devoir de vote

En effet, si les élus municipaux, provinciaux et fédéraux prennent une place légitime dans notre démocratie, les actions des citoyens et citoyennes, petites et grandes, sont fondamentales pour la qualité de vie de nos collectivités, voire même les bases d’une communauté en santé. [Le pouvoir citoyen]

Une des qualités premières, essentielles d’un élu d’aujourd’hui : être accessible grâce à son insertion dans de multiples réseaux. Réseaux de l’âge d’or et réseaux de syndicats, d’entreprises et d’associations citoyennes, réseaux administratifs et d’influence des différents paliers politiques. La connectivité d’un élu, et pas d’abord celle des nouveaux médias, le rend plus informé et plus influençable.

Même le plus informé, accessible et sympathique des élus ne pourra que regarder le train passer s’il n’est pas lui-même branché, partie prenante d’un projet plus grand, crédible. Une carte routière pour les prochaines années… qui ne se résume pas à un slogan ou un refrain. Une carte qui permette d’éclairer l’avenir prévisible, d’orienter les décisions difficiles que nous devrons prendre sans préjuger ou étroitesse idéologique. Un plan assez concret et ancré pour servir la communauté locale.

J’ai de la difficulté avec le refrain nationaliste tel que fredonné à tout crin par les souverainistes. Mais cette irritation n’est pas suffisante pour m’empêcher de voter pour un gouvernement péquiste. Je voudrais qu’il soit clair cependant que mon vote pour un gouvernement du Parti Québécois n’implique pas que je désire que s’amorce aussitôt une campagne référendaire. Je ne vote pas pour qu’on organise, le plus vite possible, un autre référendum. Ni pour qu’on suive une politique du pire dans les relations du Québec avec la fédération canadienne.

Tout à fait d’accord avec la défense et la promotion de la langue, de la culture, des intérêts de la nation québécoise sur la scène internationale comme dans la fédération canadienne. Continuer la lecture de devoir de vote

chemins de traverse-2

Le long de terrains publics et d’une voie ferrée en partie désaffectée, on peut encore (presque) traverser le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

En tout cas on peut se rendre de Mercier à H-M. Voir ici le parcours illustré avec Google Maps.

Certaines portions de l’emprise de l’ancienne voie ferrée sont peu à peu envahis par l’automobile, comme stationnement. Ce sont pourtant les derniers espaces non asphaltés, les derniers retranchements encore libres de l’automobile : il faut les préserver, pour l’avenir de la ville, pour nous donner la possibilité d’un aménagement créatif… Comme on a pu le faire autour de la Place Valois. Son on avait construit bêtement tous les espaces libérés par les voies ferrées, on n’aurait pu revitaliser ce coin comme on l’a fait. Il faut préserver à tout prix ces chemins de traverse dans Mercier et dans l’est de Hochelaga-Maisonneuve…

Alors que les prises de vue précédentes allaient de Mercier-Ouest vers Hochelaga-Maisonneuve, regardant à l’ouest, celles qui suivent vont vers l’est, à partir de la rue Joliette.

chemins de traverse

chemin de traverse vers le jardin botanique
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J’aime bien marcher Montréal. Et plus encore, quand je peux marcher sur la terre, c’est-à-dire sur une surface moins dure pour les jambes que le béton des trottoirs. Malheureusement même les chemins dans les parcs sont le plus souvent asphaltés.

Il y a environ 3 kilomètres pour me rendre au jardin botanique de Montréal à partir de chez moi. En passant par le parc de l’Ancienne pépinière (A) je peux me rendre au Bois des pères (B) qui m’amènera jusqu’aux pyramides olympiques derrières lesquelles se trouve un joli vallon… (C) qui m’amènera au parc Maisonneuve (D) qui côtoie le jardin botanique. C’est un chemin un peu plus long que de passer sur la rue Sherbrooke, mais c’est beaucoup plus agréable. Par ailleurs, même en longeant Sherbrooke, je peux profiter des terrains gazonnés devant plusieurs institutions comme le sanctuaire Marie-Reine des Coeurs (juste à côté du métro Cadillac), puis le centre d’hébergement Rousselot (E) suivi de l’école Marguerite-De Lajemmeraie, et du grand terrain devant les pyramides (F).

