commun, révolution et sociologie

Dans le billet précédent je faisais référence à cette conférence de Streeck, donnée à l’École des hautes études en sciences sociales. Incidemment ce panel donnait aussi la parole à Thomas Piketty. Deux conférences d’une demi-heure qui valent d’être entendues (et aussi, mais dans une moindre mesure les deux autres interventions par Carla Hesse, historienne, et Étienne Balibar, philosophe) . La place de l’économie hors et dans les sciences sociales et l’importance pour la sociologie et les sciences sociales en général de ne pas laisser l’économie à la seule science économique.

Une référence de Streeck et Fourcade, dans leur conversation sur les États et les marchés, je viens de mettre la main sur cette « brique » de près de 600 pages bien tassées.


Commun, essai sur la révolution au XXIe siècle
, par Pierre Dardot et Christian Laval. Vous pourrez en lire l’introduction en cliquant sur l’image ci-contre.

La Table des matières (PDF 5 pages) promet !

vacances d’hiver

Transport par air, route et rail (USA 1960-2013).

Efficacité, coûts et culpabilité (The Economist When less is more) du transport aérien – en cette période des vacances hivernales.

Avec un $CAN à son plus bas niveau (0,74$US) depuis 11 ans, il y a des gens qui y penseront deux fois… avant de s’envoler pour la Floride. À moins qu’ils n’aient déjà investi dans l’immobilier là-bas…

Pour les autres, il faudrait penser à autre chose, et d’abord raviver l’intérêt pour les destinations vacancières telles les Laurentides, notamment en permettant aux Montréalais de prendre le train vers le nord en fin de semaine. En effet, j’ai découvert il y a quelques années cette folie [Voir Erratum, plus bas] : on ne peut prendre à rebours les trains de banlieue, qui ne sont orientés que vers le transport des travailleurs vers la ville. Je ne peux monter vers St-Jérôme la fin de semaine…

Ne pourrait-on imaginer un « P’tit train du Nord » qui amènerait les skieurs et vacanciers vers St-Jérôme – ou encore un autre vers St-Bruno et St-Hilaire – les dimanche matin alors que maintenant il n’y a AUCUN service sur ces lignes ? Y-aurait-il une explication à ce trou béant dans l’offre de service ? Est-ce que la ville de Montréal a intérêt à ce que les citoyens de la Ville restent enfermés entre ses murs ? Pourtant le développement d’alternatives « nordiques » aux « vacances dans le Sud » profiterait à l’économie régionale dans son ensemble, tout en développant un profil moins carbonique d’usage des transports. Et puis, combien cela peut-il bien couter de faire rouler une locomotive et deux ou trois wagons ? Ne pourrait-on faire un « projet pilote ?

 

<Erratum – 25 décembre> Je suis heureux de reconnaitre avoir fait une erreur : il y a effectivement des trains de banlieue vers le Nord (St-Jérôme) la fin de semaine, seulement ils ne partent pas du centre-ville, mais bien de la station (gare) De la Concorde à Laval. Cool ! De toute façon, me rendre au centre-ville en métro ou à la station Concorde, c’est semblable. </>

action globale, pensée locale

« Penser global, agir local », cette formule employée par René DUBOS lors du premier sommet sur l’environnement tenu à Stockholm en 1972 pourrait être inversée, en mettant l’accent sur l’agir global – après plusieurs décennies de travail pour élever la conscience sur les enjeux planétaires. Le penser local soulignant quant à lui l’importance de dépasser les slogans et d’adapter, de moduler le plan global en fonction des actifs et des besoins locaux.

Je notais le commentaire récent d’un journaliste sur la question de la réduction des gaz à effet de serre (GES) : « Nous avons dépensé 65% de notre budget collectif de carbone, il ne nous reste que 35% ». Mais une telle formulation ne dit rien de la vitesse, de l’accélération avec laquelle ce « budget » a été consommé. Accélération marquée dans la seconde moitié du XXe siècle par l’arrivée de l’automobile et des électroménagers dans chaque foyer. Une accélération telle que dans les 15 prochaines années nous pourrions consommer autant que durant les cent ans qui ont précédé la seconde guerre.

Faut faire quelque chose, c’est urgent… mais ça fait 40 ans qu’on le dit. Je me demande parfois ce que serait la situation si on avait agi avec détermination dès le rapport du Club de Rome « The limits to growth » et la conférence de Stockholm en 19721. Tergiversation, déni, procrastination l’ont emporté d’autant mieux que les tensions internationales étaient à leur comble : choc pétrolier, guerre du Vietnam, inflation galopante…

Sommes-nous mieux placés aujourd’hui pour agir ? Nous avons sans doute plus de moyens de communiquer, d’apprendre; plus de moyens d’agir, de puissance économique (est-ce à dire plus de flexibilité ?). J’oserais dire que le monde est moins guerrier qu’il l’était durant la guerre froide, même si les drones et les « frappes chirurgicales » alimentent aujourd’hui une guérilla anti-impérialiste, un Jihad qui ne semble pas près de s’éteindre. Un supplément de paix (moins de dépenses militaires) qui devrait nous permettre de dégager des ressources pour construire, imposer, faire respecter de nouvelles règles, de nouvelles limites.

