jeux de mains, jeux de… malin ?

Les orangs-outans utilisent des gestes qui ressemblent à des charades afin de bien se faire comprendre par leurs pairs: “Les orangs-outans utilisent des gestes qui ressemblent à des charades afin de bien se faire comprendre par leurs pairs, ont observé des chercheurs anglais.”[via les fils RSS de Radio-Can]

Faire des gestes des mains favorise notablement l’apprentissage en mathématique.

Hand gestures dramatically improve learning: ”

Kids asked to physically gesture at math problems are nearly three times more likely than non-gesturers to remember what they’ve learned. In today’s issue of the journal Cognition, a University of Rochester scientist suggests it’s possible to help children learn difficult concepts by providing gestures as an additional and potent avenue for taking in information.

D’une façon plus générale il me semble que l’utilisation de son corps, l’inscription de celui-ci dans l’espace sont des choses qui favorisent l’apprentissage, la retention des souvenirs. La proprioception (perception de son corps), la perception géographique de son environnement, deux dimensions de la conscience qui, s’ajoutant au discours, souvent désincarné de la leçon à apprendre, rendent celle-ci non seulement plus vivante mais, mobilisant des réseaux neuronaux différents et plus nombreux, augmente de-facto la potentialisation à long terme : la mémoire. Enfin, me semble !

un nouveau verbe : zoomifier…

Un utilitaire de Photoshop… permetant de créer une version d’une photo en haute définition qui soit relativement rapidement “zoomable”. L’image ci-contre conduit à une vue de Montréal, à partir de la montagne.

sourcisSi vous avez le coeur bien accroché… vous pouvez aussi zoomer sur mon oeil !

Vous noterez qu’en utilisant la glissière au bas du cadre, ou simplement en cliquant dans la photo, il y a un effet de zoom… avec la mise au point graduelle de l’image (il faut parfois attendre quelque secondes que la ise au point se fasse). C’est assez bien fait. Le truc consiste en la transformation d’une grande image en plusieurs petites… Pour celle de Montréal, il y en a 129 ! Mais plus il y a d’images, moins c’est long à télécharger la partie désirée.

J’ai finalement changé les deux images de mon visage que j’avais prises hier soir, pour des images prises à la lumière du jour. Non pas que cela m’avantage vraiment (je ne croyais pas avoir autant de rides !) mais les reflets, sur le globe oculaire, de l’arbre devant ma fenêtre… cool !

P.S. Saviez-vous que la quantité de blanc visible autour de l’iris est perçue de manière inconsciente par le cerveau comme un signe de danger ! Je ne me souviens plus si c’est dans Joseph Ledoux ou Christof Koch que j’ai lu ça récemment. À voir l’effet produit par ces gros plans sur un oeil un peu trop ouvert, on peut le croire !

darwinisme neuronal

Telle est le nom donné par Gerald Edelman à sa théorie du fonctionnement du cerveau. J’ai tenté d’expliquer rapidement à quelqu’un ce que j’en comprenais… et j’ai finalement compris (enfin, un petit bout). C’est drôle comment de redire quelque chose dans ses mots, d’enseigner est la seule façon d’apprendre !

Le cerveau ne peut savoir d’avance à quoi serviront les souvenirs qu’il enregistre… le sens même de l’expérience qu’il engrange pourra être interprété sous différents angles, en fonction des savoirs à venir. Un peu comme les mécanismes de l’évolution s’expriment (entre autre) par la variance des différents individus d’une espèce, permettant ainsi de tenir compte de l’imprévisibilité de l’environnement qui confrontera ces individus et de donner à quelques uns la chance de mieux s’en tirer…et donc de mieux se reproduire… le darwinisme neuronal serait la façon dont le cerveau procède pour stocker plus de liens que nécessaire, plus qu’il ne sera possible d’en développer, mais permettant ainsi de nourrir le hasard, l’avenir que l’on ne peut prédire mais qui pourra ainsi renforcer l’un ou l’autre, plusieurs sans doute, des ensembles de neurones qui ont été mis en lien lors de l’expérience précédente.

Ce qui rend la comparaison du cerveau avec un ordinateur pauvre et bancale c’est vraiment cette absence de programmation logique, binaire, ou numérique laissant plutôt place à un maximum d’indétermination, de sens à venir… tout en enrichissant le sens passé déjà accumulé, mais qui est lui-même tellement multiforme, foisonnant, lié aux multiples sources sensorielles, multiples niveaux sémantiques, espaces temporels et physiques… que l’interprétation de ce passé récent ou lointain n’est pas univoque mais plutôt toujours diversifiée, contradictoire, en mouvement.

