les coûts de santé du vieillissement

Le poids du vieillissement démographique sur les coûts de santé… moindre que prévu ! Cet article Remeasuring Aging, paru dans la dernière livraison de la revue Science, propose deux autres manières de mesurer le vieillissement démographique, en plus du traditionnel indice de dépendance des aînés (proportion des 65 ans et plus sur les 15-64 ans).

Les auteurs proposent un indice prospectif de dépendances des aînés, (POADR, prospective old-age dependency ratio) où, plutôt que d’inclure l’ensemble des personnes de 65 ans et plus, pour tenir compte du fait de la croissance de L,espérance de vie, on établit la proportion des personnes ayant 15 ans d’espérance de vie ou moins, sur les personnes de 20 ans et plus ayant plus de 15 ans d’espérance de vie. Si cet indice a l’avantage de tenir compte d’une espérance de vie en croissance constante, il ne tient pas compte de la proportion, relativement limitée, des personnes ayant besoin de soins et services. C’est ce que tente de faire le deuxième indice proposé par les auteurs : le ratio de dépendance des adultes ayant une incapacité (ADDR, adult disability dependency ratio). Il s’agit du nombre d’adultes de 20 ans ou plus ayant une incapacité rapporté sur le nombre d’adultes de 20 ans ou plus n’ayant pas d’incapacité.

cliquez sur le tableau pour le voir en taille originale

Lorsqu’on utilise ce dernier indice, l’effet du vieillissement démographique prévisible pour les prochaines années n’est plus synonyme de catastrophe ! Au contraire, les perspectives laissent plutôt entrevoir une très grande stabilité dans la plupart des pays quand on compare les prévisions d’ici 20 ans et 40 ans. Le tableau suivant est tiré de l’article en question. À noter que même si l’accès à cet article est limité (sauf pour le résumé – abstract) aux abonnés, il semble que les notes et tableaux supplémentaires (pdf) soient accessibles à tous ! Incidemment, si vous souhaitez obtenir une copie de ce court article (2 pages) je me ferai un plaisir de vous la faire parvenir.

déterminants de la santé : un cadre théorique

Intéressant, a priori, que ce « cadre conceptuel de la santé et de ses déterminants » **. Ça se veut un outil de référence qui sera d’autant mobilisateur et utilisable qu’il est assez court (18 pages + annexes, dont un glossaire). Une description en 4 niveaux de déterminants influençant l’état de santé de la population : les caractéristiques individuelles, les milieux de vie, les systèmes et les contextes globaux. Dans chacun de ces « grands champs de déterminants » sont identifiés des catégories auxquelles pourront correspondre des données à colliger-analyser pour suivre ou influencer l’état de santé de la population… Une faiblesse, à mon avis, de ce document : l’économie de marché exclue du niveau « systèmes ». Est-ce le reflet d’une conception trop étatiste ? Il reste que si ce modèle conceptuel se veut, comme on le laisse entendre, mobiliser les acteurs des différents secteurs de la société… les systèmes économiques ne devront pas être appréhendés comme faisant seulement partie d’un « contexte global » où, par définition, notre capacité d’action et d’influence est très limitée ou encore des milieux de vie (où l’intervention se limite, par définition, au milieu local).

Pourquoi n’a-t-on pas identifié dans les systèmes la production agricole et industrielle ? De même, les systèmes de distribution et d’échanges commerciaux me semblent aussi d’importance, surtout quand on veut agir sur les déterminants des comportements que sont les campagnes de promotion et mise en marché… J’aurais même identifié, en plus, les systèmes de communication-média et de transport, alors qu’ils sont dans ce cadre amalgamés, dans le cas de ce dernier, à l’aménagement du territoire et pour le premier, au « contexte social et culturel ».

Dans le texte on décrit le niveau « système » comme suit : « Ce champ couvre les grands systèmes qui découlent des cadres politiques, des valeurs d’un pays ou d’une société dans son ensemble. Ces grands systèmes sont regroupés en cinq catégories, soit les systèmes d’éducation et de services de garde à l’enfance, le système de services sociaux et de santé, l’aide à l’emploi et la solidarité sociale, l’aménagement du territoire et les autres systèmes et services publics « . On a clairement l’impression que ces systèmes sont essentiellement des systèmes publiques. Pourtant, l’ensemble du cadre théorique est organisé suivant une logique allant du micro, de l’individu, vers le macro, le contexte global. Ce niveau des systèmes devrait correspondre au niveau « national », ou provincial, ou régional… un niveau propice à l’intervention politique, oui, mais pas uniquement sous la forme ou dans le cadre des institutions publiques… En excluant la dimension économique du niveau (champ) des systèmes ce cadre conceptuel marque encore le pas : on veut bien d’une approche de la santé qui inclut les domaines de l’éducation, les politiques sociales, le développement des communautés… mais pas encore – pas directement – qui interpelle les grandes forces économiques.
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** Le document en question est le fruit d’une réflexion collective menée par les douze membres du COMITÉ DE PILOTAGE DU PROJET D’IMPLANTATION DU CADRE D’ORIENTATION EN SURVEILLANCE (PICOS), soient des professionnels en provenance de différentes directions régionales de santé publique, de l’INSPQ ou encore du ministère de la santé et des services sociaux.

un blogue, vraiment ?

L’Association des établissements de santé et services sociaux (AQESS) s’est mise à la mode : plusieurs blogues animent maintenant son site. Dont un, c’est le premier dont j’ai entendu parler, sur les personnes âgées, par Paule Laramée. Mais sont-ce vraiment des blogues ?

