changer la vie par tranches d'âge

Il y a quelque chose qui m’agace (de plus en plus) dans l’orientation des programmes, en particulier les nouveaux programmes où l’on prévoit investir des centaines de millions pour promouvoir les saines habitudes de vie, et où les clientèles sont ciblées : 0-17 ans.

Je comprend qu’on veuille toucher les jeunes, et agir « avant qu’il ne soit trop tard »… Mais comment peut-on décemment changer les habitudes d’un pré-adolescent sans en même temps changer celles de sa famille ?

Et si on réussissait, sans impliquer la famille, ne serait-ce pas là le signe d’un affaiblissement des liens familiaux plutôt que l’inverse ? Veut-on vraiment opposer les jeunes à leurs parents, jugés irrécupérables ? L’intervention publique visant à promouvoir des changements d’habitudes dans les domaines du transport (plus actif), du loisir, de l’alimentation… ne devrait-elle pas compter sur la famille comme un allié, un lieu de renforcement de l’action éducative et sanitaire plutôt que d’agir comme si elle était un facteur dont il faut éloigner les enfants ?

Bon, je sais que si on n’a pas de cibles claires… on ne peut mesurer les effets de l’intervention… et qu’on ne peut viser toutes les cibles en même temps… Pourtant, j’ai comme mon petit doigt qui me dit que de même qu’on a appris (finalement) à agir localement, en mobilisant les acteurs de manière transversale, de même il faudrait qu’on inscrive le jeune dans son réseau familial, et pas seulement dans les boîtes à traitement de masse que sont les écoles…

modération de communautés en ligne

Peut-être y a-t-il de nouveaux trucs à glaner pour accroître la participation en ligne des OC ?

Best Practices for Moderating Your Online Community

oc_report_newsletter. Join online community expert, Bill Johnston of Forum One, and Mzinga moderation guru Mike Pascucci for in-depth examination and discussion on all aspects of community moderation, including key best practices. Session highlights will include:

* Developing effective community member guidelines and policies for appropriate content

* Ensuring a welcoming and risk-free online community environment, without hindering member activity and discussions

* Multiple moderation techniques, from proactive monitoring to content seeding and post-moderation—and practical advice on which approach to take
September 30th at 2 pm ET

la santé par l'équité

Pour ceux et celles qui ont suivi les développements des politiques nationales de santé publique, au Québec particulièrement avec la mise à jour de cette année, et au Canada avec le premier rapport du responsable canadien, le discours de la Commission Marmot de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé ne sera pas une nouveauté.

Le soutien au développement sain de l’enfant; à des politiques publiques saines; à un urbanisme qui soit facteur de santé plutôt que de maladie; à des politiques sociales compréhensives et intégrées… ce sont des orientations très proches de celles promues depuis des années, avec plus d’insistance ces dernières années, par nos programmes de santé publique.

Mais le fait d’avoir en main cette synthèse magistrale, réalisée par le « père » du concept des déterminants sociaux, avec des données factuelles, des exemples de ce qui est fait et faisable, cela ne peut qu’aider les acteurs déjà engagés dans la promotion d’une intervention sur ces déterminants, une intervention qui passe par la réduction des inégalités socioéconomiques et la création de conditions favorables à la santé pour tous.

La réitération de ces objectifs n’est pas inutile… le pari n’étant pas vraiment gagné, même dans les pays professant une telle orientation depuis des années : deux rapports récents (voir plus bas) de l’INSPQ en font foi.

En lisant ces rapports une question me taraudait : peut-on vraiment « combler le fossé en une génération » ? N’est-ce pas du wishfull thinking ? Mais l’image qui m’est venue à l’esprit est celle de la campagne qui avait cours durant les années 60, où l’on promettait la richesse à ceux qui s’instruisaient… Il y avait sans doute plusieurs sceptiques à l’époque qui doutaient qu’on puisse vraiment démocratiser l’éducation… Cinquante ans plus tard, les inégalités ne sont pas disparues mais elles ont été grandement atténuées. Et savez-vous quoi ? Tout le monde en a profité, même ceux-celles qui avaient déjà accès à l’éducation ! Car l’accessibilité à l’éducation supérieure a permis à tout le Québec de connaître une période de développement rapide, à tous points de vue : économique, culturel, politique… Personne ne remettrait en question aujourd’hui le bien fondé de cette réforme démocratique. Il y a bien certains débats résiduels entourant le fait que les métiers et les formations courtes ont peut-être été négligés dans ce contexte… ou que le financement des études supérieures pourrait être assuré différemment… mais personne ne reviendrait en arrière.

