Google books, biens communs et Affordance

Il y a bien quelques mois que je n’étais allé sur le blogue d’Affordance, cette mine opiniâtre d’informations sur les droits d’auteur et les (nombreuses) initiatives de Google visant à « indexer le monde »… Olivier Ertzscheid, blogueur mais aussi chargé de conférences à l’Université de Nantes, n’a pas perdu sa verve : Google books, ce qu’il faut faire; I’m an indexed man living in an indexed world (malgré les apparences, ce billet est en français); Quand sonne le Glas… Où étais-je donc pour ne pas avoir vu passer cette annonce de Google qui lancera sa librairie numérique !

Je suis tenté de dire : heureusement qu’il y a les Français (et l’Europe, les Allemands s’y mettent aussi) pour opposer quelque résistance à la mégalomanie de Google !

Et heureusement qu’il y avait Affordance pour me faire connaitre cet article : Une bonne nouvelle pour la théorie des Biens Communs, de Hervé Le Crosnier. Un article qui présente (en français) l’intérêt soulevé par le prix Nobel d’économie décerné à Elinor Orstrom (j’en parlais ici). Dans le contexte de  la montée des préoccupations écologiques, mais aussi dans cette application du concept de Biens Communs à la connaissance. À ce sujet, un recueil édité par Mme Orstrom, Understanding Knowledge as a commons, a été publié en 2006. De fait, ce sont plusieurs sources « pour aller plus loin » qui sont suggérées à la fin de l’article de Le Crosnier, dont :

Un autre point d’intérêt soulevé par le court texte de Le Crosnier : il critique fermement l’article qui a sans doute fait connaitre le plus largement le terme au cours des dernières décennies : The tragedy of the commons, par Garrett Hardin, paru en 1968 dans la revue Science.

Je m’apprêtais à déposer une copie de ce dernier article, tiré des archives de la revue Science, mais je m’aperçois qu’il est déjà en ligne à plusieurs endroit…

P.S. en complément d’info : l’accord de conciliation de Google livres

quarante ans de neurosciences

 

 

Pour le quarantième anniversaire de la Society for Neuroscience  la revue Journal of Neuroscience fait un bilan du développement des dernières décennies.

Des articles accessibles gratuitement in extenso, dont certains sont plus techniques que d’autres. Mais Eric Kendel, prix Nobel de physiologie en 2000, écrit dans un langage clair et accessible. Pour ceux qui préfèrent le français, il a publié chez Odile Jacob, À la recherche de la mémoire.

collaborer à la chose publique

Ostrom found that individuals will cooperate if, among other things, they are able to participate in governance, monitor the compliance of others, and punish cheaters. « When people have trust that others are going to reciprocate, then there can be cooperation, » she says. « When there is no trust, there is no cooperation unless people are facing the gun. » (extrait de la revue Science, 16 octobre 2009)

Ostrom, récipiendaire du Nobel d’économie de cette année (avec Williamson), dont le sujet de recherche a été la coopération pour  la gestion des ressources communes (the commons). Ses études portant, notamment, sur la gestion collective des pêcheries, où certaines collectivités ont réussi à protéger ou faire renaître des stocks mis en danger par des comportements individuels (ou de marché) de courte vue.

L’importance de « punir les tricheurs », comme un facteur favorisant la participation (et la confiance) dans la gestion de la collectivité. Un sujet de premier plan, par les temps qui courent, tant au niveau municipal que provincial. Aura-t-on droit à une commission d’enquête sur les dessous de l’industrie de la construction ou si les règles habituelles de surveillance seront jugées suffisantes ?? C’est ce dernier point de vue que privilégie gouvernement libéral, mais cela coûtera en confiance de la part du public. Confiance qui est liée à la participation politique. Peut-être certains gouvernements ne souhaitent-ils pas vraiment augmenter la participation politique ?

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art et science

Je ne pouvais passer sous silence cet excellent petit bouquin (199 pages, avant notes et index): Proust was a neuroscientist, par Jonah Lehrer.

