Medical Journal) prend position cette semaine pour « bannir un vice et soutenir la légalisation d’un autre ». La Grande Bretagne semble s’orienter elle aussi vers un banissement complet de la cigarette dans les endroits publics confinés (in enclosed public places).

Sur la question de la prostitution plusieurs articles de la revue (certain accessible aux seuls abonnés) dénoncent la demi-mesure que s’apprête à prendre le gouvernement britanique en ne poursuivant plus les prostituées mais les acheteurs de services sexuels. On craint que cette approche ne fasse que passer la prostitution à un état encore plus « underground » alors qu’une véritable politique de certification permettrait de contrer les aspects les plus viles de ce commerce : traffic et prostitution d’enfants, esclavage… sans compter l’opportunité que représentarait cette approche de traiter (ou tentrer de le faire) les « méfaits collatéraux » que représentent la violence et la toxicomanie.

innovation et secteur public

innovation.jpgOn voit souvent le secteur public comme quelque chose de quasi antithétique avec l’innovation… pourtant on peut innover dans les services publics. On peut même le faire suivant 8 axes selon ce shéma proposé par Dave Pollard.

Parlant de Pollard, je me demande comment il fait pour écrire de si longs (et fouillés) billets sur son carnet How to save the world. Je me doute que cela lui sert professionnellement… mais je pense qu’il a aussi la plume facile !

un président au dessus de tout… contrôle

Alors que les mesures de surveillance de citoyens américains prises par le président Bush, sans l’accord de tribunaux, sont de plus en plus sévèrement dénoncées, notamment par Al Gore, ce « meilleur président élu n’ayant jamais eu l’occasion de servir » (dixit Dave Pollard), ce même gouvernement par l’intermédiaire de son DoJ (département de la justice) exige des grands moteurs de recherche d’Internet qu’ils lui livrent un portrait des recherches faites par les internautes durant une semaine. Seul Google a jusqu’ici résisté à la demande du DoJ, craignant (avec raison) de voir diminuer la confiance de ses utilisateurs alors que toute la valeur de ses produits repose sur le traçage des choix et demandes des internautes. Les marchés ont déjà réagi à l’annonce de ce bras de fer, avec la plus lourde perte en une journée pour l’action de Google.

ProNETariat

Un nouveau bouquin par Joël de Rosnay : La révolte du pronetariat. Voir entrevue video. Ce futurologue est l’auteur de plusieurs livres, dont L’homme symbiotique, et plus récemment Une vie en plus.

Il semble que La révolte… ne soit pas encore disponible ici. En fait, il ne sort que demain dnas les librairies françaises. Mais on peut déjà suivre et participer aux débats que soulève ou auxquels contribue ce livre en se rendant sur le blogue associé : www.pronetariat.com. Par [Biotope]

catastrophismes

(…) Tout aussi inquiétant, une étude internationale publiée cet été dans Nature prouve qu’un été chaud et sec, comme celui de 2003 en Europe, a réduit la capacité des végétaux à absorber le dioxyde de carbone (CO2) de 30 % par rapport à 2002. En outre, des tourbières de l’ouest de la Sibérie ont commencé à relâcher du méthane à la suite d’un réchauffement de 3 ° à 4 °C dans cette région. La molécule de méthane a une capacité de réchauffement 21 fois plus importante que celle du gaz carbonique. (…) Alain Brunel in [Le Devoir]

Un discours catastrophiste ?? On crie au loup ? Et si le loup était vraiment arrivé ? Si les catastrophes à répétition des derniers mois n’étaient que le début… de la fin ? En lisant cette courte « opinion » d’un lecteur, une idée qui m’avait déjà effleuré l’esprit m’est revenue : est-ce que le méthane s’échappant du permafrost, les milliards de tonnes de méthane, peut s’enflammer ?? Et s’il s’enflammait, cela accélérerait de manière extrême (catastrophique ?) le réchauffement de ces régions et la libération de méthane… et le cercle vicieux du réchauffement ?!? Continuer la lecture de catastrophismes

la santé des Américains se détériore

The prevalence of smoking decreased by 30% between 1990 and 2005, but almost all improvement occurred between 1990 and 1993. Today almost 21% of Americans smoke. Obesity doubled between 1990 and 2005, from 11.6% of the population to 23.1%. [BMJ]

 Ces chiffres sont extraits d’un rapport américain : America’s Health Rankings 2005. “This report alerts public health people. We haven’t made progress since 2000. It’s a flat line.”