Malheureusement le laisser-faire néo-libéral qui a dominé depuis 30 ans a conduit à une privatisation de la richesse collective, par la réduction radicale de l’impôt sur les hauts revenus (voir Piketty, Le capital au XXIe siècle, p. 805, graphique 14.1) et l’endettement concomitant des gouvernements. G14.1

Les grandes fortunes non seulement ne paient plus autant d’impôt, mais elles prêtent ce qu’elles n’ont pas eu à payer. Ou inversement, les gouvernements doivent emprunter avec intérêts à ceux qu’ils n’ont pas eu le courage de taxer.

Cette offensive de la droite, après les « trente glorieuses » de 1945-1975 où la planification d’État et le développement des services publics avaient dominé, semble avoir mis les socio-démocrates sur la défensive alors que les communistes battaient en retraite. Seule la Chine a pu se mettre à l’abri de ce virage, bien que ce fut en devenant la servante-ouvrière de cette fuite en avant du capitalisme financiarisé.

Mais sommes-nous prêts à changer ? Changer quoi ? Jusqu’où ? À quelle vitesse et avec quels risques ? Des risques pour qui ? Il faudra identifier des cibles, et des contraintes qui seront respectées – imposées – aux récalcitrants sous peine que ces derniers se multiplient et rendent les règles caduques et les cibles inatteignables.

Les solutions ne seront pas que technologiques, mais aussi, surtout culturelles, anthropologiques. Nous sommes des êtres d’habitudes et de tradition plus que de raison. Prendre le chemin des solutions technologiques (le supplément de la revue The Economist de cette semaine en est un bel exemple : « The climate is changing because of extraordinaire inventions like the steam turbine and the internal combustion engine. The best way to cope is to keep inventing.« ) sans changer les habitudes risque d’empirer la situation. Par exemple vouloir remplacer le parc automobiles de moteurs à combustion par un parc d’automobiles électriques alors qu’il faudrait évoluer vers un partage de véhicules (électriques et sans conducteur) et des solutions de  transport collectif. Un autre changement d’habitudes qui risque d’être difficile : réduire la part de viande dans notre alimentation (Un rapport de 2006 de la FAO estime à 18 % la part des GES provenant de l’élevage – Wikipedia).

Peut-être qu’une taxe sur la carbone (et sur les intrants carboniques des produits importés) pourra faire évoluer les habitudes alimentaires, d’achat et de transport… mais il faudra plus qu’une nouvelle taxe. Il faudra mobiliser toutes les couches de la société, et c’est dans la manière dont nous traiterons les différends, les inégalités et les libertés que nous maintiendrons ou affaiblirons nos démocraties. Nous devons amorcer un changement de paradigme pour redonner sa légitimité à l’action publique, et réduire l’acceptabilité sociale des comportements d’évasion. La Transition écologique et économique qui est nécessaire devra être portée par un large mouvement social si on veut agir à temps. Mais ci ce mouvement doit être large, il faut qu’il n’y ait ni gagnant ni perdant, seulement des participants à hauteur de leurs moyens – des responsables à hauteur de leurs patrimoines, des agents à hauteur de leur impact.

[Publié sur Nous.blogue, le 2 décembre]

  1. Incidemment, voir l’article de John Ralston Saul dans le G&M d’aujourd’hui sur Maurice Strong un Canadien organisateur de ce colloque et premier directeur du PNUD  (retour)

collaboration, concertation, coordination, hybridité

Le colloque sur La collaboration interorganisationnelle dans le domaine de la santé et des services sociaux  (pdf) qui se tiendra le 6 novembre prochain s’ouvre sur une conférence de Gérard Divay et Youssef Slimani : Entre idiosyncrasie locale, encadrement central et configuration d’hybridité. Le cas de l’approche territoriale intégrée dans la lutte à la pauvreté.

J’ai manqué la conférence de M. Divay, lors de la dernière assemblée annuelle de ARIMA (ici les planches de sa présentation : À propos des réformes actuelles dans les institutions locales et régionales ). Mais les documents « Powerpoint » ne sont jamais très explicites et satisfaisants pour saisir le point de vue d’un auteur-chercheur. J’ai donc cherché des publications récentes du même auteur, notamment sur sa page « publications » sur le site de l’ÉNAP. Ce qui m’a amené à ce numéro spécial de la Revue de l’innovation dans le secteur public, portant sur La collaboration intersectorielle, où Divay se commet d’une introduction générale au numéro (pdf) et d’un article intitulé La revitalisation urbaine intégrée à Montréal : L’intersectorialité dans l’action collective locale (pdf).

