un Cato social-démocrate ?

Depuis quand le Cato Journal (America’s leading free-market public policy journal) fait-il dans la social démocratie ? Une surprise dans la dernière livraison (numéro 7) du bulletin Veille sur la social-démocratie – initiative de trois centres de recherche de l’UQAM : la Chaire de recherche du Canada Mondialisation, citoyenneté et démocratie (Chaire MCD); le Laboratoire de recherche sur les pratiques et les politiques sociales (LAREPPS); la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CRÉQC).

Ici le pdf du septième numéro, dans lequel on présente un article tiré du CATO Journal défendant un point de vue pas très social-démocrate sur le rôle de l’État (s’opposant aux thèses de Krugman) ! Me semble que ces points de vue n’ont pas vraiment besoin de soutien pour être diffusés plus largement qu’ils ne le sont déjà… Par ailleurs les autres articles proposés dans ce bulletin sont, comme on nous y avait habitué, des suggestions intéressantes sur des questions liées au renouvellement de la social-démocratie : démocratie représentative et délibérative; rôle des provinces dans le développement social canadien; politiques publiques, évaluation des services publics…

économie solidaire et nouvelle social-démocratie

Un court texte (19 pages) de Jean-Louis Laville, Renouveler la social-démocratie par l’économie sociale et solidaire, compte-rendu de sa conférence au colloque tenu en novembre dernier à Montréal sur le thème du renouvellement de la social-démocratie. [voir le site Chantier pour une social-démocratie renouvelée]

Toujours aussi captivant, ce Laville, réussissant un tour d’horizon historique en quelques pages, mettant en lumière les écueils de l’économie de marché tout comme du compromis social-démocrate (État social et économie de marché). L’émergence et la persistance de l’économie sociale, la spécificité de l’économie solidaire… l’importance de ces espaces publics de proximité où une démocratie délibérative permet une invention réciprocitaire moderne, où de nouvelles solidarités, de nouvelles conduites sociales peuvent voir le jour et fonder de manière durable une démocratie représentative renouvelée.

Comment, en effet, éviter que nos sociétés se polarisent entre des structures de plus en plus lointaines et gigantesques (ces sphères d’action régulées à travers l’argent et le pouvoir administratif — Habermas) et un monde privé moralement aseptisé, isolé… si ne s’ouvrent pas de nouveaux espaces publics générateurs de sens et de liens sociaux.

Une synthèse, ou plutôt des Éléments de synthèse : la social-démocratie et son rapport à l’État (.doc) étaient présentés par Benoît Lévesque.

virage à droite sur feu rouge

Pour un premier ministre, qui a les « deux mains sur le volant », le budget du Québec 2010-2011 est apparu comme le moment idéal pour réaliser un grand virage à droite même si le feu était encore au rouge.

C’est ainsi que débute l’article Le budget Bachand en rupture avec la social-démocratie… Auteurs d’un appel au renouvellement de la social-démocratie, lancé en mai dernier, les cosignataires éclairent les enjeux soulevés par le dernier budget du gouvernement Charest qui dépassent largement les seules questions économiques.  Une série de décisions rétrogrades, qui sous couvert d’économie visent à museler l’expression démocratique : fusions de commissions – dont certaines n’étaient pas au goût libéral-conservateur du jour – mais création d’autres (sur la participation au marché du travail) en excluant la partie syndicale !

On cherche vraiment dans ce budget d’après-crise, alors que le Québec s’en est sorti passablement moins amoché que les autres, quelles leçons ont été tirées, comment on entend éviter les errances et les erreurs qui ont conduit à la crise de 2008 ? La réduction de l’économie à sa seule dimension monétaire et financière… au détriment des conditions d’un vivre ensemble qui ont caractérisé le « modèle québécois » jusqu’ici il me semble que cela fait plutôt penser à la pente qui a nourri le crash de 2008 qu’à une solution pour éviter qu’il ne se reproduise ! Continuer la lecture de virage à droite sur feu rouge

lancement réussi

Hier soir avait lieu le lancement officiel du Chantier pour une social-démocratie renouvelée. Près d’une centaine de personnes, dont plusieurs têtes blanches ou grisonnantes (ce qui n’est pas dépréciatif !), ont répondu à l’appel lancé (pdf) en mai-juin dernier par 4 personnes bien connues dans les réseaux de l’action sociale, coopérative et syndicale : Benoît Lévesque, Michel Doré, Marilyse Lapierre et Yves Vaillancourt. Ce court texte à caractère historique et analytique avait l’heur de poser de bonnes questions, d’ouvrir un horizon de réflexion.

Faisant preuve d’une ouverture à la critique (certains diront à l’auto-flagellation) on avait demandé à Gilles Gagné, sociologue de l’Université Laval, d’y aller de ses commentaires provocateurs… J’espère que son texte sera bientôt disponible sur le site du Chantier, car il avançait quelques idées intéressantes en plus de critiques touchant au texte de l’appel. Des critiques comme : « N’avons-nous pas déjà connu notre renouvèlement de la social-démocratie, au Québec, avec les dizaines de nouveaux programmes sociaux développés depuis 10-15 ans ? » ou encore « Du gris sur du gris… » En d’autres termes, il manque, selon lui, de perspectives claires, d’un appel fort autour d’idées-forces, comme celles sur lesquelles il terminait son allocution : En finir avec le pétrole ! En finir avec la croissance du capital ! En finir avec la croissance ! Continuer la lecture de lancement réussi

social-démocratie renouvelée ?

Un texte de Marcel Boyer, Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle (pdf, 174 pages). Ce qui me rappelle l’autre texte appelant à un Chantier vers une nouvelle social-démocratie lancé par Lévesque, Vaillancourt et al. Ce dernier texte (pdf de 29 pages) propose une démarche collective, et comme son nom l’indique, une série de groupes de travail sur différents aspects de la situation actuelle. J’ai trouvé très stimulant le document, tant dans sa partie historique que dans l’attention qu’il porte à toucher toutes les dimensions du renouvellement nécessaire d’une théorie politique apte à tirer les leçons du dernier siècle.

L’autre, le premier document, plus volumineux, signé d’un seul nom. Je ne l’ai pas lu. La référence vient de PolitiquesSociales.net.