Pour ne comparaison internationale : le cahier de statistiques 2005 (pdf de 5 Mo) de l’Organisation mondiale de la santé.

Et dire que certains continuent de voir nos voisins* comme le nec plus ultra en matière de système de santé…

_______________

* C’est Jean Dion, je crois, qui faisait remarquer que d’ajouter "du sud" à  l’expression ne faisait pas vraiment de sens, puisque dans toutes les autres directions, nous n’avons pas de voisins !!

lectures 2006/01

projet de loi pour soutenir le dév. local

Local works meeting I’ve not been keeping up with the practical localism of Local Works, but I notice they have several public meetings coming up after the new year. Check this list if you’re interested in hearing the arguments about sustaining local resources and amenities, and about the need for a Sustainable Communities Bill.

Bon, c’est en Angleterre. Mais on pourrait peut-être s’en inspirer ? On s’est bien inspiré d’eux pour le systhème de santé ! Voir aussi cet autre billet du même prolifique Kevin Harris : Community, consensus and neighbourhood governance

enceintes dans le métro

Des témoignages éloquents, diffusés à l’émission Indicatif présent de la Première chaîne de Radio-Canada. La Première à la carte, un bouquet quotidien des meilleurs moments de la chaîne, diffusait cet extrait qui mérite d’être écouté. C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle ! Des femmes enceintes, auditrices de l’émission, racontent leur expérience d’utilisation du transport en commun à Montréal… Un exemple : un chauffeur d’autobus, exaspéré de voir une femme (très) enceinte, seule personne debout dans l’autobus, arrête son véhicule pour lui proposer son siège, "Personne n’ayant eu la décence de vous céder sa place…". Ça vaut la peine de télécharger ce fichier mp3. La prochaine fois que vous verrez une femme enceinte dans le métro… La portion dont je parle débute à 8 minutes 18 secondes.

C’est la seconde fois que je vais faire mon marché avec un baladeur sur les oreilles, écoutant ces résumés de la semaine et quelques autres podcasts ou émissions de radio en fichiers téléchargeables (baladodiffusion). La radio Arte a aussi ses fils de diffusion audio. J’aime bien aussi le podcasting de Pointblog. Finalement, c’est pas si mal de faire le marché !

Coquelicots

photo tirée du groupe Périgord 

Le jour du souvenir… Est-ce de la bravoure des soldats dont on doit se souvenir, ou de l’absurdité et de l’horreur de ce que l’homme peut faire à l’homme ??

Peut-être les deux… il aura fallu, en effet, que beaucoup d’hommes (et de femmes) meurent pour empêcher que la folie meurtrière s’installe pour 1000 ans, comme l’annonçait la propagande du 3e Reich.

Coquelicots 
Téléchargée d’abord sur Gilles (photos) en vrac….

Idées de France

Un site en français, Idées de France,  qui fait le tour de l’actualité intellectuelle internationale, donc aussi anglosaxonne. Cité par Nanoblog :

Bien qu’un peu "intellectualisante", la démarche a le mérite d’être ambitieuse et le résultat est déjà bon : dossiers intéressants, revue de presse courte mais bien faite, présentation sobre mais plaisante. Le tout portant sur les débats d’idées et destiné à redonner à la France des lettres de noblesse qu’elle a sans doute perdu au plan international, en terme de rayonnement culturel et intellectuel.

Les sujets traités dans des dossiers(en plus des actualités, des forums, de l’actualité…) : Les Études de genre à l’Université ; Modèle social européen : élan ou carcan ; la Biométrie : sécuritaire ?

l'Amazone est malade

(JPG)Faut avoir le coeur bien accroché pour suivre l’actualité environnementale… Cette photo-ci sur les effets largement sous-estimés des coupes forestières en Amazonie, et ces autres sur la sécheresse qui sévit actuellement dans cette région.

