collaborer à la chose publique

Ostrom found that individuals will cooperate if, among other things, they are able to participate in governance, monitor the compliance of others, and punish cheaters. “When people have trust that others are going to reciprocate, then there can be cooperation,” she says. “When there is no trust, there is no cooperation unless people are facing the gun.” (extrait de la revue Science, 16 octobre 2009)

Ostrom, récipiendaire du Nobel d’économie de cette année (avec Williamson), dont le sujet de recherche a été la coopération pour  la gestion des ressources communes (the commons). Ses études portant, notamment, sur la gestion collective des pêcheries, où certaines collectivités ont réussi à protéger ou faire renaître des stocks mis en danger par des comportements individuels (ou de marché) de courte vue.

L’importance de “punir les tricheurs”, comme un facteur favorisant la participation (et la confiance) dans la gestion de la collectivité. Un sujet de premier plan, par les temps qui courent, tant au niveau municipal que provincial. Aura-t-on droit à une commission d’enquête sur les dessous de l’industrie de la construction ou si les règles habituelles de surveillance seront jugées suffisantes ?? C’est ce dernier point de vue que privilégie gouvernement libéral, mais cela coûtera en confiance de la part du public. Confiance qui est liée à la participation politique. Peut-être certains gouvernements ne souhaitent-ils pas vraiment augmenter la participation politique ?

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social-démocratie renouvelée ?

Un texte de Marcel Boyer, Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle (pdf, 174 pages). Ce qui me rappelle l’autre texte appelant à un Chantier vers une nouvelle social-démocratie lancé par Lévesque, Vaillancourt et al. Ce dernier texte (pdf de 29 pages) propose une démarche collective, et comme son nom l’indique, une série de groupes de travail sur différents aspects de la situation actuelle. J’ai trouvé très stimulant le document, tant dans sa partie historique que dans l’attention qu’il porte à toucher toutes les dimensions du renouvellement nécessaire d’une théorie politique apte à tirer les leçons du dernier siècle.

L’autre, le premier document, plus volumineux, signé d’un seul nom. Je ne l’ai pas lu. La référence vient de PolitiquesSociales.net.

«cheap shot» sur la Caisse

Les articles de Konrad Yakabuski dans le G&M nous avaient habitué à plus de sérieux, moins d’étroitesse dans le jugement… On a ici toutefois l’impression d’un règlement de comptes… ou peut-être  est-ce simplement une autre manifestation du “nationalisme canadien” frileux, prompt à rabaisser son frère québécois pour se sentir un peu plus grand…

La fierté, quand elle est québécoise est “nationaliste”, elle ne peut être nationale !! «it has come to manage the assets of 25 provincial, municipal and sectoral pension and insurance funds, making it a global financial force and source of nationalist pride.»

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budget fédéral : les sources

Tout d’abord, le document lui-même : un document pdf de 374 pages déposé à la Chambre des communes par le Ministère des Finances. Le dossier de Radio-Canada sur la question. La page du journal Les Affaires, celle de La Presse, qui n’a pas vraiment de dossier…, et celui du Globe and Mail.

Quand au Devoir… il ne fait pas vraiment dans l’actualité d’heure en heure avec son site. Il peine à sortir son seize pages (douze ?) papier quotidiennement !

prendre aux mots

Des outils d’analyse de contenu appliqués tout d’abord, sur le site du NYT, aux discours d’inauguration des présidents américains depuis 1789 ! On y trouve aussi une image de chacun de ces présidents…

Le second site est Capitol Words, qui veut prendre au mot les élus américains ! Ainsi on peut y voir que le mot health a été le plus souvent prononcé  depuis le 4 janvier dernier par les législateurs américains (land, puis public sont les suivants); que Dianne Feinstein a été la plus verbomotrice avec près de 30 000 mots au cours des 60 derniers jours…

pouvait-on prévenir ? peut-on guérir ?