La conscience rendue possible par un ensemble de mécanismes (cartes) réentrants, permettant de… réfléchir (!) les informations immédiates… de créer une distance entre les infos transportées par les sens et la réaction qu’elles appellent. Une distance permettant de sonder le passé, de faire des liens entre les sources parallèles (ou synchroniques) de stimulations… Des circuits réentrants qui se multiplient, s’additionnent pour devenir plus abstraits, portant sur des stimulations, excitations de plus en plus éloignées des sens et de plus en plus liées à la mémoire, aux concepts, aux projections conceptuelles…

Enfin… je vais aller souper, parlant de stimulations éloignées des sens ! Me semble que c’était plus clair ce midi…

Articles sur, à propos de Edelman, du darwinisme neuronal…

et autres découvertes :

le dernier chic

cerveauIl semble que mon intérêt pour la neurologie ne soit pas très original. Même les vendeurs de savon s’y mettent ! Sans compter les neurochirurgiens à la mode… Le Time magazine en faisait sa première page récemment et un dossier dont un article de Steven Pinker The Mystery of Consciousness.

J’attend toujours après le dernier volet du plus hot des sites sur le cerveau, celui qui portera sur la conscience, pour donner corps (ou des mots) aux objections que j’intuitionne à la lecture de cette “Enquête neurobiologique” à la recherche de la conscience… Et le petit Freedom & Neurobiology aussi m’a laissé sur ma faim… d’autant que je me suis rendu compte en lisant l’introduction que la version française était, en fait, l’original de cette plaquette (109 p.). Mais j’aime bien John R. Searle. J’ai même découvert dans ma bibliothèque son Mind, a brief introduction, que je n’avais pas encore lu !

tendance chaos

La lecture du James Joyce… de V.-Lévy Beaulieu me donnait le goût de replonger dans la version d’Ulysse qui me regarde depuis des mois de sa tablette au dessus de mon écran… Lecture difficile (Ulysse plus que L-B) mais tout-à-fait appropriée à mon actuelle randonnée intellectuelle autour du thème (lui aussi à la mode) de la neurologie et du fonctionnement synaptique. Incidemment, The Economist en faisait un court dossier dans sa livraison du 23 décembre (seul le premier article est disponible gratuitement sur leur site). Mes lectures enthousiastes du temps des fêtes (Introduction aux sciences cognitives, un recueil sous la direction de Daniel Andler, mais surtout La fatigue d’être soi, de Ehrenberg et le magnifique Traité du cerveau de Michel Imbert) m’ont permis d’apprécier ce court dossier.

Ce matin, dans une chronique du G&M malheureusement inaccessible hors souscription payante à leur site web, Margaret Wente faisait l’apologie du désordre régnant sur son bureau… à l’heure où tout le monde se gargarise de résolutions pour l’année qui commence. Lorsqu’elle cite les auteurs de A perfect mess, je me retrouve dans ces vertus reconnues au “désordre optimal” : je me suis toujours dit que les gens qui passent plus de temps à classer des documents qu’ils n’utiliseront plus (99% du temps) qu’ils en auraient passé à chercher ces mêmes documents sont, finalement, des gens mal organisés.

La vie n’est saisissable dans sa cruelle et magnifique vivacité que dans le désordre, et tout effort, littéraire ou autre, qui vise à la mettre en ordre (…) est mensonger ou perdu d’avance. Ulysse apparaît ainsi comme un roman qui cherche à donner, à rendre la vie dans sa confusion natale, dans sa discontinuité, dans sa désorganisation principielles, à reproduire la vie à l’état brut, dans son chaos et ses ruptures.

Mais la vie à l’état brut, si cette expression a le moindre sens, est par définition insaisisssable et sa reproduction illusoire. Qui plus est, sa reproduction par la parole. Sa reproduction par l’écrit ! (…) Tout langage, sauf à cesser complètement d’être langage, c’est-à-dire compréhensible pour qui que ce soit, locuteur compris, tout langage, toute parole est une tentative plus ou moins réussie de mise en ordre. De la vie à l’état brut, Ulysse ne peut strictement rien dire, il est, comme tout poème, borné par l’indicible. [Citation, tirée de ce recueil… jubilatoire : Le temps aboli, de Thierry Hentsch]

Au delà, en deçà de l’ordre, il y a le chaos… qui peut-être relève d’un ordre “supérieur”… à moins que ce ne soit d’un désordre supérieur.

“Je ne suis pas que mon corps”

Losing the physical self: Anita’s recovery from brain injury link by Sheila Pulham [News]

Un carnet exceptionnel. C’est d’ailleurs pour ça qu’il a été recensé par l’équipe du Blogs Guardian News. Il s’agit du cheminement, graduel et douloureux de la récupération de l’autonomie suite à un accident cérébro-vasculaire. Une manière de ne pas être fin seul quand on a à soutenir un processus semblable.

Je ne suis pas que mon corps (“I am not my body”), telle semble être le leitmotiv de cette femme, soutenu par son mari. Ce qui me fait penser, d’une manière différente, au livre que je cmmençait hier : Mind, par John R. Searle. Une présentation des différentes théories de la conscience, de ses rapports avec le fonctionnement du cerveau… Aux éditions de Oxford. Un autre texte de Searle que j’ai commandé en même temps, en français celui-là : La construction de la réalité sociale, aux éditions Essais Gallimard.

Comment opère exactement le cerveau et comment des états mentaux s’y réalisent-ils exactement ? Que sont ces processus neuronaux qui causent nos expériences conscientes et comment ces expériences conscientes se réalisent-elles dans les structures du cerveau ? (Extrait de Liberté et neurobiologie)