Endettement des gouvernements et action publique

Contrairement aux conversations spontanées que j’ai parfois le plaisir d’avoir avec Sophie Michaud de chez Communagir, il me fallait cette fois « me ramasser » pour que notre entretien ne dure pas plus que 5 à 7 minutes. Notre 1er essai faisait plus de 20 minutes! Le 2e essai n’en faisait que 9 et nous n’avons pas tenté d’en faire un troisième, la spontannéité se perdant à chaque itération !

J’aborde dans ce court entretien vidéo (diffusé sur la page Facebook de Nous.blogue) la question de la dette publique mais surtout, finalement, celle de la capacité d’agir et de l’obligation d’agir de nos gouvernements. L’obligation d’agir pendant la pandémie pour combler le manque à gagner des employés qui sont obligés de rester chez eux; pour soutenir aussi les entreprises dans l’obligation de fermer ou qui font face à des conditions de fonctionnement qui sont plus coûteuses qu’à l’habitude.

Un soutien aux entreprises et aux individus qui devrait se poursuivre pendant la période de relance qui suivra la pandémie. Ce qui s’est traduit par une importante dépense publique imprévue, inhabituelle. Mais aussi par une nouvelle reconnaissance de l’importance du pouvoir public dans son rôle de régulateur, d’initiateur ou de contrôleur. 

Après la pandémie nous aurons encore besoin de cette responsabilité publique retrouvée pour accomplir certaines tâches reportées (pour cause !) ou répondre à des besoins mis en lumière par la crise, notamment: relocaliser certaines productions et pas seulement celle des masques; ou encore cette tâche, à plus long terme mais non pas moins urgente, qu’est celle de décarboner nos modes de production et de vie. Et finalement, pour la faire cette décarbonation et cette relocalisation, il faudra les faire à l’échelle globale. Grâce, premièrement à la traçabilité de nos chaînes de production, afin de connaître non seulement le contenu en carbone qui se trouve dans nos produits mais aussi la quantité de vie sauvage qui a été sacrifiée pour nous fournir ces produits. Cela nous permettrait de savoir, par exemple, quand on mange une boule de crème glacée si on mange en même temps une partie de l’Amazonie! Finalement faire cette traçabilité à l’échelle globale nous permettra d’imposer une taxation à la frontière afin que nos efforts d’ici ne soient pas rendus inutiles par les laxismes des pays d’où nous importons nos biens.

Mais toute cette responsabilité sociale et économique retrouvée implique des coûts. Et comment allons-nous payer tout ça? C’est un peu la question qui se pose. Il semble que la première façon qui vienne à l’esprit des gouvernants et des commentateurs c’est l’endettement public, autrement dit : on n’a pas l’argent maintenant mais on payera plus tard. Et on compte sur le développement économique à venir pour faire en sorte que le poids de la dette diminue de plus en plus par rapport au PIB. Mais cela revient aussi à soumettre de plus en plus l’action des gouvernements à l’opinion et l’humeur des marchés et des agence de notation de crédits : « Ah, on va perdre notre cote AAA ». Ce qui faisait dire à Gaël Giraud : « La dette c’est un alibi pour l’austérité ». 

Une autre façon, moins à la mode depuis quelques décennies, de faire face à ses obligations pour un gouvernement est par les impôts et la taxation. Ici il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1949, par exemple, un salaire de 500 000$ était imposé à 92 % alors qu’aujourd’hui, comme en 1925 d’ailleurs, les hauts salaires (ou sont-ce les revenus?) ne sont imposés qu’à 25 %. (Et on n’a pas parlé d’un impôt qui pourrait être prélevé de façon exceptionnelle ou ponctuelle sur les grandes fortunes).

En plus de l’endettement des gouvernements ou de l’imposition des citoyens de la génération actuelle, il existe une autre, une troisième manière de soutenir l’action publique. 

En effaçant certaines dettes gouvernementales ou encore en utilisant ce qu’on appelle de la « monnaie hélicoptère » les banques centrales peuvent intervenir pour soutenir l’action des gouvernements et des sociétés. Contrairement à l’idée reçue, les banques centrales ne sont pas neutres. Lorsque les banques centrales viennent en aide aux entreprises en difficulté (en rachetant les prêts consentis par les banques commerciales), à qui profitent le plus de ces aides ? Ce sont souvent des entreprises dont il faudrait se départir collectivement, notamment les entreprises du secteur de l’énergie fossile. Pour certains commentateurs et chercheurs, notamment les gens de l’Institut Veblen, il faudrait que les banques centrales interviennent plus directement, notamment en soutenant les secteurs « verts », plutôt que de faire semblant d’être neutre. « Une politique monétaire qui ne tient pas compte des facteurs qui contribuent à cette crise [climatique] est tout sauf neutre. » (Réussir le Green Deal, Institut Veblen)

Pendant la période qui s’ouvre où les sociétés devront déployer des engagements financiers technologiques et humains à hauteur encore jamais vue, à la fois pour sortir de la crise actuelle mais aussi de celle qui vient (climat), il faudra être créatifs et peut-être même aller jusqu’à oser utiliser de la « monnaie hélicoptère ». 


