démocratie et décision

Deux billets consistants de Hubert Guillaud sur InternetActu, portant sur le Forum Réinventer la Démocratie. Expériences démocratiques en France et Internet, nouvel espace démocratique ?

Par ailleurs, d’un auteur que j’aime bien : How We Decide by Jonah Lehrer, présenté ici sur le blog Uncertain Principles, sur ScienceBlogs Channel.

la joie de lire

lartdelajoie.jpgJe termine, le sourire aux lèvres, ce roman de 600 pages, L’art de la joie, d’une auteure italienne que je ne connaissais pas Goliarda Sapienza. Je voulais le terminer aujourd’hui pour pouvoir le prêter : c’est le genre de roman qu’on ne veut pas laisser sur la tablette. L’histoire d’une femme au long du siècle, en Sicile, passant de la misère au cloitre, puis à la vie aristocratique… sans perdre son esprit critique, se liant aux socialistes, aux antifascistes durant la guerre. L’histoire de ses relations, avec des hommes, des femmes… de ses enfants, de leurs enfants…

Autres lectures en cours : Qui dit je en nous ? de Claude Arnaud. Sur cette question de la toute relative unité du sujet. Alors que l’époque voue à l’individualité et l’identité une dévotion quasi religieuse. Je le commence à peine mais la qualité de l’écriture m’invite à poursuivre. Ce livre a gagné le prix Fémina 2006 pour les essais.

Finalement, ce qui intéressera les gestionnaires d’associations et organisations communautaires Fonction de direction et gouvernance dans les associations d’action sociale, publié chez Dunod par Francis Batifoulier et François Noble. Jusqu’ici (rendu à la page 78) les auteurs font une belle présentation des enjeux et de l’évolution du rôle et des rapports des associations avec l’État, mais aussi avec leurs employés, leurs clientèles ou usagers… Même si les descriptions concernent la France, les similitudes avec les développements au Québec en feront une lecture stimulante pour des dirigeants (bénévoles ou salariés) d’organisations de ce côté de l’Atlantique.

imagination débridée

L’auteur, Agnès Desarthe, se rappelle le dessin animé « La Linea » où le petit bonhomme tracé d’une seule ligne suivait un chemin qui n’était que la continuation de la ligne de son corps. Et soudain, la ligne, la ligne qui le dessinait, s’arrêtait deux pas devant lui. Il s’écriait alors dans un charabia de français teinté d’accent italien : « AH mais pourquoi il n’y a pas de ligne ici ? »

Pour bien faire, il ne suffit pas de suivre la route, il faut à tout instant la bitumer du goudron onctueux de nos rêves et de nos espoirs, la tracer mentalement, en s’efforçant de prévoir les inévitables virages et les inégalités du terrain. Parfois, quand ça va bien, quand, par miracle, on a réussi à prendre un peu d’avance sur notre effroyable ouvrage d’art, on bénéficie d’un répit et là, c’est bon, tout roule. On est prêt à croire que le plus dur est fait, qu’à partir de ce moment, tout ira bien. On est si naïf, on a la mémoire si courte qu’on ne se rappelle pas que le terrain qui nous accueille est l’oeuvre de nos mains et de notre cerveau si prompt à imaginer n’importe quoi. On se la coule douce jusqu’au trou d’après sur lequel on se penche, consterné. Je n’ai plus la force, se dit-on, et je mérite mieux que ça, il serait temps que quelqu’un m’aide, il serait temps qu’une main guide la mienne. Autour de nous une armée de bras ballants. Tout le monde est fatigué. Notre mari, notre femme, nos amis, tout le monde en a marre au même moment, et c’est alors que vient — mais seulement si l’on est très chanceux, seulement si l’on n’a pas peur ou que l’on est suffisamment fou pour mordre à l’hameçon furtif — c’est alors que vient l’amour. Et là, ce n’est plus du macadam que l’on jette sur le néant, c’est un pont suspendu qui ouvre la voie jusqu’à l’infini.  [extrait de Mangez-moi]