C’est le grenier des espèces vivantes de la planète qui souffre ainsi… Précurseur d’une éroson drastique comme la Terre en a connu quelques-unes ? Comme disait Hubert Reeves : Serons-nous encore là pour le voir? En effet, la question de pose.

climat : assez de discussions

Hubert Reeves et David Suzuki: Alerte Climatique à Montréal L’astrophysicien Hubert Reeves et le généticien David Suzuki ont discuté de l’avenir de la planète devant 3400 personnes lors de la conférence "Alerte Climatique" organisée par EquiTerre. (…)

J’ai bien failli aller à cette conférence…  mais les billets se sont envolés. Quand je regarde la liste des 10 choses à faire pour "agir maintenant" que suggère Suzuki dans son "Nature Challenge" (une version française est disponible au bas de la page en anglais) j’en ai déjà plusieurs à mon tableau : j’habite près de mon travail, je n’ai pas d’auto, j’utilise les transports en commun (nécessairement !), je ne mange pas de viande plusieurs jours par semaine, je supporte les moyens de transport alternatifs (ex: Communauto)… et je n’ai pas l’impression de me priver ! En fait, je dirais que ma principale motivation en ce qui regarde mon lieu de résidence près (à une distance marchable – soit 1,5 Km) du travail est la paresse ! Hé oui, je préfère de beaucoup marcher 20 minutes pour me rendre au bureau (même dans les froids de -20) que de prendre l’autobus ou une automobile dans le traffic pendant le même temps. Qu’est-ce que j’y gagne ? En plus des milliers de dollars épargnés, je n’ai pas à pelleter tout l’hiver pour sortir cette foutue mécanique du banc de neige !!

Sur cette conférence, voir aussi : sur le site de Radio-Canada, sur celui d’Équiterre

Habermas et l’Internet comme espace public

Dans la suite du billet précédent, cette analyse de la pertinence, encore aujourd’hui, d’un texte de Habermas écrit en 1962 (The structural transformation of the public sphere– paru en allemand), il y a plus de quarante ans :

In the digital age, the discussion about the public sphere has at the same time become increasingly relevant and increasingly problematic. The validity and relevance of post–modern critique to Habermas’ concept of the public sphere cannot be denied, yet the concept of a public sphere and Habermas’ notion of a critical publicity is still extremely valuable for media theory today. Un article de Pieter Boeder. [First Monday – septembre]

Peut-être à cause de l’origine néérlandaise de l’auteur, et contrairement à ce que le sujet pourrait laisser penser, ce texte en anglais est facile à lire. La dénonciation de la « commodification » des médias, leur réduction à leur seule dimension commerciale ne date pas d’hier. Le concept d’espace public est particulièment riche pour décrire les enjeux entourant l’Internet aujourd’hui, même si ce réseau des réseau était loin d’exister en 1962. Pour approfondir ce concept d’espace public : Du concept d’espace public à celui de relations publiques généralisées; Espace public (dossier de l’Agora); L’espace public par Habermas ; Droits et démocratie, compte-rendu.

L’espace public lieu de mise à l’épreuve de l’opinion pour l’émergence de l’opinion publique, est-il en train de s’éteindre sous le poids des mass medias, de la contamination du discours et du travail journalistiques par ceux des relations publiques ? Alors que beaucoup de raisons pourraient nous faire douter et penser que « les jeux sont faits », les acteurs ont des pouvoirs trop disproportionnés… certains aspects de la conjoncture actuelle et recente nous portent à garder espoir : multiplication des sources d’information; des moyens de communication latérale et indépendante des grands médias… La détermination de l’orientation et des axes de développement des médias de même que l’accessibilité aux nouvelles technologies sont partie intégrante des enjeux sociaux fondamentaux, tels l’accès aux soins de santé ou à l’éducation.

le fédéral et l'empowerment

Dans un rapport paru en septembre dernier (Percée décisive : les collectivités dans la nouvelle économie – pdf de 40 pages) le Conseil national Traverser les frontières fait la promotion d’une "approche dirigée par la communauté" afin de favoriser le développement des communautés en difficulté. À partir d’exemples réussis de développement local … le rapport identifie les ingrédients essentiel à ce processus de développement des capacités autant que de l’économie: leadership local fort, approche de mobilisation des parties prenantes (stakeholders)…

Bien que l’accent soit mis sur la nouvelle économie, les processus et stratégies de développement local sont valables pour tous les secteurs.  Une critique des attitudes et programmes gouvernementaux ouvre la porte sur le questionnement des mesures de soutien au revenu créant de la dépendance… Serait-ce là le véritable objectif de ce rapport : remettre en question les règles de l’assurance emploi dans les collectivités qui en dépendent trop fortement ? Osons croire que non ! Utilisons plutôt la mise en valeur des méthodes visant l’empowerment des communautés locales défavorisées.