Pour aller encore plus loin je vous suggère, sur la question du rôle des banques centrales [et de la monnaie hélicoptère, mais aussi les interventions des banques centrales] : Pour sortir de la crise : repensons la monnaie, 27 mai 2020, Institut Veblen; Vivement la monnaie hélicoptère !, 13 avril, Médiapart; La « monnaie hélicoptère » ou le désastre, 30 mars 2020, L’Obs; et aussi, en anglais, juste publié par Foreign Affairs : The Age of Magic Money – Can Endless Spending Prevent Economic Calamity?

Sur la question plus générale de la transition mais aussi de la traçabilité, de la taxation aux frontières : Réussir le « Green Deal » : un programme social-écologique pour sortir l’Europe de la crise, 21 mars 2020, Institut Veblen. 

En mode vidéo…

L’audition de Gaël Giraud sur la relance verte au Sénat français, en mai 2020. Une demi-heure de présentation suivie d’une heure de réponses aux questions allumées des sénateurs.

Pour un survol pédagogique, en mode vidéo, des dimensions financières de la crise actuelle et de la transition à venir : Gaël Giraud, économiste et jésuite, est une boussole essentielle. Quelques titres : Son audition devant le sénat français sur la relance verte (ci-haut); Apprenons à partager les ressources pour sauver le vivant (un Ted talk de 18 minutes fait en 2018); Tsunami financier, désastre humanitaire ? (entrevue d’une heure trente-six, par Thinkerview, 2019). Pour plus : chercher son nom dans Youtube. 

point tournant ou accélération ?

Est-ce que « nos années ‘20 » conduiront à des années ’30 comme celles du siècle précédent ? On dit que les crises sont des moments propices aux transformations profondes. Mais ce ne sont pas toujours des transformations progressistes : si le New Deal américain inspire encore aujourd’hui les promoteurs d’un nouveau pacte économique et environnemental, il ne faut pas oublier que la même période a aussi porté au pouvoir les Hitler, Franco, Mussolini, Salazar et Staline ! 

En décidant, à la fin de l’an dernier, de placer le 5e anniversaire de Nous.blogue sous une enseigne prospective plutôt que rétrospective, nous n’avions pas prévu que le contexte serait aussi favorable à une révision en profondeur des perspectives ! 

Si certains ont vite fait de voir dans cette pandémie un point tournant de l’Histoire (Why this crisis is a turning point in history.) d’autres n’y verront qu’une accélération de tendances déjà à l’œuvre depuis des années : montée des nativismes et des xénophobies, érosion du leadership international des États-Unis, difficultés accrues du projet Européen (The Pandemic Will Accelerate History Rather Than Reshape It). 

Il est bien possible que les politiques qui naitront de la période actuelle se révèlent contradictoires. Quelle surprise ? Du genre sauver l’environnement en investissant dans l’industrie du pétrole, ou un « troisième lien »… Mais l’inconséquence et les pas de deux (un en avant, deux en arrière) de nos gouvernements ne doivent pas nous empêcher de réfléchir : n’avons-nous pas du temps, plus que jamais ? L’actuelle période de vie au ralenti n’est-elle pas propice à un retour sur nos habitudes, nos besoins, nos espoirs ?

La belle unité d’action qui s’est manifestée pendant la première période de la crise, avec un consensus fort autour des mesures de distanciation sociale et des soutien financiers nécessaires, risque d’éclater bien rapidement quand il s’agira de relancer l’économie ou de tirer des leçons pour l’avenir. À combien de périodes de compressions et de « rationalisation » des dépenses publiques nous exposons nous pour l’avenir, afin de payer les dettes qui s’accumulent actuellement, si nous ne changeons pas la logique qui a d’ailleurs contribué à exacerber la crise : réduction des dépenses (et investissements) en santé publique, en soutien aux personnes de santé fragile, en services de base dont on reconnait aujourd’hui le caractère essentiel (préposés, entretien, transport), au nom d’un équilibre budgétaire toujours inatteignable parce qu’on souhaitait, en même temps, réduire les impôts perçus comme exagérés ou, carrément, inutiles et nuisibles. 

Accumulating wealth and maintaining capitalism’s health at the expense of other goals have dominated public discourse for nearly four decades. Maybe we’re sick and tired enough now to think about something else. (The economy VS human life)

[L’accumulation de richesse et le maintien de la santé du capitalisme au détriment des autres finalités ont dominé le discours public depuis quatre décennies. Peut-être sommes-nous assez fatigués et malades pour penser à quelque chose d’autre.]

