1979 – un projet de revue

Ce petit texte de mars 1979, écrit « à la suite d’un colloque organisé par le module Animation et recherche culturelle de l’UQAM en 1978, s’intitule Pour une revue d’animation et d’organisation communautaires. Texte dactylographié en plusieurs copies sur papier oignon, comme c’était l’habitude dans les groupes militants organisés… la numérisation de la photocopie est plus qu’imparfaite, comme l’image du document. 

Une orientation en trois axes : 

  1. au service de la classe ouvrière, donc excluant les animateurs d’organisations patronales et les « professionnalistes » plus intéressés à construire et préserver leur champ d’action professionnelle qu’à résoudre dans l’intérêt du peuple les questions posées par leur pratique.
  2. L’indépendance d’action, démocratique et de conscience des organisations ouvrières et populaires auprès desquelles les animateurs-organisateurs travaillent. 
  3. Échanges avec tous les groupes militants et animateurs du pays (Canada) au sein de toutes les nations et minorités nationales au pays. Ceci afin de « mettre un frein à l’obscurantisme nationaliste qui caractérise encore, et depuis longtemps, notre travail au sein des groupes populaires. » Une vision tronquée qui fait qu’on est surpris d’apprendre qu’il existe des comités logement, de l’autre côté de l’Outaouais, ou encore qu’il existe des cliniques populaires dont nous pourrions apprendre. 

Nous sommes à un an du référendum québécois de 1980, et ça se sent ! Il faut « resserrer les liens de classe » plutôt que d’attacher « le char de la classe ouvrière à celui de la nation ». 

Malgré ou à cause de sa langue de bois de lutte de classe, le document est une trace intéressante, mais au-delà de sa formulation grossière ou maladroite, la proposition donnera naissance à une revue: Offensives communautaires et culturelles. Cinq numéros seront produits au cours des 2-3 années de son existence. 

Voici les “unes” des 5 numéros :

En plus de participer aux débuts du comité de rédaction, j’ai contribué de deux articles:

  1. Si Dieu est mort, il n’a pas emporté la religion au paradis, (ici le pdf mise en page originale)
  2. Le droit de VIVRE sa mort (pdf)

C’était un véhicule d’expression culturelle et personnelle un peu plus libre que les journaux et revues politiques auxquels les militants ML étaient habitués… Mais pas autant que celles qui montaient en popularité à la même époque : Le Temps fou (1978-1983) et sa petite (ou grande) soeur La Vie en rose (1980-1987).

Pour mémoire, et parce que la Bibliothèque nationale ne l’avait pas encore fait, j’ai numérisé les premières pages (ci-haut) mais aussi le numéro 2 de la revue au complet, avec cette gueule impayable sur la couverture. Pour accéder au PDF (47 Mo).

La marche des chômeurs des années 30, Henri Laborit…