Digression autour du mot nation Mais je ne m’y fais toujours pas : encore un conseil "national" qui traverse à peine la frontière des langues… et qui n’aura pas réussi à trouver un nombre significatif d’interlocuteurs au Québec. Mais ce serait un rapport publié par le gouvernement néozélandais qu’il serait toujours bon ! Tant mieux s’il provient d’un gouvernement qui administre (encore) la moitié de nos impôts. Pourquoi pas un "conseil canadien" plutôt que national ? Les anglo-canadiens ont-ils si peu de confiance dans l’existence de leur nation qu’ils accolent, tel un gris-gris, le mot national sur tout ce qui émarge du gouvernement fédéral… Il faudrait vraiment trouver un autre nom pour l’ensemble canadien. On ne peut décemment enlever le Canada aux anglo-canadiens alors pourquoi pas "Les États-Unis du Nord de l’Amérique" (EUNA) ? Ou encore le "Grand Canada" (comme existe la Grande-Bretagne) qui serait composé des nations canadienne et québécoise et des peuples amérindiens. Non ? AJOUT : le Canada Uni !!

communautés, différences et milieux de vie

Anne Galloway  nous introduit, comme souvent, à des auteurs qui me semblent des plus intéressants. Ici, sur la question des communautés qui doivent plus aux différences entre leurs membres qu’aux similitudes, elle pointe vers Jean-Luc Nancy (Etre singulier pluriel, La communauté désoeuvrée ), vers Maurice Blanchot (La communauté inavouable voir aussi)  ou encore vers Alphonso Lingis (The Community of Those Who Have Nothing in Common).

En effet les différences, ce que j’appelle la mixité dans la composition d’un milieu, sont essentielles au dynamisme de certains projets. Nous, agents de développement social, organisateurs communautaires avons trop souvent une vision mécanique (comme les développeurs de social software ?) et simple du développement des communautés : des intérêts communs conduisent à la création de communautés de mobilisation, d’identité… Mais les vraies communautés, celles qui peuvent exister à long terme, n’ont-elles pas besoin de différences, de diversité autant que de similitudes pour se développer et "fleurir" ?

Imaginons un instant des CHSLD qui seraient décentralisés en petites unités insérées dans de véritables milieux de vie… des HLM qui ne seraient plus des HLM mais des habitations à loyers modulés… permettant à des personnes pauvres, et d’autres moins pauvres, et d’autres même pas pauvres du tout… de vivre ensemble et créer un environnement viable. Utopie ?

quartiers, paroisses et gouvernance

Conf_leafletÇa fait bizarre de voir ce terme "gouvernance" appliqué au voisinage mais il s’agit d’une question toujours cruciale quand on parle de développement local, de participation citoyenne. Kevin Harris, l’animateur du carnet Neighbourhoods, organise un colloque à Londres en novembre prochain sur cette question. Le Office of the Deputy Prime Minister (ODPM) publiait sur cette question de l’implication des citoyens dans leur communauté un petit dépliant en anglais (naturellement!) : Votre quartier: s’impliquer, dire son mot (pdf de 7 pages). Dans le même ordre d’idées, provenant du Home Office de Grande-Bretagne : Firm foundation : the Government framework for community capacity building  (pdf, 712 Ko).

Aussi, et peut-être encore plus pertinent dans notre contexte de création de "projets cliniques" désirant mobiliser les communautés autour d’objectifs de santé et de développement : Together we can, un plan visant à habiliter les citoyens à travailler avec les institutions publiques (public bodies) pour établir et atteindre des objectifs communs. Une douzaine de départements gouvernementaux mobilisés autour de 4 dimensions : Citoyens et démocratie; regénération et cohésion; sécurité et justice; santé et sustainability. 28 pages & Annexes

participation citoyenne : freins et tendances

Une étude récente conduite en Écosse Public attitudes to participation (.pdf de 4 pages, en anglais) concluait que les gens des communautés rurales étaient plus susceptibles de connaître leurs représentants politiques et d’être engagés dans une association volontaire. Le manque de connaissance sur les possibilités d’être consulté et le scepticisme quand à la valeur de ces consultations sont les deux freins à la participation le plus souvent mentionnés. Trois facteurs pourraient conduire les citoyens à s’impliquer plus dans les processus décisionnels les concernant : 1) que la question les touche personnellement; 2) qu’elle concerne la localité immédiate; 3) que ce soit une question à laquelle ils tiennent fortement (an issue about which they feel strongly). Par ailleurs 40% des répondants affirmaient que rien ne pourrait les encourager à s’impliquer plus. Parmi ceux qui pouvaient être encouragés, 30% disaient souhaiter plus d’information… Une référence de Neighbourhood.

