Autour de Morozov

Quelques ressources proposées par une architecte urbaniste brésilienne, Raquel Rolnik, en tant que “cyberflâneuse”. Je retiens particulièrement celle-ci: Who Is Buying Seattle? The Perils of the Luxury Real Estate Boom.

The Syllabus, une revue hebdomadaire (éditée par Morozov et son équipe) de publications universitaires et journalistiques, de podcasts et vidéos, décantée en 5 thèmes : The Activist (on social justice), The Machinist (on technology), The Cosmopolitan (on global affairs), The Intellectual (on arts & culture), The Progressive (on political economy).

Evgeny Morozov, dont j’ai parlé ici, est un auteur critique des côtés sombres de la technologie et des illusions de “sauvetages par la technologie”. Il a publié The Net Delusion, en 2012. Dans le cadre d’une entrevue d’une heure (en anglais) réalisée en septembre dernier, il éclaire plusieurs enjeux sociaux-politiques et économiques-technologiques actuels : Tech-Master Disaster: Part One.

Dans un article de juin 2019, publié par la New Left Review, Digital Socialism, Morozov relate les débats des années 30-40 entre Hayek et les tenants de la planification socialiste… mais aussi met en lumière les possibilités des technologies pour une planification démocratique et décentralisée, chose qui n’était pas possible à l’époque. Déjà, dans Le Monde diplomatique de décembre 2016, avec Pour un populisme numérique (de gauche), Morozov défendait l’idée que les « données personnelles » qu’utilisent à leur profit les Amazon et Facebook de ce monde devraient être du domaine public, et à ce titre être accessibles, utilisables par tous. Avec Digital Socialism, il pousse un peu plus loin en promouvant la « socialisation des moyens de feedback ». La planification et la coordination sociales n’ont plus à être soit centralisées ou laissées au marché, elles peuvent être décentralisées grâce aux nouvelles technologies.

Extrait de Platform for Change, Stafford Beer, p. 253

<Anecdote>J’ai été enchanté et surpris de voir cité par Morozov dans cet article (Digital Socialism), un auteur qui m’avait touché par son audace et son originalité, Stafford Beer. Ingénieur formé à la recherche opérationnelle (durant la deuxième guerre) et la cybernétique des débuts dont j’ai lu Platform for Change, au début des années ’80 au moment où je retournais à l’université pour un deuxième cycle d’études. Ça m’a tellement touché que je suis parti à la recherche de ce livre, publié en 1975, dont je me souvenais d’une particularité : les chapitres étaient imprimés sur des feuilles de différentes couleurs, selon les différents niveaux d’analyse : réflexions personnelles; propositions formelles; exemples concrets, histoires… Beer s’était engagé au Chili sous Allende pour y mettre en place les mécanismes de feed-back démocratiques qu’il proposait dans sa théorie d’un management cybernétique. Déjà, en 1975, Beer parlait de conservation et préservation des richesses de la terre. Beer donnait en 1973 une Conférence Massey, dont le compte rendu est disponible sous le titre Designing Freedom. />

Publié par

Gilles Beauchamp

Formation en recherche culturelle, de 1973 à 1976, puis en sociologie de 1986 à 1993, à l'UQAM. Organisateur communautaire dans le réseau de la santé, CLSC Hochelaga-Maisonneuve puis CSSS Lucille-Teasdale, à Montréal, de 1976 à 2012.

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