Il y a tout de même des signes encourageants quand même les éditorialistes du Financial Times reconnaissent que « des réformes radicales, renversant les tendances des quarante dernières années, sont devenues nécessaires. Les gouvernements doivent devenir plus interventionnistes dans l’économie; les services publics sont des investissements et non des dépenses; la redistribution et la taxation des richesses, la question d’un revenu de base doivent être mises à l’ordre du jour. » [Radical reforms — reversing the policy direction of the last four decades — will need to be put on the table. (…) Policies until recently considered eccentric, such as basic income and wealth taxes, will have to be in the mix. – Virus lays bare the frailty of the social contract, Financial Times, 3 avril 2020]

NOTE: Si vous ne pouvez accéder à l’article du FT en cliquant le lien… recopiez le début de la phrase (en anglais) “Radical reforms”… jusqu’à “four decades” et cherchez le dans Google. Vous y aurez peut-être accès !

Des initiatives individuelles comme ce blogueur, Clément Laberge, qui propose à la discussion des idées pour l’après. Mais j’aime bien l’initiative lancée par Bruno Latour d’un questionnaire simple (6 questions) qui se veut un « Exercice pour préparer l’après crise sanitaire pour être sûr que tout ne revienne pas comme avant ». Je reproduis ici les 6 questions mais vous pouvez aussi utiliser un formulaire en ligne (Où atterrir après la pandémie?). 

Il s’agit de faire la liste des activités dont vous vous sentez privées par la crise actuelle et qui vous donne la sensation d’une atteinte à vos conditions essentielles de subsistance. Pour chaque activité, pouvez-vous indiquer si vous aimeriez que celles-ci reprennent à l’identique (comme avant), mieux, ou qu’elles ne reprennent pas du tout. Répondez aux questions suivantes :
Question 1 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles ne reprennent pas ?
Question 2 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît nuisible/ superflue/ dangereuse/ incohérente ; b) en quoi sa disparition/ mise en veilleuse/ substitution rendrait d’autres activités que vous favorisez plus facile/ plus cohérente ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 1.)
Question 3 : Quelles mesures préconisez-vous pour que les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs qui ne pourront plus continuer dans les activités que vous supprimez se voient faciliter la transition vers d’autres activités ?
Question 4 : Quelles sont les activités maintenant suspendues dont vous souhaiteriez qu’elles se développent/ reprennent ou celles qui devraient être inventées en remplacement ?
Question 5 : Décrivez a) pourquoi cette activité vous apparaît positive ; b) comment elle rend plus faciles/ harmonieuses/ cohérentes d’autres activités que vous favorisez ; et c) permettent de lutter contre celles que vous jugez défavorables ? (Faire un paragraphe distinct pour chacune des réponses listées à la question 4.)
Question 6 : Quelles mesures préconisez-vous pour aider les ouvriers/ employés/ agents/ entrepreneurs à acquérir les capacités/ moyens/ revenus/ instruments permettant la reprise/ le développement/ la création de cette activité ? 

[ Je n’ai pas encore pris le temps de remplir moi-même ce questionnaire, mais je serais très intéressé à échanger avec ceux et celles qui le feront aussi.]

Mais le « plan de transition » ne s’élaborera pas en additionnant simplement les opinions et besoins individuels. Évidemment. Nous devons avoir d’autres indicateurs que financiers pour orienter le développement économique. Une « bio-économie » à la Georgescu-Roegen ?[1] De même que nous devons trouver des moyens pour maintenir l’innovation technologique et sociale[2] dans un contexte où la « croissance brute », associée habituellement à l’augmentation des matières et énergies consommées, est grandement limitée, puis réduite. Un contexte où l’appât du gain n’est plus le seul ou le principal aiguillon orientant le développement, mais où la prise de risque (et l’innovation) est encore possible, même favorisée. 


[1] Voir Pierre Charbonnier, Abondance et liberté, p. 325-332

[2] L’idée de dotation universelle en capital, avancée par Thomas Piketty dans Capital et idéologie p. 1126 et ss, peut être interprétée en ce sens. 

Article publié aujourd’hui sur Nous.blogue

carpe diem

David Dayden soulignait avec ce graphique comment la crise actuelle allait faire, fait déjà des gagnants…

Ce à quoi répond Next System Project : ” Il sera essentiel d’offrir des contre-propositions favorisant l’acquisition sociale des entreprises en difficulté – reprises par les travailleurs, par les communautés, ou le public – si on ne veut pas que l’économie soit en core plus qu’avant aux mains des vautours de l’équité privée.

En effet, beaucoup d’entreprises en difficultés se feront racheter par les “grandes poches” qui n’auront d’autre idée que de rationaliser, optimiser et créer de grandes entreprises profitables pour de grands marchés qui seront d’autant plus fragiles lors de prochaines crises. C’est l’occasion de soutenir la mise en oeuvre d’alternatives à cette appropriation à rabais : coopératives de travailleurs, rachats communautaires ou acquisitions publiques.