l'accès libre : une condition

Call for Free Access to Research , BBC News More on what is becoming a pervasive trend, the call for free access to publicly funded research. "The eight UK research councils, which control most of the public funding, have proposed making free access a condition of getting grants."  [OLDaily]

Huit conseils de recherche du Royaume-Uni, responsables de la plus grande part du financement de la recherche, envisagent de faire de l’accessibilité gratuite aux résultats de ces recherches une condition de financement. Enfin ! Le financement public devrait être conditionnel à l’accès du public aux résultats.

fin prochaine de la dépendance au pétrole ?

Certains pensent que la transition vers des énergies de remplacement du pétrole pourrait se faire plus vite qu’on pense. Ce qui signifierait une période d’ajustement plus chaotique… Un long article du New York Times présente la situation… et certains arguments en faveur d’une diminution de la demande, plutôt que toujours faire pression sur l’offre. La consommation globale de pétrole est passée en deux ans de 79 à 84 M de barils par jour. Un 5 millions de plus qui en vaut 10-12, car pour avoir 2 millions de barils de plus pour la consommation, il faut compter, en plus, 4 à 6 millions pour compenser les sources qui se tarissent… C’est autant de pétrole qu’en produit l’Arabie Saoudite qu’il faut ajouter à chaque 3-4 ans !!

Comme dit cet ancien directeur de la Aramco,  It’s not our problem to tell a democratically elected government that you have to do something about your runaway consumers. If your government can’t do the job, you can’t expect other governments to do it for them . Une référence du site de Veille sur les changements climatiques. Merci Alex !

l’open-source poursuit sa course

L’article de Paul Graham fait des vagues. Cité par mtl3p, cet article est cité 48 fois parmi les fils recensés par Newsgator, juste après les articles sur l’état de la blogosphère et un machin sur les applications pour Sharepoint de Windows.

Graham m’avait accroché il y a quelques temps, je ne me souviens plus trop à propos de quoi… tu t’en souviens Georges ? car tu m’avais dit à l’époque que tu l’avais connu ou sans doute suivi alors qu’il élaborait un langage (Lisp). Je me souviens vaguement qu’il avait écrit un texte assez intéressant sur le vécu d’un geek… Oui, ça s’appelait Why nerds are unpopular. Incidemment il semble prolifique en essais de toutes sortes, ce Graham : Why Smart People Have Bad Ideas, What You Can’t Say… Un sens critique plein d’humour…

Toujours est-il que son texte, intitulé What Business Can Learn from Open Source, brasse la cage. Ce qui semble être son style habituel. J’aime bien cet extrait tiré de l’article de User Driven

The third big lesson we can learn from open source and blogging is that ideas can bubble up from the bottom, instead of flowing down from the top. Open source and blogging both work bottom-up: people make what they want, and the the best stuff prevails.

Does this sound familiar? It’s the principle of a market economy. Ironically, though open source and blogs are done for free, those worlds resemble market economies, while most companies, for all their talk about the value of free markets, are run internally like commmunist states.

Intéressant.

si y'a pas de morts on en invente !

Encore une fois, les médias ont démontré leur prédilection pour le catastrophisme : un accident d’avion à Toronto aura fait peur à près de 300 passagers de Air France, mais peur seulement. Enfin, il y  a bien eu quelques blessés légers, mais rien à comparer de ce qui aurait pu se passer! Mais qu’à cela ne tienne, on persiste et creuse en poursuivant les investigations sur les séquelles psychologiques, les si et les peut-être… Encore une manifestation de ce comportement de troupeau, de meute des journalistes… qui se précipitent en bloc, comme des hyènes sur une carcasse. Les flammes, le sang ou la peur du sang… quel scoop ! Quelle nouvelle !!

… et on appelle ça de l’information ! Que ces manières soient caractéristiques des chaines publiques autant que des chaines commerciales me désole.  

poWEr et la participation électorale

Un processus de recherche et de participation visant à mieux comprendre la baisse du taux de participation électorale… en Angleterre. Documents d’analyse et de diffusion des résultats intéressants, mais aussi la démarche : après avoir tenu une série de rencontres recueillant des témoignages (Witness sessions) à travers le Royaume-Uni (à moins que ce ne soit la Grande-Bretagne) on lance cet automne un appel à organiser des Soupers de la démocratie, avec des amis ou dans des écoles. Voici le menu proposé pour ces Democracy Dinners (PDF).

