Gilles en vrac… depuis 2002

partis fédéraux bolchéviques ?

On croirait entendre les bolchéviques (majoritaires) russes dénoncer les menchéviques (minoritaires) ! Il faut élire une majorité, libérale ou conservatrice, sans quoi, c’est la catastrophe, la fin du monde ! Mais comment font-ils, ces Allemands, Suédois, Irlandais, Britanniques, Néo-Zélandais… qui gouvernent sans majorité ? Ils ont des gouvernements de coalition. La tendance à la différenciation entre groupes sociaux est une tendance profonde des sociétés depuis des décennies. Et cela se reflète sur la difficulté accrue des systèmes parlementaires non proportionnels à obtenir la majorité « normale » dans ces systèmes. Il serait peut-être temps que le nôtre, de système, évolue lui aussi vers une prise en compte plus souple et subtile des tendances de la société.

Et que les canadiens hors Québec arrêtent de démoniser le Bloc Québécois ! Si le Bloc a déjà pu agir, de manière responsable si mon souvenir est bon, en tant qu’opposition officielle du gouvernement de Sa Majesté, pourquoi ne pourrait-il être un membre ou un allié responsable d’un gouvernement de coalition ? Il sera toujours minoritaire, non ? Et le pouvoir qu’il aurait en tant qu’allié ou partie prenante d’un tel gouvernement ne serait, somme toute, pas très différent de celui qu’il a eu durant les gouvernements minoritaires des dernières années : celui de dire Non, et de défaire le gouvernement.

Comment peut-on accuser le Bloc d’être, essentiellement, un parti sécessionniste ? Pour avoir administré pendant si longtemps la majorité des sièges québécois aux communes, les élus de ce parti ont plutôt fait un travail de représentation, de gestion, de négociation dans les dédales de l’administration publique sans compter les nombreux travaux parlementaires qu’implique tout travail de député fédéral. À ce que je sache les élus de ce parti ont représenté TOUS leurs commettants, et ont veillé à ce que les entreprises et associations québécoises, qu’elles soient entre les mains de libéraux, de conservateurs ou de bloquistes, aient accès aux mêmes fonds et privilèges que les entreprises des autres provinces. Peut-on en dire autant des circonscriptions conservatrices ?

La question de la place du Québec dans la confédération n’est pas à l’ordre du jour de cette élection et je ne vois pas l’aube du jour où un nouveau référendum viendra la relancer. À moins que le mépris affiché ouvertement pour la nation québécoise et ses élus quand on parle de gouvernement de coalition ne ravive le feu qui couve.

Comment les partis fédéralistes canadiens peuvent-ils décemment prétendre représenter la fédération canadienne s’ils s’interdisent, a priori, d’inclure le bloc des députés de la nation québécoise ? Je ne dis pas que le Bloc, comme parti, sauterait de joie à l’idée de participer à un gouvernement de coalition, ni même qu’il y participerait. Je me dis seulement que si les forces politiques de la fédération canadienne respectaient un peu mieux la diversité qui compose ce pays, et apprenaient à composer avec cette diversité… nous aurions peut-être quelque raison d’espérer. Espérer quoi ? Un meilleur Canada ? Non, seulement des moyens un peu moins grossiers de gérer nos différences et nos conflits.


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