Par ailleurs le “marché de l’emploi” et le marché capitaliste en général n’est pas composé que d’entreprises exemplaires en savoirs-faire et en produits de qualité… beaucoup de ces entreprises vivaient “à la limite de la rentabilité”, et ce n’était pas toujours la faute des banques ! La clientèle n’était pas au rendez-vous parce que le produit n’était pas satisfaisant… Aussi le soutien aux entreprises en difficulté ne devrait pas se passer d’une évaluation sérieuse de la valeur des acquis et du potentiel.

En fait il devrait y avoir des décisions et des orientations conscientes à dimension éthique : privilégier les secteurs à bas carbone et à valeur éducative ou roborative élevée. Soutenir le développement d’alternatives aux vacances à l’étranger : circuits locaux de découverte, d’activités, d’hospitalité couplés à des circuits régionaux de transport. Et des entreprises de rénovation et de mise aux normes climatiques des logements; des équipes volantes de formation à l’utilisation des outils de télécommunications (cartes de paiement électronique, interfaces d’utilisation des services gouvernementaux…); des entreprises de transport et livraison locales, pour les commerces locaux; des réseaux d’inclusion, d’accompagnement et de soutien aux personnes isolées, frêles ou malades…

Les programmes de compensation aux chômeurs et travailleurs qui perdront des heures ou des emplois ne pourraient-ils être expérimentés ou réfléchis dans le cadre d’un éventuel programme de revenu garanti ou minimum ? Une avenue d’autant plus nécessaire que la “remontée” sera plus longue et la crise profonde. Le soutien aux travailleurs et travailleuses qui migreront d’un secteur à l’autre dans le contexte d’une transition écologique et économique est un élément crucial pour une transition rapide et profonde.

Comme le dit Jacques Attali dans un billet récent, Que naîtra-t-il ? : « Chaque épidémie majeure, depuis mille ans, a conduit à des changements essentiels dans l’organisation politique des nations ». Ou encore :

Produire autrement, avec une division géographique du travail beaucoup moins dispersée et fragile. Et, en conséquence, promouvoir un tout nouveau mode de croissance, et de nouveaux secteurs économiques jusqu’ici, pour certains, négligés. Surtout ceux de la santé et de l’éducation, dans toutes leurs dimensions.

La pandémie permettra peut-être de comprendre que seul vaut le temps. – Jacques Attali

P.S. Je ne suis pas sûr que mon utilisation du fameux “Carpe diem” soit judicieuse ? Selon Wikipedia, “savourer le présent qui nous est donné (sans toutefois récuser toute discipline de vie) dans l’idée que le futur est incertain et que tout est appelé à disparaître“. Mais, bon. L’idée étant que les “vautours” ne se priveront pas de saisir toutes les bonnes affaires qui se présenteront… à “nous” de profiter de l’occasion pour favoriser les changements qui s’imposent pour ne plus revenir en arrière.

petits et grands gestes

Plusieurs bonnes raisons d’être pessimiste en ce début d’année, début de décennie critique (c’est maintenant ou jamais) : ceux qui disent avoir l’avenir de la planète à cœur veulent aussi être réélus, aussi s’empressent-ils de favoriser l’étalement urbain quand ce n’est pas d’acheter des pipelines ou donner des droits d’exploitation de sables bitumineux pour les prochains 72 ans ! Ou encore ces pétrolières qui ne manquent pas d’accélérer leurs investissements de développement… profitant du fait que les restrictions ne sont pas encore là ! 

Un des aspects les plus positifs de la conjoncture est sans doute la prise de conscience collective qui s’est manifestée ces derniers mois, notamment lors de la marche dans les rues de Montréal avec 500 000 participants, mais aussi par toutes sortes d’initiatives qui se développent, portées par de jeunes entrepreneures conscientes, ou de simples citoyens désireux de « faire quelque chose ». Je pense aux nombreux commerces « en vrac », « zéro déchet » qui ont ouvert leurs portes.

Je pense aussi à ce Comité citoyen carboneutre de la MRC de Maskinongé dont l’OVSS nous faisait connaître ce petit vidéo bien ficelé de 7 minutes promouvant les objectifs de « carboneutralité d’ici 2023 » de la MRC, et décrivant diverses activités citoyennes telle le « Maskis’répare », un café-réparation, ou des bricoleurs et des citoyens ayant à réparer quelque chose viennent se rencontrer… Ça fait chaud au cœur, ça pourrait même donner des idées ?