Une autre initiative soutenue par la fondation Rowntree

Rick Mercer

Une référence de Anne. Effectivement je crois que je vais revisiter ce blog de Rick Mercer. S’il en raconte seulement une par semaine comme celle-là, ça vaut de s’abonner à son fil RSS ! Bon, c’est sûr qu’on ne connait pas tous Jason Kenney pour saisir tout le piquant de la blague, mais la manière de raconter, Don Boudria… c’est pissant ! Tout nouveau blogueur, Rick Mercer est le comique canadien le plus populaire actuellement. Animateur du Monday Report, qui pète des records d’audience.

Son premier billet :

You always remember your first….

Like many big personal firsts the anticipation is huge but it will probably turn out to be anticlimactic, clumsily executed and mercifully short.

Yup… I was right.

débat santé

La décision controversée (4 contre 3) de la cours suprême du Canada concernant le droit d’utiliser des services de santé du secteur privé aura vite repoussé au second plan les tourments intestinaux de la course au leadership du Parti Québécois… provoquée par la démission surprise de Bernard Landry samedi dernier.

Barbara Hogan would be dead today if she hadn’t gone to a private U.S. clinic, c’est toujours comme ça qu’on présente les avantages de la présence d’un secteur privé en santé. Ce qu’on oublie de dire c’est que 40 millions d’américains n’ont AUCUNE couverture de santé… et que 50% des faillites personnelles dans ce pays sont liées aux coûts exhorbitants encourus… tout ça pour une facture globale qui est de 50% supérieure à celle canadienne (15% VS 9,6% du PIB en frais de santé). La différence de frais de santé est sans doute plus proche du double, si on tient compte du fait que le PIB américain inclut une masse financière incomparable de dépenses militaires. Ces arguments sont ramenés par Roy Romanov, dans la section Comment du Globe & Mail (mais accessible seulement aux abonnés), laissés en marge comme si c’était un discours passéiste.

Et pendant ce temps là…

When the author began to give his e-mail address to all his patients, two thirds of health communication went online each week, and visit lengths doubled in time. BMJ

Les pratiques médicales intéressantes en santé primaire : sessions de groupe, utilisation d’Internet, dossiers informatisés, pratiques d’équipe… viennent confirmer les orientations suggérées par divers groupes (dont la commission Clair).   

impressions fugaces

J’ai tenté dans un court texte (long comme billet mais court pour les questions qu’il aborde) de noter quelques impressions ressenties depuis mon arrivée. Ces impressions rejoignent clairement certaines lectures que je voudrais aussi partager. En ces dernières heures de discussion entourant l’avenir de l’Europe, les comparaisons entre nos deux continents sont porteuses. L’Europe osera-t-elle offrir un rêve, un idéal au reste du monde, alors aque l’American way of life est de moins en moins soutenable ?

hier, tous médias !

L’événement (Demain, tous medias) fut organisé autour d’une page Wiki animée par l’infatiguable Christophe. Le petit auditorium de l’Institut international du multimédia, du groupe Léonard de Vinci à La Défense était presque rempli: 100 ? 125 personnes ?  Plusieurs interlocuteurs ont fait part d’innovations et d’expériences intéressantes.

Le premier groupe portait sur des expérience relevant de la sphère publique. Olivier Auber nous présenta Notreconstitution.net : l’utilisation d’un Wiki pour analyser et rendre accessible le texte de la constitution, auparavant disponible seulement en format PDF ou d’un seul bloc, ce qui rendait la discussion des quelques 400 articles plutôt laborieuse ! Christophe Grébert, pour sa part, animateur d’un site (blog) commentant l’actualité d’une localité de la région parisienne (www.monputeaux.com), nous livra le témoignage d’un citoyen confronté aux pouvoirs locaux quand ceux-ci ne sont pas très ouverts à la critique. Un débat qui le mènera bientôt devant les tribunaux français. Une mise en cause de la liberté de parole soutenue par les internautes.

Suivait Luc Legay, de Rampazzo et associés, qui nous exposait les craintes et remises en question que le développement des blogs et autres outils de prise de parole citoyenne sur Internet peuvent soulever dans les medias "traditionnels". Citant Rupert Murdoch, cet empereur des médias, sur l’avenir de ceux-ci : "une révolution [se produit] dans la manière dont les jeunes consomment l’information. Ils ne veulent plus reposer sur un quotidien du matin pour se tenir informés. Ils ne veulent plus se fier à une figure semi-divine placée au-dessus d’eux et leur racontant ce qui est important. " Les modes de vie impulsent de nouveaux modes de lecture… les lecteurs sont devenus des conso-lecteurs, comme dans "consommateurs".