Mais il est un autre chemin de traverse que j’ai parcouru ce matin, à partir du marché Maisonneuve qui m’a amené presque à la maison, en passant sur les anciennes voies ferrées et les terrains d’institutions publiques. J’y retourne bientôt pour en rapporter des photos…

inégalité sociale et émeutes de 2011 en Angleterre

Une commission gouvernementale (Riots, Communities and Victims Panel) rendait son rapport public (After the riots – pdf) en mars dernier. Si vous ne souhaitez pas vous taper les 150 pages, un résumé (digest) de 7 pages vient d’être publié par le blog Equality trust. Inequality and the riots – pdf. Les effets à long terme de l’inégalité sur les résultats scolaires, l’engagement social, la criminalité…

Le rappel de cette période trouble qu’a vécue la plus vieille démocratie moderne devrait aider à relativiser les propos de ceux qui trouvaient les manifestations de casseroles québécoises dérangeantes !

la contribution des riches

Deux semaines que j’ai sur mon bureau ces quelques paragraphes tirés de quatre textes, que j’avais ambitieusement titré La contribution des riches… Tant pis si je n’ai pas un billet à la hauteur, ces citations vous inspireront sans doute autant que moi !

There are plenty of very rich Americans who have a sense of perspective, who take pride in their achievements without believing that their success entitles them to live by different rules. But Mitt Romney, it seems, isn’t one of those people. And that discovery may be an even bigger issue than whatever is hidden in those tax returns he won’t release. [Paul Krugman, Pathos of the Plutocrats]

Les deux premiers textes parlent de la même chose : la propension qu’ont certains riches à oublier qu’ils ne se sont pas faits tout seuls et que, à vouloir absolument réduire la taille de l’État ou les réglementations, on finit par scier la branche sur laquelle on est assis. La plume de Krugman est plus concise, et plus douloureuse aux flancs du camp Romney.

To me, this is the nature of the strain on the system at present. It’s not that incomes at the top are soaring while those at the middle have been stagnant for several decades. It’s that those at the top seem, for the most part, to have abandoned any sense of responsibility for maintaining public support in the system that enriches them. On the contrary, they seem to have become ever more willing to flout societal norms in pursuit of ever greater wealth.

That’s their right, of course. But I think Mr Obama is on to something in suggesting that this behaviour is ultimately corrosive to the free-market system. Elites may agree that free markets are both more efficient and moral than alternatives. They should also recognise that free markets can only be sustained by the consent of the majority. The public grants the rich the right to their wealth if and only if they agree that the rich deserve it. [« You didn’t build that », Free exchange, The Economist]

On peut se demander si, comme le laisse entendre la fin du second extrait, la légitimité de la richesse est vraiment « accordée par le public »… Il est surprenant, et décevant, de constater qu’on se chicane encore à savoir s’il faut plus ou moins d’État, de taxes – et ce dans le pays développé qui en impose le moins ! – alors que les grandes questions, les grands enjeux sont passés sous silence. On fait comme si les marchés financiers n’avaient pas failli, à plusieurs reprises au cours des dernières décennies; failli à leur devoir de favoriser le développement, l’innovation, le progrès. On fait comme si la crise environnementale et écologique n’était encore qu’une hypothèse, une menace lointaine – ou un contexte naturel sur lequel l’homme n’aurait que peu d’emprise ou de responsabilité. Après moi, le déluge semble l’attitude généralisée…

Malgré la chaleur ambiante, l’extrait suivant donne des frissons dans le dos.

There is much more warming already baked into the cake based on the carbon that has been released into the atmosphere. Bill McKibben writes that so far, the global temperature has risen 0.8 degrees Celcius, and that the carbon already emitted into the atmosphere will probably generate another 0.8 degree increase—distressingly close to the 2-degree threshold governments have agreed would be too risky to cross. To keep the world below that threshold, Mr McKibben says, would require humanity to limit future emissions to an estimated 565 gigatonnes of CO2. But if you estimate the emissions that would be generated by burning all the fossil fuels in the known reserves of private energy companies and sovereign governments—just the known reserves—that adds up to 2,795 gigatonnes of CO2. [The heat is on, The Economist]

Les décideurs agissent comme si les manières de faire pouvaient encore se perpétuer et même servir à trouver des solutions, alors qu’elles sont à l’origine de la crise actuelle. Laisser le marché régler, gérer le secteur des énergies conduit à accélérer la consommation d’énergies fossiles plutôt qu’à la réduire. On pouvait encore imaginer une régulation par le marché dans le contexte d’une « théorie du pic pétrolier » où la rarefaction de la ressource amenerait une augmentation des prix, et la recherche d’alternatives… mais l’irruption des gaz de schistes dans l’équation a conduit à une baisse des prix : le marché n’a jamais été aussi florissant. Le réchauffement climatique accroît la demande en énergie, notamment pour la climatisation, et accélère d’autant le réchauffement ! Comment compter sur la vertu autorégulatrice du marché dans ce contexte ?