Parmi les autres intervenants et sujets abordés à ce colloque international : Foisy, St-Amour (UQO) et Savard (U. d’Ottawa) sur la revitalisation intégrée dans le Vieux-Gatineau (le projet ARIMA, le site du RUI);  Beaucourt et Roux (U. de Lille, France) sur l’animation des réseaux sociosanitaires; Breimo (U. de Norland, Norvège) sur l’innovation collaborative dans le soutien aux jeunes adultes; une intervention de Corinne Grenier (KEDGE, France)  Trop de coordination? Faible intégration? Les paradoxes du décloisonnement du champ de prise en charge des personnes âgées ; une autre de Marie-Aline Bloch (Sorbonne, France) Innovation intégrative et développement des réseaux d’acteurs au service des personnes âgées.

Les trois dernières conférences en après-midi par Jean-Louis Denis (ENAP), Jenna M. Evans et al. (U. de Toronto) et David Campbell (U. de Californie – Davis) portent sur les réseaux et la gouvernance des « hybrides ».

Furetages bibliographiques

J’ai voulu en savoir un peu plus sur les conférenciers…

  • Deux articles récents de Corinne Grenier (seuls les résumés sont accessibles sur le site de la revue) :

Performance des organisations et bien-être des usagers : quels modes de pilotage et d’intervention ?

Promouvoir des organisations performantes pour délivrer des prestations de santé de qualité constitue l’agenda de travail d’une grande variété d’acteurs (autorités publiques, agences, directeurs, équipes, professionnels…) qui prend la forme depuis de nombreuses années d’une multitude de réglementations, de recommandations de bonnes pratiques, de dispositifs organisationnels et managériaux et d’outils de sa mesure… Alors qu’on peut légitimement considérer que les organisations de santé ont répondu à ces exigences, l’on peine encore à démontrer une juste relation entre performance et bien-être des usagers. Seraient en cause : une visée appauvrie de la performance vers une logique de rationalisation des services, des instruments qui peinent à intégrer les logiques de soin et de gestion, une multiplicité de recommandations qui ne facilitent pas l’apprentissage dans le temps… Cet article se propose de discuter cet apparent paradoxe, en prônant une impérieuse nécessité de concevoir la performance des organisations de santé de manière systémique, partagée et contextualisée, à travers trois axes de discussion : dépasser le discours de la performance pour la qualité vers de réelles pratiques collectives, la construction et l’utilisation d’outils de mesure appropriés et l’empowerment des acteurs pour soutenir une méthodologie participative de construction du sens de la notion de performance.

Proposition d’un modèle d’espaces favorables aux habiletés stratégiques

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fin de course – ou nouveau départ ?

Un prochain gouvernement Harper s’interdirait de hausser taxes et impôts pour les 4 prochaines années. Quelle preuve de déni des problèmes structuraux, environnementaux et politiques qui attendent nos sociétés ! Laisser les forces du marché (c’est à dire de la finance) régler ces questions… Mais ce sont ces forces du marché, suivant la pente du moindre effort, de l’avidité et du désir aveugle aux conséquences à long terme, qui ont nourri les déséquilibres qui nous confrontent actuellement.

Entre un cynique manipulateur, un optimiste naïf, et un conservateur prudent le choix d’un prochain premier ministre du Canada est difficile. J’ai un peu honte d’avouer que j’ai, moi aussi, un cadavre dans le coffre de mon auto (Un cadavre dans l’auto, David Desjardins). Le cadavre de l’espoir ? De la foi en l’avenir ? Le cadavre du progrès par la croissance.

 

Même si cela n’a pas été beaucoup (du tout ?) discuté au cours des récents débats publics, un des principaux points qui devrait figurer au programme de tout prochain gouvernement qui ne serait pas majoritaire conservateur : l’établissement d’un mode proportionnel de scrutin. Et la transformation conséquente de la culture de collaboration-compétition entre les partis, pour former des gouvernements de coalition viables.

Stephen Harper présentera certainement la signature du PTP comme une victoire de son gouvernement, la preuve de sa capacité à soutenir le développement des produits canadiens dans l’économie-monde. Pourtant, il semble que le Canada n’ait pas eu grand-chose à dire sur les tractations Japon-USA en matière automobile…

Difficile de s’imaginer s’exclure volontairement d’un tel accord, il faut plutôt se demander quel sera le gouvernement le plus à même de parer et pallier aux conséquences sur des secteurs comme la production laitière, d’oeufs, de pièces d’auto. Comment le prochain gouvernement saura-t-il protéger son droit à soutenir l’occupation du territoire, à planifier son développement ?