Puis Carlo Revelli nous révélait quant à lui son tout nouveau projet, lancé depuis quelques jours à peine : Agoravox, un magazine en ligne offrant à tous de devenir journaliste. Il semble que la formule soit particulièrement populaire en Corée  : Oh My News. Il semble même que la tendance se dirige vers de la télévision citoyenne… avec un projet auquel est associé Al Gore : Current.TV

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documents sur le développement social

La dernière livraison de PolitiquesSociales.net, intéressante comme d’habitude, a un petit air européen avec ses articles sur le "nouveau" modèle britannique, sur la ségrégation résidentielle et le droit au logement dont un article fouillé (avec plusieurs cartes) sur l’accès à l’emploi, la ségrégation résidentielle et le chômage en Île-de-France (pdf) et un sur le droit au logement et la lutte à la pauvreté en Belgique. Quelques articles aussi portant sur les référendums en cours sur la constitution européenne.

Trois articles aussi sur la pauvreté : mécanismes de transmission; chez les femmes francophones; dans les ménages canadiens…

De plus un article de Benoît Lévesque: Innovations et transformations sociales dans le développement économique et le développement social: approches théoriques et politiques publiques. 80 pages, PDF.

Europe: une idée, un rêve

L’Europe, ce sont ses cafés. Ce n’est pas moi qui le dit, ou plutôt si, je le disais récemment. Mais j’ai été bien content de voir que George Steiner, oui Lui-même, disait la même chose (et plus) dans son opuscule (61 pages) Une certaine idée de l’Europe. Lieux de débats, de rencontres, de joutes intellectuelles et de jeux… J’aime voir les habitués arriver au café et faire le tour des habitués en distribuant poignées de main et embrassades… Les gens y viennent pour 5 minutes, en passant, le temps d’une cigarette et d’un express… parfois plusieurs fois par jour, parce qu’ils travaillent à côté, ou habitent en face. Certains y passent quelques heures. Certains retraités y ont leur heure rituelle.

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accès non-limité

Le L.A. Times a décidé de ne plus faire payer pour l’accès à certaines parties de son site. Bonne nouvelle. Même si la mort des sites à accès payant est sans doute prématurée (voir commentaire sur l’article) j’espère que des sites comme le Globe and Mail suivront la même tendance ! Et celui du Devoir… Une citation de Online Journalism Review News Blog. Dans le cas du Globe, j’ai été récemment freiné de citer un article, plus que cela, de participer à un appel à la pression lancé par un journaliste quand je me suis rendu compte que l’article en question, vers lequel il me fallait bien pointer pour citation, était "derrière le mur". On pourrait dire en haut de la tour d’ivoire journalistique ?

désactivation des annonces Google

Bon, ça n’aura pas duré longtemps : une petite semaine… Je me disais : pourquoi pas ? Adsense, de Google que j’avais vu à l’oeuvre sur d’autres sites, promettait de poster des publicités pertinentes (en fonction du contenu du site) et, comme d’habitude avec Google, pas trop tapageuses.

Et les premières publicités concernaient un site pour auto-publication… ou encore des annonces pour l’Internet à haut-débit.  Bien. Mais quand j’ai vu apparaître la publicité de la collection de romans érotiques "Sous le manteau", j’ai eu des doutes: mais d’où peuvent bien venir les connotations ?  Des doutes transformés en très net agacement lorsque le roman annoncé à répétition fut Carnet d’une soumise de province… ou quelque chose d’approchant… Non je ne mettrai pas de lien !

Bizarre, c’est moins la connotation érotique que la soumission provinciale qui m’a fait réagir… Faut dire qu’à Paris, ma susceptibilité sur ces question est exacerbée !

