action collective et intérêt public

Une belle initiative du Collectif Dynamo : un blogue sur le livre Voices from the Field III (pdf) : 20 ans de pratiques de développement local dans 48 communautés locales. [Notez que le document au complet — suivez le lien — est disponible en anglais sur le site de l’Aspen Institute,  pour ceux qui attendent avec impatience les prochains chapitres qui seront déposés, après traduction, sur le site de Dynamo].

La lecture rapide, en diagonal, des chapitres déjà traduits en ligne, me fait repenser à cette ressource en matière de développement de logement communautaire qu’est le National housing institute (NHI) américain et sa revue Shelterforce. Une ressource dont je voulais parler… mais qui soulève, comme à chaque fois qu’on regarde de près les initiatives de développement communautaire américaines, la question de la différence entre les États américain et québécois (canadien).

Plusieurs textes tirés du site du NHI, ou de la revue Shelterforce, me semblaient intéressants parce qu’ils faisaient un peu l’histoire du « community development » ou encore tentaient d’articuler la relation qu’il y a entre l’organisation communautaire et le développement communautaire local.

Comment s’inspirer des initiatives communautaires riches et à la longue expérience de nos voisins anglo-saxons (du sud mais aussi du Canada et d’Angleterre) sans se sentir sous-développés, point de vue capacité d’agir ? N’est-on pas inéluctablement poussé vers une vision réductrice du rôle et de la responsabilité des États lorsqu’on contemple les mille projets et créations des fondations et corporations de développement actives dans les communautés locales chez nos voisins ?

Ces questions peuvent paraître bien théoriques ou philosophiques mais elles prennent du poids lorsqu’on les confronte à des enjeux concrets. Celui qui me vient en tête est encore (un peu) d’actualité : la transformation et le développement des services (hébergement, services à domicile, services sociaux et de santé…) aux ainés dans le contexte du vieillissement démographique et de la croissance prévisible des besoins.

Alors qu’il faudrait mobiliser l’ensemble des forces sociales concernées et disponibles pour relever les nombreux défis qui trament cet enjeu de société, j’ai eu l’impression en suivant les débats autour du projet d’assurance autonomie du ministre Hébert que chacun était plutôt inquiet et intéressé à conserver son petit royaume, ses acquis. Il me semble qu’il y aurait là un vaste champ d’expérimentation et de développement où les expériences de mobilisation sociale et communautaire des uns pourraient s’associer aux capacités de planification financières et foncières des autres… Mais j’ai l’impression qu’on n’est pas encore prêt à sortir de nos « zones de confort ».

La société québécoise, qui rassemble en un modèle unique un certain étatisme à la française (développement important des services publics — CPE, éducation, services à domicile…) et de communautarisme anglo-saxon (dynamisme et indépendance de ses réseaux communautaires), se contentera-t-elle du « pire des deux mondes » en multipliant les barrières à la collaboration et en additionnant les jalousies, compétences exclusives et préjugés ? Ou si elle saura tirer parti du « meilleur des deux mondes » (ou des trois) ? À quelles conditions cela sera-t-il possible ?

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