On commence à mesurer avec plus de précision les effets positifs des programmes d’intervention sur les déterminants de la santé : à quel point l’accès aux services de garde et à des programmes de stimulation précoces (associés à un soutien alimentaire) on un impact mesurable et réduisent à long terme les besoins en soins et soutien… Les efforts de promotion dans les domaines de la vie active et de la saine nutrition sont encore trop jeunes pour que nous ayons une véritable mesure de notre ROI (return on investment). Mais les conditions sont maintenant propices à ce qu’une intervention suffisamment musclée et orchestrée soit menée afin qu’on parle pour la peine d’un investissement.

Mais les tensions sont encore, et seront toujours grandes entre les objectifs économiques (à court terme) et les objectifs sociaux et de santé à plus long terme… de là l’intérêt de profiter de la parution de ce rapport pour renforcer les initiatives et rassembler encore plus largement les acteurs désireux d’agir pour une plus grande équité en santé. En fait c’est le seul chemin possible pour une meilleure santé collective.

Ressources :

Les inégalités sociales de santé augmentent-elles au Québec? (2 juin) et Santé : pourquoi ne sommes-nous pas égaux? Comment les inégalités sociales de santé se créent et se perpétuent (29 juillet)

Enquête sur la maturité scolaire des enfants montréalais, DSP, 2008

inégalités meurtrières

C’est un rapport ambitieux, qui appelle à Combler le fossé en une génération: instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé, que déposait ce matin la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé.

Son plan d’action se développe autour de trois axes :

  1. Améliorer les conditions de vie quotidienne, c’est-à-dire les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent.
  2. Lutter contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources, c’est-à-dire les facteurs structurels dont dépendent les conditions de vie quotidienne aux niveaux mondial, national et local.
  3. Mesurer et comprendre le problème des inégalités et évaluer l’efficacité de l’action menée.

Pour mener à bien ce programme, la commission compte sur la mobilisation de la société civile dans chaque pays et à l’échèle internationale; elle appelle l’OMS à jouer le même rôle qu’un ministère de la santé dans un gouvernement national, et à sensibiliser les autres arènes mondiales sur l’impact de leurs actions sur la santé.(Communiqué de presse en français; résumé analytique (40 pages) en français; rapport complet (256 p.) en anglais).

[autres commentaires à venir plus tard en matinée]

un style, un ton

C’est pas juste de la nuit qu’il écrit… et c’est tant mieux pour nous.

UN TAXi LA NUiT: Arriver en ville. Elle est arrivé ce matin en provenance de Vancouver pour venir faire ses études à McGill. Elle a déposé ses deux grandes valises contenant l’essentiel de ses choses dans la petite chambre de la résidence, tout en haut de la rue Université et a commencé à aménager le petit espace qu’elle partagera avec une autre étudiante qui arrivera bien assez vite. De sa fenêtre, elle regarde la ville et le fleuve qui coule au loin…

réduire les écarts de santé : rapport de l'OMS – demain

Demain, 10h (heure de Genève), la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé présentera son rapport final : Closing the Gap in a Generation: Health equity through action on the social determinants of health.

Je vous en reparle dès demain matin, car j’ai pu obtenir une copie « journaliste » de la chose, arguant de notre travail assidu sur la question, depuis le début des travaux de la Commission. En attendant vous pouvez consulter cette conférence sur la question, Health equity and the Commission on Social Determinants of Health , donnée en juin dernier à l’Institut national de santé publique de Suède, par Sir Michael Marmot, président de la Commission.

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Sur cette question des déterminants sociaux et de l’équité en matière de santé, deux publications récentes de l’INSPQ : Les inégalités sociales de santé augmentent-elles au Québec? (2 juin) et Santé : pourquoi ne sommes-nous pas égaux? Comment les inégalités sociales de santé se créent et se perpétuent (29 juillet)