Pour tenir compte des gaz à effet de serre déjà émis (already baked into the cake), il faudrait réduire la consommation à moins de 20% des ressources actuellement entre les mains des producteurs… Peut-on compter sur le sens des responsabilités des pétrolières et industries connexes (automobile, développement urbain étalé…) pour orienter différemment le développement ? Quand les seules perspectives structurantes qui nous sont présentées sont des Plan Nord et des pipelines… il y a de quoi douter.

I’ve always felt that as long as Moore’s Law is operating, and it shows no sign of letting up, that we aren’t doing our jobs if the tech industry isn’t tracking its growth in a linear fashion. The boom-bust cycle is a product of the lack of vision of the VCs. Or our over-reliance on VCs to lead the investment decisions of the tech industry. [Dave Winer, The twilight of the User/VC]

Même au niveau strictement technologique la mécanique du libre marché ne semble pas fiable. La contribution des riches… est de s’enrichir ! La richesse accumulée entre les mains de la minorité est sans doute plus fluide, plus disponible pour l’investissement (et le risque associé à l’innovation) mais en même temps, elle est moins responsable, moins liée à la qualité de vie à long terme puisque soumise à des règles de rendement à court terme qui ont plus à voir avec la peur et l’appât du gain qu’avec toute éthique du développement.

Des mouvements comme Occupy Wall Street ont mis en lumière les excès de richesse du « 1% »… mais qui sont vraiment les riches, quand on regarde l’avenir à plus long terme : les 1 % les plus riches, ou les 30 %, ou les 50 % ? À ne fixer son regard que sur l’extrême, on évite de penser aux changements que la majorité d’entre nous aurons à engager pour sortir de la voie sans issue du développement à court terme basé sur la consommation d’énergies fossiles à bon marché…

un Cato social-démocrate ?

Depuis quand le Cato Journal (America’s leading free-market public policy journal) fait-il dans la social démocratie ? Une surprise dans la dernière livraison (numéro 7) du bulletin Veille sur la social-démocratie – initiative de trois centres de recherche de l’UQAM : la Chaire de recherche du Canada Mondialisation, citoyenneté et démocratie (Chaire MCD); le Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS); la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CRÉQC).

Ici le pdf du septième numéro, dans lequel on présente un article tiré du CATO Journal défendant un point de vue pas très social-démocrate sur le rôle de l’État (s’opposant aux thèses de Krugman) ! Me semble que ces points de vue n’ont pas vraiment besoin de soutien pour être diffusés plus largement qu’ils ne le sont déjà… Par ailleurs les autres articles proposés dans ce bulletin sont, comme on nous y avait habitué, des suggestions intéressantes sur des questions liées au renouvellement de la social-démocratie : démocratie représentative et délibérative; rôle des provinces dans le développement social canadien; politiques publiques, évaluation des services publics…

levées de fonds

En consultant les mises à jour de LinkedIn réalisées par certains contacts je prends connaissance de cette ressource, Ajah, dirigée par Michael Lenczner, un organisateur-développeur parmi les fondateurs, notamment, de Une île sans fil et de Montréal Ouvert.

Ajah offre un service en ligne : Fundtracker, qui aide les OBNLs à identifier et rejoindre des bailleurs de fonds ayant une affinité avec leurs activités. Le site est bilingue, malgré le nom du service (Pisteur de fonds ?) et cela m’a rappelé un service canadien (Big online) que nous avions utilisé durant une courte période au CLSC Hochelaga-Maisonneuve. Le caractère unilingue du service et les coûts élevés (le double de ce que demande Ajah) nous avaient empêché de maintenir l’abonnement plus d’un an.

La levée de fonds étant souvent une activité ponctuelle ou circonstancielle (autour d’un projet de développement spécifique) pour les organisations de petite et moyenne envergure, je me demande si le profil d’abonnement proposé par Ajah en tient compte ? Mais clairement, pour les équipes d’organisation communautaire des CSSS ou les équipes de soutien des CLD… c’est une ressource qui devrait être explorée.