marcher sur la tête

Pendant que le dernier rapport du GIEC rehausse d’un cran l’urgence de ses appels : nous sommes tout près de traverser un seuil IRRÉVERSIBLE…

…la vente d’automobile au Canada connait pour un sixième mois d’affilé des records de vente. Puisque le prix de l’essence est bas, on achète de plus en plus de grosses cylindrées. 

Ban Ki-moon, actuel secrétaire général de l’ONU : “ Scientists have spoken … leaders must act ”. Les scientifiques ont parlé, aux dirigeants d’agir.

Et nos dirigeants n’ont d’yeux que pour la prochaine élection. Quand ils posent un geste de plus large conséquence, c’est toujours avec un biais électoral prononcé.

Et nous, électeurs, sommes-nous meilleurs ? Ne dit-on pas qu’on a les élus et dirigeants qu’on mérite ? Ne repousse-t-on pas toujours le temps des décisions et du changement ? Sur les autres ou à plus tard. On se dit que c’est sans doute la dernière occasion qu’on a d’acheter une aussi grosse cylindrée. Que ce sera bientôt interdit. Et si ça ne l’est pas encore, alors ce n’est tout de même pas à soi, simple consommateur de faire les lois…

Et puis, c’est le temps des fêtes. Il faut oublier un peu les problèmes et, malgré les problèmes, célébrer la vie, l’avenir, la tradition, la générosité, l’amour.

Il y a sans doute eu une sagesse ancestrale et un avantage évolutif, comme on dit, dans ce besoin de faire la fête malgré la pauvreté et la maigreur du quotidien. Quand les communautés étaient exposées aux privations et famines il y a des moments, comme au creux de l’hiver, où le partage et l’inclusion de tous autour de la table de banquet avait valeur de fond… Ou encore c’était une assurance-pillage.

Nos valeurs et symboles évoluent sans doute moins vite que nos outils et technologies. Tant que la majorité de la population vivait d’agriculture et demeurait soumise aux aléas des saisons… les rituels hérités de millénaires de vie de cueilleurs, pêcheurs, chasseurs ( partager ce qui, de toute façon se perdra faute de moyens de conservation…) continuaient d’avoir un certain sens. Depuis, nos technologies nous ont libéré (jusqu’à un certain point) de l’incertitude des saisons en déplaçant à l’échelle du globe les fruits et récoltes.

C’est une question qui me taraude depuis plusieurs années : comment célébrer la Noël en évitant le consumérisme ? En fait, le consumérisme sévit à l’année longue…

Publié par

Gilles Beauchamp

Organisateur communautaire dans le réseau de la santé, CLSC Hochelaga-Maisonneuve puis CSSS Lucille-Teasdale, à Montréal, de 1976 à 2012.

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