D’une lecture passionnante, Lehrer nous présente les oeuvres d’un écrivain (Whitman) puis d’un chef-cuisinier (Escoffier), et Proust, puis Cézanne, puis Stravinsky, puis, finalement deux autres écrivainEs (Gertrude Stein et Virginia Wolfe) où chaque fois, dans un langage clair, il nous démontre comment ces artistes ont précédé la connaissance scientifique en neurophysiologie. À chaque fois ces auteurs ont découvert ou utilisé, le plus souvent à l’encontre des canons de leur époque, des dimensions essentielles du fonctionnement du cerveau : la mémoire n’est pas un miroir mais bien un processus créatif; l’oeil aussi doit recréer, réinterpréter ce qu’il voit… le 5e goût, l’umami, n’a été reconnu scientifiquement que longtemps après que les recettes d’Escoffier en aient mis en valeur l’essence… alors que Wolfe mettait en scène la fragile et contradictoire unité du sujet… reconnue finalement par les sciences de l’humain.

Non seulement Lehrer fait-il le tour de 8 auteurs ou artistes, mais il a le talent d’inscrire ces derniers dans le contexte de leur époque, de nous faire saisir (au moins en partie) les enjeux de leur art. Il termine sur un « Coda » plus contemporain et polémique où il critique Steve Pinker (The Blank Slate),  et E.O. Wilson (Consilience). C’était bon, jusqu’à la dernière page. Vivement How We Decide.

coûts de transaction

Mon bureau, mes bureaux devrais-je dire — physique et électronique — est encombré de documents épars, accumulés avec le temps… que je compte lire un jour… Toujours est-il que ce dimanche matin j’ouvre cet article déposé là, Oliver Williamson et la théorie des coûts de transaction (format PDF), en me demandant ce qui a bien pu me conduire à télécharger ce texte. Peut-être qu’en remontant à la source… aussi je lance une recherche sur Google, pour m’apercevoir que ce Williamson a reçu, il y a une semaine, le prix Nobel d’économie 2009, avec Elinor Ostrom.

Surprenant : j’avais téléchargé un article portant sur une théorie économique d’un auteur qui m’était inconnu, et qui reçoit maintenant le prix Nobel ! Non, je ne suis pas à ce point à l’affut des recherches pointues en économie. Ce serait plutôt Teppo Felin, que je suis de manière sporadique sur le blogue orgtheory.net et qui publiait un billet en mai dernier, en préparation d’un séminaire de doctorat sur l’économie des organisations, où il identifiait un certain nombre de textes importants, incontournables. Un billet que j’avais commenté ici, tout en cherchant à trouver sur le Web quelques-uns des textes qu’il citait. Hé bien, Teppo avait raison d’inclure Williamson dans les écrits fondamentaux !

Les commentaires suscités par cette nomination de la Banque de Suède (le prix Nobel d’économie n’étant pas le fait du comité Nobel mais bien, depuis 1969, de la Banque de Suède) mettent en lumière l’intérêt de cet économiste dans le contexte d’aujourd’hui : partenariats public-privé (fr); surveillance des banques (fr); économie et gouvernance (en); ou économie institutionnelle (fr)… En anglais, ce qui me semble un résumé intéressant des thèses de Williamson.

et vos poubelles ?

Lorsque j’ai appris que la fonction Streetview de Google Maps était finalement disponible au Canada, qu’est-ce que j’ai fait, là, tout-de-suite ? Je suis allé voir s’ils avaient photographié chez moi ! Et, oui ils l’ont fait. Et c’était le jour où j’avais mis pour recycler un fauteuil. Je me suis dit en voyant cela : une chance que mes vidanges étaient propres !

C’est facile, vous allez sur Google Maps et vous inscrivez votre adresse (numéro + rue, ville) dans l’espace « rechercher une adresse ».

Lorsque vous êtes arrivé à destination sur la carte, bonhomme-jaune si le petit bonhomme qui se trouve en haut à gauche de la carte est jaune (et non gris) alors c’est que votre coin de pays a été photographié. Vous saisissez le bonhomme jaune avec votre souris (cliquer et tenir) et vous glissez le bonhomme vers la rue que vous souhaitez voir… relâchez la souris.

vidangesEt vos vidanges… étaient-elles propres ?

Ainsi ce sera possible de faire un lien vers, non seulement l’adresse du siège social, mais bien la photo en trois dimension ! Notez que vous pouvez changer de point de vue en saisissant (cliquer et tenir) un point de la photo (par exemple le côté droit) et en le glissant vers la gauche : c’est tout le panorama qui change. Comme si on était là !