performance de santé

En furetant sur le site du Commissaire à la santé et au bien-être, j’ai trouvé cette étude, datant de l’époque où le Conseil de la santé et du bien-être préparait l’arrivée du Commissaire. Intitulée Un cadre d’évaluation globale de la performance des systèmes de services de santé: Le modèle EGIPSS (pdf 2 Mo), les auteurs (François Champagne, André-Pierre Contandriopoulos, Julie Picot-Touché, François Béland, Hung Nguyen) examinent et comparent les cadres d’évaluation et indicateurs utilisés par l’OMS, l’OCDE, la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada…

S’appuyant sur la théorie de l’action sociale (empruntant à Parsons, Friedberg, Rocher et Bourdieu et Wacquant) ils proposent un modèle intégrateur de la performance organisationnelle.

Cette théorie de l’action sociale précise les quatre fonctions essentielles qu’une organisation doit constamment maintenir pour survivre :

1- Une orientation vers les buts. Cette fonction est liée à la capacité de l’organisation d’atteindre des buts fondamentaux. Pour une organisation publique de santé, il peut s’agir de l’amélioration de l’état de santé des individus et de la population, de l’efficacité, de l’efficience, de l’équité et de la satisfaction des divers groupes d’intérêt.

2- Une interaction avec son environnement pour acquérir des ressources et s’adapter. Dans le court terme, l’établissement de santé doit se procurer les ressources nécessaires au maintien et au développement de ses activités (capacité d’acquisition des ressources, orientation vers les besoins de la population, capacité d’attraction de clientèles, habileté de mobilisation communautaire). Dans le plus long terme, l’établissement de services de santé doit développer son habileté à se transformer afin de s’adapter aux changements technologiques, populationnels, politiques et sociaux (habileté à innover et à se transformer).

3- Une intégration de ses processus internes pour produire. Il s’agit du noyau technique de l’organisation. Traditionnellement, c’est à ce niveau qu’on retrouve la majorité des indicateurs qui sont généralement utilisés pour mesurer la performance des établissements de services de santé (volume de services produits, coordination, productivité et qualité des soins).

4- Un maintien de valeurs et normes qui facilitent et contraignent les trois fonctions précédentes. Cette fonction est celle qui produit du sens, de la cohésion au sein de l’organisation. [op. cit. p. 29]

Un modèle intéressant, entre autres choses, parce qu’il intègre la dimension des valeurs, de la culture (de la société et des organisations et professionnels) sans pour autant délaisser les dimensions liées à la production, l’atteinte des buts ou les coûts… auxquelles on limite trop souvent la performance.

Publié par

Gilles Beauchamp

Organisateur communautaire dans le réseau de la santé, CLSC Hochelaga-Maisonneuve puis CSSS Lucille-Teasdale, à Montréal, de 1976 à 2012.

Qu'en pensez vous ?