évaluation de l'action communautaire et préventive

Tombé par hasard (pas tant que ça, vu le temps que j’ai passé ces derniers jours devant l’ordi !) sur ce site belge de l’APES, puis sur cet ensemble de documents Powerpoint portant, pour plusieurs, sur l’éducation pour la santé. Voir les nouveautés (j’ai eu de la difficulté à m’y retrouver dans ce site) !

prévention du stress au travail

Cette étude démontre que les interventions ciblant la réduction des risques à la source tendent à diminuer de manière importante l’exposition aux contraintes de l’environnement de travail et la détresse psychologique. Les interventions qui ont connu le plus de succès ont adopté une approche participative et ont ciblé quelques problèmes concrets à la fois. (via Bulletin politiques publiques et santé)

la prévention contre l'équité ?

Un article très provocateur tiré du très réputé British Medical Journal, écrit par une omnipraticienne anglaise, Iona Heath : In defense of a National Sickness System. J’avais conservé sur mon bureau ce court article d’une page, dont je vous cite donne ici un assez long extrait :

A National Health Service committed to prioritising the prevention of sickness above its treatment would accelerate the pursuit of biometric risk factors for this or that disease and the development of statistically effective treatments for each one in turn. This process legitimises investment in the wholesale drug treatment of healthy people and the increasing costs of this begin to pose a very real threat to the provision of universal healthcare systems that are available and accessible to all. No universal healthcare system, funded through taxation, can possibly pay for the pharmaceutical treatment of all risks to health. An excessive and unrealistic commitment to prevention of sickness could destroy our capacity to care for those who are already sick; everyone, in time, must become sick and die. One of the ambitions of preventive health care is that it will reduce the gap between rich and poor, but health inequalities reflect wider societal inequalities and cannot be solved by a health service operating within a persistently unequal society. As Peter Skrabanek asked many years ago, why does poverty matter only when it creates illness and disease? Why are we not appalled by poverty because it is “cruel, demeaning and unjust” long before it manifests itself as ill health? Through recent advances in psychoneuroimmunology, we begin to understand how the chronic psychosocial stress of finding oneself at the bottom of society’s pile leads to compromised immunity, disordered metabolism, and premature disease. The primary solution should not be medication but a genuine commitment to fairness and justice in a humane society. [BMJ]

Je ne suis pas certain que l’article soit accessible aux non abonnés au site (de là la longue citation). C’est un discours plutôt iconoclaste que de défendre un “système de maladies”. Sûr que la prévention n’est pas suffisamment développées dans nos systèmes encore très médico-pharmaco-hospitalocentrés. Mais il n’est pas inintéressant de se rappeler que le développement de méthodes massives de dépistage et de traitements précoces peuvent amener non seulement une médicalisation (préventive) de la société entière – le pouvoir des ayatollahs de la santé publique – mais aussi une certaine dimminution de l’équité dans l’accès aux soins pour les malades, en contexte de ressources limitées. N’est-il pas évident que plus il y aura de systèmes élaborés de prévention et de pressions sociales pour des comportements sanitaires… plus il y aura en corollaire une certaine stigmatisation des malades ? Et sa note sur la connaissance (psychoneuroimmunologique) de plus en plus fine que nous avons des processus qui conduisent ceux qui sont au bas de l’échelle sociale à devenir plus malade plus tôt nous rappelle que l’équité en matière de santé passe plus par la justice sociale et économique que par la prévention.

aînés avec déficits cognitifs; utilisateurs d'urgences

Publié sur le site de BMJ

[RESEARCH] Community based occupational therapy for patients with dementia and their care givers: randomised controlled trial: “Interventions 10 sessions of occupational therapy over five weeks, including cognitive and behavioural interventions, to train patients in the use of aids to compensate for cognitive decline and care givers in coping behaviours and supervision.” (…) Results Scores improved significantly relative to baseline in patients and care givers in the intervention group compared with the controls (Via BMJ Online First.)

Un résultat encourageant, décrivant les effets mesurables et persistants d’interventions courtes auprès d’aînés avec déficits cognitifs.

Une autre recherche de la même revue n’est pas aussi concluante : le suivi (case management) de personnes âgées à risque (utilisatrices de l’urgence) ne démontre pas (pas encore) d’effets positifs en terme d’hospitalisation, ou de mortalité… C’est une avenue qu’on songe à utiliser ici aussi. Les aînés qui se retrouvent à l’urgence, le font en bout de ligne… Peut-être que l’hypothèse d’un usage inapproprié et donc facilement résorbable est à revoir ? Ou encore il faudra plus qu’un suivi en case management.

quelques minutes suffisent…

Plus d’excuse pour ne pas vous entretenir physiquement: “Les gens justifient souvent leur manque d’exercice par le manque de temps. Ce ne sera plus une excuse valable d’après cette étude…”(Via Sur la Toile!.)

Et dire qu’il y a quelques années, les pros de la santé publique nous disaient que ça ne valait pas la peine si on n’y mettait pas au moins trois-quart d’heure intense trois fois semaine. Mais finalement, ce microprogramme fait quand même 22,5 minutes par jour (5 fois 30 sencondes avec 4 minutes de repos entre les 30 secondes), pour un total hebdomadaire de 157,5 minutes. Mais la vraie leçon de l’expérience concerne l’intensité : 4 à 6 fois 30 secondes chaque jour ne valent pas mieux que 90-120 minutes d’efforts intenses.