faisabilité d’une véloroute

velorouteCPDans le cadre d’un stage en urbanisme, Maxime Powell a réalisé cette étude de faisabilité d’une véloroute longeant la voie ferrée du Canadien Pacifique sur 3,5 kilomètres à la limite ouest du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Un beau projet qui aborde d’une manière concrète les conditions de réalisation de cette voie cyclable « naturelle » qui pourrait, éventuellement, relier plusieurs quartiers centraux de Montréal, sans contact (ou presque) avec le traffic automobile. Enfin c’est ce que je défendais, il y a douze ans, dans ce document animé. Cette portion, imaginée par Maxime, viendrait lier la piste de la rue Notre-Dame et celle de la rue Rachel jusqu’à joindre le tronçon Des Carrières qui longe déjà la voie ferrée dans Rosemont.

Si cette étude répond à la question de la faisabilité technique et des coûts liés à l’aménagement et la protection d’un tel espace, les enjeux politiques et organisationnels restent à éclaircir : par quels moyens peut-on agir, faire pression sur cet « État dans l’État » qu’est le Canadien Pacifique ? Où sont les intérêts des arrondissements de Montréal ? Et le ministère du transport du Québec ? J’ai l’impression qu’il faudrait plusieurs stages en science politique pour mettre au clair les intérêts stratégiques des acteurs impliqués… trouver les effets de levier potentiels pour faire bouger ces mastodontes !

Merci Maxime pour ce travail. Il est intéressant que les acteurs locaux (Caisse Desjardins et SDC Ontario) aient appuyé ce projet ! Il me fait plaisir de déposer ici ce document pdf (17 Mo, 49 pages), avec la permission de l’auteur, pour le rendre accessible à tous. (on accède aussi au document en cliquant sur l’image plus haut)

Ici quelques images 3D réalisées par Maxime, et des photos prises par moi à partir du viaduc au dessus de la voix ferrée, pointant vers l’édifice en hauteur rendu en 3D…

chemins de traverse-2

Le long de terrains publics et d’une voie ferrée en partie désaffectée, on peut encore (presque) traverser le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

En tout cas on peut se rendre de Mercier à H-M. Voir ici le parcours illustré avec Google Maps.

Certaines portions de l’emprise de l’ancienne voie ferrée sont peu à peu envahis par l’automobile, comme stationnement. Ce sont pourtant les derniers espaces non asphaltés, les derniers retranchements encore libres de l’automobile : il faut les préserver, pour l’avenir de la ville, pour nous donner la possibilité d’un aménagement créatif… Comme on a pu le faire autour de la Place Valois. Son on avait construit bêtement tous les espaces libérés par les voies ferrées, on n’aurait pu revitaliser ce coin comme on l’a fait. Il faut préserver à tout prix ces chemins de traverse dans Mercier et dans l’est de Hochelaga-Maisonneuve…

Alors que les prises de vue précédentes allaient de Mercier-Ouest vers Hochelaga-Maisonneuve, regardant à l’ouest, celles qui suivent vont vers l’est, à partir de la rue Joliette.

chemins de traverse

chemin de traverse vers le jardin botanique
cliquer pour agrandir l’image

J’aime bien marcher Montréal. Et plus encore, quand je peux marcher sur la terre, c’est-à-dire sur une surface moins dure pour les jambes que le béton des trottoirs. Malheureusement même les chemins dans les parcs sont le plus souvent asphaltés.

Il y a environ 3 kilomètres pour me rendre au jardin botanique de Montréal à partir de chez moi. En passant par le parc de l’Ancienne pépinière (A) je peux me rendre au Bois des pères (B) qui m’amènera jusqu’aux pyramides olympiques derrières lesquelles se trouve un joli vallon… (C) qui m’amènera au parc Maisonneuve (D) qui côtoie le jardin botanique. C’est un chemin un peu plus long que de passer sur la rue Sherbrooke, mais c’est beaucoup plus agréable. Par ailleurs, même en longeant Sherbrooke, je peux profiter des terrains gazonnés devant plusieurs institutions comme le sanctuaire Marie-Reine des Coeurs (juste à côté du métro Cadillac), puis le centre d’hébergement Rousselot (E) suivi de l’école Marguerite-De Lajemmeraie, et du grand terrain devant les pyramides (F).

Mais il est un autre chemin de traverse que j’ai parcouru ce matin, à partir du marché Maisonneuve qui m’a amené presque à la maison, en passant sur les anciennes voies ferrées et les terrains d’institutions publiques. J’y retourne bientôt pour en rapporter des photos…

l’effet TOD ?