C’est important ces petits gestes. C’est une façon d’intégrer dans sa vie, à tous les niveaux, une nouvelle philosophie, de nouvelles valeurs. Sûr que ça ne sera pas suffisant. Si tout le monde se mettait à prendre le bus, à manger végan, ne prenait plus l’avion… on n’aurait réglé que 25% du problème. (C’est ce que disait Gaël Giraud, dans cette entrevue). Il faudra, aussi, faire des changements « macro », formuler et faire passer des lois audacieuses, conclure des ententes contraignantes avec les autres pays, les autres continents. C’est un peu le reproche que je faisais en terminant la lecture de La transition, c’est maintenant, par Laure Waridel. Un beau panorama des différents enjeux posés par la Transition écolo-économique qui s’impose, avec des ancrages historique et pragmatiques intéressants, mais peu d’articulation au contexte canadien ou continental, et encore moins mondial. Et avec cette finale qui chante l’amour comme LA solution, qui nous fait vaincre les peurs, passer à l’action, déployer énergie et créativité… C’est beau, ça me fait penser (beaucoup) à un discours évangélique, qui fait de l’amour l’arme ultime pour vaincre le mal. On se demande, après deux mille ans de mise en pratique, s’il n’y a pas eu, en cours de route, alliance avec ce mal qu’on devait combattre ! 

Je ne doute pas qu’il faudra beaucoup d’empathie, de solidarité et d’amour, pour construire une société viable pour nos petits-enfants et leurs enfants. Mais je ne crois pas que nous pourrons convaincre les principaux responsables et profiteurs de l’actuel système en leur manifestant de l’amour. Ou bien ce sera de cet amour « qui châtie bien ». La carotte est le moyen de prédilection des politiciens pour stimuler l’économie, et l’orienter parfois. On peut comprendre qu’ils n’oseront pas prendre l’initiative du bâton, quand ceux qui seront « punis » comptent parmi les futurs clients ou employeurs de ces politiciens. C’est pour ça qu’il faut que des groupes de citoyens poursuivent eux-mêmes, au nom de la collectivité, les propriétaires et décideurs des entreprises responsables de la détérioration de la planète. Bon, oui, ça fait beaucoup de monde. 

L’idée étant de rendre les gens responsables : si on a pu poursuivre les Grands du tabac pour des milliards, pourquoi pas les pétrolières ! Et puis, il faudra bien que tous nous y mettions du nôtre, et il serait normal que cela soit en proportion des richesses de chacun et, pourquoi pas, en relation avec la teneur en « saleté » du portfolio. Mais ce n’est pas qu’une question de dollars, de responsabilité comptabilisée. Il s’agit bien de changement d’attitude, de vitesse, d’objets de valeurs. On ne peut se permettre de continuer la loi du moins cher, à court terme sans égard aux conséquences. Et il n’y a pas que le carbone dont il faudra apprendre à faire l’économie, et même le rationnement. Les plastiques, les terres arables, les forêts vivantes, les vies humaines et animales… Réduire le gaspillage et la pollution à grande échelle auxquels les seules « règles du marché » ont conduit exigera une action consciente, volontaire et concertée des « chaines d’approvisionnement ».

Ce n’est pas la moindre qualité du livre A Planet to Win que de nous rappeler que le virage écologique que nous prendrons risque de mettre sous pression des milieux déjà fragilisés… notamment par les compagnies minières productrices de lithium, de cobalt… Dans un discours qui tranche par ses appels à se battre, à condamner des pratiques qualifiées de « crimes contre l’humanité »,

Fossil fuel executives in particular should consider themselves lucky if all we do is take their companies. They should be tried for crimes against humanity.

Les auteurs appellent à nationaliser les compagnies pétrolières (ou encore acheter 51% des actions pour ensuite réduire graduellement la production et « laisser le pétrole enfoui ») et les compagnies d’électricité (centrales au gaz, au charbon…). « Market forces alone can’t keep a critical mass of fossil fuels in the ground.»  Et si les règlements imposés par les différents niveaux de gouvernement ont pour conséquence de faire chuter la valeur de ces compagnies, alors tant mieux : ça coûtera moins cher de les racheter !

En proposant ce « Green New Deal », les auteurs souhaitent mobiliser des forces qui ont parfois, souvent été opposées : les syndicats qui défendent leurs emplois, les écolos qui défendent la « nature »… en promettant un emploi à tous ceux qui en voudront un (dans la lignée du premier New Deal); en assurant les travailleurs des secteurs qui devront être résorbés d’un emploi de qualité équivalente; en développant de nouvelles filières énergétiques mais aussi des filières de soins (à la terre, aux humains) qui sont des emplois à « bas carbone ». Cette solidarité qui « ne laisse personne derrière » doit aussi s’appliquer à l’échelle internationale, le long de la « chaine d’approvisionnement », non pas seulement pour s’assurer d’un bon approvisionnement mais aussi, surtout parce que cette transition ne peut être réussie que globalement. 