Dans Mother Jones, un article (Buying the Bull) sur la faute des journalistes qui n’ont pas su prévenir la crise actuelle… Mais il y a surement eu des dénonciateurs – annonciateurs de la fin de la bulle. Ils n’ont pas été écoutés, ni publiés parce que personne n’écoute les oiseaux de malheurs pendant les longues périodes de croissance : ce serait se priver, refuser de s’enrichir alors que tous sont plongés dans l’auge du moment. S’enrichir pendant quelques années en participant à cette gabegie de ressources, de moyens… au risque, avec la certitude que ça finira mais qu’on en aura au moins profité un temps !

Peut-on s’attendre à autre chose qu’une utilisation de la conjoncture pour avancer son programme conservateur sous couvert de “solution à la crise”, de la part d’un leader aussi dogmatique et idéologique que Harper ? Réduction d’impôts et de taxes, distribution de $ à la classe moyenne mais surtout, surtout pas de soutien systématique aux victimes des déséquilibres et inéquités engendrées par le capitalisme : ce serait enfreindre la religion conservatrice qui dit qu’il faut laisser les faibles être mangés par les forts. Le problème c’est que ce sont les forts qu’on aide, actuellement !!

Je crois qu’il faut absolument garder ouverte et vive la possibilité d’un gouvernement de coalition… Non pas un gouvernement de coalition mais un gouvernement de solutions.

Articles à lire : Doug Saunders,du G&M, Crashonomics: the secret formula; Mother Jones, Stimulus is for Suckers.

Voir aussi une page que j’ai commencée sur le thème : Savoir réducteur et conscience holiste. «Ni Dieu, ni maitre. Juste un jardinier. Le développement scientifique et économique a été à ce point étroit de perspective et de courte vue que nous avons agi comme si on pouvait changer de planète, une fois celle-ci usée.»

crise

J’ai eu le plaisir de constater que Jean Trudeau, animateur du carnet Bloguevision, citait un billet de Gilles en vrac pour illustrer son propos :  Comment la crise me touche personnellement. Plaisir et honneur que de côtoyer ainsi les plumes de Pollard et de Foglia, auteurs que j’estime beaucoup. Le premier faisant un tableau de ce qui peut advenir dans la prochaine période, et de ce que chacun pourrait faire. Alors que Foglia fait une belle réflexion sur la mort. Qui de manière surprenante prend un sens encore plus profond dans le contexte actuel. En effet inclure cette dimension de la finitude dans notre recherche de solutions… ça donne un peu de poids, de texture aux idées.

Incidemment, plusieurs textes de David Pollard sont à donner froid dans le dos, en termes de perspectives collectives.

Comme le souligne Jean, je constate aussi que les commentaires n’ont pas été nombreux dans les blogues et carnets sur la crise, les enjeux… Comme si la gravité de la situation avait empêché les gens de se prononcer rapidement… et peut-être aussi le contexte des célébrations de fin d’année, où on ne se presse pas d’aborder les questions sans réponse, les situations sans issue… ou que l’on craint telles.

Parmi les pistes de solution avancées, autres que celles qui consistent à “sauver les banques” (ou les canards boiteux), certains européens de gauche font la promotion du retour du protectionnisme… Une entrevue avec Emmanuel Todd.  Je ne suis pas certain de suivre cette piste du protectionnisme. Même si le libéralisme (voir la dernière partie du billet de Jean Trudeau) a effectivement été l’étendard sous lequel l’accélération et l’approfondissement des conditions de la crise actuelle se sont produits, quelle serait la situation, en particulier dans les pays en développement, si le protectionnisme avait continué de prévaloir ? Seraient-ils encore simplement fournisseurs de matières premières ? Le mur de Berlin serait-il tombé, s’il n’y avait pas eu la pression du libéralisme et des échanges ? On ne refait pas l’histoire, heureusement. Aussi le protectionnisme dont on parle aujourd’hui pourra peut-être être encadré, planifié de sorte à mieux servir des intérêts sociaux et non seulement préserver des corporatismes rétrogrades.