Les prochaines années imposeront aux gouvernements du monde une obligation morale de réduire, réorienter et bannir (taxer) certains commerces et produits; les gouvernements du monde devront se liguer et s’obliger mutuellement à respecter certains biens communs à l’humanité, dont l’atmosphère mais aussi les ressources des océans. La loi du plus bas prix ne peut plus être la seule règle utilisée pour gérer des ressources limitées, certaines (plusieurs) mises en danger.

 

Les prochaines années devraient accorder plus d’importance à la signature d’accords à caractère économique ET politique. Les conséquences d’une entente internationale sur les émissions de gaz à effet de serre imposeront des changements dans nos modes de vie et de production, dans nos priorités. Il faudra harnacher, soumettre les processus de libéralisation des échanges à une lecture et des contrôles politiques.

Ce ne serait pas la première fois que l’humanité doit se protéger d’elle-même. Nous devons protéger la planète des prédateurs humains laissés à eux-mêmes. Les hommes ne font pas le mal par plaisir, seulement par égoïsme, paresse, peur, ignorance… Les prédateurs humains ont vidé les mers des grands cétacés en quelques décennies de chasse industrielle. Puis ils ont laissé l’huile de baleine pour s’éclairer au kérosène et remplacé le cheval par le moteur à combustion interne. Extrayant chaque jour des quantités phénoménales de pétrole, conduisant à une combustion effrénée sous le chapiteau de l’atmosphère terrestre.

 

Quand on me dit qu’on va investir dans les infrastructures pour relancer l’économie, je me demande : quelles infrastructures ? Celles qui facilitent l’étalement urbain et la consommation ?

 

Plutôt qu’une politique du pire, où les conservateurs reprennent le pouvoir avec l’aide du Bloc, je préfère encore la politique du ABC (n’importe qui sauf les conservateurs), avec l’espoir que ce sera une première étape vers la construction d’une alliance, d’une coalition seule capable d’implanter des changements radicaux avec une participation sociale maximale.

Nos partis nationaux doivent apprendre à travailler ensemble sur des objectifs à moyen et long terme, plutôt que de « poser » dans leurs irréductibles différences, justifiant tous les sarcasmes, toutes les attaques, rendant d’autant plus difficiles et improbables les alliances nécessaires sur les transformations structurelles qui nous attendent, réalisées autant que possible avec la participation volontaire, intelligente sinon enthousiaste, de toutes les parties.

À l’échelle internationale, à l’inverse, il faut se départir d’un oecuménisme de façade et se donner les moyens d’une action innovatrice, avec des États alliés autour d’un projet humain. Des alliances qui, sans être aussi puissantes que les USA ou la Chine, pourront formuler, expérimenter, imposer des normes et objectifs progressistes (à défaut d’un autre terme – humanistes ?).

Au delà des chapelles et des clans, des pays et des nations, des races et religions nous sommes dans l’obligation de transiger à l’échelle internationale parce que l’équilibre est compromis; le laisser faire n’est plus permis. Nous avons, depuis longtemps déjà, atteint les limites, assujetti les principales ressources de la planète au jeu de casino du capital financier (que Bernard Stiegler [La société automatique] appelle le capital mafieux, tellement il est lié aux paradis fiscaux et autres cieux sans foi ni loi).

Il est temps de reprendre le contrôle – ou plutôt de cesser de s’imaginer que nous pouvons contrôler une planète qui nous dépasse mais que nous avons tout de même réussi à ébranler dans ses équilibres profonds, géologiques. Il est temps, plus que temps d’apprendre à restreindre l’appétit des hommes plutôt que de simplement faciliter, accélérer la consommation aveugle des ressources limitées d’une planète fatiguée.

Publié sur Nous.blogue

sciences et politiques

La Chine a dépassé les États-Unis comme principal émetteur de CO2 depuis 2006.

Les pays qui contribuent le plus au réchauffement (par année depuis 1971).

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Le New York Times critique sévèrement la politique Harper. L’article s’intitule « The Closing of the Canadian Mind ».

Mr. Harper’s war against science has been even more damaging to the capacity of Canadians to know what their government is doing. [The New York Times]

Les gouvernements ont été très importants dans le développement des technologies qui font aujourd’hui la fortune des grandes entreprises.

« le fameux iPhone d’Apple, dont presque tous les éléments importants — de l’Internet au GPS en passant par l’écran tactile et le système d’aide vocal — n’auraient jamais vu le jour sans des investissements directs des gouvernements.  » Mariana Mazzucato – citée par Le Devoir, 19 septembre 2015.

Il est temps que les gouvernements se dotent d’un plan de développement. « [N]’importe qui peut aujourd’hui construire n’importe quoi, n’importe où. Ou presque. Pourvu que ça crée des jobs et de la richesse », François Cardinal, La Presse.