Ce sentiment d’urgence qui monte, l’idée de plus en plus reconnue qu’il nous faudra, les pays développés (et donc les plus consommateurs-émetteurs de carbone), atteindre la neutralité carbone d’ici 2030, si on veut l’atteindre à l’échelle du globe avant 2050, ce sont des leviers importants pour amener les gens à passer à l’action. Une action qui devra, à la fois, être consensuelle, c’est-à-dire rassembleuse et sachant mobiliser les nombreuses volontés désireuses de changement, mais aussi être capable de confrontation et de dénonciation, car il y a le feu à la maison !

Il faut exiger un plan pour arriver à la neutralité carbone d’ici 10 ans. Un plan crédible sur le déroulement duquel nous jugerons du mérite de nos gouvernements à chaque élection. Les villes, les quartiers, les agglomérations et les régions doivent se définir des objectifs sérieux, en discussion avec des instances nationales et internationales. Après 40 ans de règne du laisser faire et de dérèglementations, au nom de la libre circulation des biens, mais surtout de l’enrichissement sans vergogne d’une minorité, il n’est plus possible de continuer de la même manière.

Voir In 2030, we ended the climate emergency. Here’s how Et aussi, sur Gilles en vrac, 10 ans pour y arriver.

Billet aussi publié sur le blogue collectif Nous.blogue

la révolution sera télévisée, finalement *

Elle ne se fera pas sans que les gens s’en aperçoivent, la Transition. La Grande transition. Nous avons « pôké » les dieux… poussé le bouchon un peu (beaucoup) trop loin et perdu d’autant notre capacité d’agir plutôt que de réagir. La présence, même maladroite et juvénile, de QS sur l’échiquier provincial donne un caractère d’urgence et de radicalité aux enjeux. Et c’est tant mieux. Mais si cette urgence reste encastrée à la marge, dans l’opposition et la minorité, elle ne pourra changer radicalement le monde. Et c’est tout un paquebot qu’il s’agit de ralentir et réorienter…

Et puis, il ne faut pas que l’implantation d’un vote proportionnel conduise à donner simplement plus de pouvoir à des négociations des partis derrière des portes closes (J-Y Thériault). Le programme d’un gouvernement de Transition s’élaborera sur plusieurs cycles électoraux et devrait viser à rallier les forces (civiles, économiques, politiques) autour d’une nécessaire et profonde réévaluation de notre régime de consommation d’un bassin de mieux en mieux connu de ressources limitées. Regardons un peu plus loin, pour une fois, que la prochaine élection, et même plus loin que la prochaine génération.

Posez-vous la question : comment votre élu local participera-t-il-elle à ce processus de ralliement ?

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* The revolution won’t be televised

et maintenant le plan d’action

Un développement global

L’impression que donnait le reportage de Radio-Canada diffusé au moment de la sortie officielle de la Politique de développement social Montréal de tous les possibles ! le 7 juin dernier :

« La politique présentée mercredi définit de grandes orientations visant à inclure, à protéger et à rendre plus accessibles les services municipaux aux personnes et aux communautés vulnérables. »

Comme si le développement social ne concernait que les communautés vulnérables…

La place du développement social (DS) a fait l’objet d’un avis de la part du Regroupement québécois de développement social, en avril 2015. Le DS y est décrit comme s’adressant « aux individus et aux collectivités dans leur globalité de façon intégrée ».  Le DS est un des trois piliers définissant le développement durable (avec les dimensions environnementale et économique des activités de développement).

Pourquoi faut-il prendre le développement social par « le gros bout » plutôt que le petit ? Parce que les transformations de l’économie conséquentes aux nécessaires politiques de la Transition écologique déplaceront tant de monde, bousculeront tant d’habitudes que tous devront « mettre l’épaule à la roue ». Il ne peut y avoir de « liberté individuelle » de nier l’obligation de la Transition. Refuser de contribuer à l’effort collectif de transformation ou, pire encore, accroitre sa consommation et ses rejets dans la nature de gaz et produits toxiques, sont des positions répréhensibles qui devraient être punies si elles se manifestaient par des comportements délétères.

Le développement social doit aussi se faire en critiquant les comportements nocifs, les pratiques asociales, discriminatoires ou éco-destructrices. Punir ou réprimer les exagérations et pratiques ostentatoires relevait de la bienséance dans les sociétés traditionnelles. Mais nos sociétés ont tellement bien libéré les individus des pressions morales exercées par les communautés qu’il faut maintenant exercer ces pressions de manière législative et règlementaire. Mais attention de ne pas nuire au développement des capacités d’autocontrôle des collectivités ! (Collective Action and the Evolution of Social Norms (pdf), E. Ostrom, 2000)

De nouveaux pouvoirs

Alors que l’automne devrait amener les acteurs de la région à contribuer au futur Plan d’action qui mettra en œuvre la nouvelle politique, il est utile de garder en tête les nouveaux pouvoirs qui seront prochainement dévolus par le gouvernement provincial. Quelques-uns de ces nouveaux pouvoirs attribués à la Métropole, par la Loi 121  dont l’étude détaillée par la Commission de l’aménagement du territoire du Québec débute en aout :