Il semble que cette « création », cette bibite architecturale, sortie de terre comme un champignon au lendemain de la finition des tours Lux, juste à côté, soit un ajout de la STM au décor local. Pas surprenant qu’on cherche en vain une identification corporative sur ce bloc aveugle de béton et d’acier.

Si mes renseignements sont justes, cette tour jaune et noire est une tour de service pour le métro. Mais était-il vraiment nécessaire de la placer dans cet espace habité et commercial, de plein pied sur la rue Sherbrooke ? Juste derrière cette tour, côté donnant sur la rue Chauveau, il y a un terrain vague. Il aurait peut-être fallu la faire un peu plus haute, mais elle n’aurait pas été si mal placée.

Si on devait accorder plus d’importance au transport en commun et à des institutions comme la STM, devrait-on s’attendre en retour à de telles interventions incongrues sur le territoire ? Le développement orienté vers le transport (TOD, en anglais) ne devrait-il pas s’ajuster, soutenir au plus près les efforts de densification déjà engagés ?

logement, indivise et densité

La progression invisible des copropriétés indivises s’ajoute à une foule d’autres indices signalant que les modes de fonctionnement en place ne jouent plus leur rôle dans les quartiers centraux de Montréal : « Les familles continuent à se rabattre massivement vers les banlieues. la construction de logements locatifs est en panne sèche, le parc de coopératives d’habitation et de logements sociaux peine à se développer et l’itinérance fait maintenant partie de la réalité de nos quartiers », a déploré François W. Croteau, maire de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie.

Notre étude confirme qu’il existe présentement au sein de la population montréalaise un très fort désir d’accéder à la propriété. « Il va de soi que nous souhaitons que les Montréalais deviennent propriétaires à Montréal plutôt qu’en banlieue. Le problème que notre étude a mis en lumière est que cela se fait présentement au détriment des locataires du Plateau et, sans doute, des autres quartiers centraux de Montréal », a ajouté Josée Duplessis, conseillère de ville du district de De Lorimier.

Extrait d’une Étude de Projet Montréal sur les copropriétés. Ici le Pdf. Cette situation (croissance de l’importance de la propriété indivise) ne me surprend guère : avec des prix exorbitants il devient nécessaire de se mettre à plusieurs pour rassembler la crédibilité financière…

Deux autres études sur les questions de logement, venant de la Société d’habitation du Québec cette fois. L’évolution démographique et le logement au Québec : rétrospectives 1991-2006 et perspectives 2006-2056, étude de l’institut de la statistique du Québec lancée lors des Entretiens sur l’habitat du 29 février dernier qui portaient sur le thème de La densification résidentielle : comment en favoriser l’acceptabilité sociale ? (un numéro spécial de la revue Habitation Québec, réalisé pour l’occasion). Sur une question incidente : Le vieillissement de la population et le logement : exploration en banlieue, seul numéro de la revue Habitation Québec publié en 2011.

quartiers pauvres mais riches ?

Bien dans mon quartier, bien dans ma tête ? Un colloque à l’hôpital Douglas sur les liens entre l’environnement et la santé mentale. Les media ont tôt fait de conclure de manière plutôt déterministe : Quand le quartier est parsemé de bâtiments décrépis ou abandonnés, que les espaces verts y sont inexistants et qu’y pullulent la restauration rapide et les commerces vendant de l’alcool, la vie y est plutôt déprimante et surtout stressante, voire anxiogène. (article du Devoir)

Pourtant les choses ne sont pas aussi simples. Le fait d’habiter un quartier défavorisé donne aussi accès à certains services, à des ressources qui sont distribuées en priorité dans ces quartiers; les organisations de ces quartiers ont parfois développé une approche, une offre qui veut tenir compte de cette concentration de pauvreté. Ce qui correspond en partie à ce que Small appelle les liens sociaux organisationnels. Dans son étude Unanticipated Gains il examine les relations sociales que nouent les utilisatrices des garderies à New-York et les conditions mises en place par ces services de garde pour soutenir les parents. Un adage dans les milieux de garde américains dit qu’on ne peut prendre soin d’un enfant sans prendre soin de sa famille.
Continuer la lecture de quartiers pauvres mais riches ?

environnements favorisant la marche…

Ça n’est pas si facile de relier la qualité du bâti et la pratique de la marche. Cette étude publiée dans la revue internationale en géographie de la santé (IJHG) n’a pas réussi à trouver de différences significatives entre les lieux de résidence et la pratique de la marche comme exercice. On pense que cela est dû à la trop grande homogénéité des modes d’habiter entre les voisinages mesurés.

Une question abordée en profondeur par l’épidémiologiste Marie Demers dans son livre Pour une ville qui marche. J’y reviendrai quand j’aurai lu ce petit bouquin qui me semble très bien fait et rempli de ressources.