Économie sociale, Google et le LAREPPS

C’est fascinant ce que les logiciels nous offrent aujourd’hui, qui était à peine imaginable hier… En questionnant la dernière mouture de la «barre Google» sur les mots Économie sociale, j’apprend non seulement que, il y a sept heures, l’organisme Mediaterre publiait un article sur la question… mais aussi qu’un colloque sur l’économie sociale se tiendra en mai au Saguenay… et qu’il y a 26 minutes, le gouvernement du Québec annonçait de timides mesures de soutien à l’écolnomie sociale. Fascinant, je disais…

L’économie sociale est-elle une solution pour demain
mediaterre.org – Il y a 7 heures
La MAIF consciente de ses devoirs envers l’économie sociale et soucieuse de la promotion de ce modèle économique qu’elle incarne, organise une série de
L’économie sociale est-elle une solution pour demain ? mediaterre.org
et 2 articles connexes >>

Formation en motivation de personnel d’entreprises d’économie
La Nouvelle/L’Union – 20 avr 2005
Le vendredi 13 mai prochain, les dirigeantes et dirigeants d’entreprises d’économie sociale centricoises sont conviés à un atelier de formation de trois
Les entreprises d’économie sociale, un filon à exploiter
Radio-Canada – 20 avr 2005
Les entreprises d’économie sociale occupent de plus en plus de place dans le développement régional. À Rouyn-Noranda seulement

Un colloque sur économie sociale au Saguenay
Québec PME – 19 avr 2005
Un colloque intitulé L’économie sociale dans le milieu social québécois : enjeux et perspectives se tiendra les 11, 12 et 13 mai, à la station de ski du
4 M$ pour des entreprises d’économie sociale
Québec PME – 13 avr 2005
Les promoteurs visés sont des organismes d’économie sociale qui oeuvrent dans le secteur des matières résiduelles. Québec investira
Budget du Québec 2005-2006 – Plusieurs petites mesures qui
CNW Telbec (Communiqués de presse) – Il y a 26 minutes

Parlant d’économie sociale, j’apprenais cet après-midi que le site du LAREPPS a rendu complètement accessible ses quelques milliers de pages (réparties sur plusieurs dizaines de cahiers) : les fichiers PDF ne sont plus "barrés", c’est  à dire qu’on peut non seulement les lire mais aussi en copier un paragaphe, une page, pour le citer, le critiquer… s’appuyer dessus pour agumenter un projet…  Merci Carole !

portails agrégateurs ?

Community web site or aggregator: time to combine?Enthusiasts are still developing local community websites that became popular in the 1990s, but it can be a struggle. Is it time to look at how these could be combined with aggregators that can bring together content from the growing number of bloggers in an area?

En effet, me semble que les portails qui se veulent "reflet de leur communauté" devrait se mettre à l’heure des RSS et agrégateurs… et permettre ainsi la participation de multiples sources et non seulement les seuls utilisateurs de leurs logiciels et interfaces locaux ou propriétaires. Un portail ouvert sur sa communauté… non ?

frontières ouvertes et codes libres

Ce que Gates dis de l’Amérique (entendez les USA), on pourrait le dire de l’Occident :

 »When I compare our high schools to what I see when I’m traveling abroad, I am terrified for our work force of tomorrow. In math and science, our fourth graders are among the top students in the world. By eighth grade, they’re in the middle of the pack. By 12th grade, U.S. students are scoring near the bottom of all industrialized nations. . . . The percentage of a population with a college degree is important, but so are sheer numbers. In 2001, India graduated almost a million more students from college than the United States did. China graduates twice as many students with bachelor’s degrees as the U.S., and they have six times as many graduates majoring in engineering. In the international competition to have the biggest and best supply of knowledge workers, America is falling behind. »
cité par Friedman, New York Times, 3 avril – référence de Downes (l’accès complet au site du NYT demande une inscription, qui est gratuite – elle ;-)

Tous sur la même patinoire… et les adolescents du Vietnam, de la Russie ou de l’Inde ont comme ceux d’ici, accès aux mêmes logiciels libres, à la même information accessible à tous (enfin, de plus en plus). Comment l’Occident réagira-t-il ? en se refermant ?? Ou s’il relèvera le défi lancé par ceux qu’on disait sous-développés, puis en développement… C’est Downes qui élargit l’horizon au delà de la "menace à l’Amérique" pour souligner le côté éminemment positif de cet empowerment du Sud et de l’Orient.

Montréal virtuel

Made in Montreal, un site Web touristique offrant une visite virtuelle de Montréal a remporté deux prix au festival South by Southwest 2005: Catégorie Art et Best of Show. Le Christian Science Monitor a été épaté par ce site et en fait un longue description sur son site Web. [ni vu ni connu]

effectivement épatant… même si un peu mêlant, j’en conviens avec Martine.