  1. Le droit de préemption sur l’acquisition d’immeubles mis en vente sur son territoire ;
  2. Le droit d’acquérir, de gré à gré ou par expropriation, tout immeuble à l’égard duquel un avis de détérioration a été inscrit au registre foncier depuis au moins 60 jours et sur lequel les travaux exigés dans cet avis n’ont pas été effectués (Pouvoir de forcer l’entretien des immeubles détériorés par résolution) ;
  3. Pouvoir de rendre obligatoire l’inclusion de logements abordables ou familiaux dans les projets de développement résidentiel ;
  4. Pouvoir de créer des organismes sans but lucratif dont l’activité consiste à fournir tous les services, les avis, les matières, les matériaux et les équipements relevant des compétences de la Ville ;
  5. Pouvoir de mettre sur pied les instances consultatives nécessaires pour assurer le bon fonctionnement et la bonne gouvernance de la Ville.
  6. Pouvoir accru d’accorder des crédits de taxes;
  7. Pouvoir de céder ou de louer des immeubles à une valeur autre que la valeur marchande ;
  8. Pouvoir de subventions par le comité exécutif jusqu’à 150 000 $ pour les acquisitions et les aliénations d’immeubles.
  9. Une offre de services d’accompagnement des nouveaux arrivants sur son territoire grâce au BINAM (Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal)

Ces pouvoirs devraient permettre à la Métropole d’exercer un leadeurship plus ferme et ne plus être à la remorque ou sans ressource devant les projets et actions des développeurs privés. Cela pourrait aussi favoriser la résolution de nombreux besoins d’espaces (commerciaux et de services) pour les organisations communautaires qui souhaitent desservir les communautés locales.

Il faudra demander au prochain maire de Montréal ce qu’il entend faire de cette capacité nouvelle (ou accrue) de créer suivant son bon vouloir des « OBNL de sous-traitance ». Est-ce à dire, par exemple, que dans l’exercice de sa plus grande autonomie en matière d’habitation, la Métropole pourra créer des OBNL qui agiront en lieu et place ou en concurrence avec les OBNL en habitation qui ont développé depuis des décennies une connaissance fine des territoires et des besoins et démontré des capacités éprouvées d’intervention ? Ou encore de nouveaux OBNL qui viendraient accompagner les nouveaux immigrants… Et les OBNL qui interviennent déjà, avec peu ou pas assez de reconnaissance et de soutien jusqu’ici, seront-elles seulement consultées ou si elles seront partenaires, coproducteurs dans ce nouveau champ de compétence métropolitain ?

Il y a de bonnes discussions à avoir à ce sujet et la manière dont ces discussions seront menées, les espaces où elles se tiendront ne sont pas innocents ou neutres. Il faut reconnaître les espaces démocratiques qui existent déjà, et continuer de les soutenir : Forum régional de développement social ; Tables de quartier.

Autres éléments de la conjoncture des prochains mois : la campagne électorale municipale de l’automne ; l’intention ferme du gouvernement fédéral de réinvestir dans le logement et de développer les « infrastructures sociales » ; la campagne électorale provinciale à l’horizon 2018.

Le développement ordinaire n’est plus possible…

S’il faut faire du développement social un plan commun à l’ensemble des « parties prenantes »; un objectif sociétal, un projet de société multisectoriel sachant tirer le meilleur de chacun…

Si on veut que les projets soient ancrés dans les territoires, soutenus par les communautés, permettant les impacts les plus durablement positifs;

Il faut gérer localement – autour de leadeurships ou de projets particuliers. Ce qui doit être géré régionalement, par la métropole, ce sont les règles, notamment fiscales et financières qui devront être négociées avec les niveaux supérieurs de gouvernement. Des outils pour faciliter l’agir et l’impact des initiatives locales.

Le premier plan d’action en développement social qui fera suite à l’adoption récente de la politique du même nom, ce sera un premier plan, à court-moyen terme. Mais le développement social, qu’on l’inscrive dans la Transition écologique ou pas, c’est un processus à long terme. C’est comme changer les habitudes alimentaires ou de déplacement d’une population. Il faut travailler sur les déterminants matériels et environnementaux qui conditionnent les habitudes sociales, préalablement et en même temps que de promouvoir de nouveaux comportements, de nouvelles valeurs. Ce premier plan d’action de 3 à 5 ans devrait s’inscrire dans un plan de 25 ans : Vers le 400e de Montréal !