Je crois que pour qu’un blogue soit un blogue, il faut qu’on puisse s’y abonner… et malheureusement, je ne vois aucun flux RSS pour ce « blogue ». Ce qui fait que c’est une chronique, oui, mais pas un blogue.

<Ajout>Le même site abrite un second blogue sur l’Application clinique de la Loi 90, animé par Céline Plamondon et un autre sur la Gestion des risques, tenu par Louis Rocheleau. Dans ce dernier cas, le billet le plus récent date de janvier 2010… </Ajout>

bibliophilie, la maladie !

J’ai enfin terminé d’entrer dans ce petit logiciel Bookpedia (18$, une aubaine !) les centaines de livres qui tapissent plusieurs murs de ma demeure. 838, 881 1139 bien comptés. Et je n’ai pas inscrit (pas encore) les livres se rapportant à des logiciels…

Un travail de moine : il a fallu scanner la page couverture de ceux qui ne se trouvaient pas en ligne… dépoussiérer (un peu), replacer… Mis à part une ou deux erreurs à corriger, les seuls qui n’ont pas d’image de la couverture sont les livres reliés des bibliothèques scolaires rachetés pour quelques sous, notamment les Henri et Jules Verne(s). Je ne voyais pas l’intérêt de scanner une couverture bleue, toujours la même. Un travail qui m’aura permis de retrouver un foule d’auteurs qui m’ont été chers, de thèmes de recherche qui m’ont passionné durant des périodes. Et aussi de me rendre compte du nombre de livres accumulés non encore lus ! Ce n’est plus de la « bibliophilie » mais plutôt une bibliomanie ! J’avais en effet parfois le sentiment de chérir un trésor… de thésauriser ! Comme si un livre non lu pouvait servir à autre chose qu’à éponger le portefeuille tout en accumulant la poussière…

De rares pièces mériteraient d’être mieux protégées dans cette collection. Je pense entre autre à cette édition 1946 de Alice, de Lewis Caroll (mais ici la couverture ne rend pas justice aux illustrations en couleurs « à plat » – dont voici un exemple ci-haut à gauche, cliquez pour le détail) ou encore ce Message et massage, paru en 1968 de Marshall McLuhan et Quentin Fiore  ou encore ce petit I Seem to Be a Verb: Environment and Man’s Future, de Buckminster Fuller, encore avec Quentin Fiore, paru en 1970.

Lesquels parmi ces ouvrages m’ont le plus marqué ?? Bonne question… Un prochain billet peut-être. Et vous, qu’est-ce que vous y voyez d’intéressant ? Des curiosités comme sur le « mode de production asiatique », du Centre d’études et de recherches marxistes ? Ou encore la série des œuvres de Marguerite Yourcenar ? Après avoir lu le sublime Quoi? L’Éternité je n’ai pu m’empêcher de faire main basse sur tout ce que je trouvais d’elle.

Incidemment, je me suis rendu compte que j’ai deux copies de Le développement des groupes populaires à Montréal, 1963-1973 (1963-1973) par Donald McGraw. Si ça peut intéresser un centre de doc…

le Web 2.0… à 350$ par jour

Les JASP de novembre prochain, sur le thème L’écho de nos choix, comporteront au moins un atelier sur le Web 2.0. Cet atelier est proposé par l’Équipe politiques publiques de l’INSPQ. J’ai appris ça sur leur blogue.

Bon, OK j’en conviens, les frais d’inscription ne sont pas à 350$ mais plutôt à 260$… mais il y a le transport, l’hébergement… alors j’ai arrondi (à bon marché). Mais là n’est pas mon principal propos : les colloques coûtent cher, on le sait. Mais n’est-ce pas là une bonne raison pour expérimenter, innover dans les méthodes de discussion, formation, échange entre praticiens, étudiants, administrateurs ?? En particulier si le thème de l’atelier est le Web 2.0 ?

Je ne sais pas comment c’est dans les autres CSSS, mais chez nous les budgets de formation-colloques sont plutôt malingres. Il me semble qu’on devrait faciliter la mise en place d’ateliers virtuels, où des personnes ne pouvant assister au colloque (et même ceux qui y assisteront) pourraient mieux se préparer, commencer à échanger entre eux dès l’annonce des thèmes… et rendraient de ce fait les discussions d’autant plus fructueuses. Des logiciels gratuits, tel Moodle, pourraient soutenir de tels échanges… Non ?

redonnez-nous nos données

Montréal Ouvert, un concept, une tendance internationale…

Une initiative de quatre citoyens, qui attirait près de 60 personnes la semaine dernière. « L’objectif convenu est d’obtenir une motion du Conseil municipal de la Ville de Montréal sur les données ouvertes, à l’instar d’autres villes, par exemple des villes en France ». [Les carnets de Diane…]

Suivant la veille hebdo en matière de données ouverte de LiberTIC « Tim Davies a rendu public son rapport « Open data, democracy and public sector reform », un regard sur l’utilisation des données ouvertes de data.gov.uk, à lire ».

Un service de visualisation des données publiques, par Google.

http://go2.wordpress.com/?id=725X1342&site=libertic.wordpress.com&url=http%3A%2F%2Fpracticalparticipation.co.uk%2Fodi%2Freport%2F&sref=http%3A%2F%2Flibertic.wordpress.com%2F2010%2F08%2F30%2Flopendata-dans-tous-ses-etats-aout-v%2F