Les opportunités à saisir et à inscrire dans ce prochain plan d’action :
  • Les nombreux édifices institutionnels ou commerciaux qui devront changer de vocation (déplacement de communautés religieuses, fermeture d’hôpitaux, de CHSLD, d’usines et de centres d’achat désaffectés) sont une occasion de répondre au besoin en locaux exprimé par plusieurs OBNL offrant des services de proximité.
  • Les espaces en friche à inscrire au plan de préemption de la Métropole; les projets de développement à discuter avec les partenaires.
  • La mise à niveau du stock de logements locatifs en regard des nouveaux pouvoirs de saisie pour cause d’insalubrité.
    • Des reprises de possession qui devraient être données à gérer aux OBNL aptes et consentantes des quartiers ;
    • La demande accrue, dans ce contexte, de services de rénovation-entretien-réparation devrait permettre de soutenir la structuration d’une offre de service de qualité. Un secteur (rénovation-entretien) qui évolue souvent au noir, au détriment de l’intérêt collectif (pas d’impôt payé) et de l’intérêt du client (pas de protection ni contrôle de qualité). Raisons suffisantes pour soutenir publiquement (grâce aux programmes provinciaux actuels de réinsertion et de formation professionnelle en plus d’un soutien à l’innovation et aux infrastructures sociales fédéral) l’émergence d’entreprises d’économie sociales dans le domaine. (Voir autre article).
  • La création d’un dépôt d’informations stratégiques (fonds de cartes, données fiscales, immobilières, de recensement, de sondage, administratives) pour le développement social et urbain des quartiers montréalais. Comme le disait le comité exécutif dans sa réponse à la recommandation 26 du rapport Vers une Politique de développement social de la Commission sur le développement social et la diversité montréalaise :

« Le comité exécutif est favorable au développement de plateformes de diffusion d’analyses, de cartes, de données et de toutes formes d’informations brutes ou traitées permettant à ses partenaires en développement social de mieux comprendre les enjeux et de les utiliser à des fins d’amélioration des conditions de vie de la population montréalaise. »

  • La reconnaissance du Forum comme espace de discussion et de suivi du Plan.

Au delà du développement social, il faudrait mettre en place un groupe de travail sur la Transition afin d’articuler les dimensions sociale, écologique et économique de notre développement à plus long terme.

La campagne électorale municipale de l’automne permettra-t-elle de clarifier les enjeux qui traversent le champ du développement social montréalais ? Comment la prochaine administration municipale usera-t-elle de ses nouveaux pouvoirs ?  La manière dont le document Montréal de tous les possibles ! fut lancé, une semaine seulement avant la tenue du Forum qui devait en discuter, n’est pas pour rassurer les partenaires… Le Plan d’action qui devra mettre en oeuvre cette nouvelle politique devrait être celui de tous les montréalais.

La Métropole qui se dessine à l’horizon pourrait être l’occasion d’un renforcement de la vitalité des quartiers et de la vie démocratique municipale. Reprenons le titre de Jonathan Durand Folco, dans son Traité de municipalisme : À nous la ville !

philanthropie et changement social – 1

Un colloque était organisé par le PhiLab (Laboratoire montréalais sur la philanthropie canadienne), les 20 et 21 avril dernier sur le thème Crises socioéconomique et environnementale : rôles et responsabilités des fondations subventionnaires, de la réflexion à l’action… (programme en PDF)

Plus d’une centaine de personnes ont participé aux ateliers et plénières des deux jours.

Un thème plutôt costaud qui interpellait à la fois les fondations mais aussi les partenaires (communautaires, étatiques, privés, universitaires) avec qui ces fondations sont appelées à définir leurs stratégies et moyens d’action.

Je ne tenterai pas de résumer les 13 conférences(*) qui ont ouvert le colloque, préparé aux ateliers ou conclu l’évènement. Seulement quelques mots, autour de certaines questions posées (ou non) par quelques uns  des conférenciers.

La place (ou l’absence) du politique, de l’État

Même si la ministre du Revenu du Canada, madame Diane Leboutillier, a ouvert la conférence et qu’elle est même restée pour la plus grande partie du colloque, cela n’a pas tout à fait comblé le vide (ou le peu de présence) des autres paliers de gouvernement. Le ministère de la santé, qui a depuis longtemps développé des alliances et programmes conjoints avec des fondations, aurait été pertinent avec une réflexion sur les leçons qu’il en tire. Mais peut-être le thème “crises socioéconomique et environnementale” n’était pas assez “santé” pour notre médecin de ministre.

Je n’ai pas épluché la liste des inscriptions mais je n’ai pas vu beaucoup de gens de la santé publique, qui gèrent (avec des représentants de la Ville, parfois) pourtant d’importants programmes de subvention conjointement avec de grandes fondations.

La ministre Leboutillier nous informait, pour sa part, que plus de 20 000 personnes ont participé à la consultation lancée l’automne dernier par son ministère sur les activités politiques des organismes de bienfaisance. Le rapport synthèse devrait être bientôt rendu public.

La conférence suivante était donnée par monsieur Tim Draimin, directeur du SIG, Social innovation generation. Continuer la lecture de philanthropie et changement social – 1